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EAN : 9782742770281
349 pages
Éditeur : Actes Sud (28/09/2007)
4/5   16 notes
Résumé :

Vous qui n'entendrez jamais résonner le rire "réel" d'Annie Leclerc, vous pourrez lire, ici, son rire écrit. Il est réel aussi, c'est bien là le miracle. Nous laissons, par-delà la mort, des millions de signes de vie. (...) Grâce au lait qu'Annie et moi nous adonnions à l'écriture, nos signes de vie perdurent aussi sous la forme de mots écrits. Cela me permet d'explorer ce que je veux dire quand je dis "je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
myriampele
  15 novembre 2020
Que voilà donc une lecture qui me fait du bien!
En cette période difficile, je re-découvre ce livre, abandonné il y a déjà quelques années, parce que ce n'était pas le bon moment.
C'est avant tout un hymne à l'amitié: celle de Nancy Huston ( qui écrit) et de Annie Leclerc, décédée.
Nancy Huston, dont j'apprécie vraiment la plume, passe en revue différents chapitres de la vie et des écrits de son amie.
Annie Leclerc avait, dans les années 70, provoqué bien des protestations en mettant la femme au coeur de sa réflexion, mais, contrairement à Simone de Beauvoir, par exemple, en soulignant sa différence avec l'homme, en donnant de l'importance à ce que l'on avait rabaissé: toutes les tâches quotidiennes lui revenant.
Dans cet ouvrage Nancy Huston cite de nombreux extraits des écrits de Annie Leclerc, et nous fait partager les rires et les larmes qui les ont unies .
Annie Leclerc méritait bien un livre, que lui offre son amie et que la lectrice que je suis a, le temps d'une lecture, pris comme un cadeau. Moi qui souvent ai tendance à lire assez vite, j'ai souvent savouré les phrases, les moments, les pensées.
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andras
  17 mars 2016
Qui est donc cette Annie Leclerc dont Nancy Huston nous raconte dans ce livre merveilleux les passions ? Les plus anciens d'entre vous se rappeleront peut-être qu'un pamphlet féministe intitulé "Parole de femme" avait défrayé la chronique dans les années 70, se mettant à dos aussi bien les machos que certaines féministes "beauvoiriennes" qui considéraient que la femme ne sortirait de sa condition inférieure qu'en devenant ... un homme (ou presque). Annie Leclerc en était l'auteur et, jeune homme, j'ai lu son livre avec délice : pour elle, loin d'être inférieure, la femme était riche de choses délicieuses et jouissives que l'homme ne connaissait pas, et de ces choses là, il était urgent de parler et même de philosopher, pas pour jargonner mais pour réfléchir aux raisons qui faisaient que la femme n'avait d'autres choix que de se taire ou de ressembler à l'homme. Pour ma part, j'étais tout disposé à en parler et à découvrir ce féminin qui était tu !
Ce livre me l'a appris : Annie Leclerc est morte récemment. Nancy Huston était devenue son amie. C'est avec tout son coeur et toute sa sensibilité que Nancy Huston parcourt avec nous l'album thématique de la vie d'Annie Leclerc en le croisant à l'occasion (et l'occasion est souvent présente) avec sa vie propre. On découvre éffectivement combien ces 2 femmes étaient proches et on y croise aussi une troisième comparse du nom de Severine Auffret. C'est donc un livre de philosophie mêlé à un livre d'amitié et presque d'amour tant l'hommage que NH rend à "Leclerc" est vibrant et sincère. C'est un éloge d'une philosophie qui part du quotidien et des "petites choses" pour tenter de comprendre les "grandes choses", la violence, les rapports hommes/femmes, la Shoah, la vie et la mort ...
Une fois de plus je suis sous le charme de l'écriture de Nancy Huston, de son intelligence des choses de la vie, de son "savoir-dire" les choses que nous ressentons et qu'il est si difficile d'exprimer. Une philosophie de la nuance, du doute, de la respiration loin des incantations des maîtres-penseurs. Ces "passions d'Annie Leclerc" est peut-être son livre le plus abouti.
