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Gabrielle Chamarat (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266083074
Éditeur : Pocket (08/05/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.22/5 (sur 818 notes)
Résumé :
Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce que le proscrit qui, dans Châtiments, vient de fustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ; mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties – « Autrefois », « Aujourd'hui » – sont séparées par la césure tragique de l’année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
Blacksad
  29 mars 2013
Quel sublime et tendre recueil que Les Contemplations.
On découvre un Victor Hugo meurtri, qui se réfugie dans la nostalgie et le lyrisme. Dans des poèmes souvent mélancoliques, il sublime aussi bien l'amour et la nature que le souvenir douloureux mais rêveur de sa fille disparue.
Si Hugo peut paraître antipathique dans son égocentrisme permanent, il nous dévoile ici une faille et sait nous subjuguer dans ses contemplations.
Je vous fait partager un extrait du premier poème du livre premier, "À ma fille", que je trouve particulièrement beau:
"Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire :
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !
La gaîté manque au grand roi sans amours ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.
[...]
Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.
Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes.
Cette loi sainte, il faut s'y conformer,
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout plaindre !"
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Alexein
  06 août 2017
Si Baudelaire peut être comparé à une panthère ou un chat, Hugo évoque pour moi un taureau. Son style est de la plus certaine vitalité, gonflé par une verve qui l'emporte dans d'immenses élans d'enthousiasme. Il y entraîne volontiers le lecteur. En le lisant, ma poitrine se dilate, il me transmet cette énergie, des aspirations à la conquête, il enchante tout un univers par son lyrisme vigoureux.
Alors que Baudelaire calibre ses vers et ses tournures avec la patience et l'application d'un joaillier, Hugo fonce vaillamment, presque témérairement, la plume en avant comme un étendard, bouscule tout sur son passage et répand à profusion un discours turgescent. Hugo est pareil à un prophète. Ses poèmes semblent résonner dans les grandes vallées bibliques. Son discours est comme mû par la sagacité solennelle d'un porteur de flambeau éclairant l'humanité. Son regard flamboie, son front se crispe, sa voix tonne ; des millions d'ardeurs bouillonnent dans son sein.
Dans beaucoup de ses poèmes, il semble haranguer des troupes pour les mener au combat. Il s'adresse aux éléments, à Dieu, aux animaux. C'est comme si l'univers n'était pas assez vaste pour une telle débauche d'énergie. Il veut le dilater plus encore. Il veut tout consigner, qu'aucune pensée n'échappe à sa plume.
Et cependant les mêmes rimes reviennent souvent et on peut se dire qu'il tourne quelque peu en rond. Ce qui l'anime, c'est avant tout le souffle. Il faut qu'il reste en mouvement. Alors il s'évertue, s'échine pour ne pas se laisser abattre. Car les éléments sont contre lui. le sort lui a enlevé sa fille adorée. Il a quitté son pays. À Guernesey, il a dû beaucoup tourner en rond à regarder les voiles des navires et les étoiles au point de les associer presque immanquablement en rimes, mais il le faisait déjà dans le recueil Les voix intérieures.
Obsédé et possédé par le contraste entre lumières et ténèbres, il voyait des monstres, il voyait des morts, il voyait des choses abominables, il voyait des choses grandioses, et cela dans une démesure toute baroque.
Les contemplations est un recueil distendu, plein de répétitions, enflé d'élans puissants, sonores et cependant assez creux. Il est comme une succession ininterrompue de vagues déferlant sur la grève. C'est son plus célèbre recueil de poésie : une tentative de conjuration du désespoir et un assagissement de l'âme tourmentée. C'est un monument en grande part élevé à la mémoire de Léopoldine et c'est pour cela qu'il m'évoque un mausolée littéraire.
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Myriam3
  17 juin 2014
Fin 90, études de Lettres Modernes, dans le métro. le tunnel défile, débouche sur des quais vitrés, repart. Agrippée à la barre au milieu des sueurs et dans le brouhaha toulousain, mes yeux plongés dans les pages brunes des Contemplations, mon âme sur une plage décharnée au bord d'un océan aux vagues profondes et grondantes, un ciel illimité où un pâle rayon lancinant se glisse entre deux épaisses couches de nuages et étend sur la terre une lumière incandescente.
Soudain Hugo, ce petit bonhomme délirant se dresse hors des pages, et avec une telle foi en son rôle de prophète, déclame:
Dormez! Dormez, brins d'herbe, et dormez, infinis!
Calmez-vous, forêts, chêne, érable, frêne, yeuse!
Silence sur la grande horreur religieuse,
Sur l'océan qui lutte et qui ronge son mors,
Et sur l'apaisement insondable des morts!
Paix à l'obscurité, muette et redoutée!"
Hugo le prophète, Hugo le chef d'orchestre des rames de métro, que je hissais hors du bouquin et que cette foule du vingtième siècle n'intimidait pas!
O générations aux brumeuses haleines,
Reposez-vous!
