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EAN : 9782070355877
288 pages
Éditeur : Gallimard (03/12/2009)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 47 notes)
Résumé :

Une ambiance de fête règne à la cour de François Ier. Le roi s'encanaille : il boit et rit des railleries de son bouffon Triboulet, qui l'incite à la débauche. Tous ignorent que l'amuseur bossu a une fille, Blanche, un joyau qu'il chérit et tient précieusement éloigné des frasques des courtisans. Mais la vigilance d'un père ne saurait empêcher une malédiction de se réaliser et le roi de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bruidelo
  18 février 2019
J'aime beaucoup le personnage de Triboulet, bouffon difforme, attachant, bouleversant, grotesque et tragique, cynique à la cour, si plein de noblesse avec sa fille. Comme dans Lucrèce Borgia, le mélange d'éléments extrêmes et contrastés est d'une grande efficacité émotionnelle, ici « la difformité physique la plus hideuse, la plus repoussante » et « le sentiment le plus pur qui soit donné à l'homme, le sentiment paternel », « sentiment sublime » qui transforme sous nos yeux « la créature dégradée »: le petit devient grand, le difforme devient beau. Magie de l'écriture de Hugo qui transfigure le misérable bossu, cette moitié d'homme , cet animal douteux, en un personnage extrêmement émouvant, dont on se sent si proche, qui nous fait vibrer. Contraste avec le roi aussi, d'apparence séduisante, mais superficiel et vulgaire. Il y a un peu de ça dans Game of thrones non? et c'est toujours diablement efficace!
Bon, ce que j'ai moins aimé, c'est qu'à partir de la fin de l'acte IV, ça déchire trop le coeur, du coup entre la création d'un personnage que j'adore et le fait de rester sur l'impression d'une dernière partie trop noire pour moi, je suis bien embêtée pour mettre une note :(
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PiertyM
  05 novembre 2020
Comme le titre l'indique le roi s'amuse à en faire flétrir les roses, car elles risqueraient de se faner trop tôt à force de trop de bisous... en fait, le roi est un gentleman qui tire sur tout ce qui bouge, vous voulez ses faveurs, donnez lui votre fille, votre soeur pourquoi pas votre femme ou votre grand-mère. Victor Hugo pousse le bouchon un peu loin en décrivant le roi de la renaissance et son bouffon Triboulet dans un paradoxe total. On retrouve un roi aux moeurs très légères presque vulgaires et qui se fie corps et âme au bouffon quant à l'enfoncer de plus bel dans l'amusement jusqu'à lui tendre un véritable piège. Par contre Triboulet est d'une personnalité assez surprenante, l'auteur lui prête un jeu qui donne un vibrant souffle à la pièce.
Puis il y a cette histoire de malédiction qui vient nous serrer le coeur avec cet amour paternel enivrant de Triboulet pour sa fille Blanche qu'il cherchera à protéger contre les flagornerie aussi dangereuses que celles du roi ou de ses gentilshommes, prêt à tout pour venger une honte presque familiale...
Entre les joies mondaines mettant en lumière la suprématie des plus forts, les conflits intérieurs de la cour royale, et les superstitions vers lesquelles on se tourne pour vouloir terrasser le plus fort, c'est un plaisir de retrouver la belle plume du père Hugo!
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Darkcook
  19 janvier 2018
Cela faisait trop longtemps que le Grand Hugo m'appelait depuis ma bibliothèque... Depuis l'automne 2016 (déjà!) et mon extraordinaire lecture des Contemplations, je l'avais délaissé! Pire encore pour son théâtre, dont les dernières lectures doivent remonter à 2011 ou 2012. Je m'attaque au Roi s'amuse, recommandé par un ami, et dont je savais qu'il renfermait un des derniers monstres grotesques hugoliens qu'il me restait à découvrir, Triboulet, le bouffon de François 1er, après Quasimodo, Gwynplaine (dont il est une sorte de première tentative!) et Ruy Blas...
Cela commence presque comme une comédie, et même si on sait que c'est trompeur, on se laisse avoir. Lors d'une soirée au Louvre, Hugo nous dépeint le roi François 1er fou, jouisseur et libertin comme le dit mon édition, à papillonner autour de chaque femme de la fête... Triboulet est là pour jouer son âme damnée, son perroquet farceur et perfide, mais il renferme évidemment une autre âme... On se régale lors de cet acte I folâtre, qui trouve son point d'orgue et de bascule avec l'arrivée de M. de Saint-Vallier, qui lance sa malédiction shakespearienne sur le roi et sur Triboulet. Sa fille fait en effet partie des innombrables conquêtes et victimes du roi... C'est un des meilleurs passages de la pièce, avec une tirade et des invectives très fortes.
