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EAN : 9782803637409
96 pages
Éditeur : Le Lombard (07/10/2016)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Malgré des avancées significatives durant le 20e siècle, le combat féministe reste toujours d'actualité. D'Olympe de Gouges à Virginie Despentes en passant par Simone de Beauvoir ou Angela Davis, cette bande dessinée retrace, à travers des événements et des slogans marquants, les grandes étapes de ce mouvement et en explicite les concepts-clés, comme le genre, la domination masculine, le « slut-shaming » ou encore l'intersectionnalité.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  06 mai 2018
Il s'agit d'une bande dessinée de 71 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2016, écrite par Anne-Charlotte Husson, dessinée et mise en couleurs par Thomas Mathieu. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.
Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle s'ouvre avec un solide avant-propos de David Vandermeulen de 10 pages, plus deux pages de notes. Il commence par évoquer la place de la femme telle qu'elle apparaît dans des textes antiques, avec l'exemple de Pandore (qui répand sur le monde des maux tels que la vieillesse, le travail, la maladie, la folie, le vice et la passion) et d'Ève qui porte aussi une lourde responsabilité dans la souffrance de l'humanité. Puis il cite la place de la femme dans des ouvrages comme l'Illiade et l'Odyssée, le Yi-King et le Mahâbhârata. Il passe ensuite au proto féminisme qui apparaît au quinzième siècle avec Christine de Pizan, puis au dix-septième siècle avec Marie de Gournay, pour arriver à Benoîte Groult. Il évoque la lente évolution de la place de la femme dans la société, les différentes formes de féminisme, l'attente exprimée de nombreuses lectrices et lecteurs concernant cet ouvrage à l'annonce de sa mise en chantier, et la construction même de l'ouvrage.
La bande dessinée commence par les 2 auteurs se mettant en scène dans une discussion, constatant qu'il n'est pas possible de réduire le féminisme en une définition simple. Anne-Charlotte Husson indique qu'il y a accord sur un constat : l'existence d'une dévalorisation sociale, politique, économique et symbolique des femmes. Par contre il y a des divergences sur la cause de cette dévalorisation et sur les moyens de lutter contre. Les auteurs ont donc choisi d'explorer le féminisme à partir de citations ou de slogans, ouvrant autant de chapitres différents. (1) Olympe de Gouges (1748-1793) - La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune. (2) Slogan : le privé est politique. (3) Simone de Beauvoir (1908-1986) - On ne naît pas femme, on le devient. (4) Slogan : white woman listen! (5) Slogan : nos désirs font désordre. (6) Benoîte Groult (1920-2016) - le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours. (7) Slogan : ne me libère pas, je m'en charge !
Dans son avant-propos, David Vandermeulen braque la lumière sur la place implicite de la femme dans la société telle que formulée par de nombreux textes antiques, fondateurs de différentes civilisations de par le monde. Il cite ensuite des exemples de femmes ayant contesté les visions patriarcales, condescendantes et franchement insultantes d'hommes célèbres depuis le Moyen-Âge jusqu'au dix-neuvième siècle. Ainsi il établit une vision historique des discriminations faites aux femmes, tout en rappelant qu'elles avaient obtenu plus de droits au Moyen-Âge qu'à la fin du dix-huitième siècle, en termes de propriété privée, mais aussi professionnel (par exemple des femmes médecins au treizième siècle). Paradoxalement la Révolution Française met la gente féminine sous le coup de la législation conçue et rédigée par des hommes, diminuant leurs libertés. Son exposé l'amène jusqu'au développement du féminisme dans sa pluralité, la réalité des violences faites aux femmes aujourd'hui et le choix de la structure de l'ouvrage. Cette introduction s'avère très instructive, piochant des faits établis au travers les siècles dressant le tableau de sociétés construites et régimentées par les hommes, dans lesquelles les femmes ont dû conquérir leurs droits par la lutte. le lecteur apprécie également que cet avant-propos constitue une solide introduction à la bande dessinée, sans redite, sans redondance avec la suite.