Vous avez bien compris, ce recueil de poèmes à la démesure de Victor Hugo, qui ne retient qu'à peine en ses pages les tempêtes, les gouffres, les paroles de la Bouche d'Ombre et les élans passionnés du poète a bien failli m'emporter cette année-là!
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Darkcook
  27 octobre 2016
Ce cher Avril, toujours symbole du printemps bucolique et poétique, fut pour moi le moment où ma mère, à la lecture du magnifique début du poème "À Celle qui est restée en France", m'interpella, émue, pour me rappeler à mes devoirs : "Fils hugolien, tu dois absolument lire Les Contemplations!". Ce que je fis depuis.
Mon admiration sans bornes pour le grand Victor n'a plus aucun secret pour mes amis, proches et lecteurs sur Babelio, mais je n'avais jamais vraiment lu de recueil de poèmes en entier. Souhaitant m'éloigner de la politique et de la noirceur, vu mon sujet de thèse sur le roman noir historique qui baigne dans ces cercles, je m'empare donc avec grande envie des Contemplations, ayant raison à demi, m'attendant à y trouver, alors que ce ne sera que par endroits seulement, un pendant diurne aux Châtiments, un Hugo qui a délaissé l'assemblée et les horreurs des rues de misère sous le joug de Napoléon III, pour les bois, les champs, les rivières, la nature.
J'avais sous-estimé la destination et la présence dans ce livre, de la malheureuse Léopoldine, fille d'Hugo décédée à 19 ans, noyée accidentellement avec son époux Charles Vacquerie dans la Seine. Nous sommes ainsi bien loin d'un recueil de poèmes ronsardiens constamment lumineux, et la mort est omniprésente. Hugo a conçu cette horde hallucinante de poèmes sur 22 ans, et a scindé le recueil en deux parties, "Autrefois", effectivement plus pastorale, où l'innocence règne encore, et "Aujourd'hui", livre du deuil, du doute face à Dieu, de l'exil, puis de la foi retrouvée. Ces deux parties sont elles-mêmes divisées en six livres thématiques assez différents, qui pourtant se répondent en échos. Il y a un jeu de double chronologie, une artificielle, pour l'homogénéité thématique, la construction logique du recueil, et la véritable, révélée par mon édition, qui aide à comprendre la genèse de chaque poème et les liens à tisser entre eux.
Le premier livre, "Aurore", fait logiquement suite au "Lux" qui refermait Les Châtiments, et, comme beaucoup l'ont dit, c'est le livre de la jeunesse, de l'adolescence, des amours, et aussi des arts poétiques d'Hugo. Il renferme le très violent "Réponse à un acte d'accusation" où Hugo démolit les autorités et auteurs du XVIIe siècle, suscitant sans doute dans un épisode traumatique l'ire d'une prof de ma fac vénérant Corneille et sa clique, qui ne peut s'empêcher de lancer des piques cinglantes à Hugo et au XIXe en cours. Il forme en quelque sorte une trilogie avec "Suite" (la véritable conception de la poésie par Hugo, avec ses influences), et "Le poëme éploré se lamente...". "À Propos d'Horace" est un épisode génial où Hugo s'en prend cette fois aux maîtres d'école pédants et austères, aux récitations bêtes à mourir du latin qui s'opposent à la sensibilité que peut procurer l'étude de ces auteurs. Pour contrebalancer, il chantera les mérites du "Maître d'études" au livre III. Ses amours bucoliques sont notamment abordées dans "Lise", "Vere Novo", "Elle était déchaussée, elle était décoiffée" ou "Unité". "Quelques Mots à un autre", "Oui, je suis le rêveur ; je suis le camarade", "Il faut que le poëte, épris d'ombre et d'azur", constitue une autre trilogie de projet poétique pour Hugo.
Mais le livre II, "L'Âme en fleur" (influence plus tard sur Proust?) se débarrasse de toute revendication artistique pour s'abandonner pleinement aux délices de la contemplation de la nature. Ses perles sont innombrables, et il demeure mon favori avec le IV. Je citerai "Lettre", "Nous allions au verger cueillir des bigarreaux", "Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux", "Les femmes sont sur la terre", le terrifiant et étrangement nommé "Églogue" qui augure déjà d'une tension entre nature et mort, et tous, du "Billet du matin" et "Paroles dans l'ombre" jusqu'à "Je respire où tu palpites". Parmi eux, il faut souligner le célèbre "Je sais bien qu'il est d'usage" où Hugo fustige L Histoire, qui n'a de cesse de sanctifier tyrans et bouchers. L'excellent "Ponto" y répond au livre V.
Le livre III, "Les Luttes et les Rêves", me plaisait moins dans son ensemble, car moins approprié à mon humeur, apparaissant dans son ensemble comme un appendice aux Châtiments. Il contient moins de pièces qui m'ont subjugué, mais les quelques-unes qui l'ont fait m'ont absolument passionné et transporté : "Melancholia", portrait noir écoeurant des vicissitudes de l'Homme, de sa cruauté, du cloaque de la ville, qui se termine par un appel vibrant d'Hugo à l'exil solitaire et salvateur dans le sein des bois. La fabuleuse promenade de "Je lisais. Que lisais-je? Oh! le vieux livre austère", "Le Poëte" sur son idole Dieu Shakespeare, "La Nature", où un arbre la fontainien se dresse magistralement contre la peine de mort, et enfin "Magnitudo Parvi", très long et très connu chef d'oeuvre de va-et-vient entre la contemplation cosmique et l'intériorité auguste du pâtre solitaire au fin fond de la nature, aisément figure d'Hugo et de ses nombreuses idoles chantées dans "Les Mages" (livre VI) et reprises dans son essai William Shakespeare (ce dernier, Dante, Job, Eschyle, Saint Paul, Tacite...), sages au-dessus du reste de l'humanité. Je retiendrai aussi "Jeune fille, la grâce emplit tes dix-sept ans", qui aurait pu être dans le livre II, où "La Statue", malgré le peu d'affection manifeste d'Hugo pour l'empire romain, qui heurte sa sensibilité de chrétien.
