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Jean Lecerf (Autre)Gaston Wiet (Autre)
ISBN : 2070700860
Éditeur : Gallimard (13/01/1984)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 21 notes)
Résumé :

L'œuvre de Taha Hussein et, en particulier, Le livre des jours, qui a été traduit dans de très nombreuses langues, connaît un rayonnement universel. Lui-même a traduit en arabe Sophocle, Racine et André Gide.

Admirable autobiographie, Le Livre des jours est aussi, à travers un récit au fond mélancolique, une extraordinaire leçon d'énergie, «l'exemple d'une réussite, d'un triomphe de la volonté, d'une patiente victoire de la lumière spiritu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  25 octobre 2018
J'avais depuis longtemps entendu parler de Taha Hussein. Mieux vaut tard que jamais, je me suis plonge dans son autobiographie, "Al ayyam", "Le livre des jours". Et quel plongeon! Ce n'est pas une baignoire, pas une piscine, c'est la mer, l'ocean, le grand large! C'est tres facile a lire, ecrit dans un style tres simple, mais combien d'emotion il suscite! (Ecrit? J'ai tape ecrit? Dicte! Dicte! Il etait aveugle depuis l'age de trois ans! Aveugle! Un aveugle merveilleusement clairvoyant...)
C'est une autobiographie. Un roman d'apprentissage, de formation, si on veut, vu qu'elle s'arrete avant sa vingtieme annee. Une autobiographie qui arrive a transmettre un portrait de la societe egyptienne a l'aube du 20e siecle. Les petits bourgs du haut Nil, l'agitation du Caire musulman (anglais ou autres colonialistes n'y apparaissent pas du tout), et surtout le systeme educatif, allant des plus jeunes jusqu'aux etudiants d'al Azhar, la plus celebre ecole islamique au monde.
Une autobiographie ou Hussein se raconte a la troisieme personne, "l'enfant", "l'etudiant", etc. Modestie, ou fierte? J'y ai vu les deux, paradoxalement.
Il raconte le petit bled ou il est ne. le Coran est tout le savoir. Les gosses apprennent a le reciter inlassablement. Lui, qui arrive a le retenir presque entierement par coeur, fait la fierte de ses parents. Mais les superstitions et l'ignorance regnent. Atteint d'une conjonctivite a trois ans, il est soigne par un barbier qui le rend aveugle. Sa petite soeur souffre de fortes fievres et deperit, alors on prie, on se lamente, on suit des remedes de vieilles rebouteuses, et on se lacere le visage quand elle meurt. Personne ne pense a appeler un medecin, bien qu'il y en ait deja dans le coin. Passons.
L'enfant aime qu'on lui lise des contes, toutes sortes de livres qu'il trouve chez l'imam de la mosquee, il veut apprendre, il veut savoir, il veut devenir "oulema", savant, il veut aller au Caire, apprendre "la science" a al Azhar, comme son grand frere. Il reussit a s'y faire envoyer a 13 ans. le plus jeune etudiant.
Les annees de "l'etudiant" sont dures. On l'emmene tous les matins a la mosquee et on le depose dans un coin ou il peut suivre un cours. Celui- ci fini, il doit attendre sur place qu'on vienne le chercher et l'amener ailleurs, pour une autre matiere. Toutes les soirees et beaucoup d'apres-midis il reste assis sans bouger dans un coin de chambre. A ecouter les bruits alentour et imaginer les vies des voisins et des passants. A rememoriser ses cours. A y reflechir. En consequence il posera avec le temps beaucoup de questions a ses maitres, critiques des fois. Les reponses de ceux-ci seront peremptoires, sans equivoque: "Tais-toi, aveugle!". Mais ces brimades ne feront qu'aiguiser sa pensee. Il saisit vite que les oulemas d'al Azhar ne font que tourner en rond, a force d'ajouter des annotations sur des gnoses sur des exegeses de textes alambiques. Il les abandonne. A l'aide d'amis qui lui servent de lecteurs, il se plonge dans la poesie des debuts de l'islam. La grande litterature. La est la beaute. La est la vie. Il decide de s'y consacrer. A 19 ans, quand s'ouvre la premiere universite moderne en Egypte, il s'inscrit pour des etudes litteraires. Ce sera le debut d'une grande carriere. le debut d'une grande vie. le livre s'arrete la.
Le livre porte une critique aceree sur la societe egyptienne et surtout sur al Azhar. Mais il n'est jamais amer, jamais bilieux. Il est empreint d'un optimisme que rien ne peut ebranler. Et c'est tout l'homme qu'il revele. Taha Hussein. Apres un doctorat en Egypte, un autre doctorat en Sorbonne. de nombreux livres, recherches litteraires, romans, traductions en arabe de Sophocle, de Racine, De Voltaire. Doyen d'universite. Nomme ministre de l'education en 1950. Et quel ministre! C'est a lui qu'on doit l'alphabetisation de son peuple. A un aveugle. Un des hommes les plus clairvoyants de son pays, de son temps. Taha Hussein.