L'avant-propos annonce clairement l'impossibilité de synthétiser les différentes formes du féminisme dans un ouvrage de vulgarisation. Les auteurs commencent en expliquant qu'effectivement, ils ne peuvent pas couvrir des siècles de féminisme, ce qui ne les empêchent pas de conserver l'objectif de faire oeuvre de vulgarisation. Afin de structurer son propos, Anne-Charlotte Husson part de citations, ordonnées par ordre chronologique, et fixant le thème de chaque chapitre. Elle explore ainsi le féminisme au travers de ces thèmes partant d'une féministe historique, ou d'un mouvement particulier. le lecteur constate que cette structure offre une grande lisibilité à un discours rigoureux et dense. Par exemple, le chapitre s'ouvrant avec la citation d'Olympe de Gouges s'articule sur l'évolution de la place de la femme dans la politique et dans les organes politiques, pour finir par une frise chronologique de l'année d'accès des femmes au droit de vote par pays, complété par la liste des 22 gouvernements dirigés par des femmes en 2015.
Anne-Charlotte Husson arrive à combiner un fil directeur par thème, et la mention de nombreuses femmes, et de nombreux faits sans donner l'impression le noyer le lecteur. Ce n'est pas si évident que ça quand en l'espace de 7 pages pour le chapitre Nos désirs font désordre, elle mentionne aussi bien le film Certains l'aiment chaud, que la conception restrictive de la sexualité des femmes (limitée à la procréation avant la deuxième vague du féminisme), la nature de l'hystérie (en passant par l'invention du premier vibromasseur), les théories freudiennes sur la sexualité féminine (la libido ne pouvant être que masculine, chez l'homme comme chez la femme), la réalité de l'invisibilisation de la sexualité féminine, le développement de la théorie Queer (initiée par Monique Wittig, reprise par Judith Buter), l'hégémonie du regard masculin (à commencer par la vision de la sexualité dans les films pornographiques, y compris celle des lesbiennes) et le mouvement LGBTQI (en insistant sur le fait que les êtres humains ne devraient pas être déterminés par leur biologie). Au cours de ce chapitre, comme les autres, le lecteur s'est immergé à la fois dans l'évolution historique de la notion du désir féminin, à la fois dans la diversité des approches, jusqu'aux positions contemporaines, soit un réel tour de force, au vu de la richesse de chaque thème.
Comme souvent dans un exercice de vulgarisation, la partie graphique se retrouve entièrement inféodée au texte. Il en va de même ici. Thomas Mathieu avait déjà réalisé Les crocodiles (2014), un ouvrage sur le harcèlement de rue. Il doit relever le défi de mettre en images un exposé dense et copieux, en essayant de faire en sorte que les dessins apportent une information supplémentaire par rapport au texte. Pour Olympe de Gouges, il rend compte de son apparence, en particulier de sa robe, avec des dessins simplifiés. Pour chaque personnage historique, il réalise ainsi des dessins comprenant suffisamment de caractéristiques visuelles pour évoquer une époque (Napoléon, le sénat lorsque Simone Veil présente sa loi du 17 janvier 1975, l'esclavage et les lynchages aux États-Unis, etc.), pour des graphiques d'ordre ou de relation (la somme des problèmes partagés par les femmes sous la forme d'un Rubik's cube, le groupe des hommes qui profite de l'oppression des femmes sous forme d'un organigramme), la diversification des identités de genre et de sexualités sous forme d'un continuum. À chaque chapitre, le lecteur peut apprécier l'inventivité de l'artiste pour trouver des images qui viennent en appui du texte. Il repère même en page 42, une parodie du tableau le cri (1893-1917) d'Edvard Munch, pour rendre compte de l'impact émotionnel généré par les écrits de Simone de Beauvoir.
