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Gérard Gengembre (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266138200
Éditeur : Pocket (08/01/2004)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 94 notes)
Résumé :
1791 : en France, la Révolution fait rage, et ses remous s'en viennent jusqu'à secouer les plus lointaines possessions françaises.
À des milliers de kilomètres de la Métropole, Saint-Domingue, île fortunée à la beauté enchanteresse, est déchirée par les luttes que se livrent colons blancs, qui possèdent le pouvoir, et mulâtres qui réclament l'égalité des droits avec les Français. Étrangers, en apparence, au conflit, des milliers d'esclaves noirs subissent cou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  10 mars 2015
Avec les relectures, parfois l'on gagne, parfois l'on perd… J'avais lu Bug-Jargal il y a bien longtemps, au tout début du lycée, et j'en avais gardé un très bon souvenir d'ensemble. Me sentant incapable pourtant de me le restituer de façon convaincante, j'ai entrepris de le relire avec mon regard actuel…
… ouais ! y a eu du chemin de fait ! Effectivement je ne positionnerais plus ce livre parmi les trésors littéraires qu'a su nous léguer notre vaillant Victor. Il s'agit d'un roman de toute prime jeunesse, écrit vite fait à l'âge de seize ans et remanié quelques années plus tard, à l'âge de vingt-quatre ans. Il s'agit d'un roman mi-aventure mi-historique ayant pour cadre géographique Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti et la République Dominicaine) et pour contexte socio-politique la révolte des esclaves de 1791.
Léopold d'Auverney, un militaire, neveu d'un planteur colonial de l'île en est le narrateur, plusieurs années après les faits, lors d'une bataille sur le continent européen. On ne peut pas dire que les ficelles de la narration soient inapparentes, bien au contraire, ce sont des câbles épais, qui cisaillent un peu le décor. On ne peut pas dire non plus que cette lecture soit désagréable, mais ce n'est pas encore du Hugo premier cru.
Déjà beaucoup de ses traits romanesques futurs sont présents. On y trouve, par exemple : le monstre difforme de type Quasimodo, ici incarné par le nain Habibrah ; le roman à message social humaniste : ici l'égalité noir-blanc ou le regard que l'on porte sur l'autre ; le renversement d'identité de certains personnages comme dans les Misérables (je ne vous dis rien ici sans quoi je risque de déflorer l'histoire) ; les valeurs ultra romantiques avec des accents de tragédie, qui pour le coup ne sont pas trop maîtrisées dans Bug-Jargal, alors qu'Hugo sait d'ordinaire se maintenir sur la difficile ligne de crête alliant pathos, grandiloquence et point trop n'en faut. Ici, dégainez vos violons, ça grince à qui mieux mieux.
Le roman, de taille assez modeste pour du Hugo, est composé de très brefs chapitres, ce qui en rend la lecture très aisée, notamment pour les plus jeunes lecteurs pas trop rompu à l'art de dévorer un gros roman et qui pourront donc y prendre, éventuellement, un certain plaisir.
L'histoire commence à décoller véritablement au chapitre 15 (sur 59). La petite amourette à deux balles de Léopold me semble franchement mauvaise, par contre, le roman fait une large place à un personnage secondaire intéressant, en la personne du chef noir rebelle Biassou. le personnage a réellement existé lors de la révolution haïtienne et Hugo prend également beaucoup d'inspiration pour son roman du personnage réel de Toussaint Louverture. Même si l'auteur romance largement la véritable histoire de l'insurrection haïtienne, il a eu le mérite de m'y intéresser, ce qui n'est déjà pas si mal.
J'ai trouvé particulièrement intéressantes les tractations politiques, les manipulations des foules et les incursions de la religion et du surnaturel que pratique Biassou pour asseoir son autorité de chef rebelle. En lisant les passages incriminés, je repensais fréquemment à l'aphorisme attribué à Napoléon (citation de mémoire donc probablement impropre) « Pour gouverner je n'ai pas besoin d'un dieu, mais de religion, si. »
Quant au personnage de Bug-Jargal à proprement parler, il est bien trop bon, trop fort, trop grand dans ses faits et son âme pour être un tant soit peu crédible. Mais les jeunes lectrices (j'en sais quelque chose) ne peuvent que tomber amoureuses de cet intrigant Apollon noir, preux chevalier du temps des colonies.
