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Yves Gohin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070371976
631 pages
Éditeur : Gallimard (14/05/1980)
4.08/5   514 notes
Résumé :
C'est à la fois un conte et un drame héroïque, l'histoire de Gilliat, pêcheur solitaire, amoureux d'une belle jeune femme, qui pour elle s'en va braver l'océan. Propriétaire d'un bateau à vapeur qui vient de subir un naufrage, un vieil armateur a en effet promis la main de sa nièce à celui qui ira puiser au fond de l'eau les formidables et nouvelles machines encore intactes. C'est contre vents et marées, contre les o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 514 notes
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migdal
  21 mai 2019
Moins connu que ses autres chefs d'oeuvres, le roman « les travailleurs de la mer » est celui que je préfère dans l'immense production de Victor Hugo.
Brisé par la mort de sa fille Léopoldine, emportée par le mascaret à Villequier en septembre 1843, l'écrivain est marqué à tout jamais par la menace incarnée par la mer et ses aléas.
Exilé à Guernesey sous le second empire, l'opposant à l'empire est fasciné par le spectacle toujours renouvelé de l'océan, de ses furies annonciatrices de drames.
En 1866, il rédige son oeuvre en étant quasi certain qu'il ne reverra pas sa patrie, mais en espérant malgré tout que ses pages contribueront à la chute du régime.
Et il imagine cette parabole où la France, symbolisée par « La Durande », épave échouée par un criminel, est sauvée (partiellement) par un obscur marin, Gilliatt, qui triomphe des pièges tendus par la faune et la flore, par amour pour la gracieuse mais inconstante Déruchette.
« J'ai voulu glorifier le travail, la volonté, le dévouement, tout ce qui fait l'homme grand. J'ai voulu montrer que le plus implacable des abîmes, c'est le coeur, et que ce qui échappe à la mer n'échappe pas à la femme. J'ai voulu indiquer que, lorsqu'il s'agit d'être aimé, TOUT FAIRE est vaincu par NE RIEN FAIRE, Gilliat par Ebenezer. J'ai voulu prouver que vouloir et comprendre suffisent, même à l'atome, pour triompher du plus formidable des despotes, l'infini. »
L'atome vainqueur de l'infini …David abattant Goliath … Hugo triomphant de Badinguet … le grand Victor nous offre de mémorables pages maritimes et rédige un redoutable pamphlet anti impérial.
Gilliatt, le marin, rejoint ainsi Jean Valjean, Gavroche et Cosette dans notre panthéon littéraire.
Le tout dans une langue superbe, rythmée et musicale, qui imbibe le lecteur plongé dans les embruns, la brume et le froid des iles anglo-normandes.
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denis76
  06 juin 2020
Tant que Napoléon III sera au pouvoir, Victor Hugo s'obstinera à rester en exil. Ce livre est un remerciement et un hommage à la beauté des îles Anglo-Normandes qui l'ont reçu. Dans ce livre, nous sommes à Guernesey pendant la Restauration. Gilliatt est un bon marin, mais avec une mauvaise réputation, car il habite une maison "visitée" par les esprits. Sauvant Sir Landays et gagnant son respect par son habileté ainsi que la considération de mess Lethierry, dont il est amoureux de la nièce, Déruchette.
L'objectif de Gilliatt, ayant une coque, est de récupérer le moteur du steamer de mess Lethierry, échoué sur les dangereux « rochers de Douvres », balayés par la mer, la marée et le vent, afin de continuer la mission du vieux Lethierry, et surtout pour gagner le coeur de Déruchette.
La lutte de Gilliatt contre les éléments pour arracher la machine de la Durance perchée dans les écueils des Douvres dure 200 pages ! Il doit protéger son bateau d'aller drosser sur les écueils ; sur place, il doit faire son « Mac Gyver », car ses outils ne sont pas suffisants. Il doit en plus utiliser les éléments de l'épave qui fonctionnent encore pour extraire la machine de son caisson. Heureusement, le cabestan est fonctionnel. Il doit aussi fabriquer sur place un palan-grue pour soulever la machine. Mais il doit surtout compter avec une lutte contre les éléments hostiles : vent, marée, tempête, houle !