À plusieurs reprises, le lecteur se rend compte qu'il est difficile de vraiment parler de bande dessinée pour cet ouvrage. Il s'agit bien d'une suite de cases (même si elles n'ont pas de bordure) agencées de façon séquentielle sur la page. Dans le même temps, il est aussi possible de considérer l'ouvrage comme un texte illustré, la narration étant tout entièrement contenue dans le texte, les dessins illustrant chaque phrase, sans établir de suite. La frise chronologique en fin de premier chapitre est très basique (des drapeaux mis en regard des années), pas une infographie. le trombinoscope enfin du chapitre 3 associé des bustes de féministes aux régions du globe d'où elles sont originaires, cela permet de visualiser la diversité géographique des féminismes. Arrivé dans les 2 derniers chapitres, les dessins s'effacent derrière une série de chiffres statistiques sur la violence faite aux femmes, puis derrière des citations de plusieurs femmes relatives à leur condition et leur perception du féminisme. Cependant, malgré le recul des images, la lecture reste facile et agréable, plus vivante que dans un ouvrage universitaire.
Le lecteur ressort de cet ouvrage avec une vision protéiforme des féminismes, ancrée dans son évolution historique. Les auteurs ont atteint leur objectif de vulgarisation sans rien sacrifier de la complexité des féminismes. Ils en évoquent les différentes dimensions : pouvoir politique, discrimination systémique, construction du genre, intersectionnalité entre différentes discriminations, plaisir sexuel féminin, violences faites aux femmes, expressions. Ils terminent avec un choix de déclarations d'anonymes, appliquant le principe de rendre la parole aux femmes. Si le lecteur peut parfois regretter qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une bande dessinée, il constate avec plaisir que le l'ouvrage se lit facilement malgré la densité de son propos. 5 étoiles pour un ouvrage de vulgarisation efficace et limpide, malgré la complexité de la problématique.
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AMR
  18 octobre 2018
Dans le Féminisme, Anne-Charlotte Husson au texte et Thomas Mathieu au dessin retracent, sous forme de BD, les grandes étapes du mouvement féministe et en explicitent les grandes idées générales. Cet album est édité chez Le Lombard dans La petite Bédéthèque des savoirs ; dans cette collection, un spécialiste et un dessinateur collaborent pour faire comprendre le monde en bande dessinée en explorant tous les domaines du savoir ; ici nous avons le concours d'une universitaire spécialisée dans l'analyse du discours lié au genre et au féminisme.
Il ne s'agit donc pas d'une fiction ou d'une illustration, mais d'une approche qui se veut didactique et vulgarisatrice à la fois.
L'avant-propos est signé par David Vandermeulen ; il remonte aux origines bibliques et antiques de la misogynie et compare rapidement les grands textes fondateurs de notre culture occidentale avec ceux des autres cultures indo-européennes et orientales et illustre par des exemples précis la manière dont les grands mythes lui donnent une justification morale.
Une fois ce constat énoncé, il pose quelques jalons depuis les débuts de la contestation féminine du XVème siècle jusqu'à notre époque puis rend compte du lent combat des femmes, fait d'avancées et de pertes d'acquis, entre fausse bienveillance et inégalités notoires de traitement avec les hommes. Il revient brièvement sur les combats actuels et présente l'idée d'Anne-Charlotte Husson de construire cet album autour de sept slogans célèbres et particulièrement parlants.
Au début de la BD, la scénariste et le dessinateur se mettent en scène pour introduire la notion plurielle de féminisme, entre constat, causes et moyens de lutter ; dans la suite de l'album, Anne-Charlotte Husson sera souvent représentée à son bureau s'adressant manifestement à Thomas Mathieu en train de dessiner mais qui ne se dessine plus. Ensemble, ils remontent le temps et mettent en texte et images quelques grandes figures du féminisme : Olympe de Gouges, Gisèle Halimi, Simone Veil, Simone de Beauvoir, Benoîte Groult, Pauli Murray pour n'en citer que quelques unes… Outre ces noms connus, une planche présente le féminisme dans sa diversité internationale. Tout un chapitre est consacré au féminisme noir et à ses cheffes de file ; des personnalités moins connues sont aussi évoquées.
