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Jules Castier (Traducteur)
EAN : 9782251454498
382 pages
Les Belles Lettres (15/09/2023)
3.88/5   34 notes
Résumé :
La Philosophie éternelle date de 1945, treize ans après le Meilleur des Mondes. Au désespoir, Huxley n'oppose pas seulement l'érudition et l'humour ; ce grand voyageur, qui fit le tour du monde en sceptique et expérimenta les drogues en documentaliste, s'est défendu du pessimisme par ces deux formes de l'intelligence à l'affût d'elle-même que sont l'ironie et le savoir.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
On trouverait aisément des preuves marquant le clivage existant entre les grandes religions du monde ; trouver leur dénominateur commun est moins aisé. Les textes et leurs interprétations prolifèrent et créent un parasitage intense. Celui qui les découvre et cherche à les comprendre doit se placer dans une disposition d'esprit telle que l'apparition des similarités devra être son premier objectif. Qui cherche trouve ? Oui, mais cela ne réduit en rien la portée de cette Philosophie éternelle qui, au même titre que les théories schismatiques, se veut avant tout disposition d'esprit de l'observateur.


Aldous Huxley, que l'on connaît surtout pour son Meilleur des mondes, se fait l'auteur d'une anthologie regroupant près de150 auteurs dont les pensées convergent vers la Philosophie éternelle. Au-delà de la pensée théorique, cette philosophie est une expérience de l'unité et de l'indifférence cosmique à l'égard de l'individu, ceci afin d'exacerber le rôle significatif d'un ensemble participant à une même nature. Quel que soit le nom que l'on donne à cette nature qui nous échappe parce qu'elle dépasse le dicible (« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » écrivait aussi Wittgenstein pour décrire le mystique), les auteurs que l'on rencontre dans cet ouvrage, éclairés par les commentaires d'Aldous Huxley, s'accordent malgré les différences de concepts.


Inutile d'en écrire davantage sur ce livre. Sans vouloir faire preuve d'hermétisme, son propos ne s'adressera qu'à une catégorie de personnes dont les expériences de vie personnelles auront déjà su rendre aptes à la perception de cette dimension d'éternité. Aldous Huxley écrit simplement :


« le progrès spirituel s'effectue par la connaissance croissante du moi, en tant que rien, et de la Divinité en tant que Réalité embrassant toutes choses. (Une telle connaissance, bien entendu, est sans valeur si elle est simplement théorique ; pour être efficace, il faut qu'on en ait conscience à titre d'expérience immédiate, intuitive, et qu'on agisse d'une façon appropriée) »


Rien de religieux derrière tout cela –à moins que l'on qualifie de « religieux » tout ce qui ne relève pas des mécanismes de pensée routiniers et dans ce cas, les sciences ou la philosophie sont aussi religieuses que la pensée d'un Lao Tseu ou d'un Maître Eckhart, pour n'en citer que deux. On retrouve aussi les idées de L'éthique de Spinoza dans cette philosophie éternelle qui cherche à abolir l'immédiateté des passions de l'individu ; on y trouve des concepts propres à la physique quantique, ainsi Eckhart écrivant que « Dieu devient et dé-devient » ; ou encore une architecture fractale de l'univers, Yung-chia Ta-Shih écrivant « Une seule Réalité comprenant toutes choses, renferme en elle-même toutes les réalités ». L'univers devient ainsi vaste réseau d'échanges informationnels, le tout interrogeant ses parties, les parties influençant le tout, le tout déterminant à nouveau les parties ( «Parce que nous sommes libres, il nous est possible de répondre bien ou mal aux interrogations de la vie »).


