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EAN : 9782743637262
348 pages
Éditeur : Payot et Rivages (11/05/2016)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Le Havre, mai 1936. Electrisé par la victoire du Front populaire, le monde ouvrier ne digère plus les avanies d'un patronat particulièrement cynique. C'est aux usines Bréguet, fer de lance de l'industrie aéronautique sous la garde de miliciens nationalistes, que l'incident de trop met le feu aux poudres. Dans ce roman zolien, qui fait suite aux Emeutiers, les héros de Philippe Huet affrontent la tourmente d'une explosion sociale qui a fait croire à une insurrection ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nelly76
  23 septembre 2016
Après une carrière de journaliste au Havre , P.Huet quitte le journal, pour se consacrer à la littérature; j'ai lu ses premiers romans classés "polar" et déjà à cette époque c'était un de mes "coups de coeur" et puis j'ai eu la chance de le rencontrer dans ma ville lors d'un festival littéraire.
Je ne pouvais qu'apprécier ce 3 ème volet sur les luttes sociales Havraises entre 1918 et 1936 ( voir le 1er roman : les quais de la colère (affaire Jules Durand), le 2 ème roman : les émeutiers (grève des métallos au Havre en 1922) .Et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé tous les personnages : le journaliste Louis Albert, le cégétiste héros du roman, Victor Bailleul t son fils, et avec moins de plaisir : la maison Hottenberg , gros industriels Havrais.
J'ai beaucoup aimé ce 3 ème volet , car au travers les noms de Thorez et Cachin, c'est toute mon enfance qui a refait surface; Mes parents étaient de fervents militants communiste et toute leur vie , ils ont combattu les inégalités sociales d'où mon attachement à cet écrivain. L'histoire de ces luttes m'a énormément touchée par mon vécu personnel.
Une très belle plume, à la "zola", on le vit ce roman, on est au milieu de ces ouvriers, on lutte avec eux.Bref, vous l'avez compris, un très gros "coup de coeur" à recommander ⭐⭐⭐⭐⭐
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Jall
  18 août 2018
Dès le préambule, le lecteur est mis au parfum : tout dans ce récit mêlant Histoire et fiction est authentique. On retrouve des personnages réels : l'écrivain Céline, le maire du Havre dans les années 30 : Meyer, et d'autres dont les noms ont été changés mais qui s'approchent de personnages ayant existé : syndicalistes, industriels.
Cela rend donc cet ouvrage plus fort et très instructif, tout en suivant plusieurs intrigues romanesques.
Au centre de l'histoire, les ouvriers dockers et métallurgistes du Havre à l'époque de l'arrivée du Front populaire. On est dans un contexte d'après-guerre et de crise économique. Les ouvriers n'ont pas encore acquis leurs droits fondamentaux. Leurs conditions de travail sont éprouvantes.
A côté de cela, ulcérés par la montée de la gauche et les revendications ouvrières, obsédés par une France forte, certains sont tentés par l'aventure des Croix de Feu et l'ordre promis.
Cet ouvrage est le 3e opus d'une série après Les quais de la colère et Les émeutiers. Si des allusions sont faites aux précédents ouvrages, dont on retrouve les personnages, on peut lire le feu au poudre de manière isolée (ce que j'ai fait).
L'auteur, Philippe Huet, mène explications historiques et intrigues fictionnelles avec beaucoup d'habileté. Cela permet de comprendre le point de vue des différents bords : ouvriers, Croix de Feu, industriels. le personnage du journaliste permet d'introduire le contexte politique et culturel de l'époque.
On apprend donc beaucoup de choses de manière plaisante. C'est un livre bien écrit, composé de chapitres très courts, aux personnages bien dessinés sans être caricaturaux, qui se lit avec plaisir.
Il intéressera les amateurs d'Histoire, notamment des années 30 et de la condition ouvrière, et ceux qui aiment la ville du Havre où se déroule l'action.
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Pseudo
  06 juin 2016
Histoire du Front Populaire au Havre en 1936, avec en ligne de mire la première occupation en France d'une entreprise, qui se nomme Breguet. Et l'organisation liée à celle-ci par les syndicalistes, la séquestration d'un patron, le rapport de force entre les grévistes et le système étatique. C'est un bon ouvrage. Philippe Huet est une personne intéressante, croisée il y a peu durant une séance de dédicace.
