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Jules Castier (Autre)
EAN : 9782020046558
384 pages
Éditeur : Seuil (01/06/1977)
3.85/5   24 notes
Résumé :
La Philosophie éternelle date de 1945, treize ans après le Meilleur des Mondes. Au désespoir, Huxley n'oppose pas seulement l'érudition et l'humour ; ce grand voyageur, qui fit le tour du monde en sceptique et expérimenta les drogues en documentaliste, s'est défendu du pessimisme par ces deux formes de l'intelligence à l'affût d'elle-même que sont l'ironie et le savoir.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
colimasson
  20 février 2014
On trouverait aisément des preuves marquant le clivage existant entre les grandes religions du monde ; trouver leur dénominateur commun est moins aisé. Les textes et leurs interprétations prolifèrent et créent un parasitage intense. Celui qui les découvre et cherche à les comprendre doit se placer dans une disposition d'esprit telle que l'apparition des similarités devra être son premier objectif. Qui cherche trouve ? Oui, mais cela ne réduit en rien la portée de cette Philosophie éternelle qui, au même titre que les théories schismatiques, se veut avant tout disposition d'esprit de l'observateur.

Aldous Huxley, que l'on connaît surtout pour son Meilleur des mondes, se fait l'auteur d'une anthologie regroupant près de150 auteurs dont les pensées convergent vers la Philosophie éternelle. Au-delà de la pensée théorique, cette philosophie est une expérience de l'unité et de l'indifférence cosmique à l'égard de l'individu, ceci afin d'exacerber le rôle significatif d'un ensemble participant à une même nature. Quel que soit le nom que l'on donne à cette nature qui nous échappe parce qu'elle dépasse le dicible (« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » écrivait aussi Wittgenstein pour décrire le mystique), les auteurs que l'on rencontre dans cet ouvrage, éclairés par les commentaires d'Aldous Huxley, s'accordent malgré les différences de concepts.

Inutile d'en écrire davantage sur ce livre. Sans vouloir faire preuve d'hermétisme, son propos ne s'adressera qu'à une catégorie de personnes dont les expériences de vie personnelles auront déjà su rendre aptes à la perception de cette dimension d'éternité. Aldous Huxley écrit simplement :

« le progrès spirituel s'effectue par la connaissance croissante du moi, en tant que rien, et de la Divinité en tant que Réalité embrassant toutes choses. (Une telle connaissance, bien entendu, est sans valeur si elle est simplement théorique ; pour être efficace, il faut qu'on en ait conscience à titre d'expérience immédiate, intuitive, et qu'on agisse d'une façon appropriée) »

Rien de religieux derrière tout cela –à moins que l'on qualifie de « religieux » tout ce qui ne relève pas des mécanismes de pensée routiniers et dans ce cas, les sciences ou la philosophie sont aussi religieuses que la pensée d'un Lao Tseu ou d'un Maître Eckhart, pour n'en citer que deux. On retrouve aussi les idées de L'éthique de Spinoza dans cette philosophie éternelle qui cherche à abolir l'immédiateté des passions de l'individu ; on y trouve des concepts propres à la physique quantique, ainsi Eckhart écrivant que « Dieu devient et dé-devient » ; ou encore une architecture fractale de l'univers, Yung-chia Ta-Shih écrivant « Une seule Réalité comprenant toutes choses, renferme en elle-même toutes les réalités ». L'univers devient ainsi vaste réseau d'échanges informationnels, le tout interrogeant ses parties, les parties influençant le tout, le tout déterminant à nouveau les parties ( «Parce que nous sommes libres, il nous est possible de répondre bien ou mal aux interrogations de la vie »).