Et on arrive à la fameuse seconde partie plus sombre, "Aujourd'hui", et au joyau absolu du recueil, son livre IV "Pauca Meae", sur Léopoldine, sa mort, et le deuil terrible qui frappe le poète. C'est à mon sens, de loin, le livre le plus touchant et le meilleur passage des Contemplations, qui regorge de pièces fabuleuses, toutes simples, d'une sincérité désarmante, dans les souvenirs chers, tendres, en somme, exactement ce que je cherchais, et bien loin de ses constructions dantesques plus travaillées mais quelques fois moins réussies. Tous ses poèmes à partir de "Trois Ans Après" jusqu'à "Charles Vacquerie" sont autant de gouttes du nectar de son inspiration portée par le chagrin, l'incompréhension et la déploration. Ces poèmes-là possèdent un tel liant qu'on a l'impression de lire un roman familial, pastoral, versifié. Son bijou le plus célèbre et le plus beau reste "Demain, dès l'aube...", mais tout est magnifique.
Ça se gâte un peu ensuite, à mon goût. Sans doute parce que, même ses plus grands admirateurs le reconnaissent, Hugo écrit trop, et un motif, une idée, qu'il développe dans un poème génial, seront réutilisés dans maintes pièces, en beaucoup moins bien. le livre V, "En Marche", celui de l'exil, offre ainsi sempiternellement l'image du poète seul, prisonnier sur son rocher au milieu de l'océan, et s'avère assez répétitif. Certes, les autres livres brodaient eux aussi sur un même thème général, mais ici, et dans le suivant, ça m'a particulièrement frappé et freiné. Hugo remercie ses amis et soutiens ("À Aug.V.", À Alexandre D."), réfléchit sur l'évolution de sa création poétique ("O, strophe du poëte, autrefois, dans les fleurs"), tente encore un peu quelque pastorale ("J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline") ou retrouve le pâtre de "Magnitudo Parvi" dans "Un mendiant". Mais ce sont des pièces qui n'ont rien à voir avec cette prison insulaire qui retiennent notre attention : "Ponto" déjà mentionné, "Claire P." qui arrache des larmes, "Écrit en 1846" qui détruit le royalisme et le propre passé idéologique d'Hugo, ou "Les Malheureux", qui rassemble martyrs et oppresseurs vils. Carton rouge sur "Cérigo", sorte d'hommage raté au "Voyage à Cythère" de Baudelaire, dont on aurait pu se passer.
Le livre VI, "Au bord de l'infini", est celui du dialogue avec la création, dans l'espoir humble d'y voir Dieu, et dans le regain de la foi après les doutes suite à la tragédie de Léopoldine et de Charles Vacquerie, inspiré par ses séances de spiritisme. Il souffre de la même inégalité que le précédent, et de la scansion par Hugo, encore et encore, des mêmes idées. Il faut croire en Dieu, dont la trace est évidente en observant la création, les merveilles de la nature, les cieux et l'océan déchaîné. "Ibo", "Écoutez, je suis Jean" ou "Pleurs dans la nuit" (même si celui-ci n'est pas parfait) marquent, mais ils sont suivis de déclinaisons inutiles et de pas mal de productions oubliables. Heureusement, le recueil retrouve le sublime à partir de "Relligio" (suite de l'exceptionnel "À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt" du livre IV) et on atteint l'incroyable "Ce que dit la bouche d'ombre", poème titanesque où un esprit déploie devant Hugo l'échelle de la création sur Terre, du paradis à l'enfer, avec une perpétuelle métempsychose, sublimation ou dégradation à partir du pêché originel (avec l'idée effrayante que les pires tyrans sont mués et emprisonnés en vulgaires cailloux, déjà abordée dans "Pleurs dans la nuit"). Hugo reprend la parole à la fin pour contrer l'esprit et apporter l'espoir pour toutes et tous, à la manière des "Malheureux". Malgré la lecture heurtée de ce dernier livre, on ne peut que saluer le génie du Maître lorsqu'il bâtit de tels édifices, véritablement nés d'une inspiration divine, où la force des mots et des rimes sait nous rappeler notre amour de la littérature.
Les Contemplations se referment ainsi par l'épilogue "À celle qui est restée en France", ultime adresse à Léopoldine, post-scriptum aux "Pauca Meae" et au livre VI. Quel recueil! Même si j'ai pesté sur certains poèmes moins réussis des deux derniers livres, ce fut un régal savouré pendant six mois, et un retour salvateur aux classiques, moi qui ai beaucoup moins le temps d'en lire avec ma thèse polardeuse. J'espère en grignoter encore quelques-uns dans le futur proche. Je n'étais pas un grand lecteur de poésie jusque-là, y préférant l'intensité, l'efficacité, le caractère condensé et le spectacle flamboyant du théâtre, ainsi que l'unité romanesque, mais le Spleen de Paris lu il y a deux ans, David Peace et sa création autiste de polars poétiques, et enfin Les Contemplations, m'auront réconcilié avec ce genre et sa suprématie! J'en lirai un peu plus désormais, toujours dans la mesure de mes disponibilités. Notamment deux ou trois recueils qui m'appâtent et m'attendent depuis trop longtemps dans ma bibliothèque...
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zaphod
  11 février 2015
(Garder l'Encre - 11)

