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EAN : 9782742739318
499 pages
Éditeur : Actes Sud (22/08/2002)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 364 notes)
Résumé :
Réunis autour d'un repas de Thanksgiving, douze convives parlent de la naissance, de la mort, du vertige des pensées et de la valse des sentiments... tandis que le lecteur est instruit par Dieu lui-même du destin vers lequel s'acheminent à leur insu ces personnages.
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
latina
  23 mars 2019
« Les choses les plus importantes font défaut dans les livres qu'on écrit et qu'on enseigne. Si peu d'entre eux évoquent le déclin du désir. L'enlaidissement, la fragilité, l'effroi. La douleur qui nous obstrue la gorge ».
Voilà ce que pense un des 11 invités de Sean Farrell lors du souper de Thanksgiving.

Que vous soyez d'accord ou pas avec cette assertion, Nancy Huston, elle, a prouvé le contraire de magnifique façon dans son roman « Dolce agonia ».
Car il s'agit bien d'une douce agonie, oui.
Douce car nous sommes quand même entre amis, et l'on mange : dinde farcie bien juteuse, tarte au potiron, gâteau au chocolat. Et l'on boit !
Agonie car toutes ces personnes arrivent avec leur lot de vie, surtout de malheurs, qu'ils soient prononcés à voix haute, pensés, ou connus des autres.
Et là, je peux vous certifier que j'ai parcouru une vaste panoplie de tout ce qui peut arriver à des êtres humains !
En vrac : décès d'enfants, divorce douloureux avec interdiction de voir ses enfants, prostitution, viol, torture d'animaux, prison, cancer, boulimie, jalousie, alcoolisme, inceste, guerres, maltraitance, drogue, maladie d'Alzheimer, catastrophe nucléaire et j'en passe...

Les paroles et les pensées s'emmêlent, et même Dieu apparait épisodiquement, autant de fois qu'il y a de personnages, pour nous annoncer comment chacun va mourir.
Autant vous dire que mon cerveau a connu quand même quelques difficultés à s'y retrouver, car des gens, il y en a, vu que toute personne draine toute une flopée d'amis, ennemis, et membres de la famille. Voilà un devoir à donner : « Dressez une fiche par personne, reprenant tous les renseignements disséminés à travers le roman ».

En gros, c'est quelque chose de très jouissif de pénétrer ainsi dans les secrets des coeurs, dans les regrets, les remords, les envies détestables, les mesquineries, les tromperies, les espoirs déçus etc.
Mais c'est aussi tellement démoralisant. La nature humaine n'est-elle composée que de destructions continuelles ?
Nancy Huston a l'air d'y croire, en tout cas. Ou bien alors, elle s'est amusée follement à se venger de cet être civilisé que l'on dit humain...

« Ca ne s'arrêtera jamais, le cycle d'espoir et de désespoir, de destruction systématique et de reconstruction volontariste, mon Dieu, que se passe-t-il ici ? »
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le_Bison
  06 juin 2017
Heureux qui n'a pas vécu un Thanksgiving entre amis fidèles depuis au moins trente ans. Se goinfrer et s'empiffrer comme des porcs, boire et se saouler comme des cochons. le soleil se lève et les préparatifs démarrent déjà pour cette soirée illuminée de retrouvailles et discussions animés. Ce n'est pas encore la porcherie à laquelle je me prépare, jean délavé et chemises à carreaux, rêve d'être bûcheron, que l'on sort une fois dans l'année au sein de la civilisation.
Je ne te fais pas la présentation de tous les invités, de douze à table, voir treize si on compte le marmot qui tête le sein de sa mère, sein bavant d'un lait maternel sucré au sirop d'érable. Sean, Patrizia, des hommes, des femmes, des couples, des divorcés et au milieu de tout ce beau monde, il y a moi l'insignifiant et Dieu le maître d'orchestre.
Première séquence : la préparation du repas où comment bien fourré une grosse dinde. Non, je ne parle pas de Patrizia toujours aussi callipyge avec son âge et des hanches à prendre encore d'envie, de désir, de plaisir. L'animal, la bête, d'abord l'épiler, puis lui mettre un doigt dans le cul. Non carrément la main pour la fourrer. La mettre au four. Plusieurs heures, de nombreuses heures. Pendant ce temps-là se souvenir du passé, des rencontres, des autres. Autre point crucial d'un repas de fête, la préparation du punch. Avec une triple dose. J'ai envie que les gens soient bourrés, alors je ne lésine pas sur les bouteilles de rhum et de cognac. Il n'y a qu'avec un coup dans l'aile – en revenir toujours à la dinde – que les langues se délient et que les gens apparaissent comme ils sont sans inhibition ni appréhension. le secret d'une fête réussie : le pourcentage d'alcool dans un verre de punch, sachant que moi, je vais m'enfiler une bonne bouteille de single malt, importation directe.
