AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207274119X
Éditeur : Gallimard (17/08/2017)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Tristan Rivière, fils d'ouvrier communiste, héros de guerre, hérite d'une mission dans la vie : être un héros. Malheureusement, à seize ans, il abandonne son entraîneur de boxe attaqué par trois voyous, ce qui lui vaut le mépris de son père. Dix ans plus tard, alors qu'il se trouve dans un train, une jeune femme est agressée par une bande. Et le basculement des trois vies possibles racontées par le roman tient au choix opéré bien malgré lui par Tristan. Cette fois-c... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
frconstant
  16 septembre 2017
Comment vivre en héros ?' (Gallimard, 2017) de Fabrice Humbert est une invitation à la lecture-miroir. Où et comment puis-je me reconnaître dans l'histoire que l'auteur me conte ? En d'autres termes, en quoi les personnages fictifs qui me sont présentés reflètent-ils ma propre vie, ma propre réalité ? Que le lecteur de ma critique ne s'y trompe pas, mon propos, sur base du titre ‘Comment vivre en héros ?', n'est pas d'essayer de prouver mon propre héroïsme et l'admiration qui devrait en découler. Ce que j'ai décodé à la lecture de ce roman est que son sujet n'est pas tant le comportement héroïque et son coût que le poids des attentes que les uns portent sur les autres et qui sont à l'origine de moultes comportements qui nous emprisonnent dans un rôle à jouer, pire à tenir, parfois tout au long d'une vie.
‘Beaucoup pensent que c'est la raison ou l'intérêt qui gouverne le monde' dit Fabrice Humbert et de montrer que Tristan Rivière, son personnage central, expérimente que c'est bien plus fondamentalement le hasard et la croyance folle qu'une fois le hasard accompli, son bénéficiaire doit s'en montrer digne et servilement respectueux du réel utopique qui s'est ainsi insinué dans sa vie.
Tristan, pour des raisons que le lecteur découvrira par lui-même est, à ses yeux un lâche, un sous-homme, traître dans ses relations et promis à n'être rien ! Or, quand l'occasion lui est donnée de réagir en héros pour sauver Marie, il n'hésite pas -ce qui laisserait penser qu'il a eu le temps de réfléchir – il agit et devient malgré lui un sauveur aux yeux de tous. Sa vie deviendra une vie paradisiaque - tout lui réussit - jusqu'à ce qu'elle vire à démoniaque - tout apparaît contre lui - sous le poids des attentes qui pèsent sur lui.
En découvrant des personnages si proches de sa propre existence, le lecteur ne peut manquer de s'interroger sur les attentes qu'il a lui-même supportées (au sens fanatique du terme dans le monde du sport et de ses réussites par procuration comme au sens de la surcharge pondérale qu'il s'impose lorsqu'il accepte de porter en lui un être qu'il n'est pas vraiment). Il ne manquera pas également de se questionner sur les attentes placées par lui sur ses proches, ses relations, la société dans laquelle il vit, lui, en héros … à ses seuls yeux le plus souvent.
L'écriture de Humbert est délicate sans être précieuse. Avec les mots de tous les jours elle cible et caractérise des personnages que l'on se prend à aimer, à exécrer, à souhaiter pour eux tout le bien ou encore tout le mal du monde…
Et revoilà nos attentes sur les autres ! Ces autres, les portons-nous ? Les libérons-nous ou les enterrons-nous ? Question lancinante qui tôt ou tard taraude l'homme et le pousse à tenter l'impossible pour se retrouver lui-même et retrouver ceux qu'il aime.
Comment vivre en héros, un roman de vie, un roman d'aujourd'hui pour les demains de chacun.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          172
Luniver
  15 août 2017
Le destin, c'est assez tranquillisant : pas de responsabilités, pas de remords, il suffit de suivre sagement l'histoire écrite pour nous. Mais quand on y croit pas, l'existence peut vite devenir angoissante. Car finalement, des choix déterminants (choisir entre des rideaux rouges ou bleus, ça ne compte pas), on n'en fait pas des centaines. Même si on a théoriquement la possibilité à tout instant de changer radicalement de mode de vie, il faut bien reconnaître qu'une fois choisi un métier, un partenaire, …, on se laisse entraîner avec une certaine inertie pendant des années, voire pour toujours, par ce choix initial. Donc quand il se présente, il ne faut clairement pas se louper.
