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EAN : 9782330038441
269 pages
Éditeur : Actes Sud (01/10/2014)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Le Septième Jour propose une méditation sur le destin et sur le sens de la mort en même temps qu’une critique sociale et politique de la Chine d’aujourd’hui. Où en plus de l’humour, de l’émotion et de l’aisance narrative déjà à l’œuvre dans les précédents ouvrages de Yu Hua, émerge une véritable poésie onirique qui transporte le lecteur dans un univers d’une beauté prégnante.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  02 avril 2015
L'auteur décrit, dans cet ouvrage déployé sur sept jours, le parcours d'un défunt, le héros Yan Fei qui vient de mourir dans une explosion, à la recherche de son pére , qu'il retrouve le dernier jour......une promenade dans le royaume des morts donne à celui- ci l'apparence d'un paradis, là, nous sommes tous égaux....
Un roman complexe, à dimension morbide quand même, où les différences sociales, dans la Chine contemporaine, au pouvoir brutal, sont évoquées , à partir des rites funéraires...: des funérailles somptueuses aux parcours des pauvres sans la moindre sépulture...
"La- bas, il n'y a ni pauvres, ni riches, il n'y a ni chagrin ni douleur, il n'y a ni rancune, ni haine...Là- bas, tous sont égaux ."
Le défunt sans sépulture erre dans les limbes où il rencontre des personnes ayant marqué sa vie, des chinois d'aujourd'hui y rodent, l'un a disparu dans l'incendie d'un centre commercial mal construit, l'autre saute d'un immeuble car son petit ami lui avait offert un iPhone de contre façon, on croise 27 bébés " "déchets " de la politique de l'enfant unique emmenés par une infirmière qui avait voulu dénoncer le scandale......
Un livre au goût étrange, mélange de méditation poétique , de marche sur une route fantomatique, sur le destin et le sens de la mort en même temps qu'une critique sociale ironique, parfois loufoque de la Chine d'aujourd'hui!
Le transport dans un univers particulier au ton triste: "mémoire "du narrateur , entre "le monde des vivants" et "le monde des morts "!.
Un ouvrage qui interpelle !
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gonewiththegreen
  23 avril 2018
Je poursuis mon tour de Chine littéraire avec un des contemporains les plus en vogue , Yu Hua et "Le septième jour".
Comme dans d'autres romans que je viens de lire , le narrateur est...mort. C'était déjà le cas chez Mo Yan ou Yan Lianke . Les auteurs chinois se couvriraient ils en faisant raconter aux morts , ce que les vivants ne doivent pas toujours pouvoir dire ?
Toujours est il que notre narrateur vient de mourir à 41 ans et se retrouve au funérarium où il est attendu pour sa crémation. Mais n'ayant ni sépulture, ni urne , il décide de s'éloigner de cette salle et va errer sept jours parmi les morts. C'est là qu'il va se remémorer au fil des rencontres divers épisodes de sa vie.
Bon, je ne vous ai peut être pas accrochés , c'est juste que je suis nul.
Parce que ce livre est géant, ou plutôt, je l'ai trouvé géant.
On est bien sur à la limite du fantastique , voir dedans mais chaque retour dans la vie sur terre est un pur moment délicieux.
Il y a de l'amour , un amour père fils , d'une beauté étourdissante, il y a la réalité sociale , la critique acerbe , acérée de l'état chinois, beaucoup d'humour . Tout y passe : La santé (Yu Hua est fils de médecin et ancien dentiste), l'écologie , le trafic d'organes, le logement, les traditions , le travail , l'honneur ...
Et quand on revient chez les morts , on y retrouve les anciens vivants (c'est un peu con comme tournure...) que l'on a aimés les pages précédentes. Et là , chez les sans sépulture , c'est la poésie et l'amour qui l'emportent, dans un style où les os de squelettes et les peaux se décharnant semblent d'une beauté indiscibles.
Je vais finir en citant les dernières lignes de ce livre que je vous conseille de ne pas lire , c'est pour me rappeler ce superbe moment de lecture
-Va donc là-bas,là-bas les feuilles des arbres te feront signe, les rochers te souriront, les eaux de la rivière te salueront; là-bas, il n'y a ni pauvre , ni riches, il n'y a ni chagrin ni douleur, il n'y a ni rancune ni haine...là-bas, ils sont tous égaux dans la mort.
Il me demande :
-Quel est cet endroit?
Et je lui réponds :
- L'endroit où sont les morts sans sépulture.
Que c'était bien !
La littérature chinoise est une vraie découverte , tellement singulière !
.
