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Critique de laurentgui


laurentgui
  04 avril 2015
Comme le titre l'indique, il s'agit d'un mémoire rédigé par Rudolf Hoess après la guerre, pendant son dernier séjour en prison et avant sa pendaison à Auschwitz. SS spécialisé dans l'administration des camps de concentration (qui deviendront des camps d'extermination), il livre de nombreux éléments ou détails qu'ils soient techniques, organisationnels, sociologiques ou politiques. Pour ma part, cette lecture a fait suite au roman de Robert Merle inspiré de la vie et des confessions de R. Hoess. Et, effectivement, le mémoire de ce dernier offre un éclairage encore différent sur le personnage qu'il incarne. On y trouve — et c'est troublant — un homme qui ne semble pas fortement névrosé ou déviant et pas non plus fanatique ni religieux ni politique. On voit un homme effectivement antisémite et nationaliste, croyant à l'hégémonie allemande, et qui l'assume ; on voit aussi un militaire passionné doublé d'un patriote de la première heure ; en sus, il s'agit effectivement d'un homme qui a le souci sérieux d'accomplir ses missions et d'atteindre ses objectifs comme de proposer un commandement irréprochable. Autant d'aspects d'une personnalité qui ne sont pas des raretés et qui font habituellement un bon soldat. D'ailleurs, il semble que la ligne de défense de Hoess était de ne pas se distinguer de ceux qui étaient au front (ce qu'il a toujours voulu faire). Cette lecture m'a souvent mis mal à l'aise, car cet homme qui a accompli un travail monstrueux à l'extrême, n'est apparemment pas aussi anormal, inhumain ou bon à interner que ce à quoi on pourrait et voudrait s'attendre. La préface, la postface et les notes apportent d'autres détails et parfois des contrepoints intéressants. Entre autres, je citerais le fait qu'une grande partie du peuple allemand avait connaissance de l'extermination des juifs, mais qu'elle y était indifférente. Tout cela m'amène à adhérer à l'idée qu'une poignée de leaders du régime nazi a effectivement donné des ordres, proposé ou imposé une doctrine, mais que tout n'aurait pas été possible sans le peuple allemand qui a très largement adhéré à ce système, que ce soit comme Hoess en ne le remettant pas en cause et en acceptant de mener à bien des missions comme l'extermination, ou comme 1/3 au moins de la population en y étant indifférent. Une lecture parfois difficile, car éveillant de nombreux sentiments ou questions, mais instructive.
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