Le héros de ce roman a pleinement pris conscience de ce fait. Il répète d'ailleurs à l'envi que son existence entière s'est jouée sur trente-huit secondes. L'auteur nous propose d'abord une vision des trajectoires qu'auraient pris la vie de son héros pour chacun des choix possibles, puis le prolongement de celle qu'il a finalement choisie, évoluant par à-coups dans des directions que d'autres ont choisi pour lui, car quand on a pas d'excellentes raisons à donner pour faire autre chose, on se plie facilement à ce que notre entourage attend de nous.
Curieux ressenti sur ce roman, qui m'a semblé un peu banal au premier coup d'oeil, mais qui rappelle tout de même que notre sort reste toujours entre nos mains, que rien, finalement, ne nous contraint à rester dans cette passivité, et qu'il n'est jamais trop tard pour prendre la prochaine grande décision de notre vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
ChatDuCheshire
  24 août 2017
J'avoue que je ne connaissais pas du tout cet auteur et que j'ai craint le cadeau empoisonné lorsque ce roman m'a été offert en "avant-première" par les éditions Gallimard sur l'entremise de Babelio.
Je craignais donc une lecture difficile et d'avoir à affronter le pensum de la "critique obligatoire" qui constitue la contrepartie de l'acceptation de la proposition.
Au final j'ai lu ce roman assez vite. Je n'en ai pas regretté la lecture puisque l'émotion fut souvent au rendez-vous, l'oeuvre me semblant toutefois au final d'une qualité inégale et justifiant le retrait d'une étoile signifiant que je n'aie pas été entièrement conquise.
Le héros, Tristan, dont on a du mal à saisir la personnalité (mais on comprend que cela a probablement été voulu par l'auteur, le message étant que personne ne se connaît jamais vraiment ni n'est connu des autres) vit une vie pas entièrement banale mais pas extraordinaire non plus, qui sera déterminée par trois facteurs : la culpabilité, l'aléatoire et un sentiment d'imposture (le héros utilisera lui-même les termes de folie, hasard et magie).
Culpabilité de n'être pas volé au secours de son entraîneur de boxe, qui s'était engagé dans une rixe dans le métro dont il se sortit avec des séquelles.
Aléatoire car s'il se "racheta" par la suite en volant au secours du futur amour de sa vie sur le point de se faire violenter dans un train, il demeura conscient que d'autres "possibles" auraient pû s'ouvrir (cette partie du récit, exposant les autres "possibles", fait furieusement penser à Paul Auster et notamment à son dernier opus, "4321", pas encore sorti en langue française au moment où j'écris ces lignes).
Le sentiment d'imposture du héros, en qui l'on place des espoirs ou des capacités qu'il estime non justifiés, s'exprime aussi, quoique de manière plus discrète tout au long du récit.
Tout cela se retrouve dans l'histoire d'une vie, voyant un fils d'ouvrier "s'élever", à l'époque où l'ascenseur social manifestait ses derniers soubresauts, dans les années 80, pour devenir prof dans un lycée de banlieue, sauver par l'effet du hasard celle qui allait devenir la femme de sa vie, et devenir finalement maire d'une petite ville de la banlieue parisienne "difficile", sous l'influence d'un beau-père politicien socialiste qui, dans les années 200O, finira gestionnaire d'un fonds d'investissement à Londres...
Ce roman est ambitieux, brasse les histoires personnelles sur une cinquantaine d'années, dresse une peinture assez juste de l'évolution socio-économique allant d'une certaine conception du socialo-communisme en France jusqu'à l'actuelle mondialisation néo-libérale et ses effets sur les gens, et exprime une philosophie de vie, celle de l'auteur, oscillant entre les divers pôles prédécrits. Peut-être un peu trop ambitieux mais, comme je le signalais plus haut, l'émotion surgit régulèrement au fil de ses pages et souvent de manière inattendue. Et une impression étrange d'approcher, par minuscules moments, cette idée du "destin" qui guide la plume de l'auteur...
Ma réserve porte sur la seconde partie, dite "La conquête", qui occupe tout de même une bonne soixantaine de pages d'un ouvrage qui en comporte 410 et qui se situe malheureusement à un endroit, juste après qu'on soit "entré" dans la lecture mais encore de manière fragile, qui pourrait en inciter plus d'un à l'abandonner en cours de route. Cette partie relate ce que je qualifierais comme étant l""ascension ordinaire" du héros et on se demande franchement si tout le reste sera d'un acabit aussi ennuyeux après un début pourtant assez prometteur.