Et le livre des jours? Un de ses plus beaux livres. Facile d'acces et emouvant. A faire de beaux jours, ou de belles nuits, a n'importe quel lecteur.
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nilebeh
  10 février 2015
Ce livre, écrit par Taha Hussein en 1927 pour la première partie et en 1939 pour la seconde, est publié par Gallimard précédé d'une préface d'André Gide en 1947. Il s'agit d'une autobiographie rédigée à la troisième personne, le narrateur se désignant par « l'enfant », « notre jeune ami », « l'étudiant ».
« L'enfant », donc, vit dans un petit village de la Haute Égypte, au bord du canal. Il écoute « le chant du poète », cet homme errant qui chantait l'épopée de personnages fabuleux à l'époque des Fatimites. Il observe les animaux, les mouvements dans son environnement, il perçoit les parfums, les sons, la chaleur et le vent. « L'enfant est aveugle ». On le fait rentrer le soir pour l'installer sur sa natte, dans un coin de la maison. Son sort va se répéter car plus tard aussi, quand il sera au Caire, dans un immeuble peuplé d'étudiants, on le « posera » dans un coin, vers la fenêtre, tandis que les voyants iront à leurs cours ou partiront à leurs soirées de discussion.
Le héros est un observateur critique du monde, rempli de l'appétit de savoir, de comprendre. Il n'aura de cesse qu'on ne l'envoie étudier le Coran d'abord au village, puis à l'Université du Caire, le célèbre « el Azhar », où se pressent étudiants et enseignants dans une ardente recherche de connaissances sur les textes anciens. On lit, on psalmodie, on chante les textes, on les critique, de vrais combats d'éloquence critique ont lieu, c'est un monde intellectuel plein d'effervescence que découvre l'élève devenu étudiant. Pourtant, il rage devant la médiocrité, la corruption, les rivalités entre professeurs. Sans compter les petites méchancetés dont il est l'objet, lui qu'on appelle « l'aveugle ».
Il y a dans ce livre une dimension humaine très touchante, l'enfant d'abord nous attendrit, nous amuse par ses facéties et sa malice, puis le jeune homme nous impressionne par ses qualités intellectuelles, sa mémoire fabuleuse et l'éclat de son intelligence.
Mais ce livre est aussi une mine de connaissances sur les textes arabes anciens d'auteurs multiples, poètes, exégètes, historiens, savants, érudits de tout le Moyen Orient et du Maghreb. Mais au-delà de la connaissance s'exprime une critique permanente de l'enseignement religieux qui semble se limiter à cette seule question : « Sait-il bien son Coran ? ». Gide reprend cet aspect dans sa préface, regrettant que dans l'Égypte d'alors, « la Science soit emprisonnée dans des sourates dont elle fait de chaque verset un verrou ».
La remarque ne manque pas de modernité...
Taha Hussein est devenu le philosophe et l'écrivain le plus brillant d'Egypte, auteur de nombreuses traductions en arabe (dont Sophocle et Racine). « Le Livre des Jours » est un livre précieux à lire et relire lentement, comme un nectar d'intelligence.
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manaud
  08 février 2014
Très beau livre autobiographique, dur mais jamais larmoyant. La découverte d'une culture totalement étrangère. de l'enfance à l'université religieuse ce petit enfant ,devenu aveugle par négligence et méconnaissance de l'hygiène, parviendra à franchir tous les obstacles.
Un parcours extraordinaire, une intelligence hors du commun.
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AnissaBnFk
  16 juin 2015
C'est un livre dont j'avais lu quelques extraits en version originale, et n'ayant pas le niveau pour lire tout le bouquin en v.o, je m'étais jurée de me procurer la version traduite en français. C'est un des classiques de la littérature arabe. de plus, l'auteur était un amoureux de la langue française, il fit ses études à la Sorbonne, et il est le traducteur en arabe de Sophocle, Racine et André Gide.
C'est un livre très bien écrit, même si j'ai eu du mal au début de la seconde partie (peut-être est-ce du au changement de traducteur).
Taha Hussein a su nous dépeindre la vie d'un jeune étudiant aveugle dans les années 20 au Caire sans tomber dans le larmoyant ...
On découvre les coulisses de la grande université islamique d'Al-Azhar où le jeune Taha Hussein étudie, lui qui n'est passionné que de poésie et de littérature.
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et je vous le conseille chaudement.
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Avislibre
  22 janvier 2013
Un classique de la littérature arabe
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie des écrivains (238)
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