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EAN : 9782072848124
96 pages
Gallimard (05/03/2020)
3.62/5   12 notes
Résumé :
"D'abord destiné à la troisième partie des Misérables, et originellement intitulé Les Fleurs, ce texte a été retiré du manuscrit, écarté mais non oublié, l'auteur souhaitant le réserver pour un autre projet, "mon travail sur L'Ame" , note-t-il. Preuve que ces pages, venues du roman de 1862, portées par les silhouettes difformes des voleurs et des escarpes, se détachent et regardent vers un autre horizon ; elles désignent un plan supérieur, idéal, spirituel et métaph... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Laureneb
  02 septembre 2021
Ce court texte a été retiré des Misérables, car c'est un passage de philosophie, de métaphysique, mais surtout de prose poétique, qui ralentirait l'intrigue. Il est donc mieux "à part", à lire seul, même s'il justifie et explique clairement le titre des Misérables donnés à l'ouvrage.
"Les fleurs" est un texte construit sur une antithèse centrale, une opposition initiale : comment des prostituées peuvent-elles éprouver des sentiments amoureux telles les autres femmes, et, surtout, comment peuvent-elles se dévouer à un forçat, un prisonnier, un criminel ? Ce sont donc d'autres "fleurs du mal" pourrait-on dire, où la beauté sublime de l'amour se mêle au monstrueux et au grotesque des prisons et des bas-fonds de la misère humaine ; on retrouve la fascination de Hugo, centrale chez lui, pour cette opposition entre sublime et grotesque. Or, c'est par l'amour que ces femmes sont rachetées, flétries par les hommes, déchues à cause de la pauvreté, elles sont sanctifiées par la pureté de leurs sentiments. Comment ne pas être touché, ému, par ces personnages féminins, ces "Vierges folles" qui donnent leur corps aux passants mais gardent leur coeur pur pour celui qu'elles ont élu ? Comme Fantine, personnage de martyre, qui, elle, ne tombe à la rue que pour sauver Causette, mais qui meurt sanctifiée. Dans son écriture, Hugo multiplie donc les oppositions et les antithèses, avec une élévation progressive du singulier, les personnages des bandits des Misérables, à l'universel, la société française, certes, mais aussi le monde.
C'est donc pour cela que le texte pouvait à l'origine appartenir aux Misérables : il illustre et justifie l'incipit du roman en revenant sur "l'un des trois problèmes de ce siècle, la déchéance de la femme par la faim". Mais il va bien plus loin, en proposant des solutions. Et il expose à nouveau un des combats majeurs de Victor Hugo, l'accès à l'éducation pour tous, gratuite et obligatoire. Merci Monsieur Hugo, à nouveau, en ces temps troublés où ces droits sont remis en cause dans certaines parties du monde...
Victor Hugo est un poète, un Voyant, oui, mais il est aussi un chercheur. Ou en tout cas, il fait travail de science - ou il en parle, ce qui pour lui est tout comme. Il présente l'homme étudiant la matière, la pesanteur, l'atome, la météorologie et les climats, données physiques, biologiques, qui lui permettent d'arriver, selon Hugo, à la métaphysique et donc à Dieu. Or, certains mots résonnent de façon prophétique avec notre époque, quand Hugo prédit - au sens fort - que l'homme " a évidemment une action sur le climat", et que la "météorologie en est à son 1789". Sauf que Hugo se révèle ici trop optimiste, il prévoit un contrôle, un dressage même, du climat - l'homme étant présenté comme un "dompteur" - pour améliorer les conditions de vie humaines, supprimer les tempêtes, réduire les risques d'éruption volcaniques... ; il n'a pas pu prévoir le dérèglement climatique... de même, il parle aussi des épidémies et de précautions sanitaires, dans un paragraphe qui, à condition de de remplacer le mot "peste" par celui de "Coronavirus" pourrait être écrit aujourd'hui : "Une peste est un avertissement. Habitant, que ton premier soin soit de désinfecter le logis. Il y a une immense hygiène terrestre que le penseur entrevoit, et que l'homme doit au globe".
C'est une lecture fascinante que de suivre le processus de pensée d'un tel homme qui, dans un texte qui, au départ, s'intéresse à la misère humaine et à la prostitution, arrive à nous parler d'un avenir qui est le notre, avec nos problématiques actuelles. Il faut parfois s'accrocher, on ne peut maîtriser toues les références érudites, mais on se laisse porter par le charme des phrases, les ruptures de rythme, les alexandrins dissimulés au milieu des longues périodes, les formules lapidaires. Encore une fois, en partant du singulier, Victor Hugo arrive à l'universel. Un court texte donc, mais magnifique et marquant (je m'aperçois que je fais une critique bien longue pour un texte d'une soixantaine de pages, mais je ne peux pas me restreindre quand il s'agit d'Hugo... un autre sublime texte que j'ai lu de lui cette année avec le Promontoire du Songe).
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Tobidhambourg
  13 janvier 2021
Impossible d'être tout à fait partial avec Victor Hugo. Tout est là, ramassé dans un Folio à 2€ que l'on devrait mettre entre toutes les mains, des plus sales aux plus décapées par ces temps de gel hydroalcoolique.