Cette réserve mise à part je trouve qu'il s'agit, somme toute, d'un fort bon livre : qui émeut, interroge, apprend et/ou confirme des choses que l'on pense savoir de la vie. Je ne suis pas sûre toutefois que ce roman, quelque peu introspectif et apocalyptique sur le thème de la vie qui passe, "parlera" à un public jeune.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          92
ChristianAttard
  16 août 2017
Fabrice Humbert était pour moi un parfait inconnu avant que je ne reçoive gracieusement son dernier livre « Comment vivre en héros » chez Gallimard dans le cadre des opérations de découvertes lancées par Babelio. Merci à eux.
C'est dire si j'abordais l'ouvrage sans à priori.
Y-a-t-il dans la vie de chacun ou de chacune, un moment où l'on sait réellement qui l'on est ? Face au danger, à la torture, pour protéger un innocent quel serait notre comportement ? Subissons-nous une sorte de karma familial ? Que doit-on sacrifier pour atteindre un idéal de pureté ? Enfin et surtout, nos faux pas nous collent-il vraiment à la peau ?
Après un début assez poussif, fait de poncifs (le père ouvrier communiste et vindicatif, les quartiers défavorisés, la boxe…), des expressions assez malheureuses (une fille est « une boîte à fantasmes »), des répétitions ( On apprend par trois ou quatre fois que le héros sait démonter un moteur de deux cv, que des « broncas » tauromachiques secouent les classes d'un lycée) qui me firent craindre le pire, le dernier roman de Fabrice Humbert décolle lourdement.
Fait d'une écriture simple, nous suivons sans surprise Tristan son « héros » et sa famille dans leur quête et tentatives pour répondre à toutes les questions ici posées en exergue.
Chapitre après chapitre, on se demande si le roman va virer au précis de psychiatrie façon Henri Laborit ou Boris Cyrulnik, au roman de gare façon Marc Levy ou aux marvel comics à la Spiderman.
Mais finalement, l'auteur lui-même nous confie une clef de lecture incontournable et définitive :
« La littérature et surtout le roman, est une machine idéologique désespérée. Elle tente à l'infini de rappeler au corps social des idéaux de pureté qui n'ont plus cours et n'ont en fait jamais existé en se réfugiant dans des situations idéalisées et à mon avis artificielles. »
Ite missa est !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
Rodin_Marcel
  24 septembre 2017
Humbert Fabrice – "Comment vivre en héros ?" – Gallimard/NRF, 2017 (ISBN 978-2-07-274119-7) 416 pages

Fabrice Humbert poursuit l'exploration d'un monde qu'il connaît bien (cf recension de son précédent livre intitulé "Éden utopie"), celui de la gauche bobo-caviar-socialo
- qui détruisit le Parti Communiste dès avant la chute du mur de Berlin – remarquable portrait du père du héros, Marcel, ouvrier communiste, mais par ailleurs fruit du déclassement des descendants des agriculteurs –,
- cette "gauche" amalgamée et sciemment cocufiée par le Parti Socialiste de Mitterrand (qui instaure le scrutin à la proportionnelle en 1986 pour tirer des limbes le Front National),
- qui détourne et capte à son profit la nébuleuse cultureuse et tout particulièrement les "petits profs" engendrés par ces parents communistes, milieu par lequel le PS d'un Strauss-Kahn/Dodo-la-Saumure parvient à prendre le dessus dans l'ancienne "banlieue-rouge" (on voit même passer le Braouezec – certes orthographié avec une faute d'orthographe dans le patronyme -, pitoyable gauchiste égaré qui appela à voter pour le jupitérien freluquet Macron).
Tout ceci magistralement rendu à travers le parcours public du personnage central, dénommé Tristan.

Mieux encore, Fabrice Humbert parvient également, sans voyeurisme, à restituer une bonne part de la vie privée de ce couple improbable formé par Tristan (issu d'une famille ouvrière communiste) et son épouse Marie (issue d'une de ces familles de la gauche caviar qui se proclamait rocardienne, pôvre Rocard littéralement pulvérisé, humilié par son vicieux Tonton, avant de découvrir le monde du fric), doublant ces parents de leur progéniture, un Alexandre au destin (un peu trop) tragique, une Julie à l'image (un peu trop appuyée) de ces myriades de jeunes femmes "émancipées, libérées, battantes" (et tout et tout, la liste des adjectifs est quasi inépuisable) abondamment proposées en modèle absolu dans les colonnes de "Elle" et autres feuilles de choux de même acabit.

