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EAN : 9782702142974
208 pages
Calmann-Lévy (14/03/2012)
3.85/5   80 notes
Résumé :
Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le cœur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n'est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure : nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever.

Rosy et sa mère ont ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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Crossroads
  09 avril 2014
1937.
La petite Rosy et sa maman ont quitté l'Allemagne pour atterrir en Moselle.
Anti curetons, juifs, fonctionnaires, ♪ social tu perds ton...♫, donc pacifiste convaincue, sa mère ne jure que par Hitler et son vibrant plaidoyer pour un monde idyllique où tout ne serait qu'amour, joie et félicité, Mein Kampf.
1944.
Une pluie d'obus s'abat sur le petit village annexé d'autorité par l'Allemagne, contraignant Rosy et sa Mutti à se terrer à la cave avant que cette dernière ne s'effondre sous les assauts répétés des alliés.
L'environnement s'avère dès lors succinct : quelques rares provisions, une poule qu'a eu du pot bien vivace, la bible Hitlérienne, une myriade de «  tic-tac » et des souvenirs pour uniques compagnons. Puis commence l'attente...
Lorsque l'on évoque Hug, l'on y associe très souvent Camut, son compagnon avec lequel elle s'est souvent brillamment essayée au thriller, cf l'ami Kurtz dans la mémorable quadrilogie Les Voies de l'Ombre. Ici, c'est du solo dans un registre complètement différent.
Rosy est touchante , son récit itou et pourtant il manque un je ne sais quoi qui aurait pu taper dans l'excellence.
Alternance de courts chapitres ( normal sur un bouquin de 160 p.) égrenant l'album familial puis successivement ses déboires et espoirs dans la pénombre, l'histoire se lit avec plaisir sans forcément susciter l'envie de la prendre dans ses petits bras musclés pour lui chanter Brüder Jacob.
D'Oma Chouchou la grand-mère acariâtre au regretté Oncle Eddy en passant par Andy, l'ami dévoué, Rosy se souvient en escomptant un hypothétique sauvetage.
L'écriture reste agréable sans véritablement soulever les foules.
L'histoire de cette gamine tristement formatée par sa mère s'inscrira comme un bon et court moment de lecture et c'est déjà pas si mal...
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marina53
  30 avril 2014
La petite Rosy est née d'une mère allemande, Mutti, et d'un père français, Peter, violoniste de renom. Après leur divorce qui était très mal vu à cette époque, Mutti quitte l'Allemagne avec sa fille et se réfugie chez sa belle-mère, Oma Chouchou, en Moselle. Deux femmes que tout oppose: l'une est allemande, protestante, déteste les Juifs et vénère Hitler tandis que l'autre est française et catholique. Mutti élève sa fille à la dure, la prépare à devenir la secrétaire du Führer et l'oblige à lire Mein Kampf. C'est aussi ici qu'habitent le frère de Peter, Edy, et sa fille. Véritable figure paternelle, Edy ne cessera de s'occuper de sa nièce. Malheureusement, il est appelé sous les drapeaux en 1939. La Lorraine redevient allemande. La vie de Rosy et Mutti s'améliore un peu jusqu'à ce que les alliés s'emparent à nouveau de ce territoire en 1944. Les bombardements fusent de toutes parts, les Américains arrivent et les deux femmes se réfugient dans la cave. Mais la petite fille se retrouve seule, au milieu des gravats, dans la pénombre et lui reviennent alors en mémoire les bons souvenirs qui, l'espère-t-elle, lui permettront de tenir jusqu'à l'arrivée des secours...
Cette petite demoiselle des tic-tac est émouvante et raconte son histoire à la fois tragique, universelle et nous montre à quel point la guerre fait des ravages. Nathalie Hug rend ici un très bel hommage aux habitants de la Moselle, ballottés entre la France et l'Allemagne. Rosy subit de plein fouet la guerre, la bêtise humaine, aussi bien celle des adultes que des enfants. C'est tapie dans la cave que la petite fille nous raconte ses souvenirs, ses espoirs et son envie de vivre. L'auteur nous livre un roman touchant, pudique, sobre et empli d'espoir malgré la noirceur du contexte historique. Donnant la voix à cette demoiselle, l'on s'attache d'autant plus à cette histoire.
La demoiselle des tic-tac... tic tac, tic tac...
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Ziliz
  07 avril 2014
La seconde guerre mondiale dans un village de Moselle, à travers les yeux d'une enfant née en 1930.