Si cette thématique de l'esclavage dans la littérature française vous intéresse, je vous conseille vivement, et une fois n'est pas coutume puisque cet auteur n'est ordinairement pas ma tasse de thé, la nouvelle de Prosper Mérimée intitulée Tamango. de ce que j'ai lu de Mérimée c'est ce qui m'a le mieux plu et le plus impressionné.
En somme, probablement beaucoup de maladresse dans ce petit roman, pas un grand Hugo, mais une lecture plaisante tout de même, finalement très appropriée pour le lycée, en tout cas, c'est mon avis actuel, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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popie21
  15 décembre 2018
Cher M. Hugo,
«Je vous fais une lettre, Que vous lirez peut-être, Si vous avez le temps» (l'éternité en fait). Voilà je viens de terminer Bug-Jargal et moi qui vous révère, me voilà sous le coup d'une petite déception. Je dois reconnaître que c'est du pur génie d'avoir écrit cette oeuvre à l'âge de 16 ans (en quinze jours!), et même si vous l'avez étoffée à l'âge de 24 ans, je dois dire que si l'un de mes enfants me donnait à lire ce genre de prose au même âge, nul doute que je crierais au génie ! Peu de pages sont nécessaires pour comprendre que votre écriture est incomparable et que votre âme regorge de poésie.
Et pourtant votre ambiguïté concernant la cause des Noirs est pour moi trop présente dans cette oeuvre. Ainsi l'amitié du jeune Léopold d'Auverney avec Bug-Jargal ressemble trop à un mélange d'admiration involontaire et de condescendance.
Vous nous décrivez sans sourciller le nuancier des différentes teintes de noirs :
«M. Moreau de Saint-Méry, […], a classé dans des espèces génériques les différentes teintes que présentent les mélanges de la population de couleur.
[…]
Ces neufs espèces sont le sacatra, le griffe, le marabout, le mulâtre, le quarteron, le métis, le mamelouc, le quarteronné, le sang-mêlé. le sang-mêlé, en continuant son union avec Le Blanc, finit en quelque sorte par se confondre avec cette couleur. On assure pourtant qu'il conserve toujours sur une certaine partie du corps la trace ineffaçable de son origine.»
D'Auverney lui-même, ami de Bug-Jargal, ne reconnaît pas au nain Habibrah, qu'il appelle le «rancuneux», le droit de se rebeller lui qui était traité de la plus infâme manière :
« - Malheureux ! lâche assassin ! tu avais donc oublié les faveurs qu'il n'accordait qu'à toi ? tu mangeais près de sa table, tu dormais près de son lit...
- … Comme un chien ! interrompit brusquement Habibrah ; como un perro ! Va ! je ne me suis que trop souvenu des ces faveurs qui sont des affronts !»
On sent ici que votre coeur balance, vous reconnaissez qu'Habibrah était traité comme un chien mais vous semblez penser néanmoins qu'il était un privilégié et qu'il aurait dû être le dernier à se venger de son maître.
Il est vrai qu'à chacune de mes lectures, j'ai parfois des réactions épidermiques car j'ai souvent du mal à remettre une oeuvre dans son contexte, or il est certain qu'à votre époque cette façon de penser n'avait rien d'inhabituelle.
Cependant, les repères historiques inclus en fin de livre nous montrent qu'en 1770, l'abbé Raynal avait publié un ouvrage connu sous le titre «Histoire des deux Indes», qui «contient une violente critique de l'esclavage et du colonialisme».
Je sais que par la suite vous avez pris fait et cause pour la l'abolition de l'esclavage. Pourtant, dans votre «Seconde Lettre à l'Espagne» du 22 novembre 1868 où vous plaidez la cause de l'abolition de l'esclavage, vous écrivez :
«Toutes vos splendeurs ont cette tache, le nègre. L'esclave vous impose ses ténèbres. Vous ne lui communiquez pas la civilisation, et il vous communique la barbarie. Par l'esclave, l'Europe s'inocule l'Afrique.»