Le Havre et son histoire. L'affaire Jules Durand avec le livre Les Quais de la colère
La grève des métallurgistes en 1922 avec Les émeutiers. Et enfin le Front Populaire.
En attendant peut-être un quatrième volet. Je n'ai pas perdu mon temps.
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PseudoPseudo   24 mai 2016
Victor n'y croit pas. Cela fait des années que ça va mal, de plus en plus mal. L'eldorado américain s'est effondré, a entraîné le Vieux Continent dans sa chute. Plus de boulot, et les veinards qui s'y accrochent sont de plus en plus mal payés. Dix pour cent de moins sur le salaire... et six mois plus tard, encore dix pour cent. Défense de te plaindre, si tu n'es pas content, bon vent ! D'autres sont moins difficiles, qui attendent à la porte. Et ce n'est pas fini, il paraît qu'on peut encore rogner autour de l'os. Urbain Falaize, César de la presse locale de droite, ne s'est pas gêné pour l'écrire dans son dernier édito : "Les salaires trop élevés ne rendent pas nos produits compétitifs." C'est donc le travail qui coûte cher. Une notion que Victor comprend mal. Il n'y a qu'à voir la prospérité des magnats qui trônent au sommet des entreprises. Mais de là-haut, les patrons prétendent qu'il faut accepter de douloureux sacrifices, qu'ils souffrent toujours malgré les réductions d'effectifs et la baisse des salaires. Ils souffrent tant que les gouvernements, qui se succèdent tous les trois mois dans un monotone jeu de chaises musicales - Toujours les mêmes : Bouillon, Flandin, Laval qui passent par tous les ministères. Et Herriot surtout, l'indéboulonnable Edouard Herriot - les gouvernements, donc, dorlotent les chefs d'entreprise, allègent la pression fiscale, laissent les profits capitalistes s'envoler. Seul moyen de relancer la croissance. Tel est le credo que l'imbécile d'ouvrier, celui qui coûte cher et qui n'a plus rien à bouffer, s'entête à ne pas comprendre.

Page 75
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nelly76nelly76   18 septembre 2016
Évidemment , des incidents finirent par éclater un peu partout, opposèrent les travailleurs blancs aux profiteurs basanés, et , en janvier 1918, lorsqu'un docker fut blessé à coups de revolver par un "Arabe", ce fut la curée. Ce jour là, la fièvre raciste sortit de sa litière malodorante, s' empara des bas-quartiers du Havre, et des centaines de "vengeurs" se lancèrent dans une délirante chasse au faciès, lynchant les immigrés qui avaient le malheur de croiser leur chemin.Parmi eux, un certain Ahmed Larbi. Il était en France depuis 19 10, avait choisi d'y vivre, s' était intégré, allant jusqu'à donner des prénoms occidentaux à ses deux fillettes. Mais pour la bande d ' enragés qui le prit en chasse, il n'était qu'un bicot de plus.Ahmed avait été poursuivi jusque dans les étages de l'école Brindeau, où il venait attendre ses enfants.Rejoint, il avait été enfermé dans une armoire, et cette armoire avait été balancée dans le vide, du haut du troisième étage. Un " bicot" de moins.
Ahmed Larbi était le père de Denise.Elle avait six ans.
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nelly76nelly76   18 septembre 2016
Il y avait eu la famine et les répressions, l 'assassinat deSergueï Kirov, l 'arrestation de Kamenev et
Zinoniev, et les quatorze condamnations à mort de décembre 1934. Tous des traîtres passés à l'impérialisme, des félons et des contre révolutionnaires, comme titrait l'huma avec une impassibilité de granit? La digestion de Louis -Albert se faisait de plus en plus lourde. La théorie du complot sans cesse radotée ne passait plus.Et que dire de l ' atroce comédie du procès de Moscou? Il doutait....Il oubliait....Il doutait....Il oubliait.... et il est probable que ce petit jeu du balancier aurait pu encore durer longtemps, si un événement n'avait pas tout fait basculer . l'intrusion du Parti dans sa vie privée.