L'acte II nous révèle le secret de Triboulet : L'existence de sa fille Blanche, qu'il conserve loin de ces festivités et de cette cour orgiaque, comme une incarnation de la pureté et de l'innocence... À partir de là, on commence à deviner ce qui peut se passer, et on a vraiment pas envie que cela arrive, mais la machine infernale tragique est évidemment lancée! Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que l'acte IV est insoutenable, avec lui sa terrible conclusion, et une partie de l'acte V.
Malgré tout, je continue à préférer, de loin, Ruy Blas, et, hors du champ strictement théâtral d'Hugo, Les Contemplations, Notre-Dame de Paris et L'Homme qui rit. La pièce a ses moments forts, et d'autres qui le sont un peu moins. Mais Victor Hugo a tellement écrit qu'on devient pinailleur et exigeant avec lui, même quand on l'adore!
Le roi s'amuse, tragédie écrite en 1832, a apparemment fait scandale à l'époque, a été interdite, pour sa représentation de François 1er, et c'est une oeuvre qui était chère à Hugo : Il a pu la faire rejouer vers la fin de sa vie... En la lisant aujourd'hui, à la lumière de l'horreur du drame de Léopoldine en 1843, elle prend une toute autre dimension, et la lecture de ce rapport père/fille si touchant renforce l'émotion de la pièce. J'aime à penser qu'Hugo se projetait déjà en Triboulet, en père aimant au milieu de la trivialité, et que Blanche représentait Léopoldine ou Adèle... D'où, peut-être, l'affection, de manière rétrospective, qu'il a gardé ensuite pour cette pièce. Outre le défi qu'il adressait à la censure!
Il me reste à découvrir, de son théâtre, Cromwell, et les pièces de son Théâtre en Liberté! En attendant, je repars vers autre chose... En essayant de délaisser moins longtemps le Maître...
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Slava
  11 décembre 2020
Sous la France de la Renaissance, rayonne le roi François Ier qui est tout-puissant et se permet de tout, y compris de séduire toutes les femmes de la cour : après tout une cour sans femmes est comme un jardin sans fleurs Son bouffon difforme, Triboulet, rit et s'encanaille parmi les nobles dont il n'hésite pas à se moquer violemment. Mais Triboulet en secret méprise ses riches clients et surtout a un secret qu'il dissimule soigneusement : sa fille Blanche, son joyau, sa seule source de joie et de bonté qu'il veut préserver des vices du monde. Or un jour François Ier rencontre la belle Blanche... le drame commence et finira mal avec un père qui finira par tout perdre.
Amoureux de l'opéra, vous aurez sans doute été interpellé par la ressemblance de ce synopsis avec l'une des oeuvres les plus connues de Giuseppe Verdi, Rigoletto qui est une des plus jouées au monde : c'est que notre grand italien s'est volontairement inspiré de cette pièce romantique de Victor Hugo. Pour l'anecdote, l'écrivain français outré par cette reprise va intenter un procès au compositeur, mais qui sera vain. Cependant, s'il y a une chose qui réunit les deux pièces du XIXeme siécle, c'est qu'ils n'échappérent point à la censure, tous deux vilipendés pour leur contenu choquant et heurtant la morale. C'est que tous deux critiquent vertement les pouvoirs en place sous une coloration historique (le règne de François Ier ou celui du Duc de Mantoue) et ses dépravations, et ont comme héros des êtres immoraux et cruels qui ne conviennent pas aux canons du genre. Rigoletto est aujourd'hui un classique de l'opéra alors que le Roi s'amuse est hélas méconnue du grand public. Pourtant elle est tout aussi marquante et subversive que l'art de Verdi.
Dans le registre romantique ou le sublime se dispute au grotesque, la pièce est toute portée par le tragique Triboulet. Second bossu protagoniste malgré lui avec l'inoubliable Quasimodo, Triboulet est un homme complexe, monstre et humain avant tout. le bouffon ignoble de la première partie qui ose rigoler à la face du père d'une proie de François Ier se révèle être un père attendri et protecteur envers Blanche et qui tente de se venger quand celle-ci passe sous les filets du roi. Un être maudit par avance, condamné à vivre les mêmes ressentiments que le vieillard dont il s'est moqué, un être qui dénonce la folie de la noblesse avec des vers bien chargés : "Vos mères aux laquais se sont prostituées/ Vous êtes tous bâtards" (ce morceau ayant été très mal sentie par la monarchie en place en 1832, la mère du roi Louis-Philippe régnant alors n'était pas une ingénue chaste et convenable). Triboulet se fond certes dans le décor débauché et inquiétant de la cour mais conserve une part d'altruisme et de remords, en comparaison avec le tyrannique François Ier, plus violeur que séducteur, égoiste brutal qui jamais ne regrette ses actes ou n'a une once de compassion envers ses victimes, voilà de quoi écorner l'image d'Epinal d'un souverain galant et gracieux. Même la pâle Blanche qu'on peut penser être classique et sans personnalité propre juste à finir en victime immolée pour le grand mâle noue émue par son innocence, sa candeur et son courage qu'elle dédie hélas à la mauvaise personne.