J'avais commencé cette histoire avec Hugo, il est juste que je la termine avec lui.
Des contemplations à la sauce Hugo, c'est à dire pas toujours très contemplatives. Il ne peut pas s'empêcher d'avoir un avis sur tout et de le faire savoir, mais c'est tant mieux.
Ce livre, de l'aveu même de l'auteur, ce sont aussi les mémoires poétiques d'une vie. Une grande oeuvre, personnelle, intime, très inspirante. Un cadeau pour l'humanité.

Moi j'étais dans un état d'esprit très mélancolique, après ce qui était arrivé à Louis.
Ce vendredi, au Garder l'Encre, j'ai commandé un café, et à ma grande surprise, Roger n'a pas regardé son baromètre et m'a vraiment apporté un café.
J'étais seul à une table. Pas d'autre lecteur ou lectrice.

Mais il y avait un type vraiment bizarre au au bar. Je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder.
Il portait des lunettes très noires, mais surtout, il se cachait derrière un brocoli et observait tous les clients par dessus ses lunettes.
Il a du remarquer que moi aussi je l'observais, parce qu'il est descendu de son tabouret, s'est assis à ma table et a continué à me regarder fixement sans rien dire pendant des secondes interminables, tout ça sans lâcher son brocoli.
Finalement, il m'a parlé. Mais ça ne m'a pas vraiment rassuré.