Cette phrase laisse à penser que vous considérez l'Afrique et ses habitants comme un virus et qu'il convient donc de civiliser les Noirs afin de ne pas être contaminé par leur «barbarie». C'est grâce aux annexes du livre que j'ai découvert cette lettre et j'ai eu l'explication du malaise que j'ai ressenti tout au long du récit de Bug-Jargal, cette impression de paternalisme et de supériorité qui ferait d'un ami des Noirs une bonne personne en leur permettant d'accéder à la rédemption qu'offre la civilisation.
Voilà tout mon ressenti cher M. Hugo, j'ai une petite plaie ouverte désormais, mais je vous garde dans mon coeur car un homme qui a écrit de si magnifiques choses ne peut pas être un mauvais homme. Disons simplement que l'immense lumière de votre génie a malencontreusement laissé une toute petite place à l'obscurantisme, revers peut-être inévitable d'une médaille dont l'éclat m'éblouit encore, presque deux siècles plus tard.
Merci de m'avoir lue cher M. Hugo, j'espère ne pas vous avoir froissé mais il fallait que mon coeur s'épanche, voilà qui est fait, avec tout le respect qui vous est dû.
Signé Furax, Popiette, Anonymous, …
D'accord juste pour vous, Sophie.
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Erik35
  03 mai 2017
DEVENIR UN MONUMENT, ÇA PREND DU TEMPS.
Tout ceux qui auront un jour tenu le roman que voici entre ses mains, Bug-Jargal, savent que celui-ci fut rédigé en une quinzaine de jours, suite à un pari et tandis qu'il n'avait encore que seize ans, par le futur monument vivant des lettres françaises de son temps, l'immense et incontournable Victor Hugo. Ce siècle avait dix-huit ans, déjà Hugo perçait sous Totor (sic!), mais il lui faudrait encore quelques années pour que le génie que nous connaissons aujourd'hui prenne tout son plein envol.
Qu'ajouter de Burg-Jargal qui n'ait déjà été résumé ici - les critiques de Nastasia-B et de Miriam donnent parfaitement le ton et je ne saurais trop vous conseiller de les lire-, sans faire trop de redites ? Entre roman épique et roman d'amour, critique de l'esclavagisme et récit d'aventure, ce roman conte l'histoire (une histoire imbriquée dans une autre, pour être exact), puisque le narrateur, le Capitaine Léopold d'Auvernay se confie à une assemblée de soldats à la veille d'une bataille révolutionnaire contre les anglais- nous sommes sous la terreur -, expliquant ainsi son goût pour le danger et la folie des armes. Ainsi, il va projeter son public quelques années en arrière, au mois d'août 1791, à la veille d'une importante révoltes d'esclaves dans une colonie encore française à l'époque : Saint-Domingue (l'actuelle Haïti).
A cet époque-là, le jeune d'Auvernay n'a encore que vingt ans. Neveu d'un très riche et brutal planteur de l'île, possédant pas moins de "huit cent nègres", le jeune homme est terriblement amoureux de sa cousine, Marie, à laquelle il est d'ailleurs promis. D'ailleurs, c'est ainsi qu'il justifie son peu d'activité à défendre ces malheureux, bien qu'il réprouve les méthodes souvent cruelles et parfaitement injustes de ce parent : par son obnubilation totale pour cette charmante jeune femme. Il apparaît cependant que la belle a un autre prétendant qui l'aime d'un amour impossible et caché, mais nous n'en saurons pas plus avant longtemps. du moins ,le conteur fait-il son possible pour ne rien en dire trop rapidement.
