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EAN : 9782352043256
336 pages
Éditeur : Les Arènes (10/04/2014)
3.74/5   29 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Les Arènes - 04/2014)
ISBN : 9782352043256


Journaliste française, Pascale Hugues vit à Berlin depuis plus de vingt ans. Intriguée par tout ce qui a pu se passer dans sa rue depuis un siècle, elle décide de partir à la recherche des hommes et des femmes qui l'ont habitée.

Le puzzle vertigineux de l'histoire de Berlin s'assemble alors sous nos yeux : on voit la rue se construire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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tynn
  06 octobre 2014
Elle était en crêpe de Chine noire et a valsé avec Hannah, dans les salons transatlantiques de la bonne société. Elle avait été cousue par une petite berlinoise laissée derrière ceux qui purent se sauver...
En découvrant que, dans sa tranquille rue berlinoise, plus d'une centaine de juifs avait été déportée par le régime nazi (dont treize partis de son immeuble), la fibre journalistique de Pascale Hugues l'entraine dans une enquête sociale et historique, à travers les souvenirs des descendants des occupants, depuis la construction au tournant des années 1900.
Des familles bourgeoises de la Belle Epoque, aux bombardements de la seconde guerre, jusqu'à la reconstruction dans l'Allemagne divisée par le Mur, les parcours individuels sont le reflet de l'Histoire du pays et de ses populations. Il est fort émouvant de decouvrir les témoins retrouvés, de connaitre leur heureuse ou funeste destinée.
La rue, jamais nommée (comme représentative de la ville elle même) est le fil rouge de toutes les époques traversées; elle porte les stigmates des hommes et des femmes qui ont fait construire des immeubles pour y poser un avenir familial et perdu ce futur possible sous le détestable régime hitlérien.
Le temps efface, remodèle, et la rue reprend vie dans une population qui elle-même évolue, à l'image de l'âme artistique berlinoise, vivante et novatrice.
Pascale Hugues, après l'attachante enquête familiale concernant sa double origine française et allemande, fait ici un devoir de mémoire justifié, un travail d'enquête approfondie dans un récit aisé, fourmillant de détails. Si certaines périodes sont plus dramatiques que d'autres, toutes sont chargées de l'émotion du souvenir retrouvé, et l'ensemble a une grande cohérence historique.

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palamede
  31 juillet 2014
Partant de la chronique d'une rue berlinoise, de sa construction à aujourd'hui, la journaliste française, Pascale Hugues, retrace un siècle d'Histoire allemande.

Construite en 1904, largement détruite en 1945, rapidement reconstruite après la guerre, cette rue située dans l'ancien Berlin-Ouest a vu sa population évoluer au fil du temps. Bourgeoise à sa création, elle va souffrir de la crise économique des années vingt et connaitre l'éradication des familles juives avec l'avènement du nazisme. Devenue une rue assez terne, habitée par la petite bourgeoisie berlinoise après la construction du mur, aujourd'hui des travaux visent à lui redonner son lustre d'antan.
Pour mener à bien son projet de reconstitution de l'histoire de sa rue, l'auteur va chercher à retrouver ceux qui y ont habité. Elle va faire paraitre une annonce à laquelle des familles juives, parties aux quatre coins du monde pour échapper aux nazis, vont répondre. Bouteille à la mer qui va la conduire en Israël et aux Etats-Unis auprès de ceux qui n'ont pas oublié qu'ils sont nés Allemands, même s'ils ont souvent préféré enfouir cette époque heureuse puis douloureuse de leur histoire.
Témoins émouvants, drôles, tragiques, optimistes, ces anciens berlinois aujourd'hui très âgés ont eu la force de repartir de rien, de construire une vie, privés de leurs proches. Nulle trace de haine ni de rancune dans leurs paroles, ils racontent leurs épreuves comme une fatalité. Pascale Hugues a su les faire parler dans ce roman très vivant, bien écrit, qui nous plonge dans l'histoire contemporaine des juifs allemands mais aussi de l'Allemagne à travers la ville emblématique de Berlin.
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motspourmots
  16 octobre 2014
Voilà à quoi peut mener la curiosité d'une journaliste... Sous-titré "Berlin 1904-2014", le livre aurait pu s'intituler "Biographie d'une rue de Berlin" mais l'auteur a sans doute choisi "La robe de Hannah" comme symbole des multiples histoires individuelles qu'elle a rassemblé après un travail méticuleux de reconstitution. Cette robe qui, plus de soixante-dix ans après le départ ou plutôt la fuite de sa propriétaire retrouve la rue qui l'a vue naître, un peu grâce à cette initiative.