- Tu n'en es pas un, hein?

- Euh... Un quoi?

- Hmmmm... Non, à mon avis, tu n'en es pas un, bien que tu aies l'air bizarre... Mais attention, ils sont rusés!

- Si je te suis bien, tu trouves que moi j'ai l'air bizarre? C'est parce que je n'ai pas de brocoli? Mais je ne suis pas le seul, tu sais.

- Oui, c'est ça, pas de brocoli... Hmmmmm...

Et tout à coup, il m'attrape par le bras et me colle son brocoli sous le nez.
Je commençais à prendre un peu peur, alors, j'ai pensé à Lapin, et j'ai voulu utiliser l'arme secrète. J'ai dit:

- Boulettes sauce lapin!
(C'est le mot codé qui est sensé déclencher l'attaque de Lapin, le berger allemand, vous vous souvenez?)

- Brocoli!
Que le type a répliqué.

- Boulettes sauce lapin!
J'ai répété en parlant plus fort, pour être sur que Lapin entende, mais ce foutu chien n'a pas bougé d'un poil. Décidément, les choses n'étaient plus comme avant au Garder l'Encre.

- Brocoli! Brocoli! Brocoli! le brocoli est plus fort que tout!

J'ai plus rien dit. Je crois que ça l'a calmé. Il a eu l'impression d'avoir gagné ou quoi. Il a repris plus doucement.

- Bon, tu m'as convaincu, je crois que tu n'en n'es pas un!

- Mais un quoi, bon sang?

- Un Clampin, pardi!

- Je ne sais pas ce qu'est un Clampin, mais je ne crois pas que j'en sois un, en effet.

Il s'approche d'avantage et me dit sur le ton de la confidence:
- Ils sont parmi nous! Les Clampins sont parmi nous!

- Bah, jusqu'à présent, on n'a pas eu trop à s'en plaindre.

- Tu ne te rends pas compte! Ils t'envoient des rayons et rentrent dans ta tête! Puis tu deviens toi-même un Clampin!

- Et je suppose qu'ils ont horreur des brocolis. C'est un peu l'arme secrète anti-Clampin, n'est-ce pas?

- Ouais, c'est ça. Hmmmm... Tu n'es peut-être pas un Clampin, mais tu es quand-même sacrément bizarre!

Et il est retourné s'asseoir au bar.
Bon, ce genre de scène n'est pas vraiment inhabituel dans un bar belge.

A ce moment, je me suis rendu compte qu'il y avait de la musique dans le bar. Ça aussi c'était bizarre pour un vendredi, Roger avait mis la radio. Elle passait "Piano man", une chanson de Billy Joel.
Je ne suis pas spécialement client de l'artiste, mais cette chanson m'a fait repenser au Garder l'Encre, à ce qu'il aurait pu être, à ce que j'étais venu y chercher.
Le Garder l'Encre, dans mon esprit, c'était surtout Pat-le-Flamand, Zoé, et Louis.
Birgit et Ralf, Paula et Michel, je les aime bien, mais ce sont avant tout des plaisanciers, les livres n'ont pas une place capitale dans leur vie. Et Roger, il vit à moitié dans le passé, et pour le reste, il s'adapte, et le Garder l'Encre s'adaptera avec lui. Hier des lecteurs, aujourd'hui des plaisanciers, demain des étudiants. S'il le faut, il remplacera la bibliothèque par des consoles de jeu.

