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Claude Aziza (Autre)
EAN : 9782258195486
648 pages
Omnibus (21/10/2021)
4.1/5   585 notes
Résumé :
C'est à la fois un conte et un drame héroïque, l'histoire de Gilliat, pêcheur solitaire, amoureux d'une belle jeune femme, qui pour elle s'en va braver l'océan. Propriétaire d'un bateau à vapeur qui vient de subir un naufrage, un vieil armateur a en effet promis la main de sa nièce à celui qui ira puiser au fond de l'eau les formidables et nouvelles machines encore intactes. C'est contre vents et marées, contre les o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
4,1

sur 585 notes
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migdal
  21 mai 2019
Moins connu que ses autres chefs d'oeuvres, le roman « les travailleurs de la mer » est celui que je préfère dans l'immense production de Victor Hugo.
Brisé par la mort de sa fille Léopoldine, emportée par le mascaret à Villequier en septembre 1843, l'écrivain est marqué à tout jamais par la menace incarnée par la mer et ses aléas.
Exilé à Guernesey sous le second empire, l'opposant à l'empire est fasciné par le spectacle toujours renouvelé de l'océan, de ses furies annonciatrices de drames.
En 1866, il rédige son oeuvre en étant quasi certain qu'il ne reverra pas sa patrie, mais en espérant malgré tout que ses pages contribueront à la chute du régime.
Et il imagine cette parabole où la France, symbolisée par « La Durande », épave échouée par un criminel, est sauvée (partiellement) par un obscur marin, Gilliatt, qui triomphe des pièges tendus par la faune et la flore, par amour pour la gracieuse mais inconstante Déruchette.
« J'ai voulu glorifier le travail, la volonté, le dévouement, tout ce qui fait l'homme grand. J'ai voulu montrer que le plus implacable des abîmes, c'est le coeur, et que ce qui échappe à la mer n'échappe pas à la femme. J'ai voulu indiquer que, lorsqu'il s'agit d'être aimé, TOUT FAIRE est vaincu par NE RIEN FAIRE, Gilliat par Ebenezer. J'ai voulu prouver que vouloir et comprendre suffisent, même à l'atome, pour triompher du plus formidable des despotes, l'infini. »
L'atome vainqueur de l'infini …David abattant Goliath … Hugo triomphant de Badinguet … le grand Victor nous offre de mémorables pages maritimes et rédige un redoutable pamphlet anti impérial.
Gilliatt, le marin, rejoint ainsi Jean Valjean, Gavroche et Cosette dans notre panthéon littéraire.
Le tout dans une langue superbe, rythmée et musicale, qui imbibe le lecteur plongé dans les embruns, la brume et le froid des iles anglo-normandes.
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afriqueah
  14 avril 2022
Ma première fois sur babelio, était embrumée de doute. J'avais choisi un livre sur le deuil, deux personnes compatissantes ont bien voulu apprécier, et -non, ne riez pas- j‘avais remarqué avec finesse et naïveté l'option : commenter, alors j'avais commenté moi-même, longuement.
C'est maintenant ma 300· fois : entre temps, j'ai pris confiance en moi, je suis entourée d'amies et de quelques amis aussi, cette 300· fois, voici un chef d'oeuvre, peut-être le plus beau livre jamais écrit: Les travailleurs de la mer.
Roman complet, à la fois philosophique ( qu'est-ce qu'être immigré, ?), parfois avec l'ironie de celui qui connaît le malheur( la mort de sa fille, l'abandon de ses fils) descriptif, documenté, savant, réflexion sur la mer et les marins, parfois avec référence biblique : « Ces yeux voyaient Gilliatt. Giliatt reconnut la pieuvre. », nous tenant la main pour une aventure au départ sans issue, et, surtout, avec de longues tirades lyriques faites de petites phrases hachées, ou s'allongeant comme une vague vaporeuse.
Voici le roman du vide.
Le roman de la solitude, du non-être.
Les hommes, les animaux comme les choses sont définis non pas avec leurs qualités, mais selon leurs manques. Gilliatt en pleine mer, n'a rien, ni pain, ni eau, ni outils, ni toit. Il aborde un écueil sans rien « une nudité dans une solitude », il a froid, « isolé, abandonné, miné, affaibli, oublié ». le vide, c'est aussi le vide des coeurs de certains, la mer déserte, sans un souffle, sans un flot, sans un bruit, « trahison dans l'infini », celui de l'air, pourtant rempli de vie, du gouffre de la nuit »où s'accomplissent en pleine sécurité les crimes de l'irresponsable »
La mer apparemment incendiée ne cache « aucun pétillement, aucune ardeur, aucune pourpre, aucun bruit, c'est un feu glacé ». le vent n'est rien, « immense canaille de l'ombre », on ne voit pas les marées de l'air.