Il ne sera pas question d'actualité politique ni de rumeurs historiques, pour le plus grand soulagement du lecteur qui perçoit le parasitage existant entre son expérience quotidienne et ses intuitions plus profondes. Si Aldous Huxley n'invente rien de particulier dans cette Philosophie éternelle, il faut toutefois saluer un travail honorable qui passe par les étapes d'un éclectisme culturel le faisant cheminer de Maître Eckhart à Chiang Chih-chi, de Fénelon à Huang Po, de William Law à Abou Sa'id, sans que ni les divergences chronologiques, ni l'éloignement géographique, n'inscrivent ces pensées dans des étaux culturels distincts ; par un ordonnancement structuré et progressif de ces textes permettant de mettre en valeur leur dénominateur commun, par-delà les luttes d'instantanés et d'égocentrismes. Aldous Huxley se fait maître passeur des idées de la philosophie éternelle sans jamais se montrer plus fier et vindicatif que ne le permet la nature même de cette pensée.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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stcyr04
  19 avril 2016
La philosophia perennis (ou philosophie éternelle) est la métaphysique qui reconnait une réalité divine substantielle au monde des choses, des vies et des esprits. A travers de nombreuses citations de textes et de mystiques bouddhistes, taoïstes, hindouistes, chrétiens, soufis et profanes, l'auteur nous livre un texte incitant à vivre "ici et maintenant". Un oeuvre éclairée contre toutes les formes d'intégrisme et d'intolérance.
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Duluoz
  26 février 2018
Avant que de pousser les portes de la perceptions, il fallut pour A. Huxley user de toute sa sapience pour secouer de leurs gonds les pesantes et rigides "portes du Temple".
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   20 juillet 2014
Chez certaines personnes, les symptômes de la dyspepsie font leur apparition quand l’esprit conscient est troublé par les émotions négatives telles que la peur, l’envie, la colère ou la haine. Ces émotions sont dirigées vers des évènements ou des personnes du milieu extérieur ; mais, d’une façon ou d’une autre, elles affectent défavorablement l’intelligence physiologique, et ce dérangement a pour résultat, entre autres choses, l’ « indigestion nerveuse ». Depuis la tuberculose et l’ulcère gastrique jusqu’aux maladies du cœur et même à la carie dentaire, on a constaté que de nombreux troubles physiques sont en corrélation étroite avec certains états indésirables de l’esprit conscient.
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colimassoncolimasson   04 octobre 2014
La bave de l’amour personnel et émotif ressemble de loin à l’eau de l’être spirituel de la Divinité, mais elle est de qualité inférieure et (précisément parce que cet amour est émotif et, partant, personnel) en quantité insuffisante. Ayant, par leur ignorance volontaire, fait taire les sources divines, les êtres humains peuvent faire quelque chose pour adoucir les horreurs de la situation, en « se maintenant les uns les autres mouillés avec leur bave ». Mais il ne peut y avoir de bonheur ni de sécurité dans le temps, ni de délivrance donnant accès à l’éternité, tant qu’ils n’ont pas renoncé à croire que la bave suffit, et en s’abandonnant à ce qui est, en fait, leur élément, n’ont pas rappelé les eaux éternelles.
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colimassoncolimasson   16 novembre 2014
Il semble que, dans le test d’intelligence cosmique, toute la matière vivante, hormis l’humaine, ait succombé à un moment ou un autre au cours de sa carrière biologique, à la tentation d’assumer, non pas la forme finalement la meilleure, mais la plus immédiatement profitable. Par un acte de quelque chose d’analogue au libre arbitre, toutes les espèces sauf l’humaine, ont choisi les profits rapides de la spécialisation, les délices présentes d’être parfaites, mais parfaites à un niveau d’être inférieur. Le résultat, c’est qu’elles sont toutes à l’extrémité d’une impasse évolutionnelle. […] En tant qu’espèces, elles ont choisi la satisfaction immédiate du moi, plutôt que l’aptitude à la réunion avec le Fondement divin. Pour ce mauvais choix, les formes de vie non humaines sont punies négativement, en étant empêchées de réaliser le bien suprême, dont est susceptible seulement la forme humaine, non spécialisée, et, partant, plus libre, plus hautement consciente. Mais il faut se rappeler, bien entendu, que l’aptitude au bien suprême n’est acquise qu’au prix de devenir également capable du mal extrême.
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colimassoncolimasson   03 novembre 2014
Aujourd’hui, les jeunes proclament sans arrêt à quel point ils « aiment » et « adorent » différentes catégories d’aliments et de boissons ; les adolescents et les adultes parlent des « frissons » qu’ils tirent de la stimulation de leur sexualité. La philosophie populaire de la vie a cessé d’être fondée sur les classiques de la dévotion et les règles de la bonne éducation aristocratique, et elle est maintenant façonnée par les auteurs de slogans publicitaires, dont l’idée unique est de persuader à tout le monde de devenir aussi extraverti, aussi gourmand sans retenue, que possible, puisque, bien entendu, ce sont uniquement les possessifs, les agités, les distraits qui dépensent de l’argent pour les choses que les annonciers désirent vendre. Le progrès technologique est, pour une part, le produit de la révolution somatotonique, et pour une autre part, la cause et le soutien de cette révolution.
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colimassoncolimasson   10 octobre 2014
« Il m’a injurié, il m’a battu, il m’a vaincu, il m’a volé » -chez ceux qui entretiennent des pensées semblables, la haine ne cessera jamais.
« Il m’a injurié, il m‘a battu, il m’a vaincu, il m’a volé » -chez ceux qui n’entretiennent pas des pensées semblables, la haine cessera.