Je suis allé payer mon café au bar, et j'en ai profité pour demander à Roger:
- Et Zoé?
- Zoé? Je crois qu'elle est partie en voyage. Elle est passée me dire au revoir.

Et moi? Elle est partie sans me dire au revoir, à moi! Ça m'a fait un peu mal.
Je m'apprêtais à sortir quand Roger m'a rappelé.

- Ah, j'allais oublier. Elle a laissé ça pour toi.

C'était un sac en papier contenant un livre: Anna Karénine. Rien d'autre. Pas de petit mot, pas de dédicace.
Pourquoi Anna Karénine? Etait-ce un message caché? J'aime pas ça. Moi, il faut me parler simplement.

- Et tant que j'y suis, tiens, prends aussi ça. Je voulais le donner à Ralf mais il n'en a pas voulu. Il ne jure plus que par Hugo.

Et Roger me tend un petit livre intitulé "Tal Des Todes", par un certain Josef Freiher.

- Mais je ne lis pas l'allemand!
- Moi non plus. Prends-le ou jette-le, ça m'est égal. Ce bouquin est trop bizarre, il me fout la trouille.

Je suis donc sorti avec les deux livres. Je feuilletais le livre de Roger en marchant, mais plus je le regardais, plus il me fichait la trouille à moi aussi. Il était plein de dessins étranges.
Comme j'arrivais près du pont, je l'ai déposé sur le parapet en imaginant que quelqu'un le trouverait, et je suis reparti avec Anna sous le bras.

Je pensais: Ces livres qu'on me donne, ça ressemble un peu à un adieu.
Louis, Pat, Zoé, Roger, et même Lapin, ils ont tous levé l'ancre, chacun à sa manière. C'est comme ça que ça se passe dans les ports, et dans la vie.

Et moi, je n'ai presque plus d'encre; juste assez pour laisser le dernier mot à Hugo:

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
«Soit; n'y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

(Fin)
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Citations & extraits (291) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   15 mai 2009
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour sera pour moi comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
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Aurel82Aurel82   16 avril 2017
Trois ans après

Il est temps que je me repose ;
Je suis terrassé par le sort.
Ne me parlez pas d'autre chose
Que des ténèbres où l'on dort !

Que veut-on que je recommence ?
Je ne demande désormais
A la création immense
Qu'un peu de silence et de paix !

Pourquoi m'appelez-vous encore ?
J'ai fait ma tâche et mon devoir.
Qui travaillait avant l'aurore,
Peut s'en aller avant le soir.

A vingt ans, deuil et solitude !
Mes yeux, baissés vers le gazon,
Perdirent la douce habitude
De voir ma mère à la maison.

Elle nous quitta pour la tombe ;
Et vous savez bien qu'aujourd'hui
Je cherche, en cette nuit qui tombe,
Un autre ange qui s'est enfui !

Vous savez que je désespère,
Que ma force en vain se défend,
Et que je souffre comme père,
Moi qui souffris tant comme enfant !

Mon oeuvre n'est pas terminée,
Dites-vous. Comme Adam banni,
Je regarde ma destinée,
Et je vois bien que j'ai fini.

L'humble enfant que Dieu m'a ravie
Rien qu'en m'aimant savait m'aider ;
C'était le bonheur de ma vie
De voir ses yeux me regarder.

Si ce Dieu n'a pas voulu clore
L'oeuvre qu'il me fit commencer,
S'il veut que je travaille encore,
Il n'avait qu'à me la laisser !

Il n'avait qu'à me laisser vivre
Avec ma fille à mes côtés,
Dans cette extase où je m'enivre
De mystérieuses clartés !

Ces clartés, jour d'une autre sphère,
Ô Dieu jaloux, tu nous les vends !
Pourquoi m'as-tu pris la lumière
Que j'avais parmi les vivants ?

As-tu donc pensé, fatal maître,
Qu'à force de te contempler,
Je ne voyais plus ce doux être,
Et qu'il pouvait bien s'en aller ?