L'abus de pouvoir, la folie amoureuse, la malédiction et l'injustice qui gagne à la fin noircissent l'ambiance de corruption qui y baigne et qu'on peut désespérer à la fin. Mais surtout l'éternelle et réecrite version du fou qui est sage et du sage qui ne l'est pas, que Shakespeare avait déjà illustré avec brio dans le Roi Lear : ici c'est le fou qui est moral et pas son souverain.
Une pièce sombre mais non sans être glorieuse, aux vers riches et musicaux , qui fait voir le meilleur et le pire de l'humain, l'abnégation d'un père contre le mal et une critique du pouvoir à relire sans hésitation.
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MariondeMontmorency
  05 août 2017
J'aime tellement les drames romantiques de Victor Hugo ! Après avoir dévoré Ruy Blas, Hernani et Lucrèce Borgia, j'ai récemment découvert le Roi s'amuse. L'action se passe sous le règne de François I en pleine Renaissance. Alors que le Souverain passe du bon temps à séduire toutes les femmes de la Cour, Triboulet, son bouffon, peine à garder son secret : l'existence de sa fille. En effet, ce personnage bossu, grotesque et cruel, est détesté par les nobles de la cour et son comportement va mettre en péril la sécurité de son enfant. J'apprécie particulièrement ces personnages romantiques, tiraillés entre leurs aspirations et leur sensibilité. Je leur trouve toujours une grande humanité malgré leurs travers. Dès la première représentation, la pièce fit grand scandale si bien qu'elle fut interdite le premier jour. Outre les innovations romantiques et l'invraisemblance de l'intrigue qui gênèrent les spectateurs de l'époque, le portrait critique du Monarque, amateur de femmes et encouragé par son bouffon déplut particulier au public !
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   27 septembre 2014
Le soir du 22 novemlbre 1832, la première représentation du "Roi s'amuse" fait scandale.
Le public de la Comédie-Française est choqué par la représentation scabreuse de François 1er en coureurs de jupons.
Les spectateurs rejettent en outre la promotion au rang de héros d'un bouffon grotesque dans une pièce en vers et les éléments "farcesques" dans une forme tragique (un cadavre traîné dans un sac).
Le lendemain, la pièce est interdite, et ne sera de nouveau jouée à la Comédie-Française qu'en 1882.
Pour se venger du bouffon Triboulet qui les brocarde trop librement, les seigneurs de la cour ont enlevé la jeune fille qui loge chez lui, pensant qu'elle était sa maîtresse, et l'ont livrée à François 1er.
Par cruauté, ils ont même utilisé Triboulet comme complice involontaire de ce rapt.
Mais Blanche est en réalité la fille du bouffon.
Le lendemain matin, la cherchant désespérément, Triboulet retrouve les seigneurs dans l'antichambre du roi.
Dans la scène qui suit, il attaque frontalement les grands de la cour et laisse parler son coeur de père....
(extrait de "Le Théâtre français du XIXème siècle - Anthologie de l'avant-scène Théâtre" paru en 2008 aux éditions de "L'avant-scène Théâtre")
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LaurenebLaureneb   10 mai 2018
"La liberté de la pensée, dans tous ses modes de publication, par le théâtre comme par la presse, par la chaire comme par la tribune, c’est là, messieurs, une des principales bases de notre droit public. Sans doute il faut pour chacun de ces modes de publication une loi organique, une loi répressive et non préventive, une loi de bonne foi, d’accord avec la loi fondamentale, et qui, en laissant toute carrière à la liberté, emprisonne la licence dans une pénalité sévère. Le théâtre en particulier, comme lieu public, nous nous empressons de le déclarer, ne saurait se soustraire à la surveillance légitime de l’autorité municipale. Eh bien ! messieurs, cette loi sur les théâtres, cette loi plus facile à faire peut-être qu’on ne pense communément, et que chacun de nous, poètes dramatiques, a probablement construite plus d’une fois dans son esprit, cette loi manque, cette loi n’est pas faite. Nos ministres, qui produisent, bon an, mal an, soixante-dix à quatre-vingts lois par session, n’ont pas jugé à propos de produire celle-là. Une loi sur les théâtres, cela leur aura paru chose peu urgente. Chose peu urgente en effet, qui n’intéresse que la liberté de la pensée, le progrès de la civilisation, la morale publique, le nom des familles, l’honneur des particuliers, et, à de certains moments, la tranquillité de Paris, c’est-à-dire la tranquillité de la France, c’est-à-dire la tranquillité de l’Europe !"

