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EAN : 9782849503997
160 pages
Éditeur : Syllepse (08/11/2013)
Résumé :
Si on en avait fini avec la crise de l'euro, on pourrait considérer que l'Union européenne se porte bien et qu'il faut aborder avec sérénité les négociations sur le Grand traité transatlantique.
Las ! Il n'en est rien.
L'Union européenne est gravement fragilisée, parce que minée par une crise à laquelle les classes dirigeantes apportent pour seules réponses austérité et autoritarisme. Du coup les forces de gauche sont confrontées à de redoutables quest... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  13 novembre 2013
Contre la réduction de notre temporalité au seul passé-présent et le déni de notre capacité à dessiner un futur d'émancipation pour toutes et tous
Quelques remarques sur quatre articles, comme invitation à lire ce riche numéro. le titre de la note renvoie, très partiellement, à l'article de Nicolas Béniès.
Michel Husson dans « La « sortie sèche de l'euro » : une triple erreur stratégique », discute des arguments avancés, à gauche, par celles et ceux qui font de la sortie de l'euro un mot d'ordre de rupture. Il montre les effets probables de la dévaluation du franc hors de l'euro, et souligne, entre autres, « le lien nécessaire entre l'annulation de la dette et la possibilité de mener une autre politique ». L'auteur met l'accent sur le champ stratégique européen, contre l'illusoire repli « national » et la nécessaire combinaison d'éléments de rupture, d'extension et de coopération. « En guise de conclusion, on peut énoncer trois principes d'ordre stratégique qui devraient fonder la politique de la gauche radicale en Europe.
Premier principe : la sortie de l'euro n'est en aucun cas exclue a priori, mais c'est une arme dissuasive, destinée à construire un rapport de forces à l'échelle européenne qui ne doit pas être présentée comme la mesure préalable conditionnant toutes les autres.
Deuxième principe : tout projet alternatif doit combiner la rupture unilatérale avec l'Europe réellement existante et la mise en avant d'un projet de refondation coopérative de l'Europe.
Troisième principe : la rupture avec l'eurolibéralisme n'a de sens que si elle se fait au nom d'un programme de rupture avec l'ordre néolibéral à l'intérieur de chaque pays. »
J'ai particulièrement été intéressé par l'entretien avec Jean-Marie Harribey.
Jean-Marie Harribey indique, entre autres, que « la richesse est le trou noir de ladite science économique ». Il nous rappelle que pour Karl Marx « le travail et la nature étaient les deux seules sources de richesse, mais que le travail était seul créateur de valeur ». Il insiste sur le fonctionnement des rapports sociaux, sur la production comme acte social. Il discute de la « décroissance » en soulignant l'incapacité des théoriciens de la décroissance « de penser la différence entre les secteurs qu'il faut faire diminuer et ceux qu'il faut encore augmenter pour satisfaire nombre de besoin sociaux primordiaux ». Je ne suis pas en capacité de porter un jugement sur ses analyses du travail des salarié-e-s du secteur public comme créatrices/créateurs de valeur (elles et ils produisent, évidemment, des richesses).
L'auteur prône de « Nouvelles conceptions dans lesquelles ce qui est inestimable n'aura pas moins de valeur dans un sens non économique que ce qui a de la valeur au sens économique ».
J'espère pouvoir revenir prochainement sur son livre d'un très grand intérêt.
L'entretien avec Thierry Labica à propos du livre de Vasant Kaiwar « L'Orient postcolonial. Sur la « provincialisation » de l'Europe et la théorie postcoloniale », qu'il a préfacé, lui permet de préciser ses analyses, dont le sens possible du « post » dans post-colonialisme, ou l'imprégnation du dogmatisme étapiste, au delà des courants staliniens. Il critique, entre autres, la réduction au discursif de théoricien-ne-s « post », l'opposition factice « entre paradigme unitaire idéalisé et altérité hétérogène et fuyante », la sous-estimation « des processus de différenciation et d'hétérogénéisation spatio-temporelles inhérents au capital », une vision irréelle des Lumières oublieuse que les droits à vocation universels, ont été imposés par les luttes et non octroyés ou par essence reliés à un occident homogénéisé et peu défini, sans oublier le renoncement à « nommer le capital ».
Si je ne partage pas les références de Philippe Pignarre, je déplore, comme lui, le manque d'initiatives de la gauche d'émancipation lors des mobilisations des opposant-e-s au mariage pour tou-te-s, et en particulier de celles et ceux qui s'autoproclamèrent « Manif pour tous ». Comment comprendre ce non-saisissement de thématiques pour exprimer des orientations politiques ?
Paralysie politique qui me semble avoir quelque chose à voir avec une non- intégration du féminisme dans toutes ses dimensions et une incapacité à mener des batailles concrètes pour l'égalité réelle de toutes et tous.
