AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782246852094
270 pages
Éditeur : Grasset (27/08/2014)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 49 notes)
Résumé :
« La nuit où j’ai rencontré Kat-Epadô, j’étais seule dans une baraque isolée, porte fermée à double tour. Autour de moi, la tempête. À perte de vue, des forêts. »

ZsaZsa, une romancière, quitte Paris pour aller dans les montagnes étudier la langue des oiseaux.

Elle n’imaginait pas que le soir même, allumant l’écran, elle allait rencontrer une étrange Japonaise dont l’écriture la fascine aussitôt par son charme maladroit.

>Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  18 juin 2020
D'abord, sur la couverture, dans l'angle d'un mur blanc, il y a cette chaise vide. Un livre ouvert y est posé dessus crûment éclairé par la lumière du jour.
Et puis, il y a ce titre : « La Survivance », comme une errance, une attirance.
Pour moi, une rencontre comme un hasard. Capté par l'image, captivé par le personnage, j'ai immédiatement succombé au charisme de Claudie Hunzinger.
Ce qui est fascinant chez cette auteure c'est le ressenti quasi immédiat d'une atmosphère brute et malgré tout chaleureuse qui t'enveloppe, c'est bénéficier d'une ambiance intime et bienveillante qui te charme. C'est se laisser bercer de phrases aussi moelleuses que féroces mais toujours bénéfiques qui t'entraîne dans des fractures d'existence propice à la découverte et à l'évasion hors de vies saturées de mondanités.
« La langue des oiseaux » recèle une élégance bucolique étrange et pénétrante.
Je souhaitais faire ce commentaire d'un geai mais « La langue des oiseaux » est bien plus complexe avec à perte d'ouïe ses trilles d'évasion et ses chants de fuite.
Zsa-Zsa s'évade de sa cage citadine pour une cabane dans les bois, en rupture de frivolités. Elle apprivoise un oiseau-fille, Sayo, japonaise aux cheveux ailes de corbeaux, poète multicolore aux mots chaotiques d'une vie désenchantée.
Leur échappée est une fugue fugace, « l'histoire d'une romancière qui cherchait à écrire contre la barbarie de son temps l'histoire d'une proie qui s'y faufilait avec terreur et grâce ».
Joli moment de lecture.
« Quelle est la part du hasard dans une rencontre ? »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          553
fanfanouche24
  07 novembre 2014
Une lecture fortement appréciée… même si je reste frustrée de sa brusque conclusion…. Toutefois il me reste de cette lecture un goût de mystère, de poésie, intenses, des univers très captivants comme la nature, l'ornithologie, la poésie chinoise, le chinois appris à la narratrice par son père… Il est aussi beaucoup question de solitude, solitude dans l'enfance mais aussi solitude de deux femmes adultes…. Qui vont se croiser de façon singulière sur le Net :
« je ne m'étonnais même plus de cette rencontre entre deux filles, par le plus grand des hasards. Je n'ai pas dit entre deux femmes, non, j'ai dit entre deux filles, car il y avait en chacune de nous deux quelque chose d'échappé de l'arène, du sexe, du ring , et de la société. Aucune de nous deux n'avait à ce moment-là d'homme dans sa vie, ni de famille. Encore moins d'enfants. Ni de métier. Loin de tout ça. En cavale toutes les deux. (p.72)

La narratrice que l'on imagine proche de son auteur dans ses questionnements sur la littérature, sur l'écriture, sur les ambivalences et situations sensibles comme celles d' utiliser comme personnages de roman, des personnes dont on est proche…
Il est question des interrogations, doutes multiples du romancier qui fait néanmoins, le plus souvent, « feu de tout bois » !!! Eternel dilemme de l'écrivain…Jusqu'où peut-il aller ?
« Ecrire un roman est un truc très pervers quand on y mêle un ami. Mais était-elle une amie ? Plus que ça. A mon retour à Paris, j'avais cru que j'aurais préféré faire davantage confiance à Sayo, dès le début, ne pas avoir perdu du temps à la suspecter, ne pas l'avoir trahie par mes doutes, et que le malheur n'arrive pas- plutôt que d'écrire ce roman. Je m'entendais déjà parler de la nullité de la littérature au regard de l'amitié perdue, avec des sanglots -- romantiques- contenus au fond de ma voix. Mais plus profonde que les sanglots, quelqu'un à l'oreille fine aurait aussitôt perçu la jouissance -romanesque- du vampire, profitant de la trahison, celle de son ami ou la sienne (cela revient au même), pour écrire un roman.(p.260) «

