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ISBN : 2283023858
Éditeur : Buchet-Chastel (20/08/2009)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« C’est pas la première fois que je vois ma mère pleurer, elle pleure quand elle veut, elle a des facilités. J’ai pas envie d’aller vers elle, un truc bizarre vient de se produire, elle est devenue comme moi, un enfant, elle n’est pas comme je croyais jusqu’à maintenant, elle n’est pas une grande personne. Le monde entier n’est plus pareil, tout vient de s’écrouler. Je me dis que j’ai que dix ans, que dix ans ! »

Durant l’occupation allemande, les 16 ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nanne
  24 novembre 2009
En cet été 1942, David Duval se pose de nombreuses questions, sur la vie en général et la sexualité en particulier, du haut de ses dix ans. Sa mère, Veuve Yourguevitch a eu la main heureuse en se remariant avec M. Albert Duval. Il faut dire que le précédent - Isaac Yourguevitch - était un fainéant venu de sa Pologne natale pour porter des sacs de ciment. Mais personne, dans le voisinage n'était vraiment dupe. Il était simple manoeuvre sur les chantiers. Avec M. Duval, Madame Veuve Yourguevitch devenait française. Et David avec elle, puisqu'il l'avait adopté. Cela les protègerait pour l'avenir qui s'avérait incertain en ces temps troublés. Pour se rassurer définitivement, Madame Duval avait fait baptiser son fils. D'un coup, il devenait français et catholique et donc protégé en cas de malheur. de quoi ne plus être inquiet par ces temps aléatoires. Pour éviter que David ne finisse comme Isaac, porteur de sacs et coureur de jupons, il a promis à sa mère de devenir ingénieur plus tard. David a un camarade de jeu, Yacov, qui est gras, sale comme un peigne et Juif comme David, avant d'être reconnu par ce M. Duval. Comme tous les enfants de son âge, le petit David s'interroge sur sa religion qui a changé avec sa nouvelle nationalité, sur sa circoncision qui ne peut pas repousser et qui risque de lui poser des problèmes avec les filles plus tard. Les filles, justement, il ne sait même pas les différencier. Il confond les goys et les juives. Pour lui, elles se ressemblent toutes. Même celles qu'il a vu nues, comme Madame Lafayette - sa voisine. Il est incapable de distinguer leur religion. D'ailleurs, David et sa mère ne sont plus Juifs, puisqu'ils ne portent pas l'étoile jaune obligatoire. Il est différent de son copain Yacov et de ses frères et soeurs ou de la vieille Madame Souslovska à qui l'on a imposé ce signe distinctif. Il n'y a que Yacov qui soit réellement fier d'arborer cette étoile qui le distingue des autres camarades d'école. David a bien demandé à sa mère s'il ne pourrait pas avoir la même, mais elle lui a martelé qu'ils étaient français et n'avaient plus rien à voir avec les Juifs. Ce n'est pas ce que pense la police française. Un bruit court depuis quelques jours que des rafles concernant les Juifs se prépareraient dans le plus grand secret partout en France.Dorénavant, pour protéger son fils contre une rafle, Mme Veuve Duval enverra David dormir chez Fêtnat, sénégalais et musulman. Là, il sera protégé. David ne comprend rien aux angoisses des adultes. Devoir se cacher, dormir chez un voisin, être silencieux, ne pas répondre si l'on frappe à la porte, ne pas aller jouer au foot avec les copains, tout cela est difficile à vivre pour un enfant aussi jeune et avide de vivre. Et puis, du jour au lendemain, David se retrouve seul, sans son ami Yacov, sans sa mère disparue, sans Fêtnat, sans Chopinette, sans plus personne. Il comprend que les adultes lui ont menti. Pour oublier son chagrin, exorciser ses peurs et chasser les craintes liées à la sordide réalité qui s'offre à lui, David s'inventera un monde fait de méchants punis par des héros dont il fait partie.