C'est donc une section écartée des Misérables pour un livre sur l'Ame. Hugo y livre une vision de la prostitution épique, entre "la boue" et "l'idéal". Il n'y a pas vraiment d'histoire dans ce petit livre, il s'agit bien d'une digression qui (c'est sans doute là aussi le talent d'Hugo...) vaut à elle seule d'être publiée et lue comme une méditation à ciel ouvert. Certes, la lecture pourra paraître âpre : des références à foison, un Hugo qui s'emporte et qui ne se retourne jamais, c'est un style que l'on aime ou que l'on rejette mais c'est un style, et cela est indéniable. D'un fait divers, d'une sordide histoire de correspondances entre prisonniers et prostitués, Hugo tire une leçon, non, une sentence : peu importe la densité de la fange, la lumière y est toujours présente. Lumière divine, évidemment chez Hugo, mais aussi lumière humaniste. Si la souffrance, ce grand mystère, restera insurmontable, la suppression de la misère restera le projet, le chantier et le combat possible de l'Homme.
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cchloe
  29 juin 2021
Victor Hugo est l'écrivain qui reflète le plus mon chemin de pensées . Soit c'est un très bon argumentateur et je me suis laissée convaincre, soit ses réflexions et les réponses qu'il y apporte coulent de source. Son optimisme me donne un espoir incroyable en l'être humain, ses approches et ses arguments sont ingénieux et ne peuvent que nous interpeller, son écriture est belle et incisive.
Sa réflexion sur la prostitution et la Misère sont le fil conducteur de cet essai. Cependant, force et de constater que sa solution pour la combattre n'est pas suffisante de nos jours. Il faudrait, je pense, rajouter l'envie: l'envie d'apprendre, l'envie de s'en sortir et l'envie de transmettre. Hugo restera l'un de mes écrivains emblématiques, source d'inspiration sur ma compréhension de la nature humaine.
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Rendez_vous_litteraire
  26 juin 2020
J'ai découvert ce petit livre "les fleurs" qui, avant de devenir un roman à lui seul, devait figurer dans la troisième partie des Misérables. .
Victor Hugo livre à travers cet écrit le quotidien des prisons du 19eme siècle. C'est très intéressant de voir l'evolution de notre monde, de notre société.
J'ai apprécié que l'auteur ait parlé de ce sujet avec autant de délicatesse et de poésie.
Malheureusement je n'ai pas réussi à m'immerger correctement dans cette lecture ce qui m'a pas mal frêné. Frêné dans le sens où je n'ai pas bu ces paroles comme avec Les Misérables ou le dernier jour d'un condamné. .
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
TobidhambourgTobidhambourg   13 janvier 2021
Mais on se récrie : dire est facile. Faire ne l'est pas. Quel est votre mode de guérison ? Comment supprimer la misère ?
Nous l'avons dit, en supprimant l'ignorance.
Plus de ténébreux, plus de misérables.
Il n'y a pas de cécité sociale ; il n'y a que la nuit.
Comment supprimer l'ignorance ? par le moyen le plus simple, le plus élémentaire, le plus pratique, devant lequel on recule, comme devant toutes les évidences, mais auquel on arrivera. Par l'enseignement gratuit et obligatoire.
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TobidhambourgTobidhambourg   13 janvier 2021
89 ne sera compris et exécuté que lorsque la dernière guenille aura disparu. Tant qu'il y a eu des sujets, les misérables étaient, pour ainsi dire, de droit ; mais là où il n'y a que des citoyens il ne peut plus y avoir de misérables. La Révolution française, en biffant la fausse aristocratie et en promulguant l'égalité, ne diminue pas l'homme, mais l'augmente. Le peuple, grandi dans l'individu et dignifié dans le citoyen, voilà le but de 1789.
Les philosophes démocrates n'ont pas pour objet, en affirmant l'égalité, de prouver la roture de l'homme ; mais sa divinité. La Déclaration des droits de l'homme est une sublime lettre de noblesse.
L'élévation des multitudes à la dignité de nations, l'élévation des nations à la dignité d'humanité ; tel est le programme immédiat de la civilisation.
Or, pour réaliser ce programme, la première condition c'est l'abolition de tous les esclavages. La misère en est un.
Supprimer la Misère, quel but splendide pour l'unanimité !
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NoiressaimNoiressaim   01 septembre 2021
Ce que fait l'individu, la communauté le fait.
D'une classe à l'autre on se condamne, en gardant pour soi seul l'absolution. Le haut méprise le bas ; le bas déteste le haut. La cave dit : le grenier est sale ; le grenier dit : la cave est noire.
Nous sommes tous le grenier ; or, nous sommes tous la cave et, en regardant un autre, c'est soi-même qu'on regarde. Au fond, on le sent ; on se l'avoue dans l'intimité du monologue ; et l'on hait le philosophe sincère qui fait des confrontations. Les laideurs n'aiment point les miroirs.
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TobidhambourgTobidhambourg   13 janvier 2021
Le fond du monstre, c'est la colère. L'envie est lave et bouillonne. Cette souffrance-là menace. Ce qui ronge le dedans brûlera le dehors. Pourquoi suis-je ainsi, et les autres autrement ? Qu'ont-ils fait, et qu'ai-je fait ? A bas la beauté et le bonheur ! Une misère est une difformité ; une difformité est un volcan. Toute bosse fait éruption.
Prenez garde aux Vésuves latents. Il y a là un profond danger.
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LaurenebLaureneb   01 septembre 2021
Croyez-vous en Dieu ? Non. Pourquoi ? À cause de la souffrance. Et bien, à cause de la souffrance, j'y crois. Ô misérables, comprenez la dignité de la misère. Misérable signifie vénérable.
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