Je viens d'achever cette « langue des oiseaux »… qui possède une véritable atmosphère, un suspens, une musique particulière, une magie absolue, même si la conclusion de cette histoire m'a laissée franchement sur ma faim !!!
J'ai lu, à sa parution, avec infiniment de plaisir son « autofiction »… : « La Survivance »… où on retrouve de nombreux éléments de la vie, et du parcours de son auteur…dont l'amour de l'écriture et des livres…Eléments qui sont déclinés ici… sur un nouveau registre...
Je ne vais pas digresser sur l'histoire en elle-même, ce qui a déjà été fait par ailleurs, avec beaucoup de précision…et qui enlèverait beaucoup de l'univers insolite, original de ces deux femmes, qui vont apprendre à « s'approcher » par le Net : l'une s'est isolée dans une maison de montagne, pour débuter un nouveau roman, de l'autre, une jeune japonaise, dans une situation difficile pour survivre en France, rédige des annonces poétiques et fantaisistes pour vendre sur e-bay ses vêtements…
Et , cerise sur le gâteau !...ma curiosité a été émoustillée par Claudie Hunzinger pour aller admirer au Musée Cernuschi , à Paris, le tableau du peintre chinois, Zhao Zhiqian, intitulé de façon très mystérieuse , « La falaise aux livres empilés »…
Malgré une légère déception quant à la fin de ce roman, j'ai passé un très beau moment, entre de magnifiques descriptions de la nature, des oiseaux, de la montagne…et cette histoire d'une » amitié » fugace, déroutante mais intense, avec au centre du récit « le travail du romancier » qui prolonge , sublime les instants, les rencontres d'existences anonymes mais singulières comme la voisine de la narratrice, Marguerite, paysanne âgée, vivant seule ,éprouvée par l'existence, incomprise des autres, car vivant trop en symbiose avec ses bêtes ; Marguerite fait figure d'originale, car cette femme qui , à 83 ans, s'est toujours battue, s' effondre subitement à la perte de son cheval, âgé de 28 ans. Un compagnon, à l'égal d'un parent…. Amour des êtres vivants, Humains comme animaux, de la nature….et des hommages nombreux à toutes les manifestations de la Vie….