T'es-tu dit que l'homme, vaine ombre,
Hélas! perd son humanité
A trop voir cette splendeur sombre
Qu'on appelle la vérité ?

Qu'on peut le frapper sans qu'il souffre,
Que son coeur est mort dans l'ennui,
Et qu'à force de voir le gouffre,
Il n'a plus qu'un abîme en lui ?

Qu'il va, stoïque, où tu l'envoies,
Et que désormais, endurci,
N'ayant plus ici-bas de joies,
Il n'a plus de douleurs aussi ?

As-tu pensé qu'une âme tendre
S'ouvre à toi pour se mieux fermer,
Et que ceux qui veulent comprendre
Finissent par ne plus aimer ?

Ô Dieu ! vraiment, as-tu pu croire
Que je préférais, sous les cieux,
L'effrayant rayon de ta gloire
Aux douces lueurs de ses yeux ?

Si j'avais su tes lois moroses,
Et qu'au même esprit enchanté
Tu ne donnes point ces deux choses,
Le bonheur et la vérité,

Plutôt que de lever tes voiles,
Et de chercher, coeur triste et pur,
A te voir au fond des étoiles,
Ô Dieu sombre d'un monde obscur,

J'eusse aimé mieux, loin de ta face,
Suivre, heureux, un étroit chemin,
Et n'être qu'un homme qui passe
Tenant son enfant par la main !

Maintenant, je veux qu'on me laisse !
J'ai fini ! le sort est vainqueur.
Que vient-on rallumer sans cesse
Dans l'ombre qui m'emplit le coeur ?

Vous qui me parlez, vous me dites
Qu'il faut, rappelant ma raison,
Guider les foules décrépites
Vers les lueurs de l'horizon ;

Qu'à l'heure où les peuples se lèvent
Tout penseur suit un but profond ;
Qu'il se doit à tous ceux qui rêvent,
Qu'il se doit à tous ceux qui vont !

Qu'une âme, qu'un feu pur anime,
Doit hâter, avec sa clarté,
L'épanouissement sublime
De la future humanité ;

Qu'il faut prendre part, coeurs fidèles,
Sans redouter les océans,
Aux fêtes des choses nouvelles,
Aux combats des esprits géants !

Vous voyez des pleurs sur ma joue,
Et vous m'abordez mécontents,
Comme par le bras on secoue
Un homme qui dort trop longtemps.

Mais songez à ce que vous faites !
Hélas! cet ange au front si beau,
Quand vous m'appelez à vos fêtes,
Peut-être a froid dans son tombeau.

Peut-être, livide et pâlie,
Dit-elle dans son lit étroit :
«Est-ce que mon père m'oublie
Et n'est plus là, que j'ai si froid ?»

Quoi! lorsqu'à peine je résiste
Aux choses dont je me souviens,
Quand je suis brisé, las et triste,
Quand je l'entends qui me dit : «Viens !»

Quoi! vous voulez que je souhaite,
Moi, plié par un coup soudain,
La rumeur qui suit le poëte,
Le bruit que fait le paladin!

Vous voulez que j'aspire encore
Aux triomphes doux et dorés !
Que j'annonce aux dormeurs l'aurore !
Que je crie : «Allez ! espérez !»

Vous voulez que, dans la mêlée,
Je rentre ardent parmi les forts,
Les yeux à la voûte étoilée...
-- Oh ! l'herbe épaisse où sont les morts !
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dbreitdbreit   22 novembre 2012
Je respire où tu palpites,(in "Les contemplations)


Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : " Où donc est ma soeur ?"

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !
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peloignonpeloignon   14 novembre 2013
On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête; on se plaît aux livres des vieux sages;
On lit Virgile et Dante; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant,
En riant aux éclats de l'auberge et du gîte;
Le regard d'une femme en passant vous agite;
On aime, on est aimé, bonheur qui manque aux rois!
On écoute le chant des oiseaux dans les bois;
Le matin, on s'éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une sœur, une fille!
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour.
On mêle à sa pensée espoir, travail, amour;
La vie arrive avec ses passions troublées;
On jette sa parole aux sombres assemblées;
On se sent faible et fort, on est petit et grand;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête;
Tout vient et passe, on est deuil, on est en fête;
On arrive, on recule, on lutte avec effort....
Puis, le vaste et profond silence de la mort!

