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EAN : 9782749117584
112 pages
Éditeur : Le Cherche midi (06/01/2011)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 31 notes)
Résumé :
« Les vieux m'emmerdent. » Ainsi commence Série grise. Le ton est donné. Chronique cynique et acerbe, ce roman décrit, sous le regard d'un vieillard, le quotidien d'une maison de retraite.

Le narrateur, un vieux acariâtre, s'exerce à l'observation cruelle de ses contemporains, réunis en un monde uniformément clos, une « maison de repos pour adultes valides ». Petites maniaqueries, décrépitudes aigries ou consenties et minuscules naufrages au quotidien... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
gill
  05 août 2017
"Les vieux m'emmerdent !"
C'est ce que disait mon grand-père à chaque fois qu'il était relancé par les anciens combattants du cru pour venir étaler son ennui à leur banquet annuel.
Dans mon cas, cela pourrait devenir un motif de licenciement.
Alors, il me faut vite préciser que dans cette phrase, je n'ai rien mis de personnel et qu'elle n'est que la première de ce petit ouvrage, "Série grise", qui s'annonçait bien prometteur.
Malheureusement la locomotive ne tirait qu'un train vide.
Le livre est creux, bien écrit mais creux.
Il est même certainement trop bien écrit.
Son style ampoulé et un peu maniéré le rend par trop artificiel.
Et son propos en perd toute puissance.
"Un homme a bu sa cave, donné ses livres et abandonné ses souvenirs.
Il est entré à "Mathusalem", dès le lendemain de son septantième anniversaire" ...
Ce qui est un peu tôt, surtout pour un homme ayant conservé le vocabulaire et l'analyse qu'offre son récit.
"Mathusalem" est certainement un foyer logement, la description ne collerait pas à un EHPAD*.
D'ailleurs le récit n'est pas très vraisemblable.
Il peine à s'appuyer sur une connaissance du "milieu" qui ne se révèle au bout du compte rien de moins qu'approximative.
De plus, il ne parvient pas à être ni drôle, ni captivant, ni même original.
Au bout de la lecture, il ne reste que quelques formules, quelques tournures de phrases intéressantes.
Paco Roca avait réussi l'exercice en le dessinant.
Mais, à ma connaissance, il reste à écrire le livre, authentique, sincère, cynique et drôle qui viendrait arpenter les couloirs de nos maisons de retraite.
"Série grise" est un essai manqué ...
*Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes
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Commenter  J’apprécie          280
kathy
  11 avril 2012
Même si « les vieux l'emmerdent », le narrateur, a décidé d'intégrer, pour son septantième anniversaire, Mathusalem, une maison de retraite, histoire de faire taire les nostalgies après lesquelles il court encore, et de se comporter comme un vieux.
Dès son arrivée à Mathusalem, le narrateur décide de faire une progressive investigation du domaine. Il s'aperçoit que les règles sont strictes : marquer la plus parfaite cordialité à l'égard des autres pensionnaires, était l'une de ces règles. Puis, peu à peu, « les jours qui suivent lui apprennent les usages, où la vacuité des existences se déguise en d'immuables rituels, de vaines parades à la disparition ».
Comment, alors résister - à la logorrhée boulimique de Mathilde Dionée, à la matonne-infirmière Louvart friande de pilules à somnoler, à la décrépitude des corps, à la répétition inlassable des mêmes gestes, des mêmes mouvements, des mêmes postures, aux caquetages mêlés aux aboiements de la télévision, … En un mot, comment combattre la « douce léthargie environnant » pour être, A LA FOIS, vieux et vivant ?
Car, quand on est vieux, n'a-t-on plus le droit de vivre selon ses besoins, demandes et désirs ?
C'est sans compter sur Baptiste Lepisme, un autre résident, qui va lui permettre, dans une complicité facétieuse, de faire acte de RESISTANCE.
Dans une écriture directe et crue, et un humour incisif et provocateur, Claire Huynen passe au crible l'univers des maisons de retraite, où la vieillesse ne doit pas rimer avec enfermement et naufrage. Car, croyez-moi, SI, SI, ce type de maison de retraite existe encore…
Bref, un livre lucide et émouvant qui a évoqué en moi « Vol au-dessus d'un nid de coucou » et qui pose une question sociétale très actuelle : « Qu'allons-nous faire de nos vieux ? Quel sort leur réservons-nous ? » Simone de Beauvoir précisait en son temps : « L'évolution d'une société ne se voit-elle pas à la façon dont elle traite ses personnes âgées ». A méditer
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Tabatha
  09 novembre 2011
Déçue! Je suis passé complétement à coté de l'humour de l'auteur. Il y a des moments où l'auteur est proche de la réalité et puis des instants totalement décalés par rapport à la réalité. Il n'y a guère aujourd'hui que des grabataires et des déments dans les maisons de retraite. Son personnage qui fait le choix de la maison de retraite me parait improbable.