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Croquignolle
  15 août 2020
La langue des oiseaux est l'histoire d'une rencontre.
Je pourrais presque m'arrêter là tant cette phrase dit l'évidence.
Rencontre de deux femmes, l'une en quête d'inspiration, l'autre en quête de sécurité.
Rencontre de deux univers, l'un qui invite à la solitude, l'autre qui souhaite la briser.
Rencontre de deux continents, l'un à la poésie toute asiatique, l'autre à la réflexion toute européenne.
Rencontre de deux âmes en recherche, que tout sépare et que tout attire.
Rencontre d'une lectrice avec Claudie Hunzinger, une première pour moi, un émerveillement.
Ma lecture n'a pas été de tout repos car je n'ai pas été initiée à la langue des oiseaux avant d'ouvrir ce livre. Mais j'ai aimé ce roman. En profondeur. J'ai osé plonger dans la solitude des bois aux côtés de ZsaZsa. J'ai osé vivre la magie des liens virtuels avec Kat-Epadô, de jour, de nuit. J'ai osé goûter à l'envie de rendre cette rencontre vivante.
La fin de cette histoire inédite m'a bousculée, dérangée. Je n'ai pas tout compris et je n'aime pas ça. J'ai perdu pied sur la fin. Je suis tombée de la branche. Mais je ne me suis pas cassée d'aile. Je reprendrai mon envol pour un prochain roman de Claudie Hunzinger très bientôt. J'en suis sûre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          381
Amorina
  27 janvier 2015
Voici une lecture qui m'a laissé un sentiment bien singulier ! de cette immersion dans une vie soudainement éloignée de tout, je retiens des images, des mots, des couleurs, comme autant de pierres précieuses : le vert des arbres, le chant délicat des oiseaux, la poésie des vêtements aux odeurs du passé, la magie des secrets, l'ombre, la neige, l'emprise et la solitude.
Car qu'est ce roman sinon l'histoire de deux solitudes, de deux âmes qui se cherchent elles-mêmes, qui se dévoilent et se cachent l'une à l'autre au travers des mots ?
C'est l'idée d'une rencontre, d'un coup de foudre presque, né de quelques phrases empreintes d'une mystérieuse nostalgie. L'inattendu de ces petites annonces, poèmes déchirants égarés sur le web, ceux de Kat-Epadô, qui donnent de la vie aux choses, à ces vêtements emplis de secrets et de souvenirs. Et les bois, la montagne sauvage, servent de cadre à cette subite amitié, virtuelle et pourtant réelle, où deux femmes semblent se fasciner l'une l'autre.
Plus loin que l'histoire, c'est la beauté des images qui fait de ce roman un objet rare. Comparer la langue chinoise au chant des oiseaux, faire naitre le mystère et l'insaisissable, jusqu'à la rencontre de ces deux femmes et l'apparition de Kat-Epadô, véritable bijou noir et merveille d'étrangeté. Et cette aura presque inquiétante, qui plane encore une fois la dernière page tournée.
Une oeuvre très poétique, indéfinissable. Un coup de coeur.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
jostein
  23 septembre 2014
ZsaZsa a 43 ans et elle fuit la ville, la reconnaissance pour un premier roman édité, l'amour de Thomas pour vivre en solitaire dans la forêt plusieurs mois. Là, elle retrouve la solitude, "cadeau" de parents qui ne se sont pas beaucoup occupés d'elle dans sa jeunesse et les deux passions de son père, la traduction chinoise et l'ornithologie.
Toutefois, une rencontre tout d'abord virtuelle puis physique va bouleverser sa quiétude. Son attention est attirée par des annonces Ebay de vente de vêtements de la célèbre marque japonaise "Comme des garçons" écrites par une mystérieuse magicienne des mots.
" Comme des garçons Blouson noir
Il est en laine noire pour le torse très menu
En velours de coton noir pour les épaules matelassées, incroyablement larges et comme musclées. Il renverse l'ordre ordinaire des choses: une femme adorable en homme costaud (^^!)
Grâce à lui, j'ai fait fuir des molosses.
Peur de rien.
Il se ferme d'un zip."Après l'achat de ce blouson, ZsaZsa ne cesse de surveiller les nouvelles annonces et entre en contact virtuel avec Kat-Epadô ( première personne du verbe ensorceler), pseudonyme de Sayo ( un pseudonyme "vous camoufle et en même temps vous révèle.") .
Claudie Hunzinger construit ainsi deux romans imbriqués. La retraite solitaire ou presque, puisque ZsaZsa rencontre tout de même la vieille et attachante fermière Marguerite, donne naissance au roman sur Sayo, personnage vivant qui trouble son auteur. le roman se construit ainsi au fil de notre lecture.
ZsaZsa, figure proche de l'auteur, et Sayo ont la même magie et le même jaillissement des mots. Une langue des oiseaux que l'une met au service de la nature et l'autre à la description de ses vêtements ou dans son rire de corbeau. ZsaZsa se sent liée avec quelque chose de plus profond que l'affection à cette jeune femme "exilée, corps et langue, et sous menace d'expulsion."
"Sayo était pour moi cette part d'innocence qui résiste en tout lieu, malgré les horreurs, et qu'il fallait aider à ne pas se faire prendre. Aider à se faire entendre."
Au delà de cette rencontre ambigüe, Claudie Hunzinger excelle à nous faire découvrir la beauté de la nature, la vertu et la complexité du roman.
En citant le tableau de Zhao Zhiqian, La falaise aux livres empilés, Claudie Hunzinger image son roman comme un mélange de beauté naturelle et de composition littéraire sous un imaginaire chinois.
Voici une fois de plus, un livre de cette rentrée littéraire qui permet agréablement de sortir des sentiers battus sous la riche plume d'une auteure discrète et talentueuse, maître dans la description d'une nature qu'elle aime tant et des gens inattendus, fragiles et auréolés de grâce.
Lien : http://surlaroutedejostein.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142

Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   07 novembre 2014
Je m'étais dit, cette nouvelle année qui vient, essaie simplement de capturer ces moments de surprise où la vie, -la vie exactement-, il ne s'agit que d'elle, où la vie surgit sous tes yeux comme une surprise que tu surprends, et je revois ce bosquet de roses de Noël, elles conversaient à cinq ou six dans leur feuillage découpé, vert sombre d'ellébore, larges, pâles et éblouies, en bordure de la baraque, je m'apprêtais à en cueillir une, elles ont sursauté, et j'ai fait semblant de ne pas les avoir vues, et j'ai seulement ramassé une poignée de neige. (p.104)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
fanfanouche24fanfanouche24   28 octobre 2014
Sayo croyait que c'était moi qui possédais cette langue tellement désirée, parce que je la maniais mieux qu'elle. Moi, je savais que c'était elle qui s'en approchait le plus parce qu'elle la saisissait par éclats seulement et de façon plus inventive. Plus enfantine. J'enviais en effet ses brisures, comme si la langue était d'abord ce qui se cache sous les mots, entre les mots (...) (p.85)
Commenter  J’apprécie          240
fanfanouche24fanfanouche24   28 septembre 2014
Un clin d'oeil à Piatka !....

"Une fois le feu lancé, entre deux rafales de neige, je suis sortie chercher Emily Dickinson laissée dans la voiture. Je l'ai transportée à l'intérieur de la baraque. Je l'ai déposée sur le plancher. Poèmes et Lettres, leurs différentes traductions en regard du texte original, ont alors formé un petit tas, une présence. (...)
Et j'avais du mal, à vrai dire un vague à l'âme insurmontable, à me retrouver en pleine forêt dans la seule compagnie d'un ange américain du XIX e siècle, qui sur la couverture des deux Corti, l'un sépia, l'autre gris, comme dédoublé, ne me regardait pas. (p.18)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          141
fanfanouche24fanfanouche24   30 octobre 2014
Noter sur le vif, rêver, noter ses rêves, tendre l'oreille, observer, structurer, imaginer, tailler, aiguiser, c'était mon boulot de romancière. Sayo,ele, avait reçu un immense cadeau de naissance, sans les outils pour les façonner. Elle fabriquait de toutes petites choses, d'instinct. Seule. Lui avait manqué la lecture. J'écrirai pour elle, voilà ce que je m'étais dit. (p.135)
Commenter  J’apprécie          230
fanfanouche24fanfanouche24   04 novembre 2014
(....) sur ma table une carte postale du -Cauchemar- d'Heinrich Füssli (...)
Ce monstre tassé, grimaçant, affreux, à l'écoute, est pour moi la figure du romancier, celui qui se nourrit de la vie des autres, de leur innocence ou de leurs crimes, qu'importe, pourvu qu'il capte la frêle palpitation d'un être humain. (p.166)
Commenter  J’apprécie          260

Videos de Claudie Hunzinger (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudie Hunzinger
Claudie Hunzinger est lauréate du Prix Décembre pour son dernier roman, "Les grands cerfs" (Grasset, 2019), "le roman de notre époque", où elle fait résonner ce qu'elle nomme "la bigarrure du monde".
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 19 novembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Noms de famille et la nature

Noms; trois ont pour origine le bois, mais un quatrième est l'intrus, lequel?

Dubreuil
Bosh
Combescure♧
Wood

10 questions
97 lecteurs ont répondu
Thèmes : Noms de personnes , nature , montagnes , métier d'autrefois , animauxCréer un quiz sur ce livre

.. ..