La frontière entre l'Allemagne et la France est mouvante depuis la fin du XIXe siècle en particulier, la Lorraine voit donc cohabiter Allemands protestants et Français catholiques, plus ou moins pacifiquement. Des familles sont mixtes, par alliance ou parce que certains de ses membres ont 'changé de camp'.
L'identité nationale, culturelle et religieuse de chacun devient d'autant plus importante lorsque la Lorraine se retrouve à nouveau dans une zone charnière à partir de 1939. Rosy est ainsi tiraillée entre une grand-mère paternelle farouchement française, et une mère attachée à la cause nazie - qui fait lire 'Mein Kampf' à sa fille et rêve qu'elle devienne secrétaire du Führer.
Le récit de la jeune narratrice exprime parfaitement cette atmosphère "schizophrène" : méfiance et hostilité entre voisins et membres d'une même famille, manichéisme changeant - les bons d'aujourd'hui sont les mauvais d'hier et de demain, et vice-versa. Sa voix sonne juste, c'est celle d'une enfant entière, avec ses excès, ses intransigeances, ses mesquineries, sa douceur, son grand besoin d'amour et de stabilité. Les allers-retours entre souvenirs heureux et chaos actuel sous les bombardements meurtriers soulignent à quel point cette jeune fille est perturbée par l'effondrement progressif de son univers et brisée par la perte brutale de ceux qu'elle aimait.
Un beau roman, donc. Mais... J'ai eu beau m'attacher à cette enfant et ressentir ses drames, je n'ai pas réussi à la suivre dans sa narration. Pourquoi ? Changement de style déroutant après une précédente lecture longue et marquante ? Atmosphère différente de celle qui m'avait séduite dans 'L'Enfant-Rien' de cette auteur, et que j'attendais à nouveau ici ? Difficulté à me repérer avec les va-et-vient de la narratrice dans le temps ?
La fin a ajouté à cette déception. La découverte de secrets de famille est un thème tellement rebattu dans la littérature française des dernières années... Ce rebondissement m'a semblé artificiel et superflu ici.
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sylvaine
  20 août 2020
Un village de Moselle. Une famille comme il y en a eu beaucoup , allemands jusqu'en 1919, puis français à nouveau. Peter le père de Rosie, violoniste de talent, a opté pour la nationalité allemande. Il se marie en 1920 avec Mutti , une allemande dévouée corps et âme à M.Hitler. Nait Rosie. En 1937 il divorce , son épouse se réfugie en Moselle dans la famille de son ex-mari..
1939, le village est de nouveau allemand. Mai 1944, les alliés arrivent , les bombardements s'intensifient et Rosie est à nouveau une sale allemande.. La cave est son refuge , le toit s'effondre , Rosie est prisonnière ..
Sujet douloureux s'il en est que celui abordé par Nathalie Hug au risque de se casser la gueule. Comment cette gamine peut elle être aussi formatée, aussi embrigadée dans son obéissance inconditionnelle à M.Hitler? Parce que c'est une gamine, parce qu'elle obéit à sa mère, parce qu'elle vit dans un univers de haine, parce que c'est la guerre et le chacun pour soi. le plus désolant est que 70 ans après le ver est toujours dans le fruit et si ce n'est plus en Moselle la récolte est pléthorique de par le monde.
Un roman poignant, un roman touchant qui nous parle de nous de nos enfants, d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Alors rendez-vous rue du grand soleil .
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StefEleane
  25 janvier 2017
Ce roman aborde deux sujets essentiels la Seconde Guerre mondiale et le poids des mots sur un enfant. Deux sujets ô combien différent et difficile.
Ici, l'auteure entremêle ces deux sujets telle une natte. Exercice un peu casse-gueule mais fait avec simplicité et sensibilité !
1937. Lorsque son père a abandonné le domicile conjugal, Rosy et sa mère quittent l'Allemagne pour aller vivre chez sa grand-mère en Moselle . Elle atterrit donc dans une région française pendant une période où il ne fait pas bon d'être allemand. Rejeté par les habitants de ce village, Rosy se retrouve isolée. Pendant ce temps-là, sa mère, femme aigrie, idolâtre Hitler et parfait l'éducation de sa fille.
Quand les rues étaient encore sûres, il m'arrivait de me poster sur un trottoir, au sommet de la rue, les yeux fermés, pour ne plus voir ce monde qui ne me convenait plus.