(11 juillet 1846, en revenant du cimetière)
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MoglugMoglug   10 janvier 2015
Les oiseaux

Je rêvais dans un grand cimetière désert ;
De mon âme et des morts j’écoutais le concert,
Parmi les fleurs de l’herbe et les croix de la tombe.
Dieu veut que ce qui naît sorte de ce qui tombe.
Et l’ombre m’emplissait.

Autour de moi, nombreux,
Gais, sans avoir souci de mon front ténébreux,
Dans ce champ, lit fatal de la sieste dernière,
Des moineaux francs faisaient l’école buissonnière.
C’était l’éternité que taquine l’instant.
Ils allaient et venaient, chantant, volant, sautant,
Égratignant la mort de leurs griffes pointues,
Lissant leur bec au nez lugubre des statues,
Becquetant les tombeaux, ces grains mystérieux.
Je pris ces tapageurs ailés au sérieux ;
Je criai: — Paix aux morts ! vous êtes des harpies.
— Nous sommes des moineaux, me dirent ces impies.
— Silence ! allez-vous en ! repris-je, peu clément.
Ils s’enfuirent ; j’étais le plus fort. Seulement,
Un d’eux resta derrière, et, pour toute musique,
Dressa la queue, et dit : — Quel est ce vieux classique ?

Solovki, Mer blanche, Russie, 1992. (c) Pentti Sammallahti

Comme ils s’en allaient tous, furieux, maugréant,
Criant, et regardant de travers le géant,
Un houx noir qui songeait près d’une tombe, un sage,
M’arrêta brusquement par la manche au passage,
Et me dit : — Ces oiseaux sont dans leur fonction.
Laisse-les. Nous avons besoin de ce rayon.
Dieu les envoie. Ils font vivre le cimetière.
Homme, ils sont la gaîté de la nature entière ;
Ils prennent son murmure au ruisseau, sa clarté
A l’astre, son sourire au matin enchanté ;
Partout où rit un sage, ils lui prennent sa joie,
Et nous l’apportent ; l’ombre en les voyant flamboie ;
Ils emplissent leurs becs des cris des écoliers ;
A travers l’homme et l’herbe, et l’onde, et les halliers,
Ils vont pillant la joie en l’univers immense.
Ils ont cette raison qui te semble démence.
Ils ont pitié de nous qui loin d’eux languissons ;
Et, lorsqu’ils sont bien pleins de jeux et de chansons ;
D’églogues, de baisers, de tous les commérages
Que les nids en avril font sous les verts ombrages,
Ils accourent, joyeux, charmants, légers, bruyants,
Nous jeter tout cela dans nos trous effrayants;
Et viennent, des palais, des bois, de la chaumière,
Vider dans notre nuit toute cette lumière!
Quand mai nous les ramène, ô songeur, nous disons :
-Les voilà!- tout s’émeut, pierres, tertres, gazons ;
Le moindre arbrisseau parle, et l’herbe est en extase ;
Le saule pleureur chante en achevant sa phrase ;
Ils confessent les ifs, devenus babillards ;
Ils jasent de la vie avec les corbillards ;
Des linceuls trop pompeux ils décrochent l’agrafe ;
Ils se moquent du marbre; ils savent l’orthographe ;
Et, moi qui suis ici le vieux chardon boudeur,
Devant qui le mensonge étale sa laideur,
Et ne se gène pas, me traitant comme un hôte,
Je trouve juste, ami, qu’en lisant à voix haute
L’épitaphe où le mort est toujours bon et beau,
Ils fassent éclater de rire le tombeau.
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Costumes Espagnols entre ombre et lumière | Maison Victor Hugo, Paris .L'exposition Costumes Espagnols entre ombre et lumière, hors-les-murs du Palais Galliera, est présentée à la Maison Victor Hugo de Paris jusqu'au 24 septembre 2017 Plus d'informations sur http://maisonsvictorhugo.paris.fr/fr/expositions/costumes-espagnols-entre-ombre-et-lumiere
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