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ISBN : 2246821371
Éditeur : Grasset (04/09/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs qui lui sont restés invisibles et mystérieux jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affût et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie à la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grêle, avec pour équipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa pe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  05 septembre 2019
Un grand bol d'air pur, de nature et d'espaces de liberté...J'ai fait la connaissance de cette auteure avec une autofiction, qui m'avait enthousiasmée, il y a quelques années. Je voulais nommer "La Survivance"... pour poursuivre avec autant de plaisir avec "La Langue des oiseaux"...Et voici le troisième écrit de cette écrivaine que je débute avec entrain !...
"Dans mon sac, il n'y avait pas seulement Lucrèce. Les albums du Père Castor aussi. Je les avais tous gardés et emportés là-haut. -Froux, le Lièvre, Panache, L'Ecureuil. Et il y avait Francis Ponge. Et c'était comme si j'avais pris avec moi beaucoup mieux que des jumelles, dont d'ailleurs je me suis longtemps passée, comme si j'avais pris avec moi de quoi scruter La nature des choses et la fabrique du pré. Ils faisaient la paire, Lucrèce et Ponge pour illuminer l'intérieur de notre maison pourrie d'humidité, une vraie caverne "(...)(p. 29)
Un roman, toujours plus autofiction que fiction pure, car Claudie Hunsinger y met beaucoup de sa propre vie, entre cette vie à l'écart dans la montagne , librement choisie il y plusieurs décennies, le goût de la nature et la passion de l'écriture. Dans ce texte, après les avoir ignorés, elle se met à s'intéresser aux cerfs qui vivent dans leur coin reculé... depuis toujours. Elle rencontre Léo, un jeune photographe, fasciné par ces animaux, qui il va lui apprendre à les comprendre... à savoir devenir invisible, à l'affût... dans l'attente et le silence... Une sorte de fable dans le réel... qui induit aussi moult réflexions, constats sur les questions de protection de notre planète, sur notre monde actuel, fort mal en point...
Un monde où les compromis s'accumulent...et où, en dépit de nos volontés , de nos convictions profondes, on se retrouve un jour ou l'autre les mains salies...ou par si nettes que l'on aimerait croire ! Un très beau texte où la nature est au premier plan, son souci qu'on la préserve... sans omettre les mots amoureux, admiratifs de la narratrice pour son mari,Nils, l'homme qu'elle aime, anticonformiste et complice de
toujours... !
"Alors, comment fait-on quand on veut écrire le roman du réel , aujourd'hui ? Quand on veut l'aborder frontalement ? Comment parler du monde et de ce que l'écrivain y a découvert et qui le ronge, puisque c'est le monde d'aujourd'hui qui le passionne, qu'il veut connaître et faire savoir ? Ce monde qu'on hallucine, les yeux grands ouverts.
Oui, comment fait-on ?
En passant outre.
Et en recomposant le réel pour qu'il ait la force de la fiction qu'il est. Même si la fiction reste indéchiffrable. Même si on n'a rien résolu. Même si quand on ouvre la main, on voit ses doigts touchés d'un sang qu'on n'arrive pas à essuyer en le frottant avec la manche de son pull. Même si on en éprouve un étrange effroi. "(p. 186)
J'aime très fort les textes de Claudie Hunzinger, remplis de poésie, d'amour pour Dame Nature, passionnée de belles choses, ainsi que de son travail d' ECRITURE... A tout cela, une admiration et une reconnaissance sans bornes pour le mari, compagnon "complémentaire" , complice toujours présent...et bienveillant !
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cathulu
  27 août 2019
"Un tonnerre de beauté", telle est la première métaphore pour désigner l'un de ces êtres magnifiques qui donnent son titre au nouveau roman de Claudie Hunziger. Cette apparition nocturne, dans la lumière des phares le 29 octobre 2017 va déclencher une nouvelle étape d'un processus né de la rencontre avec un photographe animalier se consacrant uniquement aux cerfs, Léo.