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Je me suis posé la question : qui sont les Travailleurs de la Mer ?
Sont-ce seulement les pêcheurs etGilliatt ? À mon avis, il y a aussi les éléments qui sculptent admirablement les rochers, à égalité, parfois avec les meilleurs artistes de la Renaissance. Je comprends les émerveillements de Victor Hugo, qui, par le truchement de Gilliatt quand il découvre la grotte puis la crypte sous-marine. La Nature nous réserve de belles surprises !
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Pour ce qui est de la forme, Hugo fait toujours beaucoup d'envolées lyriques, sur les marins, ou sur la volonté, ou les ténèbres, le vent ou la pieuvre. Ces passages forcent mon admiration.
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Exilé en Belgique puis à Guernesey à la suite du pamphlet « Napoléon le Petit » écrit en 1852 contre Napoléon III, Victor Hugo est toujours en colère contre ce dernier, en 1866, quand il publie Les travailleurs de la Mer. Chaque mesquinerie dévoilée dans le livre semble se faire en référence à lui.
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La construction du drame est similaire à celle de Notre Dame de Paris ou de Les Misérables.
Nous avons le « Héros » :
Bug Jargal, Quasimodo, Jean Valjean et Gilliatt sont des personnes généreuses qui aident les autres. La société ne les récompense pas car les apparences sont contre eux.
Il y a la Jeune Fille :
Cosette et Déruchette sont l'innocente Léopoldine Hugo morte noyée en 1843.
Et nous avons le « Méchant » :
Thénardier dans « Les Misérables » ;
et Hugo règle encore ses comptes avec le catholicisme : le révérend Jacquemin Hérode est un peu le Claude Frollo de « Notre-Dame ».
Nous avons aussi la « construction » due au progrès, construction capitale pour Victor Hugo :
Notre-Dame, Paris et l'avènement de la République dans « Les Misérables », et la formidable machine à vapeur dans « Les Travailleurs de la Mer ».
La lutte de Gillliatt contre la mer sur les rochers des Douvres est magnifique ! Un superbe passage !
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Au passage, les belles îles Anglo-Normandes sont d'abord Normandes, mais non conquises par Philippe Auguste qui avait, paraît-il peur de la mer, ces îles sont surtout très Anglaises, bien que près de la France. Là-bas, les gens parlent anglais, mais certaines personnes parlent encore le vieux « Normand » !
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Allantvers
  29 avril 2021
Encore sous le choc et l'envoutement de la phrase qui clôt ce roman épique, dans laquelle tout ce dernier est contenu.
Après la Religion et la lutte des hommes contre la superstition dans Notre Dame de Paris, après la Loi et la lutte contre l'injustice dans Les misérables, voici la Nature et la lutte contre les éléments dans ces Travailleurs de la mer. Des travailleurs multiples, tant humains pêcheurs et négociants qui la traversent qu'animaux marins qui la peuplent, roches granitiques qui la délimitent et vents et tempêtes qui la révèlent dans sa splendide férocité.
Tout ce grand bruit du monde contenu dans un récit noir, violent et âpre, scandé de ces sentences hugoliennes qui le font paraître murmuré par un dieu pensant, derrière lequel plane l'ombre du grand Victor exilé à Guernesey et habité par la nature sauvage de l'île.
Il n'y a qu'Hugo pour imaginer le défi relevé par Gilliatt contre les flots, que lui pour camper autant de puissance et de pureté dans un personnage intègre, taiseux avec les hommes mais dialoguant muettement avec chaque élément, il n'y a qu'Hugo aussi pour dire avec autant de force le coeur et le flot qui se brisent, le vil et le sublime de l'homme, l'hostilité et l'hospitalité de la Nature.