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loofiebrod
  06 avril 2013
Chronique acerbe du narrateur qui intègre volontairement une maison de retraite. Il déteste les vieux et ne fait aucune concession dans la description physique de ses contemporains, sans oublier sa propre décrépitude. Humour caustique mais peinture sans fioriture d'une certaine réalité qui n'a rien de réjouissant. A part cela, l'histoire est quelconque et facile à lire.
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anaig30
  16 août 2012
Un regard caustique sur la vieillesse, (l'image de soi, les amis, ) et les maisons de retraites selon le point d'un vue d'un vieil homme. Il y aborde des sujets qui sont à la limite tabous dans ces endroits : sexualité, intimité, solitude. A lire pour le point de vue choisi, celui d'un homme.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   09 avril 2011
Chaque soir, le dîner terminé, je choisissais de rejoindre le salon. Parmi le caquetage qui se mêlait aux aboiements de la télévision, je venais y retrouver le seul tableau que j'ai eu la faiblesse de goûter à Mathusalem. Invariablement assise sur le même fauteuil, je retrouvais "la liseuse". Sa pose semblait la même. Pourtant les livres, serrés entre ses doigt, différaient. Et cet objet, à géométrie infinie, déterminait mille femmes. Dès le premier soir, j’avais aimé sa manière de lire. Avec une concentration pudique, une empathie attentive, elle semblait s’abstraire en une troublante danse avec les mots auxquels elle se mêlait. Parfois, aux langueurs de son regard, l’on devinait un tango. Ses yeux s’éclairaient et cheminaient, vite, de mots en mots, de ligne en ligne, s’alanguissaient un instant et, en une manière de pas arrière, reprenaient quelques lignes plus haut, remontaient le cours de la page. En d’autres moments, c’était une valse qu’elle abordait. Elle se laissait, captive, porter au rythme régulier des mots qui l’entreprenaient en danseur exercé. Elle fléchissait avec concentration et offrait à ses pages une reddition sans combat. J’aimais lorsqu’elle s’invitait à de fougueux cha-cha-cha. Souvent, elle souriait alors. Son regard furetait de mot en mot, facétieux et complice. Elle gambadait entre les pages, légère et insouciante. Ses doigts même s’agitaient imperceptiblement sur la reliure.

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kathykathy   09 avril 2012
Je suis arrivé à Mathusalem le lendemain de mon septantième anniversaire. (...) J'ai choisi Mathusalem pour son nom. Bien que je n'entretienne de fantasme de longévité, il m'a semblé que celui qui avait nommé ainsi une maison de retraite devait cultiver une manière d'idéalisme ou de cynisme, l'une et l'autre qualité qui ont l'heur de me réjouir. (...) Mathusalem correspondait parfaitement à l'idée que je me faisais d'un mouroir fleuri. Un leurre prétentieux qui se donne des airs de quiète résidence secondaire de la mort.
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kathykathy   09 avril 2012
La vue de ces ouvrages réveilla en moi des gourmandises que je croyais découragées. Une ardeur fébrile se mêla de mes sens assoupis. Un instant, j'eus le désir d'y plonger des mains avides, d'éventrer la virginité des recueils, de me mêler de mots neufs, de m'y vautrer en assoiffé, de m'y répandre en dépravé. Il fallut que je tende une main vers des poèmes de Sapho. Et que mon regard suive le tracé de la main. Elle était flétrie et lâche. Aux rides sèches et cachectiques. Aux doigts étiolés et débiles. Je laissai retomber mon bras. J'engageai l'avide Lepisme, déjà plongé dans quelque recueil, à quitter la chambre et je retournai à la vieillesse.
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kathykathy   09 avril 2012
Dans le parc, je repris peu à peu souffle. Des vieux formaient çà et là des taches informes. Partout, des corps frappés d'indécision aux articulations embarrassées. Un cimetière encore vif qui gigotait.
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kathykathy   09 avril 2012
A ma table, la nouvelle de Karen Blixen - le "Dîner de Babette" - m'attendait comme un mets précieux. Mieux que chairs et liqueurs, les mots se donnaient en satiété. Cet arrogant menu me fit tant rêver qu'aujourd'hui encore, condamné au boeuf bouilli et aux carottes râpées, je pourrais en décrire chaque plat.
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Vidéo de Claire Huynen
Première partie de notre rencontre avec Claire Huynen pour la sortie de "A ma place" (Cherche Midi Editeur).
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