-Dhammapada-
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Vidéo de Aldous Huxley
La Société fabienne: les maîtres de la subversion démasqués, par Guy Boulianne : https://www.amazon.ca/dp/177076738X.
Ce livre n'est pas sans rappeler les livres de Serge Monast (L'intégrale), de Yann Moncomble (L'irrésistible expansion du mondialisme) et Jacques Bordiot (Une main cachée dirige). Mais celui auquel il paraît le plus proche est celui de Epiphanius, « Maçonnerie et sectes secrètes, le côté caché de l'histoire ».
Après avoir tracé un historique, terreau sur lequel a pu s'établir la Société Fabienne – la City de Londres et la vogue du socialisme et du communisme – l'auteur s'attache à démontrer comment cette société s'infiltre partout dans le monde et dans toutes les couches de la société, par l'intermédiaire de leurs promoteurs et de son école à formater l'esprit de ses élèves, la London School Economics, dans le but de diffuser leurs idées de domination du monde. de quoi s'agit-il ? Comme les Illuminés de Bavière de Weishaupt, la Société Fabienne vise à renverser les acquis de l'ancien monde. Seulement elle ne le fait pas comme les Bolchéviques (dont elle est proche idéologiquement comme l'a démontré Pierre Elliott Trudeau), dans la révolution et la violence, non, elle le fait progressivement, graduellement, patiemment. L'auteur affirme que : « le plan est très ésotérique et rusé, et difficile à comprendre pour la majorité des gens. »
C'est un plan qui vise à abolir les nations (le Canada se vante d'être le premier État post-national qui se définit par son multiculturalisme et non plus par son histoire), la propriété comme l'impose le communisme. Ce plan vise à faire du monde un grand village où toutes les races et les religions sont mélangées, les particularités des peuples anéanties, les individualités niées, ou tout est formaté, uniformisé, tracé, comme dans « le meilleur des mondes » de Aldous Huxley. Les Fabiens sont non seulement des immigrationnistes forcenés, mais également des eugénistes convaincus. L'humanité doit être réduite coûte que coûte, vaille que vaille, afin que leur plan reste viable. Pour eux tout est bon pour casser l'ancien monde. La promotion des drogues et d'une contre-culture satanique telle que celle des Beatles et des Rollings Stones vise a égarer la jeunesse. Rendre faux, idiot, bête, inculte, docile, perméable à tout et n'importe quoi, éloigner de l'essentiel, couper l'être humain de son humanité, voilà le programme que les adeptes de la Société Fabienne réserve à l'humanité entière et qui est sur le point de réussir, malheureusement. L'auteur enchaîne avec précision sur les technologies qui permettent d'asservir l'humanité en un chapitre terrifiant qui aborde les problèmes de l'intelligence artificielle, de la puce RFID et de la 5G, véritable « soupe » d'ondes qui entoure la planète Terre, aucun être vivant n'y échappant !
— Philippe Pfeiffer
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