"L'été chagrin" de Henri Husetowski se déroule sur trois semaines, avant, pendant et après les 16 et 17 juillet 1942, dates de la sinistre rafle du Vél d'Hiv à Paris. L'auteur retrace les derniers jours de cet enfant vif, intelligent, sensible et attachant. Menteur et hâbleur comme le sont tous les petits de dix ans, David Duval-Yourguevitch raconte son quotidien avec ses mots et sa vision d'enfant par la plume légère, simple et ingénue de Henry Husetowski. Dans son quartier d'une ville de province jamais nommée, David nous présente ses voisins, personnages pittoresques, picaresques et hauts en couleurs, d'une rue peuplée de petites gens qui survivent grâce à leurs boutiques et aux petits métiers de l'époque. Dans l'entourage de David, il y a surtout la mère, juive jusqu'au bout des ongles, qui idolâtre son fils, ne lui trouve que des qualités malgré ses mensonges éhontés, le surprotège au point de l'étouffer. La vieille Madame Souslovska qui refusera de porter l'étoile et préférera en finir avec la vie plutôt que de se soumettre. Et puis Chopinette, la clocharde du quartier qui vit de la charité locale et fait de la résistance à sa façon. Enfin, Régala l'épicier que David et Yacov soupçonnent d'antisémitisme. le Père Noisiel, qui a baptisé David et lui viendra en aide au pire moment. Dans ce monde d'adulte où l'innocence est dédaignée, piétinée, anéantie, David se sent perdu. Son comportement envers les autres s'en trouve irrémédiablement modifié, transformé. Ce qu'il a vu et vécu en quelques semaines le perturbera au point de le faire sombrer dans une folie délirante où tout le monde devient l'ennemi à combattre. Il ne comprend pas l'abandon brutal de sa mère si proche, la disparition étrange de Yacov, dont il avait parfois honte, mais qu'il aimait quand même bien. Il ne sait pas pourquoi la rue Jeanne d'Arc s'est soudain vidée de la plupart de ses habitants. David devrait tout quitter, fuir, laisser derrière lui sa vie à peine commencée, ses souvenirs et son passé effleuré. "L'été chagrin" nous parle de ces enfants à qui des adultes ont arraché leur naïveté pour les plonger dans le chaos et la violence d'une situation qui les dépassait. Ces enfants se sont non seulement retrouvés orphelins de leurs parents, mais aussi de leur propre histoire. Dans tous les cas, "L'été chagrin" de Henri Husetowski ne laissera pas indifférent ceux qui liront ce roman tiré d'une histoire vraie et les marquera longtemps.
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Lau
  15 janvier 2010
L'été chagrin de Henri Husetowski c'est l'été d'un jeune garçon, David Duval, juif baptisé à l'église catholique, qui voit son monde s'effondrer en une nuit alors que les voitures noires et les camions débarquent pour emmener tous les juifs de son quartier. David perd sa mère, ses amis, ses repères, ses croyances aussi. Tout ce qu'il croyait juste est faux. Tout ce que les adultes lui ont dit comme étant de vérités est un mensonge. David échappe à la rafle du Vél d'Hiv et commence pour lui une nouvelle vie. Il sera pris en charge par l'abbé qui le fera quitter la ville avec un autre garçon qui lui ressemble, lui fils de résistant. David a peur, il s'invente des histoires, a des accès de folie parfois où ses rêves sont pour lui réalité. David est seul, il a besoin d'une mère, il a besoin de se reconstruire. L'été 1942, sera tragique pour David.
Henri Husetowski nous livre un premier roman poignant et troublant. Il n'est pas le premier à utiliser la thématique de la rafle des juifs durant la Guerre et des enfants cachés pour écrire un roman mais il l'aborde d'une manière nouvelle : que peut produire cet événement traumatisant chez un enfant qui pensait être à l'abri et qui ne comprend pas ce qui arrive, les séquelles du mensonge, de la perte, de l'inhumanité. le tout écrit dans une langue correspondant parfaitement à celle d'un enfant de dix ans. le narrateur c'est David. le lecteur vit avec lui les événements et les émotions. le lecteur devient presque David.
Mais ce roman, ou plutôt le narrateur m'a énervée. David est un jeune garçon un peu imbu de sa personne et qui aime raconter des mensonges pour se mettre en valeur (notamment d'un point de vue sexuel). Ce côté de sa personnalité est sûrement dû à sa mère qui lui rappelle toujours qu'il est beau, qu'il est intelligent et qu'il doit devenir ingénieur. Mais je n'aime pas trop ce genre de comportement. Ensuite, David vit ces événements traumatisants qui lui font quelque peu perdre la tête et le sens de la réalité. Sa folie l'entraîne souvent à se mettre lui-même en danger mais aussi ceux qui sont là pour l'aider. Il devient méchant, agressif, violent. Il ne fait confiance à plus personne. Il devient insupportable. Tout en comprenant cette douleur, cette violence qui lui a été faite et qu'il refoule, je n'apprécie pas ce jeune garçon.