Ajout : Il est à noter que NH revient aussi sur certains aspects de son dernier essai "Professeurs de désespoir" et sur le nihilisme (ou le "néantisme" selon l'expression qu'a forgé NH). Si Cioran revient 2 ou 3 fois sous la plume de NH, c'est surtout avec Kundera qu'elle continue de polémiquer tout en avouant que le regard kunderien sur la vie ne lui est pas étranger. NH nous rappelle que dans son "Livre du rire et de l'oubli" (que je me souviens avoir beaucoup aimé !), Kundera s'en prend assez violemment aux propos d'Annie Leclerc dans "Parole de femme", se gaussant de sa défense des "petites fleurs et des petits oiseaux". Bien-sûr NH prend la défense de son amie mais curieusement finit par regretter que Kundera et Leclerc ne se soit pas un jour rencontrés, non pour se convaincre mais peut-être pour atténuer leur opposition. On ne peut s'empêcher de penser que NH parle aussi pour elle-même. C'est aussi la magie de NH d'être elle-même et les autres à la fois.
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fanfanouche24
  09 mai 2013
Un texte poignant, foisonnant d'émotion, d'admiration de Nancy Huston rendant hommage à son amie, Annie Leclerc, disparue trop tôt...en double ligne directrice, le parcours parallèlle de deux auteures, absorbées et engagées à fond dans leur travail d'écriture . Nancy Huston nous parle du parcours de son amie, de ses engagements, de ses passions multiples, dont pour Jean-Jacques Rousseau, ses convictions, ses années auprès des prisonniers pour animer des ateliers d'écriture....Un portrait très riche d'une personnalité exceptionnelle et entière dans ses engagements où son écriture est reliée à ses convictions, et ses actions sur le terrain....Une grande dame dont l'amie, Nancy Huston, nous fait partager leur amitié ainsi que ce tout ce qui a nourri Nancy Huston, dans sa vie, ses propres textes, ...à travers cette rencontre très forte.
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jolimoisdemai
  20 août 2013
Récit, recueil d'une amitié profonde, rare, éclairée, intelligente et tellement féminine dans ses lettres de noblesse!
Il me semble qu'il s'agit là du plus bel hommage que je n'ai jamais lu...
Sans connaître Annie Leclerc, Nancy Huston décrit la vie de cette femme avec tant de justesse que l'on voit Annie Leclerc, on l'entend, on discute avec elle, et surtout, on rit avec elles deux!
De leurs voix à l'unisson, elles développent le thème du féminisme tel que je le rêve encore, où la femme dans toutes ses actions "féminines" est valorisée, où elles osent dire combien les tâches féminines peuvent être source de gratitude envers soi-même, et surtout, sources de réflexions hautement philosophiques n'en déplaise à Simone de Beauvoir, à Faulkner et même à Kundera!
Combien les voix de femmes devraient être entendue et reçues, combien les hommes gagneraient à leur écoute.
Il fallait oser, surtout à cette époque d'émancipation, elles l'on fait et de façon intelligente, pétrie d'humour et de bon sens...
Je découvre un livre rare qui restera longtemps en mémoire et près de moi!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
sterster   22 mai 2011
Il me semble que beaucoup d'écrivains sont ainsi, en alternance hédonistes et dépressifs. Ils voient, mieux que les autres, en quoi et pourquoi il importe de goûter à l'instant présent (ce repas, cette caresse, ce sourire d'enfant, ce morceau de Schubert joué par Marha Argerich)... mais sont aussitôt happés par l'écriture, cet ailleurs, ce non-lieu par excellence, qui, seule, peut consigner l'instant. Le jardin est là, et se dérobe : précisément parce qu'il faut le dire, le penser, l'écrire. Nous en jouirons plus tard... seulement le plus tard ne vient jamais; et nous voilà perpétuellement "en lisière de paradis
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EipocaEipoca   02 avril 2011
Dire que l'amour relève de l'imaginaire ne signifie nullement qu'il se passe ailleurs que dans le réel. Non, car l'imagination est partie intégrante de la réalité humaine. De chaque être que nous croisons dans la vie nous formons une image. Chaque fois qu'on passe du temps avec cet être ou qu'on apprend un fait nouveau à son sujet, on approfondit et complexifie cette image, on lui apporte de petites retouches, on révise son empreinte dans note mémoire, on la laisse se marier à nos neurones...
Connaître quelqu'un, ai-je envie de dire, c'est cela: le laisser pénétrer en vous.