Hélas, malgré les mises en garde d'un magnifique esclave "congo" - c'est à dire né en Afrique - ayant sauvé Marie de la bouche acérée d'un crocodile, devenu l'ami du Capitaine et répondant au prénom de Pierrot, la belle sera emportée par la vague de révolte qui s'empare de l'île le jour même de son mariage. Ayant rejoint son casernement, d'Auvernay assistera même, totalement impuissant, à la destruction de la propriété de son oncle, au massacre de celui-ci et de sa nombreuse descendance ainsi qu'à l'enlèvement, par celui qui se proclamait son "frère", le fameux Pierrot, de sa jeune épouse et du plus jeune cadet de cette dernière. Bien entendu, Léopold se sent trahi, pourchasse le bel esclave, le voit disparaître corps et bien dans un fleuve, et fini par se faire lui-même attraper par l'un des chefs de cette rébellion, le terrible et sans pitié Biassou ; Victor Hugo n'aura d'ailleurs pas eu à chercher loin afin de dresser le portrait de ce chef de guerre, un "mulâtre" comme on disait alors - un "sang-mêlé" ainsi qu'ils se dénommaient eux-mêmes -, réputé pour sa cruauté à l'égard de ses prisonniers ou des colons que ses troupes attaquèrent. Hugo nous dresse le portrait impitoyable d'un homme sans aucun doute intelligent, rusé, madré lorsqu'il le faut, mais insidieux, malfaisant, tyrannique avec ses hommes, barbare avec ses ennemis. Celui-ci fait écho, dans une inversion presque parfaite, au fameux Bug-Jargal, dont on se doute très vite mais que l'on ne découvre réellement que très tardivement qu'il n'est autre que cet esclave rencontré dès premières pages, le bel et fort et digne Pierrot ; on apprend ainsi que tout révolté qu'il est, il ne tue jamais pour le plaisir, hésite à saccager les plantations, n'assassine jamais les civils innocents ou désarmés, etc.
Un autre personnage prendra de l'ampleur et de l'importance tout au long de l'ouvrage. C'est un homme contrefait, atteint de nanisme, laid qui, de bouffon de l'oncle, deviendra son bourreau de m^'m' qu'il sera une espèce de prêtre malfaisant proche de Biassou et fort utile à ce dernier pour circonvenir ses hommes dans la crainte des maléfices et autres bondieuseries délirantes de rites catholiques dévoyés qu'Hugo assimile au vaudou.
Tout aurait pu s'arranger, mais pour que le drame puisse prendre forme, il faut pourtant que Pierrot/Bug-Jargal meure, non sans avoir sauvé, à plusieurs reprises, la femme qu'il aime sans espoir de retour -Marie, donc - et l'homme qui en est l'époux mais aussi son frère juré, le Capitaine. D'ailleurs, et sans en dire plus ici, nul ni personne n'échappe à cette destinée tragique et c'est dans une sombre extase éminemment romantique à l'excès que s'achève le roman.
Il est bien évident que, selon nos connaissance historiques actuelles, selon nos goûts et modes en matière littéraire présentes, ce premier roman du grand génie peut passer pour assez faible. Et, objectivement, il l'est : des personnages très caricaturaux, bon jusqu'à la bêtise ou mauvais plus encore que le diable en personne. il y a aussi cette trame, cousue de fil blanc du début à la fin des histoires particulières (il va sans dire que le respect de la trame historique réelle, même avec ses imperfections liées aux méconnaissances de son temps, ne fait pas l'objet de cette remarque), où l'on devine avant même de l'avoir réellement croisé que Pierrot est l'amoureux mystérieux de Marie et est, par ailleurs, le fameux Bug-Jargal. Les soubresauts et revirements permanents du capitaine - un bien grand naïf et même parfois tellement candide qu'il en devient niais - sont aussi peu crédibles et deviennent, à force, un rien exaspérants. Ces aberrations, ces maladresses sont relativement sauvées par le portrait de Biassou ainsi que celui, terrible dans tous les sens du mot, du nain noir - une sorte d'anti-Quasimodo, du moins, pour le caractère -. Mais demeurent aussi les à priori raciste, que l'on sait de son temps, mais qui peuvent aujourd'hui choquer. Il y a les ambiguïté, liées tout autant à la personnalité du jeune Victor Hugo, qui fut du camp des "ultras" (NB : royalistes) et donc outrancièrement anti-révolutionnaire en ses vertes années ce qui nous donne des critiques féroces, parfois justifiées, de la politique menée par la France à l'égard de ses colonies, ayant bien du mal à se décider pour ou contre l'esclavage, tandis qu'étaient décrétés les droits de l'homme supposément universels, mais en réalité applicable aux seuls blancs. Dans le même temps, on sent que la seule idée de mettre un homme en esclavage, d'en avoir propriété comme d'une chose, hérisse tous les poils du jeune Hugo. Il n'en démordra d'ailleurs pas de sa longue vie.