Encore une merveille éternelle que ce roman, que je me réjouis d'avoir enfin découvert.
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Aaliz
  12 septembre 2014
J'étais fâchée avec Victor Hugo. D'abord, parce que, comme les lycéens de l'an passé, je me suis prise une très mauvaise note au bac de français sur un de ses textes ( alors que je pensais avoir bien réussi ). Je sais … ce n'est pas la faute de ce cher Victor mais voilà, le lycéen est rancunier.
Ensuite, parce que quand j'ai voulu lui pardonner, je me suis frottée aux Contemplations et me suis rendue compte que je n'avais pas les outils pour apprécier pleinement ce recueil. Certains de ses poèmes sont très personnels ou bien très inspirés de la situation politique de l'époque et lorsqu'on ne maîtrise pas tout ça, on se sent exclu, des allusions nous échappent et j'avais donc l'impression que Victor Hugo me claquait la porte au nez.
J'ai alors essayé de lire Les Travailleurs de la mer mais j'ai fait l'erreur de commencer par L'Archipel de la Manche, sorte de chapitre préliminaire au roman présentant le cadre géographique du roman : les îles anglo-normandes, leur population, leur géographie, leur faune et flore, leurs us et coutumes. Je ne m'attendais pas à un tel déballage de connaissances avec un côté catalogue et des allures d'étude botanique et sociologique. Résultat : j'ai abandonné.
Et voilà que Claudialucia lance une lecture commune. Et comme je suis du genre têtue, je me suis inscrite. Cette fois, je n'ai pas commis la même erreur et j'ai commencé directement ma lecture par le roman me réservant le chapitre tant redouté pour la fin. Et j'ai ainsi enfin pu découvrir non seulement l'auteur mais également un grand roman dont je suis ressortie épuisée et bouleversée mais enchantée.
La suite sur le blog : http://cherrylivres.blogspot.fr/2014/09/les-travailleurs-de-la-mer-victor-hugo.html
Lien : http://cherrylivres.blogspot..
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Darkcook
  04 janvier 2020
Un Hugo qui me faisait reculer, malgré mon admiration pour le grand Victor : L'atmosphère maritime qu'il annonçait, et son focus, de par son titre, ne faisaient pas partie de ce qui m'enthousiasmait le plus, a priori. J'ignorais à quel point le roman ressemblait en réalité à ses autres romans, surtout Notre-Dame de Paris et L'Homme qui rit, avec un cercle très réduit de personnages principaux, et une histoire d'amour tragique.
Le roman commence avec le très long mais passionnant prologue "L'Archipel de la Manche", qu'Hugo avait initialement enlevé, où il nous dresse un topo magistral sur Guernesey et les îles qui l'entourent, topo historique, géographique, social... Des pages entièrement digressives donc, mais magnifiques, avec des descriptions romantiques très inspirées, hallucinées et enflammées comme je les aime. L'on retrouve de très belles descriptions de la faune et de la flore, ce que le romantique en moi craignait de perdre dans un roman marin, et des visions déchaînées de la mer imprévisible battant l'île et les destinées.
Est introduit ensuite Gilliatt dès que le roman s'ouvre véritablement. Il sera le monstre hugolien du roman, même s'il ne souffre cette fois d'aucune difformité physique, Hugo présente sa vie de mis au ban qui ressemble fort encore une fois à celle d'un personnage de Tim Burton. Il vit en effet dans une maison visionnée (barricadée) appelée le Bû de la Rue, absolument seul, et le reste de Guernesey médit sur son compte, quand bien même il passe son temps à aider la population et à accomplir des exploits héroïques absolument fabuleux sans jamais rien demander en retour. le soir de Noël, Gilliatt tombe amoureux de la jeune Déruchette qui a écrit "Gilliatt" dans la neige en le voyant. Seulement voila, Hugo nous dit bien que Déruchette est inconséquente : Ce qu'elle fait l'espace d'une seconde ne compte plus la seconde d'après, et l'insouciance avec laquelle elle vogue sur les choses ignore les conséquences de ses actes. Gilliatt embrasse l'éternité dans un geste absolument anodin et sans importance pour Déruchette. C'est le début d'une aurore... et d'un incendie, pour citer Hugo. Au passage, pour le lien avec ses autres romans, ajoutez l'oncle adoptif de Déruchette, Mess Lethierry, marin bourru au coeur tendre, et vous retrouvez le trio Gwynplaine, Déa et Ursus trois ans avant L'Homme qui rit.