Deuxième séquence : les arrivées et les petits fours. Une tenue affriolante, robe noire mini et bien ajustée aux courbes encore gracieuses même vieillissantes. Et toujours cette même envie de la culbuter direct sur la table de la cuisine ou dans la cave. Non (clin d'oeil amusé)… il a ramené sa nouvelle femme qui a l'âge... d'être sa fille. Voilà de quoi entretenir une certaine jalousie entre les femelles de la soirée et de voir les hommes jouer au coq à la plus belle crête. Cocorico, me voilà sortir de la cave, quelques bouteilles de vin à la main. Les premiers verres, les premiers sourires, premiers échanges sur le souvenir. Tu te souviens quand on avait vingt ans et qu'on l'a fait dans le vieux combi Volkswagen ? Et tu t'en souviens quand tu m'as sucé pour la première fois, dans ce motel entre désaffecté et délabré ? Que de souvenirs, nostalgie, mélancolie. L'âge avance, les souvenirs restent. Encore… Signe que nous sommes tous en vie, pour combien de temps.
Effectivement, quand allons-nous mourir ? Dieu est là, entre chaque séquence, entre chaque plat, entre chaque moment de détente. Mc God, le maître de cérémonie, le chef d'orchestre, celui qui dirige et qui donnera la mort à chacun d'entre eux. Dans un an, dans dix ans, dans quarante ans encore. Dans un lit d'une belle mort après la fellation d'une putain de Vegas, ou contre un arbre après une soirée arrosée et un virage mal anticipée, ou sur des rails écrasés par un train de marchandise, un nombre incalculable de wagons venus broyés la chair de ce cher suicidé…
Troisième séquence ou quatrième, j'ai trop bu pour retenir les chiffres : les au-revoir, les embrassades, les oeillades et les mains sur les cuisses. J'ouvre la porte… Câlisse, de la neige, des monticules de neige qui ont enseveli la vallée. Tabarnak ! où est mon char ? Un blizzard à te faire dresser les seins et avoir frette. Fuck le blizzard. Impossible de repartir. Je me pose de nouveau sur le fauteuil en cuir. Un cigare. Un whisky. Juste un doigt. Pas un whisky, d'abord ? J'adore cette réplique, mon majeur en frétille de sourire. Sortir des couvertures, des sacs de couchages, ouvrir le canapé, déplier des draps. Tout le monde dort ici, comme une fête d'étudiant, l'âge en plus, mais les rides et le sourire encore plus charmants. Il faudra donc attendre demain. le café noir, les cheveux en batailles, l'haleine fétide…
Quelles monstrueuses fêtes, ces Thanksgiving américains. Et moi dans tout ça, où je me trouve ? Juste à côté de la cheminée (« un feu vous donne autre chose à regarder que vos pensées »), un coin sombre, un verre qu'une nana vient me remplir de temps en temps (« La vraie question est peut-être la suivante : ton Prozac peut-il s'entendre avec mon scotch »). J'observe, je ne parle pas. de toute façon, je n'ai jamais rien à dire (« Les gens ne changent jamais d'avis au cours d'une conversation. Ils ne le font que dans le silence et la solitude »). Parler ? Mais pour dire quoi… je ne sais même pas. du bulletin météorologique ? du prix d'une pipe dans le bois ? de la vie qui est derrière soi ? Peur d'ennuyer les autres assurément avec une conversation sans intérêt, une vie transparente. Mais est-ce ça, donc, les mondanités d'usage entre amis, parler pour ne rien dire, à tout va à tout vent, pour combler le silence au-dessus de la trompette de Miles. Alors j'observe, en silence, je passe une bonne soirée, je découvre ces vies, ces tranches de vie, ces morts. Je suis bien au chaud, la neige dehors, la chaleur d'un feu et d'un whisky, et Bitches Brew qui distille ses notes.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Emylit23
  14 août 2020
Je ne sais plus par quel biais je suis arrivée à cette lecture et, si une personne me l'a conseillée, je la remercie vivement.
Dieu nous explique le lien qui unit Sean Farrell, poète et hôte de ce soir, à chaque invité. Ils seront douze ou treize si on compte Hal Junior. Cette histoire nous plonge dans les souvenirs de chacun, le plus souvent leurs blessures. On mange, on discute, on boit, on se rappelle... Et entre chaque chapitre, Dieu nous explique le sort qu'il réserve à l'un des convives. Ce dieu n'est pas très miséricordieux, on perçoit une forme de plaisir malsain à la façon dont il va reprendre la vie de certains. Une mort douce pour l'un et beaucoup plus cruelle pour l'autre.