Ce dernier a demandé à la narratrice -qui ressemble fortement à l'autrice-,des années auparavant, l'autorisation d'installer un affût sur un terrain des Hautes-Huttes, nouvelle appellation à ce lieu retiré ,parfois appelé Bambois dans d'autres textes de Hunziger. A commencé alors une amitié en pointillés, Léo toujours sur la réserve, pendant laquelle le photographe a distillé ses connaissances sur les différents cerfs de ce coin des Vosges.
La narratrice , fascinée par la beauté des cervidés, prend aussi conscience des enjeux économiques qu'ils représentent pour des intérêts contradictoires: ceux des chasseurs et ceux de l'Office National des Forêts. Intérêts contradictoires mais ayant quand même pou runique résultat la destruction des cerfs.
Ce roman est une splendeur, par la langue, à la fois ultra précise concernant le vocabulaire spécifique lié aux cerfs, que poétique. C'est à un véritable bain de nature que nous convie Claudie Hunziger, bain alarmiste toutefois car l'autrice tire aussi la sonnette d'alarme sur la disparition des espèces animales et végétales, qu'elle a pu elle-même constater en une dizaine d'années.
Un roman qui file sur l'étagère des indispensables.
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nath45
  30 août 2019
Pamina vit avec son compagnon Nils au milieu de la forêt, entourés par un clan de cerfs, elle ne résiste pas à l'envie de tout connaître de ces cervidés, elle va être aidée avec la rencontre de Léo, photographe animalier, lui aussi passionné depuis de nombreuses années.
Si j'ai été passionnée par cet immersion au milieu de la forêt, par la beauté des cerfs, l'envie de participer aux affûts, j'ai aussi apprécié de partager la vie de Pamina, qui est certainement le double de Claudie Hunzinger.
Le lecteur apprends ou prends conscience des enjeux politiques, économiques de l'abattage des cerfs sous le contrôle de l'ONF, des chasseurs, de leur trophées.
C'est un magnifique roman poétique, un questionnement de l'Homme sur les animaux, la nature.
Claudie Hunzinger fait partie de ces écrivains dont je guette les parutions avec bonheur.
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mallaurylit
  13 septembre 2019
Chère Claudie,
.
Je suis pour que l'on fasse l'éloge de la contemplation. Et par là, je veux dire, prendre le temps d'observer, de regarder longuement ce qui est autour de soi, s'imprégner du moment, de l'ambiance et être juste attentive, simple spectatrice, de cette vie qui tourne, s'anime, s'écoute et cohabite si près qu'on finit par ne plus y faire attention, la regardant de plus en plus loin.
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Ton livre, c'est tout cela, une ouverture sur un monde, celui de l'animal qui devient étranger chez lui, exclu de son propre environnement, managé par l'homme alors qu'il a son univers, ses codes, ses règles, son clan, sa famille. Je suis partie à l'affût avec toi, j'ai respiré calmement, je suis restée silencieuse, discrète pour profiter de cette immersion dans la nature. J'ai laissé les cerfs s'approcher, j'ai voulu respecter leur territoire, j'ai tenté de me fondre dans les bois, j'ai enfilé ma tenue de camouflage jusqu'à devenir invisible pour mieux voir.
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J'ai marché sur la trace de tes mots, je me suis emportée et comme toi j'ai été bouleversée. A ton rythme, j'ai vécu les angoisses, l'émerveillement face à l'animal, puissant dans toute sa magnificence, une prestance inégalée alors qu'il se tient droit devant toi. Comme toi, horrifiée par l'homme, par sa démesure, sa toute-puissance, j'ai souffert de la trahison et ressenti le danger, là, qui guette, tapi dans l'ombre, dans l'obscurité de ces bois touffus, assombris par les desseins de l'homme.
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Ton roman, magnifiquement écrit, tel un thriller en milieu naturel, m'a transportée dans un monde que je ne soupçonnais pas, que j'ai contemplé avec fascination, effarement, et qui lorsque la dernière page s'est refermée, résonnait encore en moi, le bruit des sabots essayant toujours de briser le silence.