Il ne sera pas question d'actualité politique ni de rumeurs historiques, pour le plus grand soulagement du lecteur qui perçoit le parasitage existant entre son expérience quotidienne et ses intuitions plus profondes. Si Aldous Huxley n'invente rien de particulier dans cette Philosophie éternelle, il faut toutefois saluer un travail honorable qui passe par les étapes d'un éclectisme culturel le faisant cheminer de Maître Eckhart à Chiang Chih-chi, de Fénelon à Huang Po, de William Law à Abou Sa'id, sans que ni les divergences chronologiques, ni l'éloignement géographique, n'inscrivent ces pensées dans des étaux culturels distincts ; par un ordonnancement structuré et progressif de ces textes permettant de mettre en valeur leur dénominateur commun, par-delà les luttes d'instantanés et d'égocentrismes. Aldous Huxley se fait maître passeur des idées de la philosophie éternelle sans jamais se montrer plus fier et vindicatif que ne le permet la nature même de cette pensée.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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La philosophia perennis (ou philosophie éternelle) est la métaphysique qui reconnait une réalité divine substantielle au monde des choses, des vies et des esprits. A travers de nombreuses citations de textes et de mystiques bouddhistes, taoïstes, hindouistes, chrétiens, soufis et profanes, l'auteur nous livre un texte incitant à vivre "ici et maintenant". Un oeuvre éclairée contre toutes les formes d'intégrisme et d'intolérance.
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"Les bons spiritualisent leur corps; les méchants incarnent leur âme"

Face aux idéologies du XXème siècle, qui ont fait naître le Meilleur des mondes, Aldous Huxley a longuement réfléchi au sujet de la philosophie éternelle.

Une philosophie qui ne s'apparente pas principalement à la religion, mais à un message commun à tous les peuples. Message qu'il faut percer à jour pour sortir de l'aveuglement, qui pourrait unir les peuples plutôt que les diviser.

Ce livre est un recueil de textes, de divers courants de pensées et de divers religieux, tous analysés et commentés par Huxley.
L'auteur ne se focalise pas sur une période de l'Histoire, donnant à cette oeuvre une dimension universelle.

Commençant par "le point focal où l'esprit et la matière, l'action et la pensée, ont leur lieu de rencontre dans la psychologie humaine", nous allons découvrir le concept d'âme, du fondement de l'homme et de l'univers.

Ces concepts vont nous mener à l'homme face à ses maux, et des vertus qu'il doit se découvrir pour avancer, avant de conclure sur la délivrance, l'union avec la force Divine, créatrice et éternelle, celle qui apporte la paix à l'homme.

Chaque partie est captivante, on voit un courant de pensée, qui au final, relie chaque homme et chaque culture.
Qu'elles soient éloignées par le temps ou la distance, une force guide l'humanité et chaque culture voudrait la traduire à sa manière, d'où les différentes formes de liturgies existantes.

Cet ouvrage m'a également rappelé Gurdjieff et ses humains "trop occupés à chercher midi à quatorze heures", qui agissent pour peu, ou qui compliquent les choses au point de n'en plus rien comprendre.
Gurdjieff qui s'inquiétait de cet aveuglement qui pousse l'homme à la haine et à son autodestruction.