L'été chagrin est un roman qui pose la question du traumatisme de l'identité et de la réalité d'un monde de brute. C'est un roman qui évoque une période souvent racontée mais qui le fait d'une manière singulière.
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calypso
  12 décembre 2009
Avec L'été chagrin, nous suivons quelques jours de la vie du jeune David à Paris, durant cette période tristement connue de tous, celle de la seconde guerre mondiale. Une petite recherche rapide m'a permis de situer plus précisément le moment de l'action. Les quelques jours de juillet évoqués, et plus particulièrement les 16 et 17 juillet, ont été le théâtre d'événements dramatiques : la plus importante rafle de Juifs en France (celle du vélodrome d'hiver de Paris) et la déportation vers Auschwitz. C'est incontestablement la période qui m'a poussée à sélectionner ce roman lors de l'opération Masse critique lancée il y a quelques semaines sur Babelio. Et j'ajouterai également que la couverture ne m'a pas laissée insensible…
Bon, passons aux choses sérieuses : mon avis. Si j'ai apprécié au début du roman le récit à la première personne, je dois dire que je m'en suis très vite lassée. J'ai parcouru très rapidement quelques articles d'autres bloggeuses, et je pense que nous avons été gênées par la même chose : le langage de cet enfant de 10 ans, parfois vulgaire (certains passages m'ont particulièrement déplu : « En plus elle pue, elle me débecte vraiment c'est une ogresse bouffeuse d'enfants sans défense. Je voudrais la tuer, lui couper les nichons en tranches et lui balancer le fauteuil dans la poire »), et particulièrement porté sur la chose… Comme tout est vu à travers son regard, nous ne savons que peu de choses des événements. La première partie du roman sert surtout à mettre en place les personnages : David bien sûr, ce petit juif dont le père est mort et dont la mère s'est remariée avec un Français du nom d'Albert Duval, Chopinette, la « clocharde officielle du quartier », Yacov, meilleur copain de David… La seconde partie débute lors du départ de la mère de David et des parents de Yacov : les enfants sont alors confiés à un voisin du quartier, un sénégalais, Fêtnat, jusqu'à ce que les choses deviennent trop dangereuses et que les enfants soient confiés à Mme Lafayette, une autre habitante du quartier, une « aimeuse » comme ne cesse de nous le rappeler notre héros. Et puis, les choses se compliquent car la fiction ne cesse de se mêler à la réalité et David se prend à s'imaginer résistant engagé, si bien que nous savons plus vraiment démêler le vrai du faux, ce qui m'a particulièrement gênée.
J'ai donc eu un peu de mal à atteindre le bout de ce roman qui n'est pourtant pas bien épais (250 pages environ). A vrai dire, je l'ai lu sans vraiment d'intérêt, ou plutôt avec de moins en moins d'intérêt. Je me suis ennuyée. Un petit plus tout de même : les dernières pages qui, sous forme épistolaire, tentent d'apporter quelques réponses à nos questions au sujet du dénouement plutôt étrange (et quand même touchant) du roman.

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Aproposdelivres
  18 novembre 2009
lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio
David a bientôt 11 ans, il nous raconte, avec ses mots d'enfant de 11 ans et malgré tout de l'humour, 3 semaines de cette été 1942. Il vit à Paris dans un quartier juif et en juillet 1942 c'est la rafle du Vél d'Hiv. Sa mère est d'origine juive polonaise et s'est remariée avec Monsieur Duval, David a été baptisé. Elle n'arrête pas de lui affirmer qu'ils sont maintenant devenus tous les deux de vrais français. Et pourtant, il doit faire attention, certaines nuits sa mère même l'envoie dormir chez un voisin. C'est perturbant pour ce jeune garçon, qui se réfugie dans son imagination en inventant son propre monde où il est un grand résistant qui mène le combat et qui tue les allemands et les collabos qui viennent faire du mal à ses voisins et son copain Yacov, cela lui fait faire des bêtises qui vont le mettre en danger ainsi que les autres. Il échappera aux rafles et grâce au Père Noisiel et Madame Lafayette il va être envoyé à la campagne dans les Deux-Sèvres. On lui donnera un nouveau nom Daniel Renard. David est très touchant dans sa fragilité tantôt ange, tantôt petit diable. le choc des évènements a réveillé en lui des peurs qui le hantent. Il se sent seul, il ne sait plus si il est ou n'est pas juif... La conclusion est constituée de lettres qui nous éclairent sur la fin de l'histoire.