Certaines planches reprennent des illustrations existantes, tableaux, gravures, photos, films, publicités, clips, articles de journaux, faits divers… ; d'autres regroupent des statistiques, des données ou des fiches récapitulatives. Personnellement, j'ai apprécié la mise en lumière d'épisodes moins connus et peu commentés de notre histoire.
Les slogans mis en avant sont les suivants : « la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune », « le privé est politique », « on ne naît pas femme, on le devient », « white woman listen ! », « nos désirs font désordre », « le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours », « ne me libère pas, je m'en charge ! ».
L'album ressemble un peu à un cahier de prises de notes ; l'écriture est cursive, appliquée, comme celle d'un(e) étudiant(e) soigneux(se) et organisé(e) ; les dessins sont colorés, très simplifiés mais expressifs ; l'ensemble est dynamique, clair malgré une impression de foisonnement. Plusieurs lectures permettent de repérer les petits plus, les touches humoristiques, les inversions des rôles, etc. ; c'est un album à lire, à regarder, à feuilleter, sans se lasser.
Cette BD cible avec beaucoup de clarté les principales approches du mouvement féministe ; elle donne des repères historiques et des noms importants ; elle remet en perspective des évènements en les évoquant à la lumière de la situation des femmes au moment où ils se sont produits ; elle s'ouvre sur l'avenir et sur la parole des jeunes femmes d'aujourd'hui. le volume se termine par des notes, des numéros de téléphone et adresses utiles et un glossaire.
En moins d'une centaine de pages, cette BD ne peut pas être considérée comme un ouvrage de référence, ni comme un simple résumé. Anne-Charlotte Husson et Thomas Matthieu donnent des pistes, des clés d'entrée, comme une invitation à aller plus loin. Les deux auteurs livrent des conseils bibliographiques pour approfondir les thèmes qu'ils ont survolés dans ce livre.
À mettre entre toutes les mains dès l'adolescence.
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lilibookncook
  26 mars 2018
Ce mois de mars met à l'honneur la femme ou plutôt le droit des femmes. Ici pas de pub shopping pour des fringues ou moult crèmes anti-rides, mais une immersion dans la petite et grande Histoire pour tenter de comprendre l'origine du mouvement, mais aussi son combat. C'est grâce au Femini-books créé par Opalyne, axé sur le féminisme et la littérature, que j'ai choisi de vous présenter aujourd'hui la BD le féminisme. Instructif, ludique et dense, cet ouvrage petit par sa forme et non par ces idées, retrace avec humour et saveur ce courant à travers sept slogans qui ont marqué et contribué à la cause. Le projet, visible depuis Facebook et Twitter, permet ainsi à chaque blogeur et youtubeur de s'exprimer sur le sujet à travers le support littéraire de leur choix. Je vous invite donc à lire le joli article du blog Isabeau Bellevue qui porte sur le livre Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir et demain place au blog Fictionista pour De l'insulte...aux femmes de Laurence Rosier. Mesdames Et messieurs, dîtes adieu aux clichés !
Dans un avant-propos très intéressant, de l'origine de la misogynie à la contestation et les combats passés et actuels, j'en retiens une profonde discrimination envers les femmes, et ce, depuis la nuit des temps. Ou comment la mythologie a façonné le rôle de chacun pour maintenir une domination masculine apparentée au naturel. Dingue ! Mais ce qui me chagrine le plus, c'est une prise de conscience léthargique du monde moderne. Déséquilibre flagrant, les actions tardent à se montrer au profit des préjugés toujours présents.
Bande dessinée explicative DES féminismes, le mouvement apparaît plus complexe qu'il n'y paraît. Il n'y a pas un féminisme, mais bien plusieurs comme le démontre ces planches. Une chose est sûre, il y a bel et bien une seule cause : la revalorisation des femmes et de son statut. 