Était-ce si difficile de dire que « nous » étions pour le droit au mariage pour toutes et tous, pour l'égalité des droits pour les couples mariés ou non, pour l'égalité des êtres humains en couple ou non ? Était-ce si compliqué de dire que la notion de « genre » permettait de comprendre à la fois les dominations et les possibles émancipations, que « nous » assumions ces théorisations (je diverge sur l'appréciation des théorisations avec Philippe Pignarre) contre la naturalisation, l'essencialisation de relations sociales, contre la biologisation fantasmatique des soit-disant différences sexuelles, contre l'hétérosexisme et la naturalisation de l'hétérosexualité. (Voir sur ce sujet, par exemple, Anne Fausto-Sterling : Corps en tous genres. La dualité des sexes à l'épreuve de la science ou Sous la direction de Catherine VIDAL : Féminin Masculin, Mythes et idéologie).
L'auteur indique que « la manif pour tous a été un mouvement sexiste, raciste et de classe ». Je viens d'évoquer le sexisme. Face au racisme systémique, « nous » ne sommes visiblement peu capables de prendre en compte les deux cotés de la racialisation (comme hier les deux « cotés » de la colonisation). Sur ces sujets, voir par exemple, Ann Laura Stoler : La chair de l'empire. Savoirs intimes et pouvoirs raciaux en régime colonial, ou Ann Laura Stoler, Frederick Cooper : Repenser le colonialisme.
Ce qui limite « nos » discours antiracistes à l'abstrait, d'autant que « nous » ne discutons pas ouvertement de politiques de « positive action », après n'avoir pas été les fer de lance de quota de représentation à 50% pour les femmes, transformés institutionnellement (et peu appliqués) en parité, ce qui n'a pas tout à fait le même sens.
Comme le souligne l'auteur, « sexualité et sexe sont deux inextricables fouillis ». J'ajoute que ces rapports sociaux sont inséparables des dominations. Il ne s'agit pas ici de défendre les couples infernaux et peu fondés, culture/nature ou construit/naturel mais bien de prendre en compte les enjeux politiques autour des rapports sociaux de sexe, des sexualités… Une occasion manquée, où « nos » adversaires politiques ont imprimé leurs « orientations » dans le débat public et manifesté plus nombreuses et plus nombreux que « nous ».
Je voudrais pour terminer par souligner l'hommage à Denis Berger en espérant qu'un recueil de ses textes voit le jour.
Sommaire
Edito : Francis Sitel : L'assurance allemande
DOSSIER : Défis à l'Europe. Secousses pour la gauche
Michel Husson : La « sortie sèche de l'euro » : une triple erreur stratégique
Nicolas Béniès : le néolibéralisme en crise.Une vision du monde dépassée, en règlement judiciaire
Marie-Christine Vergiat : Grand marché transatlantique, ne pas se tromper d'ennemi
Claude Michel : 20 ans après, l'exception culturelle de nouveau menacée
MARXISME
Michel Husson : Sur le livre de Jean-Marie Harribey, La richesse,la valeur et l'inestimable
Jean-Marie Harribey : Entretien
Thierry Labica : Entretien avec Antoine Artous, à propos du livre de Vasant Kaiwar L'Orient postcolonial. Sur la « provincialisation » de l'Europe et la théorie postcoloniale
ACTUALITE
Philippe Pignarre : Retour sur les enjeux du Mariage pour tous. Contrôler le sexe pour contrôler la race
Florence Ciaravola, Bruno Della Sudda, Christophe Lemasson : L'autogestion, moyen, chemin et but pour penser l'émancipation scolaire
Jean Batou : Islam politique et mondialisation
HOMMAGE A DENIS BERGER
Michel Lequenne : Hommage à Marcel Gibelin
CULTURE : Gilles Bounoure : Chaissac, Dubuffet et la question de l'art brut, ou autre
POEMES : Bernard Lefort : Vingtième siècle portatif
LIVRES
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
dede   13 novembre 2013
En guise de conclusion, on peut énoncer trois principes d’ordre stratégique qui devraient fonder la politique de la gauche radicale en Europe.
Premier principe : la sortie de l’euro n’est en aucun cas exclue a priori, mais c’est une arme dissuasive, destinée à construire un rapport de forces à l’échelle européenne qui ne doit pas être présentée comme la mesure préalable conditionnant toutes les autres.
Deuxième principe : tout projet alternatif doit combiner la rupture unilatérale avec l’Europe réellement existante et la mise en avant d’un projet de refondation coopérative de l’Europe.
Troisième principe : la rupture avec l’eurolibéralisme n’a de sens que si elle se fait au nom d’un programme de rupture avec l’ordre néolibéral à l’intérieur de chaque pays.
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dede   13 novembre 2013
la richesse est le trou noir de ladite science économique
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Vidéo de Michel Husson
Rencontre à la librairie Brèche du 14 01 2015 : "Les ondes longues du développement capitaliste"de notre camarade Ernest Mandel. Michel Husson, auteur de la postface, a bien voulu nous retracer l'histoire de ce livre.
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