Un très bon roman sur la guerre qui a été inspiré par des faits réels.
Merci aux éditions Buchet * Chastel de m'avoir envoyée ce livre.

Lien : http://aproposdelivres.canal..
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SD49
  23 novembre 2009
J'aime moyennement ce livre car le narrateur est David qui a dix ans et il s'exprime d'une façon vraiment très enfantine, cela me gêne à la lecture. Je crois que je ne suis plus assez jeune (ou trop vieille ?.....) pour ce genre de ton.
Plusieurs passages m'ont vraiment fait sourire :
"Mr Regala est si vieux que j'ai du mal à croire qu'il soit encore vivant"
"Lui, ça se voit tout de suite qu'il est pas d'ici. Etre noir comme ça, ça peut pas se cacher."
"Elle m' a ouvert la porte... A poil jusqu'aux cheveux qu'elle était ...."
Sa façon de raconter les choses est assez drôle, mais il est quand même drôlement obsédé par son "zizi" pour son âge.
Dans la deuxième moitié du livre, il fait preuve d'une imagination fertile et délirante par rapport aux évènements, il se voit comme un super héros, un super résistant, comme peut l'être un petit garçon de dix ans, dans ses rêves ou dans sa vie, enfin bref dans son monde. Mais au bout d'un moment cela m'a énervée j'aurai juste voulu savoir ce qui se passait tout simplement.
Du coup, je n'ai pas réussi à être vraiment émue par ce petit garçon, ni prise par l'histoire.
Mon impression globale est donc moyenne.

Lien : http://pages.de.lecture.de.s..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   18 novembre 2009
Le menuisier ébéniste, c’est Antonio Villafranca, il est arrivé en France en 1937 et s’est installé ici. Maman m’a dit qu’il a dû partir de l’Espagne parce qu’il ne s’entendait pas avec un certain Franco. Ce Franco, c'est un gars qu'a fait du mal à beaucoup de gens et qui n'aime personne, même pas les enfants, plein sont morts à cause de lui.
Là, j'ai pas cru maman, parce que quand on est un enfant on meurt pas, c'est évident. Alors je lui ai dit que c'est pas vrai et elle m'a répondu que c'est pas parce que je suis le plus intelligent de la France que j'ai toujours raison.
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NanneNanne   24 novembre 2009
A la fin, il me dit que c'est à cause de la police qui est venue tout à l'heure, je luis réponds que je suis au courant, ma mère m'en a parlé. Alors, il se décide : le bruit court qu'on veut prendre les juifs et les emmener en Allemagne, et à Drancy d'abord. Drancy, c'est à côté de Paris, un endroit où on met tout le monde pour partir en Allemagne dans les trains. "C'est des bruits, faut pas s'affoler, mais vaut mieux prendre des précautions, c'est pour ça que je reste ici. C'est le soir qu'ils viennent, les gens sont chez eux le soir. Les inspecteurs sont pas venus chez Fêtnat, il ajoute : pas pour le moment. Alors, il vaut mieux que je me montre pas. Tout ça me dépasse. Ça sert à quoi d'être français et pas juif, si c'est pour être traité comme ça ?
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calypsocalypso   07 août 2017
C’est le père Noisiel qui a dit la messe quand mon père Albert Duval est tombé de la grue à son travail.
A l’enterrement, le père Noisiel a levé légèrement les bras, les paumes vers le haut, en disant que Dieu dans sa miséricorde accueillait un de ses fils en son sein, pour la vie éternelle.
J’étais pas mal étonné je dois dire, j’arrivais pas à comprendre comment Albert pouvait être fils de Dieu alors que c’était moi, le fils de Dieu, le père Noisiel l’avait dit le jour de mon baptême. Que mon deuxième père Albert devienne mon frère, quelque chose m’échappait, je dois l’avouer.
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