Autour d'un parti-pris ingénieux, Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu se sont pencher sur les slogans qui ont nourris le combat féminisme pour d'expliquer son évolution. de Olympe de Gouges à Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, en passant par Kimberlé Crenshaw, les deux compères partent sur les traces de ces grandes figures qui ont apporté et apportent encore aujourd'hui leur pierre à l'édifice et ainsi contribué à l'émancipation des femmes.
"Nos désirs font désordre"
En parcourant ce petit livre, j'ai notamment beaucoup aimé le développement sur le désir, donc de la différence faite entre le sexe et le genre. Débat très actuel de nos jours... Je savais que Freud pensait que tout venait de la sexualité, mais j'ignorais que pour lui, n'existais de libido que masculine. Donc que les femmes combleraient un manque originel de pénis... Mais bien sûr, suis-je bête, le monde tourne autour d'un énorme pénis dont les femmes ont été privé. Pauvre de nous ! C'est lors de la libération sexuelle et la seconde vague féministe que la sexualité devient un sujet majeur. Alors que le genre et la sexualité sont deux unités distinctes, "le sexe n'est pas le tout de l'identité...et les êtres humains ne devraient pas être déterminés par leur biologie."
"On ne naît pas femme, on le devient"
Simone de Beauvoir, le deuxième sexe, tome 2
Voilà certainement un de mes slogans préférés. Si celui-ci est autant célèbre, c'est qu'il touche un point important de notre société et des clichés qui vont avec. En abordant avec intelligence le conditionnement dès le plus jeune âge des filles ET des garçons, Simone de Beauvoir dénonce les inégalités inhérentes à leur sexe et à leur genre. Comment ça se traduit ? Nous apprenons à nous comporter en hommes et en femmes à travers les exemples sociaux, et ce, depuis l'enfance. Je vais prendre un exemple personnel. Lorsque j'étais enfant, ma couleur préférée était le bleu, mais dans mon esprit cela était impossible puisqu'il le bleu était réservé aux garçons... Ce qu'on appelle la socialisation de genre devient alors "un apprentissage des gestes, des réflexes qui nous semblent naturels tellement on y est habitué(e)s." Et le pire, est que cet apprentissage continue même à l'âge adulte à travers certains magazines féminins, publicités... Alors que faire ? Il ne tient qu'à nous de changer les choses en apprenant aux futures générations les nouveaux modes de comportements pour affiner le sens critique et moral. Education !
Une lecture très enrichissante, qui a le bon goût de ne jamais juger les différentes opinions, mais justement à les considérer. J'ai adoré les dessins et les textes très frais, les documentations ainsi que le format. de plus, les deux auteurs guident les plus curieux vers une bibliographie sélective, qu'elle soit graphiste ou non. le féminisme a malheureusement encore de beaux jours devant lui. J'aimerais tant qu'il n'y ait plus de combats entre les sexes. Plus de revendications. Hier, les femmes ont gagnées la bataille pour l'avortement, mais qu'en est-il aujourd'hui ? Tant qu'il y aura des personnes intolérantes ou mal intentionnées qui combattront contre l'idée que le corps et l'esprit ne sont la propriété qu'à elles seules, il y aura des féministes. Que vous soyez femme ou homme, féministe n'est pas un gros mot, mais une promesse de lutte contre toutes formes de dominations.
Au-delà du sujet, je recommande vraiment cette collection qui oeuvre pour comprendre le monde en bande dessinée.
Merci encore à Opalyne pour cette formidable initiative !
Lien : http://bookncook.over-blog.c..