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traversay
  12 octobre 2014
A sa sortie en Chine, en 2013, le septième jour a été la source de nombreuses critiques dans les journaux. On a pu lire dans le quotidien du peuple : "Le dernier roman de Yu Hua suscite de vives polémiques depuis sa sortie, mais l'auteur défend son travail au sujet des esprits perdus, affirmant traiter des réalités du monde moderne." Si Yu Hua décrit le parcours d'un défunt sans sépulture dans les limbes où il rencontre des personnes ayant marqué sa vie, il évoque aussi sans filtre des événements réels qui ont marqué la Chine, ces dernières années : un couple tué après la démolition d'une maison, de nombreuses victimes dans un incendie accidentel dont le décès n'a jamais été reconnu par le gouvernement et dont les corps n'ont pas été restitués à leurs familles, etc. Au-delà de son aspect fantastique, le septième jour témoigne et accuse à sa façon du peu de cas que l'on fait de la disparition des "petites gens" dans son pays et, plus globalement, de la détresse sociale qu'accompagne le triomphe du capitalisme. Brothers, le dernier roman paru de Yu Hua, était, c'est incontestable, d'une toute autre trempe, un éblouissant pavé picaresque. On retrouve de ci, de là, des scènes cocasses et absurdes dans le septième jour mais le ton est le plus souvent triste et désabusé avec des pages poétiques pour décrire ce monde des morts qui, privés de tombe, se croisent, discutent et se remémorent leur passage sur terre. Yang Fei, le héros du livre, est à la recherche de son père adoptif. le septième jour de son errance, peut-être le rencontrera t-il. Ou non. Ah oui, il n'est pas inutile de préciser que ce (beau) roman est la confirmation de l'immense talent de conteur de l'écrivain chinois.
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Nuageuse
  01 décembre 2020
Qui ne s'est jamais demandé ce qui se passe au moment où nous mourrons?
Je me retrouve à court de mots pour exprimer ce passage du monde des vivants au monde des morts, car c'est de ça qu'il s'agit dans le septième jour. le narrateur vient de mourir et nous le suivons pas à pas dans sa vie de l'au-delà. Il entre dans une queue de gens qui viennent de mourir. Il y a ceux qui ont une sépulture, qui peuvent être directement incinéres et les autres qui errent sans relâche.
Chaque jour qui s'écoule nous permet de remonter l'histoire Yang Fei et des personnages qu'il a connu. Beaucoup de ces personnages sont morts.
Dès les premières pages, Yu Hua a de l'humour en parlant des retards au funérarium. Puis petit à petit son style devient plus grave. Ce qui m'a marqué est le contraste entre la tendresse du narrateur et de ses proches (notamment avec son père) et la noirceur des événements qui m'ont faite fremir.
Savez-vous, par exemple, que dans l'urne donnée à la famille du défunt, il peut y avoir les cendres de quelqu'un d'autre en Chine ?
C'est un exemple parmi tant d'autres où l'humain n'est pas respecté, ce qui conduit inexorablement à des drames..
Une jolie plume poétique qui m'a donné envie de découvrir d'autres livres de cet auteur !
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GabyS
  11 novembre 2014


Le roman se passe sur sept jours. le héros principal Yang Fei meurt dans une explosion, défiguré, il erre de lieu en lieu à la recherche de son père et de son histoire. Il finit par arriver au pays des morts sans sépulture où il retrouve des gens qu'il a connus. Cet endroit, où se rejoignent tous les pauvres qui n'ont pas pu s'offrir de tombe et se faire incinérer, est un lieu riant et verdoyant, sorte de paradis terrestre où les morts recréent une société fraternelle et égalitaire.
L'accueil du roman par le groupe a été assez mitigé, une partie des membres a eu du mal à rentrer dans l'histoire, rebutés d'emblée par le thème de la mort et la description du visage défiguré du héros, mais ceux qui ont persisté ont été pris par les histoires déroulées dans le livre. Certains n'ont pas pu le lire en entier ou n'ont pas du tout aimé, tandis que d'autres ont beaucoup apprécié, prenant de la distance par rapport à la mort et les personnages squelettes pour les voir avec l'humour de l'auteur.
Le reproche de certains, outre la dimension morbide, est le manque d'unité du roman et le côté falot des personnages, sauf le père . On a du mal a raccrocher entre elles les anecdotes qui parcourent le livre, elles apportent cependant un éclairage sur la société chinoise actuelle, évoquant notamment la corruption, la censure de l'information, l'arrogance du pouvoir, la violence psychologique dans les entreprises...Pour autant il n'y a pas une dénonciation claire du système politique chinois.
Le personnage central pourrait presque être qualifié de anti-héros, il se présente comme un homme effacé et solitaire que personne ne remarque. L'auteur le rend malgré tout attachant par son humanisme, son honnêteté et une certaine sérénité. Les lecteurs qui sont bien entrés dans le livre ont apprécié l'atmosphère de douceur et la poésie qui s' en dégage.
D'autres lecteurs ont été plutôt sensibles au côté tragi-comique du roman, dès le début, le ton est donné quand le héros narrateur est convoqué à 9h au funérarium pour sa crémation prévue à 9h30. Avec un humour noir, Yu Hua évoque les différences sociales à partir des rites funéraires contemporains. Lorsque qu'il aborde le monde des morts sans sépulture ce n'est ni triste ni sordide, à l'inverse de la société vivante décrite, c'est un monde drôle et poétique, un paradis où ceux qui n'ont pu se faire incinérer vivent heureux, fraternels et égaux pour l'éternité : "Là-bas, il n'y a ni pauvres ni riches, il n'y a ni chagrin ni douleur, il n'y a ni rancune ni haine...là-bas tous sont égaux devant la mort".