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EipocaEipoca   02 avril 2011
(citant Annie Leclerc: )
Rire sans raison est absurde, dites-vous? Mais rien n'a plus de sens, de bon sens au contraire. Vous dites, la vie est absurde, et ça vous fait gémir et vous lamenter. Moi aussi je la trouve absurde, la vie, à la lumière de votre raison; mais moi ça me fait rire, et jouir de la gratuité immense de ce hasard miraculeux, sans cause, sans but, sans fin. Parce que la vie est plus forte que votre raison, vous pleurez la faiblesse de votre raison. Mais rien n'est plus sage que mon fou rire, écho de joie à la folie du vivre.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 mai 2013
C'est connaissance et reconnaissance qui jaillissent lorsqu'on trouve un auteur qui vous parle, vous convie, vous convient d'un bout à l'autre de son oeuvre et en profondeur: plus on le lit, plus la lumière se fait...non seulement sur la pensée de cet auteur mais sur sa vie...la nôtre...et la Vie en général. Pour moi ce furent, découverts à la quarantaine, les trente-deux romans de Romain Gary; pour Annie, dès l'enfance et puis par fulgurances successives, l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau. ORIGINES est le beau titre du livre qu'elle lui consacre en 1988..Origines de l'inégalité, c'est-à-dire de soi....Remonter est le thème: explorer les différentes sources du soi dans la compagnie d'une intelligence autre mais proche, complice.(p.73)
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fanfanouche24fanfanouche24   09 mai 2013
Me plaît dans les lectures d'Annie- à moi lectrice omnivore, anxieuse, pressée, désordonnée- son exigence d'écoute et d'échange approfondis. L'érudition ne l'intéressait pas. elle lisait avec sa mémoire, son espoir, ses sens en éveil. Elle prenait son temps. Lisant, relisant, relisant encore, avec patience et passion, lentement, longuement, en griffonnant des notes, en méditant, en tirant tout le suc de sens de chaque livre qu'elle avait décidé de lire.(p.44)
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Videos de Nancy Huston (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nancy Huston
Avec Nancy Huston et ses invités. Grand entretien animé par Olivia Gesbert au Centre de la Vieille Charité à Marseille le 17 juillet 2021.
Née à Calgary, Nancy Huston a grandi au Canada anglophone. Elle en garde des souvenirs forts qui parcourent son oeuvre protéiforme et riche, romans, nouvelles, essais, théâtre, correspondances, livres pour la jeunesse mais aussi dialogues entre ses textes et des photographies, des dessins ou des peintures. Parmi ses souvenirs, celui, fondateur, de sa mère qui décide de quitter le foyer familial et ses trois enfants pour poursuivre ses études aux États-Unis. À cette mère absente, la petite fille écrit des lettres, s'interroge sur les raisons de ce départ qui forment autant de scénarios intérieurs et vont faire d'elle une romancière précoce.
Installée en France à l'âge de 20 ans, Nancy Huston découvre une autre culture et les combats féministes, cause pour laquelle elle continue aujourd'hui de prendre position en souhaitant que le féminisme ne se limite pas à la sphère sexuelle mais dénonce aussi les « valeurs viriles qui gouvernent la planète », conduisant à la guerre et aux violences physiques. L'écologie, les rapports entre pays riches et pauvres sont aujourd'hui au centre de son travail, comme dans son dernier roman, Arbre de l'oubli, un grand livre sur la quête des origines à travers une famille américaine observée sur trois générations. Une jeune femme, Shayna Rabenstein, née d'une procréation pour autrui, avec un père originaire d'une famille juive de Tchécoslovaquie installée dans le Bronx et une mère issue d'une famille bourgeoise protestante du New Hampshire, décide de partir sur les traces de sa mère biologique, afroaméricaine. Elle se rend à Ouagadougou, portant en elle toutes les questions et les contradictions de notre temps – genre, féminisme, procréation, laïcité… – que ce beau roman parvient à embrasser.
Au cours de ce grand entretien, Nancy Huston nous emmènera aussi en Haïti, pays dont la culture et les rites la fascinent, avec la présence à ses côtés de Jean-Marie Théodat ; on la suivra aussi à Paris dans les ateliers musique et poésie qu'elle mène passionnément. Car la musique est aussi l'une des grandes affaires de sa vie, comme en témoignent ses nombreuses collaborations avec des musiciens parmi lesquels Freddy Eichelberger, organiste et claveciniste avec qui elle improvisera une lecture musicale dans la cour de la Vieille Charité.
Une rencontre avec une grande romancière d'aujourd'hui porteuse d'une indéfectible énergie littéraire, politique et vitale, qui ne cesse d'interroger les bruits du monde. ____ À lire Nancy Huston, Arbre de l'oubli, Actes Sud, 2021. ____ En coréalisation avec la Ville de Marseille — Musées de Marseille. ____ Replay et podcasts ohlesbeauxjours.fr
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