Hugo enchaîne les chapitres formidables, avec la description de la chaise Gild-Holm-Ur, rocher en forme de chaise où Gilliatt s'asseoit pour contempler la mer, mais qui est périlleux selon les heures, où encore les sérénades secrètes de Gilliatt envers Déruchette, répondant à son chant de l'air Bonny Dundee. Mais Gilliatt, un jour, sauve un jeune homme de la chaise...
Hugo passe ensuite sur le personnage secondaire Sieur Clubin, qui est, selon lui, la probité-même. Il nous conte durant toute une partie les allées et venues de Clubin, chargé par Lethierry de trajets maritimes à bord de la Durande, bateau à vapeur de Lethierry. À ce stade-là du roman, je râlais qu'Hugo se soit détourné des personnages principaux, pour nous compter les aléas d'un personnage que j'estimais absolument sans conséquence... Quelle erreur que je fis. D'une, Hugo enchaîne à nouveau les chapitres aux visions saisissantes, avec Plainmont et les Déniquoiseaux, mais surtout, il nous prépare un twist incroyable que je n'ai absolument pas vu venir!! Je me garderai bien d'en dire plus ici, mais le chapitre "Un intérieur d'abîme, éclairé" est un des sommets de son oeuvre, à lire en public!
Le principe de la suite du roman est simple : La Durande s'est échouée sur les terribles rochers Douvres, et Lethierry est abattu. Il promet alors de donner Déruchette en mariage à quiconque sauverait son navire du naufrage et de la catastrophe. Vous devinez la suite : Gilliatt, éperdument amoureux de Déruchette et maîtrisant la mer comme personne, se lance à corps perdu dans l'entreprise. Toute cette partie est beaucoup plus laborieuse : Toute la survie incroyable de Gilliatt seul sur les rochers Douvres en pleine mer agitée, et en pleine réparation de la Durande, s'avère pour le moins interminable, avec tous les détails techniques et tout le jargon de la mer et du bricolage. Travaillant à côté, j'ai eu du mal à venir à bout de cette partie du roman, mais elle se rachète vers la fin, avec la découverte d'un certain cadavre et le célèbre combat contre la pieuvre. On sait tous qu'Hugo écrit trop, même nous fans, et il y a, dans Les Travailleurs de la mer, comme dans Les Contemplations ou dans L'Homme qui rit, des pages qui nous font tutoyer des hauteurs célestes, d'autres que l'on tourne avec lassitude (je vais de suite me châtier pour ce que j'ose dire d'une de mes idoles...).
Vous devinez la fin du roman : Labeur de Gilliatt proportionnel à l'insouciance de Déruchette, et j'ai mentionné un jeune homme sauvé par Gilliatt tout à l'heure. Il y a triangle amoureux, et fin tragique de rigueur, avec, encore, des moments inoubliables.
C'est par conséquent un roman grandiose, magnifique et très inspiré d'Hugo (il y a ses plus belles pages sur l'océan, lui qui en a écrit tellement, notamment ensuite dans L'Homme qui rit, Quatrevingt-treize, et le livre V des Contemplations), mais qui comporte aussi son lot de pages où il faut lutter, à l'image du héros. Cela vaut néanmoins le détour, pour tous les fans de l'auteur, du XIXe romantique, lyrique et tragique.
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Citations et extraits (178) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   25 juillet 2019
Le désespoir a des degrés remontants.