Discours prononcé par Monsieur Victor Hugo le 19 décembre 1832 devant le tribunal de commerce.
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PiertyMPiertyM   05 février 2014
MONSIEUR DE PIENNE,
... ... ... un roi qui s’ennuie,
C’est une jeune fille en noir, c’est un été de pluie.

MONSIEUR DE PARDAILLAN.
C’est un amour sans duel.

MONSIEUR DE VIC.
C’est un flacon plein d’eau.
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gorgospagorgospa   19 mars 2015
O rage! être bouffon! ô rage! être difforme!
Toujours cette pensée! et, qu'on veille ou qu'on dorme,
Quand du monde en rêvant vous avez fait le tour,
Retomber sur ceci : Je suis bouffon de cour!
Ne vouloir, ne pouvoir, ne devoir et ne faire
Que rire!
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TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   26 septembre 2017
CLÉMENT MAROT, saluant M. de Gordes :
Que savez-vous ce soir ?

M. DE GORDES
Rien, que la fête est belle,
Et que le roi s’amuse.

MAROT
Ah ! C’est une bonne nouvelle !
Le roi s’amuse ? Ah ! Diable !

M. DE COSSÉ, qui passe derrière eux :
Et c’est très malheureux !
Car un roi qui s’amuse est un roi dangereux.
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Videos de Victor Hugo (250) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Hugo
L'exposition "François-Auguste Biard, Peintre voyageur" aurait dû ouvrir du 5 novembre 2020 au 11 avril 2021 à la maison de Victor Hugo. Cette exposition n'ayant pas pu être présentée au public en raison de la fermeture des musées, nous vous proposons une visite guidée à distance pour partir à la rencontre de ce peintre singulier qui a sillonné le monde.
Accéder à la visite en ligne : https://www.parismusees.paris.fr/fr/visite-virtuelle-biard
__ À propos de l'exposition
Mari de Léonie Biard avec laquelle Victor Hugo eut une liaison de 1844 à 1851 jusqu'à son départ en exil, il est aussi un peintre possédé par l'envie d'exploration. Cette exposition permettra de découvrir un peintre voyageur capable de restituer de façon parfois très spectaculaire les grandioses paysages du Nord ou de la forêt amazonienne. Ce peintre, ethnographe, observateur attentif de ses contemporains et des peuples lointains qu'il a côtoyés, rend compte dans ses oeuvres du monde de la fin du XVIIIème siècle et du XIXème siècle à travers la peinture d'histoire, la peinture de marine et les scènes de genre, dans lesquelles il excelle.
https://www.maisonsvictorhugo.paris.fr/
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