Seule ombre au tableau : ce récit –certes fort bien mené – ressemble plus à un compte-rendu, une chronique, un état de l'existant qu'à une oeuvre littéraire. Pour ma part, je n'y retrouve pas la qualité du style qui faisait l'originalité de "l'Origine de la violence", de la "Fortune de Sila" et même d' "Eden utopie".
Peut-être tout simplement parce que - finalement - l'auteur ne traite pas vraiment la question qui sert de titre à l'ouvrage : il ne parvient pas à dépasser la dimension anecdotique, à conférer une profondeur significative à son "héros"...
Dommage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (2)
Bibliobs   25 septembre 2017
Dans un impeccable thriller existentiel, l'auteur de “l'Origine de la violence” s'interroge sur les valeurs de notre époque. On ne le lâche pas.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   12 septembre 2017
Après "Eden utopie", un très beau roman de Fabrice Humbert : "Comment vivre en héros". Le destin d’une vie, le hasard qui nous guide, nos rêves qui se fracassent sur la réalité.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   18 juillet 2017
Tristan n'avait pas le droit d'être lâche, justement parce qu'il était Tristan. Marcel et Louise, après beaucoup de tergiversations très référencées — Marcel proposait Joseph (Staline), Vladimir (Lénine), Vassili (Tchouïkov, vainqueur de Stalingrad), Maurice (Thorez), Louise préférait Victor (Hugo), Émile (Zola), Albert (Camus), et l'accord politico-littéraire avait failli se faire sur Louis (Aragon) jusqu'à ce que la proximité Louis-Louise n'enterre le projet —, s'étaient entendus, la veille de l'accouchement, sur Tristan, à la faveur d'un cousin très éloigné de la famille. Louise fit une recherche dans son dictionnaire des prénoms, qui indiquait que Tristan venant de Drystan, héros des légendes celtes à l'origine, semblait-il, connu grâce à l'histoire de Tristan et Iseut, amants légendaires tombés amoureux l'un de l'autre par un philtre magique qui allait les conduire à la révolte contre le roi et à la mort. Drystan signifiait « tumulte », « bruit », « révolte », ce qui inquiéta Louise et ravit Marcel, impatient d'engendrer ce héros de la révolution. Des décennies plus tard, lorsque la rigoureuse science des prénoms se fut affinée, Louise découvrit que les Tristan étaient en réalité, sous leur tumultueuse apparence, des êtres tendres et fragiles, « peu doués pour les études longues car ils aiment plutôt l'action », et cette idée de tendresse lui plut beaucoup, même si elle regretta de n'avoir pas choisi un prénom qui réussissait Polytechnique (mais à l'époque on ne savait pas !).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
mfgaultiermfgaultier   05 novembre 2017
Le vrai problème de Tristan, c’était qu’il n’avait rien d’un guerrier. Il était assez trouillard et, même s’il le fut un peu moins avec l’expérience, il éprouvait une envie de fuite chaque fois qu’il passait entre les cordes du ring pour un combat. Adolescent, la peur le prenait lorsqu’il se retrouvait en face de son adversaire, imaginant aussitôt que celui-ci ne désirait rien d’autre que l’abattre. Et sous la férule de Meddi, il connut des rounds de pur affolement où il tournait paniqué dans sa cage, lançant au hasard des petits jabs impuissants, roulant ses coups comme un moulin à eau, désespérant alors son entraîneur qui poussait de son coin des hurlements furibonds. Avec Bouli, en junior, il apprit à se tenir – et c’était d’ailleurs un beau gars que ce Tristan au buste bien dessiné, rapide et souple, décochant ses petits coups secs – et il n’avait presque plus envie de fuir, bien qu’il ait encore et toujours l’impression que son adversaire était beaucoup plus courageux que lui. De sorte qu’il choisit, pour masquer sa peur, d’arborer lui aussi un visage impassible qui dissimulait mille effrois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MatatouneMatatoune   25 août 2017
Tous les rôles auxquels elle avait succombé, surtout lorsqu'elle avait voulu être à la fois la mère irréprochable d'Alexandre et de Julie tout en étant le médecin irréprochable et exemplaire et formidable d'humour et de rigueur ( à la foi, tout à la fois) , après avoir été l'enfant irréprochable et sage, l'élève irréprochable et travailleuse- sans oublier la femme irréprochable et responsable et organisée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Mary63Mary63   30 octobre 2017
attends, attends....murmura Tristan
- Qu'est ce que tu veux ?
Il chercha quelque chose de fort à dire
Je veux..........mourir avec toi dit il.