Comme souvent, même le génie est victime des absurdités, des clichés, des stéréotypes et des lieux communs de son époque. Ne verra-t-on pas un Jules Ferry, bien des années plus tard, justifier la colonisation de la même manière, à savoir que nous, blancs d'occident, nous devons d'apporter nos lumières auprès des populations qui en sont le plus dépourvues, et bien souvent, les noirs d'Afrique ? Il est trop aisé de juger à l'aune des connaissances d'aujourd'hui... Surtout en des périodes où la reconnaissance décomplexée d'une certaine forme de racisme par un nombre toujours trop important de gens semble pouvoir porter le pire à la tête de l'état... Donner des leçons au passé est aussi ridicule que malséant lorsque le présent ne vaut guère mieux.
C'est tout de même un peu déçu - parce qu'on attend forcément beaucoup de la lecture d'un texte de Hugo - que l'on referme cette épopée historico-amicalo-amoureuse (ouf !), tout en ne cessant de se souvenir que le futur immense Génie National, tel qu'il fut parfois surnommé, avait alors l'âge où la plupart d'entre nous ne parvenons à bafouiller que quelques lignes maladroites sur des copies quadrillées, chez soi ou dans une salle d'étude. On aimerait pouvoir faire au moins aussi bien... Même après quelques années !
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LiliGalipette
  08 août 2016
Le capitaine Léopold d'Auverney se bat farouchement et désespérément dans tous les combats. À croire qu'il veut aller au-devant de la mort. À la demande de ses camarades, il raconte un soir son histoire, comment il a perdu la femme qu'il aimait, mais aussi un ami inattendu en la personne d'un esclave noble et fier. Tout cela s'est déroulé à Saint-Domingue où la longue opposition entre Blancs et Noirs a fini par éclater dans un sanglant affrontement. « Il existait seulement entre les blancs et les mulâtres libres assez de haine pour que ce volcan si longtemps comprimé bouleversât toute la colonie au moment où il se déchirerait. » (p. 27) Léopold, pour sauver sa fiancée, est prêt à se livrer aux esclaves révoltés, notamment à l'infâme Biassou, mulâtre perfide. Mais c'est compter sans Bug-Jargal, fils de roi, homme de principe et frère de coeur du capitaine. « Tu es protégé par un homme que tu hais, il plaide pour ta vie, et tu veux sa mort. » (p. 172)
Je n'en dis pas davantage pour ne pas gâcher la fabuleuse tension dramatique de ce texte. Comme toujours avec Hugo, les sentiments sont puissants et plus un homme est noble et valeureux, plus son ennemi sera odieux et cruel. le manichéisme est évident et l'opposition blanc/noir ne se réduit pas à la couleur de peau. Victor Hugo a écrit ce roman à 16 ans, en 15 jours. Voilà voilà… Pour l'apprenti plumitif que je suis, c'est une leçon d'humilité et une très belle lecture.
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PiertyM
  23 avril 2014
Claude Gueux
"– Mais au moins que je sache pourquoi je suis condamné à mort. Dites-moi pourquoi vous l'avez séparé de moi.
– Je te l'ai déjà dit, répondit le directeur. Parce que....'
La suite a été l'irréparable...
Claude Gueux pauvre ouvrier qui volera pour nourrir sa famille lui-même aimant bien manger. Il fait la prison. Dans cette vie d'étroitesse, Claude se plaint juste de la bouffe, ça ne suffit pas pour combler son estomac tant il en voudrait encore un peu plus.
Voilà arrive Albin comme un sauveur tombé du ciel qui accepte de partager son maigre repas avec Claude. Voilà que par jalousie, Monsieur d'le directeur de l'atelier éloigne Albin de Claude pour affaiblir celui-ci parce qu'il est très écouté parles prisonniers. Claude lui réclame son Albin, le sauveur tombé du ciel. Il lui pose un ultimatum allant du 25 Octobre au 4 Novembre.
N'obtenant aucun gain de cause, seule la boucherie a été la solution...
Une histoire très bouleversante!!! Et en même temps très captivante avec une plume très engagée de notre très cher Victor Hugo!
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   11 août 2012
Le citoyen C*** hasarda une observation timide.
- Héros de l’humanité, ce ne sont point des négociants, ce sont des philosophes, des philanthropes, des négrophiles.
- Allons, dit Biassou en hochant la tête, le voilà revenu à ses diables de mots inintelligibles. Eh bien, si tu n’as ni dépôts ni magasins à piller, à quoi donc es-tu bon ?
Cette question présentait une lueur d’espoir que C*** saisit avidement.