Tout part de la curiosité de Pascale Hugues, journaliste installée à Berlin depuis plus de vingt ans, le jour où elle se demande ce que sont devenus les anciens habitants de la rue dans laquelle elle vient d'emménager. Une artère des plus classiques, à l'écart des quartiers les plus renommés ou les plus animés. Une petite rue calme dans laquelle, en y regardant bien, on peut apercevoir les stigmates d'un passé chargé et mouvementé. Les traces d'un éclat d'obus ou encore ces dés de laitons apposés entre les pavés devant les immeubles où des juifs furent déportés. La rue est née en 1904, habillée d'immeubles cossus destinés à la bourgeoisie berlinoise. Elle a donc traversé deux guerres, subi les bombardements alliés, la reconstruction, est passée à l'Ouest avec la construction du mur. D'après les archives, cent six juifs habitant cette rue ont été déportés. La journaliste prend l'initiative de passer une annonce dans un journal publié deux fois par an par le Sénat de Berlin à destination des derniers juifs berlinois dispersés à travers le monde. "Qui a habité ma rue ?" demande t-elle, sans grand espoir, avec l'impression de rechercher une aiguille dans une botte de foin.
A son grand étonnement, les réponses affluent depuis les États Unis ou Israël. Des octogénaires pour la plupart, voire plus. Tous heureusement surpris par son initiative et surtout désireux de raconter, vite, avant qu'il ne soit trop tard. Surpris de trouver une oreille attentive, habitués au sympathique manque d'intérêt de leurs petits enfants pour ces vieux souvenirs du temps passé. Un par un, Pascale Hugues recueille leurs récits, leurs souvenirs et reconstitue ainsi des vies et des destins. L'étau qui se resserre, la fuite, le déracinement, les réparations, la douleur de la mémoire. A travers la parole des anciens habitants de cette rue, c'est à la fois leur vie quotidienne à différentes époques et toute l'histoire d'un siècle en Allemagne et en Europe qui défilent... Chaque histoire, chaque anecdote rappellent inlassablement que derrière les grands faits historiques appris à l'école, il y a des vies, des individus, des familles et des destins brisés.
Pascale Hugues s'est livrée à un travail dantesque pour reconstituer, époque après époque, l'architecture, la sociologie, les habitudes des habitants de sa rue... Jusqu'aux années plus récentes et aux anecdotes plus légères comme le séjour de David Bowie dans l'un des immeubles. le livre fourmille de détails passionnants et parvient souvent à susciter l'émotion même si le style sobre, très journalistique permet de maintenir une certaine distance, sûrement nécessaire à l'auteur pour mener à bien sa mission.
Mission accomplie. La plume de Pascale Hugues redonne vie à ceux que L Histoire côtoie sans jamais les mentionner autrement que dans des statistiques ou des généralités. Une autre façon de parler de mémoire. Pleine de tact et d'empathie.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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VanilleBL
  15 octobre 2014
"Journaliste française, Pascale Hugues vit à Berlin depuis plus de vingt ans. Intriguée par tout ce qui a pu se passer dans sa rue depuis un siècle, elle décide de partir à la recherche des hommes et des femmes qui l'ont habitée.
Le puzzle vertigineux de l'histoire de Berlin s'assemble alors sous nos yeux : on voit la rue se construire en 1904 et s'installer les premières familles d'entrepreneurs, d'avocats et de banquiers. On ressent l'humiliation de la défaite de 1918, les effets de la crise économique et de la montée du nazisme. On tremble avec Hannah et les familles juives qui vivent la douleur de l'exil ou l'enfer de la déportation. On survit aussi avec ceux qui restent, dans la peur des bombardements alliés.
Presque détruite en 1945, la rue ne compte plus qu'une poignée d'habitants qui veulent oublier le passé et tout reconstruire. Avec le mur de Berlin, elle se retrouve à l'Ouest. Grise et petite-bourgeoise, la rue accueille pourtant dans les années 1970 quelques artistes rebelles… dont David Bowie. Aujourd'hui, elle est à nouveau tranquille et prospère, comme à sa naissance. Avec des souvenirs en plus."
"Ma rue a ses potins et ses personnages", écrit l'auteure dès les premières pages de son récit, une fois passée la description de la rue dans laquelle elle habite, à Berlin. Une rue banale, ordinaire, mais qui, de par l'histoire de la ville où elle se situe, s'est trouvée, ainsi que ses habitants, au coeur des événements de l'Histoire. On peut comprendre que Pascale Hugues ait eu envie de mieux connaître l'histoire du lieu, de faire renaître les générations qui se sont succédées dans les immeubles et y ont vécu le meilleur comme le pire. Les personnes qu'elle est allée rencontrer sont d'ailleurs toutes ravies de lui parler de leurs vies pour qu'à son tour elle raconte leurs histoires dans L Histoire. Mais même s'il est vrai que les "vies ordinaires" peuvent être tout à fait captivantes, passionnantes, et receler leur part d'exceptionnel même dans les toutes petites choses, ce n'est malheureusement pas le cas dans ce récit qui juxtaposent des anecdotes et fait se succéder des témoignages, sans que cela constitue un tout signifiant. Chaque chapitre est comme une nouvelle diapo glissée dans le projecteur, avec un nouveau personnage, une nouvelle histoire ; les diapos se suivent et l'on attend avec impatience la fin de la série, comme lorsque des amis vous infligent leurs photos de vacances et que l'on n'ose pas leur dire que cela n'intéresse qu'eux-mêmes.