Il n'était pas certain d'avoir choisi les bons mots. A voir l'expression de Marie il n'en était pas certain du tout. Alors, fiévreux, il dit qu'il avait fait des erreurs mais qu''il ne pouvait pas vivre sans elle.
Il dit également qu'il trouvait ses mots ridicules mais qu'y pouvait t-il, puisque c'était la vérité, et il était là pour dire la vérité, tout ce qu'il avait à dire et qui n'avait pas été exprimé, pas assez clairement en tout cas depuis des années.
Il dit qu'elle avait sans doute un homme dans sa vie, qu'il était sans doute bien mieux que lui, à tout égard, mais qu'il ne l'aimerait pas davantage que lui, parce que lui l'était depuis trente ans de tout son cœur, avec la constance inaltérable des amours de long terme, qui sont les plus beaux et les plus rares, et même s'il avait commis une lamentable erreur qu'il regrettait absolument, elle devait lui pardonner.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
mfgaultiermfgaultier   05 novembre 2017
À vrai dire, Tristan n’aimait pas beaucoup la boxe au début et il détestait prendre des coups, ce que sa mère, Louise Rivière, quatrième femme de Marcel, détestait encore plus. Mais elle avait beau hurler, crier, tempêter, Marcel n’en démordait pas : « Quand on a un talent, il faut l’utiliser. Et rien de mieux que le noble art pour un gamin. Mon fils sera boxeur. » Cela, c’était hors de question. S’entraîner, faire des compétitions locales, passe encore pour Tristan, qui n’avait que douze ans lorsqu’il commença de petits combats amateurs où des gamins armés d’un casque et de deux poings se tournaient autour au milieu du ring, mais devenir un vrai boxeur, c’était hors de question. D’ailleurs, même Marcel, qui aimait la provocation, n’y songeait sans doute pas. Les boxeurs au cerveau fêlé étaient un peu trop nombreux dans la galerie personnelle de Marcel pour qu’il y risque son fils. Mais le moyen de savoir ce que Marcel pensait vraiment, en dehors de ses discours communistes et de ses outrances…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Fabrice Humbert (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabrice Humbert
Eden Utopie de Fabrice Humbert .Voir l'Èmission : http://www.web-tv-culture.com/eden-utopie-de-fabrice-humbert-765.html En quelques années, Fabrice Humbert s?est imposé comme l?un des auteurs les plus talentueux de sa génération. Son deuxième roman « L?origine de la violence » paru en 2009 l?avait fait connaitre du grand public. Avec cette histoire d?un homme découvrant par hasard, en visitant un camp de concentration, sa parentèle juive, Fabrice Humbert avait déjà, sous couvert d?écriture romanesque, puisé dans le terreau familial. On ne s?étonnera donc pas qu?après avoir regardé du côté de l?histoire paternelle, il s?aventurât cette fois-ci du côté maternel dans son nouveau roman « Eden Utopie ». Avec son écriture ciselée, pertinente, parfois ample, parfois plus concise en fonction des idées qu?il veut véhiculer, l?auteur de « La fortune de Sila » sait entraîner son lecteur sur les pentes souvent vertigineuses de notre histoire commune et les phrases de Fabrice Humbert claquent souvent comme des rappels à notre mémoire sélective, cette petite lâcheté ordinaire qui se cache en chacun de nous. Dans les thèmes qu?il aborde, Fabrice Humbert implique sans cesse la grande histoire qui, bien souvent, broie les destins ordinaires. Et le lecteur est invité à un devoir de mémoire pour que l?oubli ne soit pas une seconde mort. Dans « Eden Utopie », Fabrice Humbert explore donc avec sensibilité et distance l?histoire et l?héritage des membres de sa famille maternelle, protestante, que l?histoire entrainera vers des chemins opposés. Dans ce récit fictionnel, comme dans ses précédents titres, Fabrice Humbert cherche à comprendre sans juger, les trajectoires de chacun entre doutes, espoirs, enthousiasme et fatalisme. Un livre brillant, qui prouve une fois encore le talent de Fabrice Humbert « Eden Utopie » est publié aux éditions Gallimard et Fabrice Humbert est sur WTC.
+ Lire la suite
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Coupe du monde de rugby : une bd à gagner !

Quel célèbre écrivain a écrit un livre intitulé Rugby Blues ?

Patrick Modiano
Denis Tillinac
Mathias Enard
Philippe Djian

10 questions
830 lecteurs ont répondu
Thèmes : rugby , sport , Coupe du mondeCréer un quiz sur ce livre
. .