Une très belle découverte qui ravira tout curieux.
Un grand merci aux éditions Les Belles Lettres pour ce service presse.
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Cet essai de Aldous Huxley est une magistrale synthèse qui rapproche les religions, les traditions d'Orient et d'Occident, à la recherche d'une pensée mondiale, à mi-chemin de la science et de la mystique dénommée "Philosophie Eternelle" et qui, au-delà d'apparentes oppositions ou évolutions, est une empreinte permanente de la pensée humaine, à qui elle indique un chemin spirituel.
Ce n'est pas un livre facile d'abord et j'y suis arrivé après de nombreuses années de franc-maçonnerie et d'approche des autres ésotérismes (chamanisme, tantra, méditation).
L'approche de Aldous Huxley est intéressante mais l'ouvrage gagnerait en lisibilité avec mois d'exemples et de chapitres. Elle reste en outre fortement imprégnée par les cultures monothéistes, notamment chrétiennes ce qui, à mon sens, limité son impact et sa portée.
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Avant que de pousser les portes de la perceptions, il fallut pour A. Huxley user de toute sa sapience pour secouer de leurs gonds les pesantes et rigides "portes du Temple".
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
Chez certaines personnes, les symptômes de la dyspepsie font leur apparition quand l’esprit conscient est troublé par les émotions négatives telles que la peur, l’envie, la colère ou la haine. Ces émotions sont dirigées vers des évènements ou des personnes du milieu extérieur ; mais, d’une façon ou d’une autre, elles affectent défavorablement l’intelligence physiologique, et ce dérangement a pour résultat, entre autres choses, l’ « indigestion nerveuse ». Depuis la tuberculose et l’ulcère gastrique jusqu’aux maladies du cœur et même à la carie dentaire, on a constaté que de nombreux troubles physiques sont en corrélation étroite avec certains états indésirables de l’esprit conscient.
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Il semble que, dans le test d’intelligence cosmique, toute la matière vivante, hormis l’humaine, ait succombé à un moment ou un autre au cours de sa carrière biologique, à la tentation d’assumer, non pas la forme finalement la meilleure, mais la plus immédiatement profitable. Par un acte de quelque chose d’analogue au libre arbitre, toutes les espèces sauf l’humaine, ont choisi les profits rapides de la spécialisation, les délices présentes d’être parfaites, mais parfaites à un niveau d’être inférieur. Le résultat, c’est qu’elles sont toutes à l’extrémité d’une impasse évolutionnelle. […] En tant qu’espèces, elles ont choisi la satisfaction immédiate du moi, plutôt que l’aptitude à la réunion avec le Fondement divin. Pour ce mauvais choix, les formes de vie non humaines sont punies négativement, en étant empêchées de réaliser le bien suprême, dont est susceptible seulement la forme humaine, non spécialisée, et, partant, plus libre, plus hautement consciente. Mais il faut se rappeler, bien entendu, que l’aptitude au bien suprême n’est acquise qu’au prix de devenir également capable du mal extrême.
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Aujourd’hui, les jeunes proclament sans arrêt à quel point ils « aiment » et « adorent » différentes catégories d’aliments et de boissons ; les adolescents et les adultes parlent des « frissons » qu’ils tirent de la stimulation de leur sexualité. La philosophie populaire de la vie a cessé d’être fondée sur les classiques de la dévotion et les règles de la bonne éducation aristocratique, et elle est maintenant façonnée par les auteurs de slogans publicitaires, dont l’idée unique est de persuader à tout le monde de devenir aussi extraverti, aussi gourmand sans retenue, que possible, puisque, bien entendu, ce sont uniquement les possessifs, les agités, les distraits qui dépensent de l’argent pour les choses que les annonciers désirent vendre. Le progrès technologique est, pour une part, le produit de la révolution somatotonique, et pour une autre part, la cause et le soutien de cette révolution.
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La bave de l’amour personnel et émotif ressemble de loin à l’eau de l’être spirituel de la Divinité, mais elle est de qualité inférieure et (précisément parce que cet amour est émotif et, partant, personnel) en quantité insuffisante. Ayant, par leur ignorance volontaire, fait taire les sources divines, les êtres humains peuvent faire quelque chose pour adoucir les horreurs de la situation, en « se maintenant les uns les autres mouillés avec leur bave ». Mais il ne peut y avoir de bonheur ni de sécurité dans le temps, ni de délivrance donnant accès à l’éternité, tant qu’ils n’ont pas renoncé à croire que la bave suffit, et en s’abandonnant à ce qui est, en fait, leur élément, n’ont pas rappelé les eaux éternelles.
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Quand on se lève, qu’on se tient debout, qu’on marche, qu’on fait quelque chose, qu’on s’arrête, on doit constamment concentrer son esprit sur l’acte et sur son exécution, et non sur ses propres rapports avec l’acte, ou son caractère ou sa valeur. Il faut se dire : il y a l’acte de marcher, de s’arrêter, de prendre conscience ; et non : je marche, je fais ceci, c’est une bonne chose, c’est désagréable, j’acquiers du mérite, c’est moi qui me rends compte à quel point c’est merveilleux. C’est de là que viennent les pensées errantes, les sentiments de joie d’échec ou de malheur.

Ashvaghosha
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