Au vide de la mer et du vent, de l'ouragan, du brouillard , tout ce qui dans la nature se déchaine, s'arque boute, se fend et décompose, correspond l'horreur du vide des maisons abandonnées, sans vitres, sans fenêtres, sans châssis, maisons hantées abhorrées par les habitants de Guernesey ; entre l'hypocrisie de la mer, qui attend tranquillement son heure pour se soulever correspond l'hypocrisie des hommes, et aussi, entre la beauté du printemps, les papillons se posant sur les roses correspond la bonté de Gilliat « grand esprit trouble, grand coeur sauvage ». Gilliatt, je t'aime.
Comble de la non- existence, la pieuvre, le vide de la pieuvre qui s'accroche et se liquéfie, qui adhère et aspire, avec cette longue énumération de ce qu'elle n'est pas , ce qui la rend encore plus redoutable.
Si seulement une page de toute la littérature devait être lue, ce serait la définition du non-être de ce redoutable monstre : la pieuvre.
« La pieuvre n'a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante ou contondante, pas d'ailerons tranchants, pas d'ailerons onglés, pas d'épines, pas d'épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents .La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée… Comment ? Par le vide ».
Mon édition avait inclus les estampes/ dessins de Victor Hugo, sublimes elles aussi.
LC thématique avril 2022: la nature dans tous ses états
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HundredDreams
  22 juin 2022
Parfois, il suffit d'une critique, d'une citation pour nous mener vers un roman auquel on n'avait pas prêté attention jusqu'alors. C'est le beau billet d'Afriqueah accompagné d'une citation qui m'ont donné envie de découvrir « Les travailleurs de la mer ». Merci Francine, quel beau moment de lecture grâce à toi !
Pour cette lecture, j'ai voulu une édition qui contenait les gravures dessinées de la main de l'auteur.
Les éditions Omnibus proposent un superbe travail éditorial en enrichissant « Les travailleurs de le mer » d'une préface de Claude Aziza, suivie de « L'Archipel de la Manche », un texte de l'auteur qui permet de une première plongée dans l'atmosphère des îles anglo-normandes du XIXeme siècle.
Les dernières pages nous offrent de magnifiques poèmes marins, ainsi qu'un dictionnaire permettant de faire plus ample connaissance avec Victor Hugo alors en exil sur l'île anglo-normande de Guernesey au moment où il écrivit cette oeuvre magistrale.
A la fois roman d'aventures et récit épique, « Les Travailleurs de la mer » paraît d'autant plus authentique que l'auteur a créé ce drame en s'appuyant sur la vie quotidienne et les moeurs des insulaires de Guernesey.
Mais l'auteur ajoute à son récit une touche de fantastique en évoquant le mythe du kraken. Il choisit toutefois de garder des proportions plus rationnelles afin de rendre le récit plus réaliste et plus crédible. Ce passage de l'histoire a pour effet de créer une tension dramatique exceptionnelle, imprimant dans les yeux du lecteur l'angoisse et même l'horreur.
« Dans les écueils de pleine mer, là où l'eau étale et cache toutes ses splendeurs, dans les creux de rochers non visités, dans les caves inconnues où abondent les végétations, les crustacés et les coquillages, sous les profonds portails de l'océan, le nageur qui s'y hasarde, entraîné par la beauté du lieu, court le risque d'une rencontre. Si vous faites cette rencontre, ne soyez pas curieux, évadez-vous. On entre ébloui, on sort terrifié.
Voici ce que c'est que cette rencontre, toujours possible dans les roches du large. »
*
L'océan constitue le cadre romantique pour cette tragédie amoureuse.
« Les Travailleurs de la mer » raconte l'histoire de Gilliatt, un pêcheur solitaire, qui, pour sauver le moteur de la Durande, bateau à vapeur échoué au large de Guernesey, n'hésite pas à risquer le peu qu'il possède, y compris sa vie, afin de gagner la main de la femme qu'il aime, Déruchette, la nièce du propriétaire du bateau.
« Un oiseau qui a la forme d'une fille, quoi de plus exquis ! Figurez-vous que vous l'avez chez vous. Ce sera Déruchette. le délicieux être ! On serait tenté de lui dire : Bonjour, mademoiselle la bergeronnette. On ne voit pas les ailes, mais on entend le gazouillement. Par instants, elle chante. »
Récit d'une lutte à mort contre l'océan et les monstres marins qui peuplent ses profondeurs insondables, contre les éléments, contre soi-même également, le roman de Victor Hugo est la quête tragique d'un homme. Elle prend des allures de songes, effaçant les limites entre la réalité le rêve et le cauchemar.