La "mode" est encore et toujours au devoir de mémoire, au souvenir, particulièrement en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale mais pour difficile, émouvante, douloureuse qu'aient été les vies des personnes qui ont vécu la montée du nazisme, la souffrance de l'exil, le déchirement des séparations et l'horreur du deuil, cela ne suffit pas à faire un livre intéressant, encore moins nécessaire. le livre de Pascale Hugues est certainement un très joli recueil de souvenirs pour ses propres personnages mais il ne parvient pas à emporter le lecteur. le puzzle reste trop morcelé et l'on regrette que l'auteur se soit dispersée dans cette multiplicité d'anecdotes au lieu de développer davantage la jolie histoire qui donne son titre à l'ouvrage.
Lien : http://paroles-et-musique.co..
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bswoessner
  24 janvier 2016
Pascale Hugues a choisi de nous raconter l'histoire de sa rue à Berlin, depuis sa construction en 1904 jusqu'à aujourd'hui, sujet très casse-gueule et qui avait toutes les chances d'être ennuyeux au possible ; c'est en tout cas que j'ai pensé en lisant la quatrième de couverture.
Puis, dès les premières pages, on est frappé par la qualité de l'écriture, la précision du vocabulaire et le style impeccable de l'auteur, qui parvient dès le premier chapitre à nous passionner pour son sujet. C'est qu'à travers la destinée de quelques voisins d'une rue secondaire de Berlin - qui n'est d'ailleurs pas nommée tout au long du livre - elle nous conte en réalité, avec brio, l'histoire de l'Allemagne sur plus d'un siècle.
Ce qui est remarquable, c'est qu'elle réussit à rendre intéressants les résultats de ses recherches historiques extrêmement complètes et précises. Même les listes de noms des entrepreneurs ou de divers voisins, les lettres de plaintes des locataires, de multiples détails a priori rébarbatifs, deviennent des éléments de toute la nostalgie qui émane de ce livre, merveilleusement écrit.
L'auteur a eu le mérite de retrouver et de rencontrer plusieurs des anciens habitants de cette rue, des Juifs allemands qui ont fuit le nazisme aux Etats Unis ou en Israël, des Allemands qui sont restés à Berlin, et, pour plusieurs d'entre eux, leurs descendants. Toutes ces vies se sont croisées à un moment de l'histoire, dans la même rue, mais le temps passe et la rue poursuit sa destinée avec d'autres habitants. Les quelques photos des anciens voisins retrouvés par l'auteur, témoins d'un passé révolu, sont vraiment touchantes.
On sent que Pascale Hugues s'est passionnée pour son sujet et qu'elle a développé une tendresse particulière pour ses anciens voisins et son pays d'adoption. Son enthousiasme est contagieux. On rêverait de pouvoir lui commander un tel livre sur la rue de son enfance.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   17 octobre 2014
Les rues de Paris se sont laissé doucement porter par le fil du temps et des époques. Elles sont arrivées jusqu'à notre ère pratiquement sans dommages. Rien de tout cela dans ma rue. Elle est faite de fractures. De déchirures brutales. Elle est une superposition d'époques, l'une effaçant presque entièrement le souvenir de l'autre. Sur le trottoir du numéro 11, les passants trébuchent encore sur le trou de bille, l'encoche creusée dans la dalle par un obus durant les derniers combats d'avril 1945. Les gamins de la rue y parquaient leurs billes dans les années 50.
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motspourmotsmotspourmots   17 octobre 2014
Tous parlaient du garrot qui s'était resserré progressivement, de la fuite souvent à la dernière minute. Du déracinement dans le nouveau monde fait de gratte-ciels ou de désert. Sans argent, sans travail, sans statut social. Leurs pères étaient devenus simples ouvriers, concierges, garçons d'ascenseur dans les buildings de New York ou chauffeurs de taxis et de bus, marchands de fruits et légumes à Jérusalem. Le soir, ils découvraient ces bourgeois si érudits, penchés comme des collégiens sur des listes de vocabulaire. Ces Professor Doktor ne perdirent jamais leur accent et continuèrent à construire leurs phrases à l'allemande, le verbe à la fin, l'adjectif avant le nom...
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motspourmotsmotspourmots   17 octobre 2014
A l'été 1945, les premiers chars américains déboulent au coin de la rue. Les Amis, comme on les appelle ici (...). Ma rue est attribuée au secteur américain. Dans le classement des forces d'occupation, les Russes sont en dessous de tout, les Français médiocre, les Anglais souvent sadiques. Avec les Amis on est sûr d'être traité correctement.
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NikozNikoz   19 décembre 2015
La robe a survécu à la personne, dit Hannah quand je la pose sur le lit.
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Video de Pascale Hugues (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascale Hugues
3 Jours à Berlin - Pascale Hugues .3 Jours à Berlin : Rencontre avec Pascale Hugues autour de son ouvrage "La robe de Hannah, Berlin, 1904-2014" aux éditions Les Arènes. Traduction des passages en allemand par Daniel Mirsky. http://www.mollat.com/livres/hugues-pascale-robe-hannah-berlin-1904-2014-9782352043256.html 1. Podington_Bear_-_Program_Reverie http://podingtonbear.com/ 2. Droit réservé ®
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