- Illustre guerrier, répondit-il, avez-vous un économiste dans votre armée ?
- Qu’est-ce encore que cela ? demanda le chef,
- C’est, dit le prisonnier avec autant d’emphase que sa crainte le lui permettait, c’est un homme nécessaire par excellence. C’est celui qui seul apprécie, suivant leurs valeurs respectives, les ressources matérielles d’un empire, qui les échelonne dans l’ordre de leur importance, les classe suivant leur valeur, les bonifie et les améliore en combinant leurs sources et leurs résultats, et les distribue à propos, comme autant de ruisseaux fécondateurs, dans le grand fleuve de l’utilité générale, qui vient grossir à son tour la mer de la prospérité publique.
- Caramba ! dit Biassou en se penchant vers l’obi. Que diantre veut-il dire avec ses mots, enfilés les uns dans les autres comme les grains de votre chapelet ?
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Erik35Erik35   02 mai 2017
» Mais ne le sais-tu pas ? il y a quelquefois au fond du désert un ouragan jaloux du bonheur de fontaine aimée ; il accourt, et l'air et le sable se mêlent sous le vol de ses lourdes ailes ; il enveloppe l'arbre et la source d'un tourbillon de feu ; et la fontaine se dessèche, et le palmier sent se crisper sous l'haleine de mort le cercle vert de ses feuilles, qui avaient la majesté et la grâce d'une chevelure.
» Tremble, ô blanche fille d'Hispaniola ! tremble que tout ne soit bientôt plus autour de toi qu'un ouragan et qu'un désert ! Alors tu regretteras l'amour qui eût pu te conduire vers moi, comme le joyeux katha, l'oiseau du salut, guide à travers les sables d'Afrique le voyageur à la citerne.
» Et pourquoi repousserais-tu mon amour, Maria ? je suis roi, et mon front s'élève au-dessus de tous les fronts humains. Tu es blanche et je suis noir ; mais le jour a besoin de s'unir à la nuit pour enfanter l'aurore et le couchant, qui sont plus beaux que lui !»
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Nastasia-BNastasia-B   22 avril 2015
{Voici une petite citation qui pourrait plaire à Manuel Valls et aller dans le sens de ses convictions, lui qui trouve qu'il n'y a pas assez de « white » (sic.) ni de « blancos » (sic.) à Évry — N. B. on trouve facilement cette petite réflexion hautement reluisante de notre premier ministre sur l'internet.}

Sang-mêlés, ne vous laissez pas attiédir par les séductions de los diablos blancos. Vos pères sont dans leurs rangs, mais vos mères sont dans les nôtres. Au reste, o hermanos de mi alma, ils ne vous ont jamais traités en pères, mais bien en maîtres ; vous étiez esclaves comme les noirs.
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popie21popie21   10 décembre 2018
Dès qu'une bataille commençait, son front paraissait serein. Il se montrait intrépide dans l'action comme s'il eût cherché à devenir général, et modeste après la victoire comme s'il n'eût voulu être que simple soldat. Ses camarades, en lui voyant ce dédain des honneurs et des grades, ne comprenaient pas pourquoi, avant le combat, il paraissait espérer quelque chose,... et ne devinaient point que d'Auverney, de toutes les chances de la guerre, ne désirait que la mort.
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Nastasia-BNastasia-B   17 décembre 2012
Écoute. Crois-tu donc que pour être mulâtre, nain et difforme, je ne sois pas homme ? Ah ! j'ai une âme, et une âme plus profonde et plus forte que celle dont je vais délivrer ton corps de jeune fille ! J'ai été donné à ton oncle comme un sapajou. Je servais à ses plaisirs, j'amusais ses mépris. Il m'aimait, dis-tu : j'avais une place dans son cœur ; oui, entre sa guenon et son perroquet. Je m'en suis choisi une autre avec mon poignard !
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Vidéo de Victor Hugo
Émission "Une Vie, une Œuvre", par Maylis Besserie et Guillaume Baldy, sous-titrée « l’insurgé », diffusée le 3 novembre 2018 sur France Culture. Présences : Anne Martin-Fugier, Jean Maurel, Jean-Marc Hovasse, Dinah Bott, Agnès Perry, Roy Bisson et Gérard Audinet.
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