De l’accablement on monte à l’abattement, de l’abattement à l’affliction, de l’affliction à la mélancolie.

La mélancolie est un crépuscule. La souffrance s’y fond dans une sombre joie.

La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste.
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RadiganRadigan   07 octobre 2014
Tout à coup, prés d'un bouquet de chênes verts qui est à l'angle d'un courtil, au lieu dit les basses maisons, elle se retourna et ce mouvement fit que l'homme la regarda . Elle s’arrêta, parût le considérer un moment, puis se baissa et l'homme crut voir qu'elle écrivait quelque chose avec son doigt sur la neige. Elle se redressa, se remit en marche, doubla le pas, se retourna encore, cette fois en riant, et disparut à gauche du chemin, dans le sentier bordé de haies qui mène au château de Lierre. L'homme quand elle se retourna pour la seconde fois, reconnut Déruchette, ravissante fille du pays.
Il n'éprouva aucun besoin de se hâter, et quelques instants après, il se trouva prés du bouquet de chênes à l'angle du courtil. Il ne songeait déjà plus la passante disparue, et il est probable que si, en cette minute-là, quelque marsouin eût sauté dans la mer ou quelque rouge gorge dans les buissons, cet homme eût passé son chemin, l’œil fixé sur le rouge gorge ou le marsouin. Le Hasard fit qu'il avait les paupières baissées, son regard tomba machinalement sur l'endroit où la jeune fille s'était arrêtée. Deux petits pieds s'y étaient imprimés, et à coté il lut ce mot tracé par elle dans la neige : Gilliatt.
Ce mot était son nom.
Il s'appelait Gillliatt.
Il resta longtemps immobile, regardant ce nom, ces petits pieds, cette neige, puis continua sa route, pensif.
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gwenlaotgwenlaot   06 janvier 2012
Cette bête s'applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues bandes. En dessous elle est jaunâtre, en dessus elle est terreuse; rien ne saurait rendre cette inexplicable nuance poussière; on dirait une bête faite de cendre qui habite l'eau. Elle est arachnide par la forme et caméléon par la coloration. Irritée, elle devient violette. Chose épouvantable, c'est mou.
Ses noeuds garrotent; son contact paralyse.
Elle a un aspect de scorbut et de gangrène. C'est de la maladie arrangée en monstruosité.
Elle est inarrachable. Elle adhère étroitement à sa proie. Comment?Par le vide.Les huit antennes, larges à l'origine, vont s'effilant et s'achèvent en aiguilles. Sous chacune d'elles s'allongent parallèlement deux rangées de pustules décroissantes, les grosses près de la tête, les petites à la pointe. Chaque rangée est de vingt-cinq; il y a cinquante pustules par antenne, et toute la bête en a quatre cents. Ces pustules sont des ventouses.
(...) C'est la machine pneumatique qui vous attaque. Vous avez affaire au vide ayant des pattes. Ni coups d'ongles, ni coups de dents; une scarification indicible. Une morsure est redoutable; moins qu'une succion. La griffe n'est rien près de la ventouse. La griffe, c'est la bête qui entre dans votre chair; la ventouse, c'est vous-même qui entrez dans la bête.(...) Il vous tire à lui et en lui, et, lié, englué, impuissant, vous vous sentez lentement vidé dans cet épouvantable sac, qui est un monstre.