Beaucoup de thèmes sont abordés (amour, désamour, divorce, viol, alcoolisme, perte d'enfant,...). Les thèmes sont douloureux mais la plume de Nancy Huston allège le ressenti. Elle relate un bout de vie de chacun à la manière d'une photographie, elle explique ce qu'elle voit mais ne juge pas.
J'ai vraiment apprécié cette lecture, le ton donné au repas. On dit sans dire en respectant chacun, en essayant de ne pas blesser. Beaucoup plus de non-dits que de réelles discussions sur le vécu des invités. En tant que lecteurs nous partageons davantage les pensées intimes de chacun plutôt que ce qui se passe réellement au cours du repas. Mais n'en est-il pas ainsi dans la vie lorsqu'on est invité à un repas à plusieurs, les discussions fusent et nous ne participons, le temps d'un moment, à aucune mais nous plongeons au fond de nos souvenirs ( certes pas aussi sombres...enfin, j'espère).
Petit bémol, beaucoup de personnages différents et quelques difficultés à s'y retrouver mais bon, tout le monde n'a pas la mémoire qui flanche. J'aurais volontiers fait l'impasse aussi sur la violence infligée à ce moineau. Ce passage est court ouf...
La vie n'est pas un long fleuve tranquille, ce livre nous le raconte bien.
Belle lecture!
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marlene50
  14 mai 2020
Le tableau est planté :
"La Cène" dernier dîner partagé par Jésus et ses 12 apôtres la veille de sa crucifixion.
Ce livre m'a fait pensé à cela.
Pour Thanksgiving Sean invite à dîner ses meilleurs amis de toujours.
Ils seront 12 à table.
Le 13ème sera le narrateur ; Dieu ? à chacun de voir en lisant ce livre.
- Ils parlent, ils boivent, ils égrènent leurs souvenirs communs et les souvenirs cachés plus ou moins avouables.
Ils se connaissent presque par coeur, les mêmes blagues, les mêmes réflexions éculées surgissent lors de leurs échanges.
Ils s'observent, se rappellent tous les bons et les mauvais moments.
Chaque personnage est décortiqué.
Entre chaque chapitre le narrateur nous dit, qu'elle sera leur fin de vie à chacun et de quelle manière il va les rappeler à lui.
Bouquin très bien écrit, intéressant pas d'une gaité folle mais tellement humain.

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LePamplemousse
  11 août 2013
Douze convives sont réunis pour fêter Thanksgiving chez Sean Farrell. Il a invité des collègues romanciers et poêtes, d'anciennes maîtresses, son avocat, mais aussi le peintre de sa maison et son boulanger, ainsi que leurs conjoints respectifs.
Pourquoi avoir choisi de convier des personnes aussi différentes ? Il a ainsi voulu rassembler ceux de ses amis pour qui la solitude aurait ravivé de trop grandes blessures.
Parce que chacun d'eux porte en lui une souffrance qu'il comprend, Sean les aime tous et leur offre cette parenthèse de sérénité, puisqu'il ne croit plus à la joie.
Au cours de cette longue soirée, des préparatifs du repas jusqu'à la nuit qu'ils passeront ensemble à cause d'une tempête de neige, des propos seront échangés, révélant leurs désirs et leurs failles.
Qu'ils soient ambitieux ou blasés, jeunes mères de famille ou vieil homme au seuil de la mort, tous ces personnages nous touchent, tant leur fragilité affleure sous leur carapace de cynisme, de dureté, de froideur parfois.
Le narrateur de ce texte magnifique n'est autre que Dieu lui-même. C'est lui qui nous présentera chacun des protagonistes et surtout nous révèlera, chapitre après chapitre, les circonstances de leur mort future.
Ce roman est extrêmement fort, nous y sommes confrontés aux espoirs déçus, à la solitude, à des souffrances inimaginables chez des êtres ordinaires qui, par leurs introspections, leurs rêves, leur force face aux drames, nous donnent à voir en chacun un être d'exception. La « fatalité » de leur existence nous renvoie à la nôtre, chaque destin ne semblant finalement éclairé que par l'amour.
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   16 février 2017
Je voulais te poser une question, dit Leonid.
- Hm ? dit Sean
- Où est-ce que tu achètes tes chaussettes ?
- Mes chaussettes ?
- Oui... Elles ont l'air de bonne qualité. Elles le sont ?
- Celles-ci ? Euh... c'est à dire...
- Tu vois, parce que je ne sais plus comment faire. Je n'arrive pas à m'habituer à l'idée que les chaussettes de bonne qualité n'existent plus. Ça me donne le cafard. Tu achètes une paire de chaussettes, tu les mets deux, trois fois et voilà que ton gros orteil sort au bout. Je suis prêt à payer plus cher, à condition qu'elles tiennent plus d'une semaine.
- C'est sûrement un complot capitaliste, dit Sean un peu distraitement.