L'homme apparait faible, insignifiant, et son combat voué à l'échec face aux éléments en furie.
« Les Douvres, élevant au-dessus des flots la Durande morte, avaient un air de triomphe. On eût dit deux bras monstrueux sortant du gouffre et montrant aux tempêtes ce cadavre de navire. C'était quelque chose comme l'assassin qui se vante.
L'horreur sacrée de l'heure s'y ajoutait. le point du jour a une grandeur mystérieuse qui se compose d'un reste de rêve et d'un commencement de pensée. À ce moment trouble, un peu de spectre flotte encore. L'espèce d'immense H majuscule formée par les deux Douvres ayant la Durande pour trait d'union, apparaissait à l'horizon dans on ne sait quelle majesté crépusculaire. »
La fin, poignante, est d'une beauté singulière !
*
Victor Hugo, en véritable orfèvre des mots, cisèle son texte, lui donnant un rythme musical mouvant dans un mystérieux décor aux teintes clair-obscur. L'auteur confère à l'océan un visage impénétrable et étrange qui distille autant de fascination que d'angoisse.
« C'est la haute mer. L'eau y est très profonde. Un écueil absolument isolé comme le rocher Douvres attire et abrite les bêtes qui ont besoin de l'éloignement des hommes. C'est une sorte de vaste madrépore sous-marin. C'est un labyrinthe noyé. Il y a là, à une profondeur où les plongeurs atteignent difficilement, des antres, des caves, des repaires, des entrecroisements de rues ténébreuses. Les espèces monstrueuses y pullulent. On s'entre-dévore. Les crabes mangent les poissons, et sont eux-mêmes mangés. Des formes épouvantables, faites pour n'être pas vues par l'oeil humain, errent dans cette obscurité, vivantes. de vagues linéaments de gueules, d'antennes, de tentacules, de nageoires, d'ailerons, de mâchoires ouvertes, d'écailles, de griffes, de pinces, y flottent, y tremblent, y grossissent, s'y décomposent et s'y effacent dans la transparence sinistre. D'effroyables essaims nageants rôdent, faisant ce qu'ils ont à faire. C'est une ruche d'hydres.
L'horrible est là, idéal. »
Ainsi, les îles Anglo-Normandes deviennent un lieu magique, damné, habité par des forces obscures et surnaturelles. L'océan qui les enserre m'est apparu dans toute sa beauté, dans toute sa violence, secret, majestueux, capricieux et insondable.
« D'ordinaire la mer cache ses coups. Elle reste volontiers obscure. Cette ombre incommensurable garde tout pour elle. Il est très rare que le mystère renonce au secret. Certes, il y a du monstre dans la catastrophe, mais en quantité inconnue. La mer est patente et secrète ; elle se dérobe, elle ne tient pas à divulguer ses actions. Elle fait un naufrage, et le recouvre ; l'engloutissement est sa pudeur. La vague est hypocrite ; elle tue, vole, recèle, ignore et sourit. Elle rugit, puis moutonne. »
La magnifique prose de l'auteur, par ses couleurs, ses odeurs, ses bruits, ses nombreuses métaphores, renforce cette impression d'être face à un océan aux multiples contrastes, tantôt beau, doux, lumineux, accueillant et salvateur, tantôt hostile, démoniaque et assassin.
En effet, Victor Hugo sait à merveille capter tous les visages de l'océan de sorte que j'ai contemplé son immensité et sa puissance, j'ai écouté le tumulte de ses vagues, j'ai respiré l'air iodé de ses embruns.
Mon coeur s'est serré devant sa colère, sa violence disproportionnée.
*
Certains passages sont des morceaux d'anthologie. Ils sont si beaux que je me suis surprise à les relire.
Les magnifiques illustrations de l'écrivain permettent au lecteur s'immerger avec plus de délice dans l'atmosphère sombre, malaisante, inquiétante et lyrique du roman.
Néanmoins, à d'autres moments, un peu comme la houle, mon attention s'est relâchée.
En effet, Victor Hugo insère dans son intrigue des passages descriptifs ou explicatifs relatifs aux progrès de la navigation, aux bateaux à vapeur nouvellement inventés, au sauvetage de la Durande, … Ces longues digressions, parfois philosophiques, sont intéressantes car elles permettent d'intégrer le roman dans L Histoire des hommes, des lieux, des progrès techniques. Elles jouent également un rôle dans le récit, mais, et ce n'est qu'un avis très personnel, les trop nombreux détails et le vocabulaire trop pointu alourdissent l'intrigue et cassent le rythme du récit.