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NeljaNelja   07 août 2012
Les anciens du pays racontent, mais ces faits-là appartiennent au passé, que la population catholique de l’archipel normand a été autrefois, bien malgré elle, plus en communication encore avec le démon que la population huguenote. Pourquoi ? Nous l’ignorons. Ce qui est certain, c’est que cette minorité fut jadis fort ennuyée par le diable. Il avait pris les catholiques en affection, et cherchait à les fréquenter, ce qui donnerait à croire que le diable est plutôt catholique que protestant. Une de ses plus insupportables familiarités, c’était de faire des visites nocturnes aux lits conjugaux catholiques, au moment où le mari était endormi tout à fait, et la femme à moitié. De là des méprises. Patouillet pensait que Voltaire était né de cette façon. Cela n’a rien d’invraisemblable. Ce cas du reste est parfaitement connu et décrit dans les formulaires d’exorcismes, sous la rubrique : De erroribus nocturnis et de semine diabolorum. Il a particulièrement sévi à saint-Hélier vers la fin du siècle dernier, probablement en punition des crimes de la Révolution. Les conséquences des excès révolutionnaires sont incalculables. Quoi qu’il en soit, cette survenue possible du démon, la nuit, quand on n’y voit pas clair, quand on dort, embarrassait beaucoup de femmes orthodoxes. Donner naissance à un Voltaire n’a rien d’agréable. Une d’elles, inquiète, consulta son confesseur sur le moyen d’éclaircir à temps ce quiproquo. Le confesseur répondit : − Pour vous assurer si vous avez affaire au diable ou à votre mari, tâtez le front ; si vous trouvez des cornes, vous serez sûre… − De quoi ? demanda la femme.
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RosalindeRosalinde   20 juin 2015
Quand Dieu veut, il excelle dans l'exécrable.
Le pourquoi de cette volonté est l'effroi du penseur religieux.
Tous les idéals étant admis, si l'épouvante est un but, la pieuvre est un chef-d'œuvre.
La baleine a l'énormité, la pieuvre est petite ; l'hippopotame a une cuirasse, la pieuvre est nue ; la jararaca a un sifflement, la pieuvre est muette ; le rhinocéros a une corne, la pieuvre n'a pas de corne ; le scorpion a un dard, la pieuvre n'a pas de dard ; le buthus a des pinces, la pieuvre n'a pas de pinces ; l'alouate a une queue prenante, la pieuvre n'a pas de queue ; le requin a des nageoires tranchantes, la pieuvre n'a pas de nageoires ; le vespertilio vampire a des ailes onglées, la pieuvre n'a pas d'ailes ; le hérisson a des épines, la pieuvre n'a pas d'épines ; l'espadon a un glaive, la pieuvre n'a pas de glaive ; la torpille a une foudre, la pieuvre n'a pas d'effluve ; le crapaud a un virus, la pieuvre n'a pas de virus ; la
vipère a un venin, la pieuvre n'a pas de venin ; le lion a des griffes, la pieuvre n'a pas de griffes ; le gypaète a un bec, la pieuvre n'a pas de bec ; le crocodile a une gueule, la pieuvre n'a pas de dents.
+ Lire la suite
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Vidéo de Victor Hugo
On ne va pas vous réexpliquer Les Misérables de Victor Hugo. On connaît tous les histoires de ses personnages. Celle du pauvre bougre Jean Valjean qui un jour vola un pain, se fit mettre au bagne pendant 19 ans et toute sa vie tenta de racheter ses pêchés. Celle de la petite Cosette, orpheline et élevée par les raclures de Thénardier. Celle de cet indécrottable adorateur du livre des lois qu'est Javert, défenseur obstiné de la justice. Celle de Marius, jeune intellectuel bohème et amoureux de Cosette. Celle de Gavroche, archétype du joyeux gamin des rues parisien... Tout ça, on le sait déjà plus ou moins, mais ce qu'on ne connait pas, ce que jamais on n'aurait pu imaginer, c'est la version des faits par Éric Salch.
Drôle et tragique, aidé d'une poésie fiévreuse et souillée bien à lui, Éric Salch livre une vision personnelle et décalée des Misérables. Si le récit suit parfaitement la narration de l'oeuvre originale et que la pertinence de son propos reste indéniable, Éric Salch grossit les traits, ajoute anachronismes et absurdités pour ainsi nous faire rire du drame et du terrible de cette sublime tragédie romanesque.
Les Misérables, disponible en librairie ! https://www.glenat.com/hors-collection-glenat-bd/les-miserables-9782344042472
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