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Dramaix1988
  22 février 2017
Très bon, comme c'est toujours le cas dans cette collection. C'est très instructif et une excellente base pour un travail sur ce sujet. Je trouve le chapitrage très intéressant avec comme point de départ une personnalité ou une citation pour ensuite s'attaquer à un des nombreux points que comporte le féminisme. Deux coups de coeur dans cette BD, Olympe de Gouges qui revient plusieurs fois avec sa tête coupée et les trois gouttes de sang qui l'accompagne et alors en tant que belge le gag autour du roi Baudouin avec l'avortement qui est très bien fait. le seul petit bémol que j'ai trouvé c'est dans la lecture de certaines pages où le sens normal de lecture est modifié ce qui n'est pas graphiquement toujours claire.
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Pixie-Flore
  16 juillet 2018
J'aime beaucoup la collection "La Petite Bédéthèque des Savoirs" : elle est travaillée, instructive et vraiment percutante.
Dans ce onzième tome, Anne-Charlotte Husson dresse un historique et explique ce qu'est le féminisme dans sa complexité et sa multiplicité. Quant à Thomas Mathieu, il met tout cela en images avec vivacité et humour.
Ces deux-là ont fait un bon et beau travail. Leur ouvrage est construit intelligemment et j'ai vraiment bien accroché sur les dessins de Thomas Mathieu. C'est un tome dynamique, où les auteurs donnent des explications éclairantes et motivantes. C'est un ouvrage très lucide que beaucoup de gens devraient lire pour comprendre où en sont les droits des femmes et quels combats elles ont dû mener pour en arriver jusqu'ici. Tout en sachant qu'il reste encore beaucoup à faire !
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critiques presse (1)
Sceneario   16 décembre 2016
Thomas Mathieu sert efficacement le propos de Anne-Charlotte Husson (...) la personne idoine pour nous éclairer avec des textes mis à la portée de tout le monde sur un sujet profond, complexe et multiple !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   08 mai 2017
Monique Wittig est une inspiratrice de la théorie QUEER qui critique et déconstruit l'emprise du genre et de la sexualité normative.

Le terme anglais "queer" signifie bizarre, tordu.

C'est aussi une insulte envers les homosexuels.
— Queers

Cette insulte a été détournée et réappropriée au début des années 1990.
— We're here, we're queer, get over it !

Le genre et la sexualité ne sont pas binaires...
Homme/Femme
Hétéro/Homo

... mais un continuum d'identités de genre et de sexualités.
Queer Féminin Non binaire Homo Masculin Bisexuel Pansexuel Asexuel Hétéro
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PrudencePrudence   13 octobre 2017
Comme le rappellent les études médiévistes d'Eliane Viennot ou Régine Pernoud, les femmes avaient obtenu plus de droits au Moyen-Âge qu'à la fin du XVIIIe siècle.
En ces temps-là, il était en tout cas possible, dans le milieu des paysans, des artisans ou des commerçants, qu'une femme puisse gérer seule un atelier, une boutique ou une exploitation. On recensait aussi, vers la fin du XIIIe siècle à paris, quelques femmes médecin, comme Jacqueline Félicie de Almania, des apothicaires ou encore des maîtresses d'école. Et contrairement aux temps de la Révolution française, les femmes, qu'elles soient filles de riches ou filles de pauvres, avaient également droit à l'enseignement.
+ Lire la suite
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PrudencePrudence   13 octobre 2017
On le sait, il fallut attendre les élections municipales d'avril 1945 pour qu'enfin les femmes puissent voter. Comme le rappelle très justement le grand spécialiste des relations de genre par temps de guerre, Fabrice Virgili, le droit de vote des femmes faisait son apparition dans un contexte historique très particulier, puisque de 1943 à 1946, près de vingt mille femmes durent tondues: "Il s'agissait donc de dire aux Françaises, au moment même où elles votaient pour la première fois, que, tout en accédant à la citoyenneté politique, leur corps demeurait sous contrôle masculin".
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PresencePresence   06 mai 2018
Nos problèmes personnels sont des problèmes politiques pour lesquels il n'existe aucune solution personnelle. Il ne peut y avoir qu'une action collective pour une solution collective.
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NinaaluNinaalu   27 janvier 2017
La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune.
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