Ce paradis n'est-il pas la société idyllique dont rêvaient les révolutionnaires maoïstes et pour laquelle ils se sont battus? Pour Yu Hua, n'est-ce pas une idée morte, une utopie qui ne peut plus exister que dans l'imagination? A ce titre, c'est un roman pessimiste.
Sur la construction de l'ouvrage, les lecteurs sont perplexes, est-ce vraiment un roman? Il n'y a pas une histoire linéaire avec des rebondissement aboutissant à une fin. le découpage en 7 jours fait allusion au mythe biblique de la création du monde, le héros Yang Fei déambule en effet durant 6 jours entre le monde des vivants et le monde des morts à la recherche de son père, il le retrouve le 7ème jour. Mais quel est le lien avec la bible?
La construction de ce roman avec ses épisodes sans lien précis et ses personnages ternes prend le contre-pied de la construction des romans réaliste-socialistes qui ont eu court jusque au début des années 1980. En général, l'histoire se devait mettre en scène les ouvriers ou les paysans, elle évoluait vers une fin édifiante avec un héros positif courageux et indomptable, qui accomplissait des actions exceptionnelles au service le la révolution. le septième jour à l'inverse est un roman complexe dont il est difficile de trouver toutes les clés.
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critiques presse (1)
Liberation   12 novembre 2014
Ce livre inspiré de la Bible pouvait aussi bien s’intituler «les dix plaies de la Chine». Il n’y est pas question de grenouilles mais bien de sang et de mort, et l’auteur nous entraîne dans l’exode de défunts sans sépulture, condamnés à errer dans l’antichambre du repos éternel.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   19 septembre 2015
Je marche dans la ville qui se dévoile par intermittence. Mes pensées tentent de s'orienter dans les entrelacs de la mémoire. Je me dis qu'il faudrait que je remonte à la dernière scène à laquelle j'ai assisté de mon vivant, car elle doit se situer au bout du chemin de ma mémoire. Dès que je l'aurai trouvée, j'aurai trouvé également le moment de ma mort. Mes pensées, guidées par le mouvement de mon corps, traversent un grand nombre de scènes qui voltigent comme des flocons de neige, et enfin elles parviennent à ce jour-là.
Ce jour-là, c'était apparemment hier, ou avant-hier, ou bien aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est que c'était le dernier jour de mon existence dans l'autre monde, Je me vois marchant dans une rue, face au vent froid.
+ Lire la suite
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Annette55Annette55   02 avril 2015
"Nous marchons dans ce silence qui s'appelle la mort. Nous ne parlons plus car notre mémoire n'avance plus. C'est une mémoire coupée du monde, faite de fragments disparates, à la fois vide et réelle. Je sens à mes côtés la marche muette de cette femme qui semble perdue et je soupire sur la tristesse de ce monde enfui."
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NuageuseNuageuse   29 novembre 2020
Je me trouve à nouveau au milieu du brouillard et des flocons qui tourbillonnent, mais je ne sais où aller. Je suis en proie au doute : je sais que je suis mort, mais j’ignore de quelle façon.
Je marche dans la ville qui se dévoile par intermittence. Mes pensées tentent de s’orienter dans les entrelacs de la mémoire. Je me dis qu’il faudrait que je remonte à la dernière scène à laquelle j’ai assisté de mon vivant, car elle doit se situer au bout du chemin de ma mémoire. Dès que je l’aurai trouvée, j’aurai trouvé également le moment de ma mort. Mes pensées, guidées par le mouvement de mon corps, traversent un grand nombre de scènes qui voltigent comme des flocons de neige, et enfin elles parviennent à ce jour-là.
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traversaytraversay   12 octobre 2014
Les feuilles s'agitent vers vous, les pierres vous sourient, la rivière vous accueille. Ici il n'y a pas de pauvre, pas de riche, pas de douleur, pas de souffrance ... Tout le monde est égal devant la mort.
Commenter  J’apprécie          160
Alice_Alice_   25 septembre 2015
Bien que j'ai la tête baissée je continue à la voir en imagination se diriger vers le lieu de son repos en traînant sa longue jupe semblable à une robe de mariée - je la vois partir, je ne vois pas le crématoire ni la sépulture, ce que je vois c'est qu'elle se dirige vers un lieu où dix mille fleurs s'épanouissent.
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Videos de Yu Hua (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yu Hua
- "Bothers", Yu Hua, Actes Sud (babel) - https://www.librest.com/livres/brothers-hua-yu_0-1987514_9782330026615.html?ctx=22b2f0161ff7dc0ae21df216d9ba8778 - https://www.lalibrairie.com/livres/brothers_0-1987514_9782330026615.html?ctx=22b2f0161ff7dc0ae21df216d9ba8778
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