En 1944, une pluie de bombe s'abat sur le village. Rosy cachée dans la cave, se retrouve enfermé et apprend à survivre en espérant qu'on la sauve. Elle se raccroche aux souvenirs.
Les choses ne vont pas si mal, j'ai de quoi manger jusqu'au retour de Mutti. Je m'autorise un sourire, histoire de profiter de ce bonheur minuscule avant de le ranger dans mes autres jardins pour le revivre, quand le soleil de ma rue fera éclore les fleurs au lieu d'abîmer les morts et que les herbes folles combleront les cratères. Ca ne peut pas être la guerre tout le temps.
Un enfant a tendance à croire les paroles des adultes sans se poser de questions. Mais les enfants grandissent et découvrent parfois de sombres secrets. La guerre fait grandir les enfants, la folie fait parler les hommes. Et les non-dits sont criés à tous les vents ! Ici Rosy découvre le poids des mots de sa mère, les cachotteries de sa grand-mère et la folie d'une guerre. La haine qui en découle et malgré l'amour filial qui ne peut s'éteindre. Un paradoxe !
Un roman court, mais dense. On s'attache à cette fillette. On déteste les adultes qui ne peuvent faire la part des choses en cette période de guerre. Il est vrai qu'il est toujours plus facile de juger de son fauteuil . J'ai passé un agréable moment lecture ! J'ai apprécié ce regard sur cette région qui perd son identité à chaque guerre !
Quand on est né lorrain, comme nous, il est parfois bien compliqué d'expliquer qui on est et d'où on vient.
J'aime la plume de Nathalie Hug et surtout lorsqu'elle aborde ces thèmes de post ou pré-guerre !Mais j'ai tout de même une préférence pour son roman 1, rue des petits-pas qui parle de la condition des femmes (et sage femme) après la Première Guerre mondiale ! Un superbe roman !
Lien : https://lesciblesdunelectric..
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critiques presse (2)
Lexpress   07 mai 2012
L'histoire bouleversante de Rosy la "boche" tiraillée entre l'Allemagne et la France pendant la Seconde guerre mondiale.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   23 mars 2012
Rosy est déchirée entre les deux camps. Alors ? On l'appelle comment cette région ? Alsace-Lorraine ou Elsass-Lothringen ?
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   07 avril 2014
Aux cours de politique, Fraülein Birgit, notre nouvelle institutrice, préférait nous enseigner le dessin et le maniement des couleurs. (...) Et pour ne pas risquer d'être fusillée, Fraülein Birgit nous demandait de copier le portrait de notre Führer ou le drapeau nazi. Seules les plus douées se risquaient à croquer M. Hitler, les autres se contentaient de reproduire fidèlement, sur un fond rouge, le rond blanc et la croix gammée. (...)
Je savais, pour l'avoir lu dans 'Mein Kampf', combien notre Führer avait travaillé dur pour choisir l'emblème de son parti, alors, je m'appliquais.
(p. 85)
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ZilizZiliz   07 avril 2014
[adolescentes des jeunesses hitlériennes]
Les plus âgées avaient pour mission de se glisser sous les tentes pour consoler les hommes. Certaines en ressortaient rayonnantes et fières, d'autres en larmes, les cuisses serrées, mais nous les regardions toutes avec envie, désireuses d'être nous aussi, un jour, un baume sur le coeur de nos pauvres héros. Il n'était pas question de refuser ce privilège, les plus hardies chuchotaient que de toute façon, nous n'avions pas le choix. Les insoumises seraient arrêtées, emprisonnées, et la honte s'abattrait sur leur famille. (p. 90-91)
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CrossroadsCrossroads   30 mars 2014
Oma Chouchou racontait tout le temps que les suicidés grillent en enfer pour toujours. Moi, je ne crois ni au paradis ni à l'enfer, c'est une invention des curés pour forcer les gens à obéir.
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ZilizZiliz   06 avril 2014
Dès le début de la guerre, [ma mère] m'a appris à gérer les stocks et à quitter la table avec la faim au ventre. Ce qui compte, disait-elle d'un air sévère, ce n'est pas d'être rassasié, c'est d'avoir assez de force pour courir vite. (p. 95)
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ZilizZiliz   06 avril 2014
(...) j'étais apte à comprendre qu'en temps de guerre, tout n'est pas permis. Ma mère m'avait enseigné qu'il ne faut pas toujours dire ce qu'on pense, sous peine de ne jamais plus avoir l'occasion de le dire. (p. 73)
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