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nelly76nelly76   22 septembre 2016
Victor Bailleul est sur tous les fronts, galope d'un bout à l'autre de l'usine avec la désastreuse sensation de n'arriver à rien.Ou alors trop tard.Est-il trop alarmiste? Cette grève est comme une canalisation en mauvais état qui pète de partout.Il colmate un bout, ça fuit ailleurs. 《 Arrange moi ça ! 》 à ordonné Haudoin avant de filer à la mairie en compagnie de Le Gall et Vachon. Il est chouette , le chef ! Nommé plombier de service, Victor se demande si le secrétaire général du syndicat des métaux, noyé dans ses tractations avec la direction, a bien conscience des turbulences de l'étage du dessous.
Il y a du chambard dans les ateliers.Pour la première fois, une vraie bagarre à éclaté dans un entrepôt excentré à l'est du site . Armés de manches de pioches, quinze à vingt opposants, et parmi eux plusieurs "dispos", ont voulu entraîner des grévistes à déserter le mouvement. La discussion s' est vite échauffée.
《Y en a un qui m'a dit que je ferais mieux de m'occuper de ma femme, qu'elle allait baisers à tout va pendant mon absence, à déploré Nénesse, un doux géant aux mains plus épaisses qu'un roman de
Tolstoï, affublé d'une voix suave aux intonations qui curieusement dans l'aigu. ....Alors , forcément, il a volé ! 》
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nelly76nelly76   22 septembre 2016
Louis-Albert Fournier se tient la tête à deux mains.Rantanplan, rantanplan. .....Il y a un tambour là-dedans,.Tout ça pour des retrouvailles foirées. Céline lui avait collé un cafard noir, le quatrième armagnac l'avait achevé. Qu'est-ce qu'il disait déjà, le vieux Falaize? 《 la rigueur, mon petit, c'est la première marche de ce métier. 》
Onze heures moins vingt, putain ! Il l'a ratée.
Louis-Albert descend du lit....rantanplan....se dirige au jugé vers la salle de bains. ....rantanplan. Il s' asperge d'eau glacée, se colle une serviette humide sur le crâne . Téléphone. Standard.
--Vous désirez le service petit déjeuner, monsieur ?
Rantanplan.... la voix du jeune homme est vive, fraîche comme la rosée, elle lui perce les tympans.
Non , pas de petit déjeuner, surtout pas.Il veut le journal, Le Populaire, et en urgence.
Il attend, rêve d'une aspirine.Dix minutes, quinze minutes.Quest-ce qu'une urgence pour eux? Le Frascati, ce n'est plus comme avant.
Sonnerie.
--Je vous passe votre correspondant, monsieur.
Pas trop tôt. Standard.Puis Alberte, la secrétaire d'Oreste Rosenfeld. Miss Bulldog. Et enfin....
-Fournier?
--Oui monsieur.
Monsieur, il aime bien Rosenfeld. La vieille école.
--Je vous cherchais justement.Dieu merci, vous m'appelez.
Surprise . l'austère et morne Rosenfeld semble pétiller de contentement. De bon augure.
--Je sais que j'appelle après la conférence de rédaction, mais figurez-vous que....
--Où êtes vous?
--Au Havre.
---Au....Au..., bégaie le rédacteur en chef.
Louis-Albert en profite.
---Figurez-vous que j'ai rencontré Céline et ....
--Au Havre, dites vous !
Rantanplan...Pourquoi il hurle, Oreste? Qu'est-ce qui lui prend?
--Oui.Au Havre.
--C'est un miracle, Fournier. Nous sommes bénis.
Il frise l'extase. Louis-Albert en oublie son tambour, contemple le combiné comme une bête curieuse.Non, ça va.Il reprend.
--Comme je vous le disais, j'ai une interview de Céline. Et sans me vanter, je crois que.....
《 Convaincre, argumenter, savoir vendre sa salade.》C'est ce qu'il disait aussi ,le vieux Falaise.
--Écoutez - moi bien, Fournier.
--Son livre MORT À CRÉDIT est sur le point de paraître et je tiens un......
--Je m'en fous, Fournier, je m'en contrefous !
--Mais je l'ai pratiquement vu écrire les dernières lignes de son manuscrit dans sa chambre d'hôtel. Et c'est un spectacle, je vous prie de me croire. Un fauve en cage....
---Vous allez m'écouter , oui ou merde?
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Rencontre à la librairie La Galerne avec Philippe Huet pour la parution de "Nuit d'encre".
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