- Ça me met hors de moi ! insiste Leonid. Je vais au supermarché, j'étudie les étiquettes sur les chaussettes et tu sais ce que je vois ? "Acrylique majoritaire." C'est une tragédie, Sean, tu te rends compte ? Ils n'essaient même plus à nous rassurer avec du coton ou de la laine : non, "acrylique majoritaire" ! Si c'est ça le seul ingrédient qu'ils osent avouer, on se demande ce qu'il y a d'autre là-dedans !
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le_Bisonle_Bison   17 mai 2017
Quel veinard, ce Hal. Peu importe de savoir si sa nouvelle idylle sera durable ou non ; l’important c’est que, tout récemment encore, il a connu la joie de serrer contre lui le corps d’une belle inconnue en se disant qu’il lui ferait l’amour sous peu. Quand me suis-je retrouvé pour la dernière fois avec une belle inconnue – courant libres et insouciants sur la plage, main dans la main, s’embrassant sauvagement, s’arrachant les vêtements, plongeant nus dans les vagues, se jetant corps contre corps (A dire vrai il ne s’est jamais adonné à ce genre d’activité, mais il tient à aller jusqu’au bout de son idée.) De nos jours, on ne sait plus faire l’amour, on ne sait faire qu’attention. Attention au sida, attention à la grossesse, attention surtout au plaisir de votre partenaire : les femmes ne veulent plus s’envoler avec vous au septième ciel, non, elles veulent que vous suiviez un stage de six semaines en stimulation clitoridienne, après quoi, ayant rédigé votre mémoire et vous sentant prêt à passer l’examen, elles vous annoncent qu’elles aiment autant faire ça avec une femme(Cela non plus, Sean ne l’a jamais vécu, mais il est emporté par ses propres effets rhétoriques.) Ah, Hal. Le veinard. Le veinard, d’avoir trouvé une fille si simple et si douce à épouser.
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le_Bisonle_Bison   13 avril 2017
La vocation littéraire est à ses yeux la plus élevée de toutes : elle avait vibré en lui autrefois, quand, adolescent boutonneux au lycée de Los Angeles nord, il avait dévoré le canon américain depuis Melville jusqu’à Carver, sûr de les surpasser tous un jour… Et qui sait ? Se dit-il maintenant, amer. J’y serais peut-être arrivé, si la guerre n’avait pas bousillé mon amour-propre… Les vétérans du Vietnam étaient des anti-héros, méprisés et rejetés par leurs pairs. Après son retour au « monde », Brian avait connu une année de désarroi absolu au cours de laquelle il avait roulé en jeep de la Californie jusqu’au Yucatan, embarquant en chemin une minable hippie défoncée à la marie-jeanne. Il avait commencé à fumer avec elle et, l’ayant bêtement mise enceinte dans un motel de Chihuahua grouillant de cafards, s’était résigné à l’épouser et à passer le reste de sa vie avec elle au Mexique.
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le_Bisonle_Bison   31 mai 2017
Qu’est-ce que je cherchais encore merde, ah oui le sirop d’érable : tout au fond du réfrigérateur, Sean aperçoit un gracieux petit flacon de sirop d’érable du Vermont, cadeau de cette brillante romancière rousse – Lizzy ? Zoé ? – je suis sûr qu’il y avait un z dans son nom – qui, venue à l’université il y a deux trois ans, ayant donné une brillante lecture et l’ayant accompagné chez lui après, attiré par son nom et sa célébrité sinon par, bon, passons, lui avait fait une fellation merveilleuse à la lumière des bougies en refusant de le laisser réciproquer de quelque façon que ce soit, il ne sait plus pourquoi, peut-être avait-elle ses règles ou alors un petit ami, toujours est-il que le lendemain matin elle lui avait fait des crêpes et s’était scandalisée de ne pas trouver dans sa maison la moindre goutte de sirop d’érable.
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le_Bisonle_Bison   05 avril 2017
il vérifie la liste d’ingrédients pour sa propre contribution au repas. De l’ananas frais (il l’a acheté en boîte), des fraises fraichement cueillies (il les a acheté surgelées), un demi-litre de rhum, un demi-litre de jus de citron, un tiers de litre de jus d’orange, un quart de litre de grenadine, deux bouteilles de cognac et deux litres de Canada Dry. Il a envie qu’à la fin de la soirée tous ses invités sans exception soient imbibés – même Beth la vertueuse, Beth l’abstinente – et rien ne vaut le punch pour la consommation involontaire de grandes quantités d’alcool.
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Videos de Nancy Huston (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nancy Huston
En 2018, Cécile Ladjali recevait Nancy Huston dans le cadre des rencontres "En chair en textes", pour parler de son roman "Lèvres de pierre". ---------- https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/levres-de-pierre
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