*
Et puis, que serait « Les travailleurs de la mer » sans son magnifique héros ?
Gilliatt est un homme étrange, sauvage et solitaire, soupçonné d'être sorcier. Je me suis attaché à cet homme bon, doux et courageux. Son coeur est immense.
"Gilliatt était une espèce de Job de l'océan.
Mais un Job luttant, un Job combattant et faisant front aux fléaux, un Job conquérant, et si de tels mots n'étaient pas trop grands pour un pauvre matelot pêcheur de crabes et de langoustes, un Job Prométhée."
*
Pour conclure, malgré quelques lenteurs dans le récit, « Les travailleurs de la mer » est un roman captivant, plein de suspense. le rendu final crée un beau tableau des îles anglo-normandes du XIXème siècle.
J'ai aimé me plonger dans ce monde étrange, surnaturel où l'océan apparaît comme une métaphore de la destinée humaine.
Un magnifique roman, à lire ou relire.
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Deleatur
  15 septembre 2021
Soyons clairs : l'histoire de la littérature se contrefout royalement de l'avis qu'un clampin dans mon genre peut émettre concernant Victor Hugo. Avant même d'ouvrir ce livre, j'avais d'ailleurs pris le parti de ne rédiger ici aucun billet à son sujet. À quoi bon en effet rajouter une glose bien inutile sur un écrivain aussi connu, célébré, analysé, etc ?
En outre, n'ayant pas ouvert Hugo depuis mes années lycée, je dois aussi avouer que je m'attendais à une lecture laborieuse, requérant effort et bonne volonté. En un mot, ce que cette lecture m'avait autrefois demandé en tant qu'élève. Je ne sais pas exactement où se situe le problème : y a-t-il un âge nécessaire pour apprécier une plume comme celle de Victor Hugo ? Les programmes et les méthodes scolaires sont-ils à revoir, ou bien est-ce tout simplement la frénésie épuisante de la société techno-consumériste qui nous détourne de ces géants par son culte de la facilité ? Un peu des deux premiers, sans doute, et beaucoup du troisième assurément, mais bref.
Ce roman m'a tout simplement époustouflé. Je l'ai dévoré plus vite que n'importe lequel de ces page-turner fades et bien calibrés dont on gave méthodiquement le lecteur pour le distraire des questions importantes. Une histoire d'une simplicité biblique, autour de laquelle un monde entier gravite, avec des personnages dont les parcours s'entremêlent entre ombre et lumière, le portrait vivant de toute une petite société, le tableau fouillé jusqu'à l'obsession de la puissance des éléments, et des pages que le lecteur ne pourra plus jamais oublier.
Oui, c'est énorme, c'est grandiose, c'est excessif, invraisemblable et parfois halluciné. Oui, la Nature est personnifiée et la Fatalité guide le récit. Et oui, en effet, c'est tout le contraire du dépouillement et du minimalisme. Mais quelle claque !!
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Allantvers
  29 avril 2021
Encore sous le choc et l'envoutement de la phrase qui clôt ce roman épique, dans laquelle tout ce dernier est contenu.
Après la Religion et la lutte des hommes contre la superstition dans Notre Dame de Paris, après la Loi et la lutte contre l'injustice dans Les misérables, voici la Nature et la lutte contre les éléments dans ces Travailleurs de la mer. Des travailleurs multiples, tant humains pêcheurs et négociants qui la traversent qu'animaux marins qui la peuplent, roches granitiques qui la délimitent et vents et tempêtes qui la révèlent dans sa splendide férocité.
Tout ce grand bruit du monde contenu dans un récit noir, violent et âpre, scandé de ces sentences hugoliennes qui le font paraître murmuré par un dieu pensant, derrière lequel plane l'ombre du grand Victor exilé à Guernesey et habité par la nature sauvage de l'île.
Il n'y a qu'Hugo pour imaginer le défi relevé par Gilliatt contre les flots, que lui pour camper autant de puissance et de pureté dans un personnage intègre, taiseux avec les hommes mais dialoguant muettement avec chaque élément, il n'y a qu'Hugo aussi pour dire avec autant de force le coeur et le flot qui se brisent, le vil et le sublime de l'homme, l'hostilité et l'hospitalité de la Nature.
Encore une merveille éternelle que ce roman, que je me réjouis d'avoir enfin découvert.