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Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Medulla
  04 septembre 2019
Pamina découvre au contact de Léo, photographe animalier, le plaisir de l'observation des grands cerfs, leur rite et leur rythme. Écrivaine, elle vit au milieu des Vosges en parfaite autonomie avec son conjoint Nils au milieu de piles de livres de poésie. Son obsession pour ces grands animaux grignote peu à peu sa vie quotidienne et la renvoie à ses propres paradoxes.
Que j'aime me promener en forêt avec Claudie Hunzinger, sa sensibilité, son regard et l'émerveillement constant qu'elle pose sur la nature. Oiseaux, grands cerfs, brume, feuillage, odeur de mousse, silence de la maison et les piles de livres de poésie... ce roman est un ode à la décroissance, à la simplicité, à la beauté et en même temps un constat amer de tout ce qui est entrain lentement de mourir, de s'éteindre et de disparaitre.
Un seul bémol à l'adresse des éditions Grasset. J'ai trouvé, sans les chercher, trois énormes fautes de frappe. Ce qui est beaucoup trop pour un petit roman.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   05 septembre 2019
Le clan se cachait. Il n'aimait pas se faire voir en plein travail de transformation et semblait avoir disparu.
Les cerfs font leur nouvelle ramure sur leur os. Ils produisent de l'os de février à juillet, si bien que leur squelette devient vulnérable. Ils le savent. Ils ont une extraordinaire perception de leur ramure. Ils la connaissent par coeur. On peut alors les voir marcher avec précaution, entre les troncs des arbres, comme s'ils portaient un trésor sur la tête, et ça leur donne l'allure altière de princes à la Cour du roi. (p. 120)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 septembre 2019
Sans me sentir compromis, cette histoire est une histoire de compromis. Tout ne se résume pas à tirer un animal, à vendre la viande et à garder un trophée. Une fois les a priori mis de côté, il s'avère que le chasseur et le photographe et le naturaliste ont beaucoup de sujets qui les rassemblent. On reste des passionnés de nature et de grande faune, on connaît la notion d'écosystème, on souhaite tous avoir de grands et vieux cerfs sur le territoire, on lutte tous (pas forcément avec les mêmes moyens) contre les décisions absurdes des gestionnaires forestiers qui vont à l'encontre des impératifs de l'espèce. (p; 184)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 septembre 2019
(...) ne pas m'en faire si je rapportais rien, le processus l'emportait sur le résultat, car ce rituel, je le devinais, n'était pas tant fait pour contempler un cerf que pour m'extraire avant tout de moi-même. C'était ça, le but. Le but et le délice. Le délice de ne pas me sentir assignée à résidence dans le genre humain, mais de m'en affranchir pour m'élargir, m'augmenter dans une sorte de bond vers la nuit. (p. 61)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 septembre 2019
Nils aussi avait peur. Peur pour moi. (...)
Tout le temps où j'ai couru les cerfs, Nils, dans l'ombre, veillait. Plus que jamais, il épiait mes départs, il guettait mes retours. (...)
Cependant, quelque chose en plus du danger le mettait mal à l'aise. Tout simplement, ce n'était pas son truc, les grands cerfs, les chefs, la hiérarchie. Pas du tout. Nils est un doux, un rêveur, un berger dont j'étais la brebis préférée. (p. 62)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 septembre 2019
Et pourtant, Nils était resté, malgré son expérience de la guerre, un innocent, mais un innocent qui savait. Comment est-ce possible ? Je l'ignore. (p. 60)
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Videos de Claudie Hunzinger (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudie Hunzinger
Si vous deviez résumer votre nouveau livre en dix secondes... Si vous pouviez changer une chose chez vous et dans le monde... Si vous n'étiez pas écrivain... Si vous pouviez écrire le livre idéal... Si vous aviez un super pouvoir... Si vous ne deviez garder qu'un seul livre... Avec des "si" on mettrait certes Paris en bouteille mais on dresse aussi un portrait touchant et habité de nos auteurs et autrices de la rentrée littéraire. Ici, Claudie Hunzinger, qui publie chez Grasset le 28 août "Les grands cerfs". . En savoir plus sur "Les grands cerfs" : https://www.hachette.fr/livre/les-grands-cerfs-9782246821373
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