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Citations et extraits (195) Voir plus Ajouter une citation
Madame_litMadame_lit   26 juillet 2022
Il est très difficile, quand on vit dans la familiarité bourrue de la mer, de ne point regarder le vent comme quelqu’un et les rochers comme des personnages.
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Madame_litMadame_lit   26 juillet 2022
Gilliatt sait à fond la mer. Malgré qu’elle en eût, et quoique souvent maltraité par elle, il était depuis longtemps son compagnon. Cet être mystérieusement qu’on nomme l’Océan ne pouvait rien avoir dans l’idée que Gilliatt ne le devinât. Gilliatt, à force d’observation, de rêverie et de solitude, était devenu un voyant du temps, […].
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Madame_litMadame_lit   26 juillet 2022
Pas de bête comme la mer pour dépecer une proie. L’eau est pleine de griffes. Le vent mord, le flot dévore; la vague est une mâchoire. C’est à la fois de l’arrachement et de l’écrasement. L’océan a le même coup de patte que le lion.
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HundredDreamsHundredDreams   06 juin 2022
Une nuit qu'on entendait la mer sans la voir

Quels sont ces bruits sourds ?
Ecoutez vers l'onde
Cette voix profonde
Qui pleure toujours
Et qui toujours gronde,
Quoiqu'un son plus clair
Parfois l'interrompe... -
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Comme il pleut ce soir !
N'est-ce pas, mon hôte ?
Là-bas, à la côte,
Le ciel est bien noir,
La mer est bien haute !
On dirait l'hiver ;
Parfois on s'y trompe... -
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Oh ! marins perdus !
Au loin, dans cette ombre
Sur la nef qui sombre,
Que de bras tendus
Vers la terre sombre !
Pas d'ancre de fer
Que le flot ne rompe. -
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Nochers imprudents !
Le vent dans la voile
Déchire la toile
Comme avec les dents !
Là-haut pas d'étoile !
L'un lutte avec l'air,
L'autre est à la pompe. -
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

C'est toi, c'est ton feu
Que le nocher rêve,
Quand le flot s'élève,
Chandelier que Dieu
Pose sur la grève,
Phare au rouge éclair
Que la brume estompe ! -
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

(Extrait de Poèmes marins)
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afriqueahafriqueah   14 avril 2022
La baleine a l’énormité, la pieuvre est petite ; l’hippopotame a une cuirasse, la pieuvre est nue ; le jararaca a un sifflement ; la pieuvre est muette ; le rhinocéros a une corne, la pieuvre n’a pas de corne ; le scorpion a un dard, la pieuvre n’a pas de dard ; le buthus a des pinces, la pieuvre n’a pas de pinces ; l’alouate a une queue prenante , la pieuvre n’a pas de queue ; le requin a des nageoires tranchantes, la pieuvre n’a pas de nageoires ; le verpertilio-vampire a des ailes onglées, la pieuvre n’a pas d’ailes ; le hérisson a des épines, la pieuvre n’a pas d’épines ; l’espadon a un glaive, la pieuvre n’a pas de glaive ; la torpille a une foudre, la pieuvre n’a pas d’effluve ; le crapaud a un virus, la pieuvre n’a pas de virus ; la vipère a un venin, la pieuvre n’a pas de venin ; le lion a des griffes, la pieuvre n’a pas de griffes ; le gypaète a un bec, la pieuvre n’a pas de bec ; le crocodile a une gueule, la pieuvre n’a pas de dents. …
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Léopoldine Thierry Consigny Éditions Grasset
Lors d'un voyage amoureux en Espagne avec Juliette Drouet, sa maîtresse, compagne de toute une vie, Victor Hugo apprend la noyade de sa fille Léopoldine. Effondré, le poète déserte la plume et Juliette. de ces trois années muettes vont pourtant naître ses plus grands chefs-d'oeuvre, les plus violents aussi. Hugo revient à la littérature avec Les Misérables. Conservateur, il est devenu révolutionnaire. Écrivain reconnu, il est maintenant un génie. Quand Léopoldine se noie, Hugo a 41 ans ; à la mort de sa propre fille. « Lara morte, la tristesse de son absence est aussi la joie de sa présence, à chaque instant. » En père éternellement aimant de l'enfant disparue, l'écrivain d'aujourd'hui jette une lumière resplendissante sur un des plus grands noms de la littérature. La grâce du poème « Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin » et l'âpreté des Misérables disent la même chose. Derrière Hugo poète et Hugo révolutionnaire se trouve un seul visage : celui de Léopoldine. ©Grasset
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