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Patrice Locmant (Éditeur scientifique)
EAN : 9782745308696
280 pages
Honore Champion (01/01/2003)
4.06/5   9 notes
Résumé :
Le Drageoir aux épices est la rencontre inattendue du sonnet classique, de la chanson populaire et de la comptine, de poèmes en prose fantasques, de nouvelles aux descriptions colorées et de tableaux de genre inspirés. Cette œuvre, écrite par Joris-Karl Huysmans à l’âge de 23 ans, se situe au carrefour des esthétiques romantique, naturaliste et décadente. Ce premier recueil est aujourd’hui considéré comme le noyau fondateur de l’œuvre hétéroclite de celui qui se déf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
LiliGalipette
  06 avril 2016
Sonnet, poème en prose, chanson populaire, comptine, description, chronique sociale… Entre naturalisme, romantisme, décadentisme et symbolisme, l'auteur explore les champs de la littérature et l'on trouve dans ce recueil tout ce qui constitue l'oeuvre de Huysmans, de ses évolutions passées à celles à venir. Chaque texte est une friandise à la saveur nouvelle.
Il est beaucoup question des femmes : amantes adorées, prostituées sordides et jeunes filles indécises composent un portrait de la femme à l'époque de l'auteur. Qui dit femme dit amour et jalousie. « Mille petits riens se dressent devant moi ; le doute, l'implacable doute me torture. Il fait froid, eh ! qu'importent le froid, le vent, la neige, quand on aime ? Oui, mais elle ne m'aime pas. » (p. 22) Avec quel plaisir l'auteur se moque des images d'Épinal ! Ah oui, parlons-en de la rose bergère et du joli vacher quand il faut patauger dans la boue pour rassembler les bêtes !
Féru de peintures, l'auteur cite les maîtres flamands et leur rend hommage autant que possible. Il a aussi d'autres modèles, comme François Villon, premier poète maudit. « Meurs donc, larron ; crève donc dans ta fosse, souteneur de gouges ; tu n'en seras pas moins immortel, poète grandement fangeux, ciseleur inimitable du vers, joailler non pareil de la ballade. » (p. 52) Avec son lexique toujours riche et inventif, Joris-Karl Huysmans peint des natures mortes et des natures vivantes. le texte sur le hareng saur est une merveille : on voit le poisson briller sous nos yeux. Et sous la plume de l'écrivain, Paris et Bruxelles se dressent devant nous, superbes, crasseuses et sublimes.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
stekasteka   27 novembre 2015
Je crois te voir, ô Villon, l’hiver, alors que le glas fourre d’hermine les toits des maisons, errer dans les rues de Paris, famélique, hagard, grelottant, en arrêt devant les marchands de beuverie, caressant, de convoiteux regards, la panse monacale des bouteilles.
Je crois te voir, exténué de fatigue, las de misère, te tapir dans un des repaires de la cour des Miracles, pour échapper aux archers du guet, et là, seul dans un coin, ouvrir, loin de tous, le merveilleux écrin de ton génie.
Quel magique ruissellement de pierres ! Quel étrange fourmillement de feux ! Quelles étonnantes cassures d’étoffes rudes et rousses ! Quelles folles striures de couleurs vives et mornes !

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LiliGalipetteLiliGalipette   06 avril 2016
Sur François Villon :

« Meurs donc, larron ; crève donc dans ta fosse, souteneur de gouges ; tu n’en seras pas moins immortel, poète grandement fangeux, ciseleur inimitable du vers, joailler non pareil de la ballade. » (p. 52)
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
O toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !

J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre.

J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.

J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout, j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
La chambre était tendue de satin rose broché de ramages cramoisis, les rideaux tombaient amplement des fenêtres, cassant sur un tapis à fleurs de pourpre leurs grands plis de velours grenat. Aux murs étaient appendus des sanguines de Boucher et des plats ronds en cuivre fleuronnés et niellés par un artiste de la Renaissance.
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 avril 2016
« Mille petits riens se dressent devant moi ; le doute, l’implacable doute me torture. Il fait froid, eh ! qu’importent le froid, le vent, la neige, quand on aime ? Oui, mais elle ne m’aime pas. » (p. 22)
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Videos de Joris-Karl Huysmans (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joris-Karl Huysmans
« Joris-Karl Huysmans (1848-1907) […] nous a donné sur lui-même […] les renseignements essentiels. […] de pères en fils, dit-il, tout le monde a peint dans sa famille […]. […] Il pratiqua toujours, en matière de régime, la plus complète indifférence. Il regardait comme le meilleur gouvernement celui qui ne tracasse personne. […] il lisait beaucoup, travaillait peu et cherchait sa voie. […] […] Huysmans fut, jusqu'à l'heure de sa retraite, après trente ans de services, un fonctionnaire modèle. […] Écrivain, sa distinction répugnait au mélange et se félicitait de rester privée. […] Huysmans avait des loisirs… Il versifiait, en s'inspirant de Villon (1431-1463) et de ses mélancoliques ballades, qu'il aimait alors par dessus tout ! […] il réunit sous ce titre : le drageoir à épices, quelques petits poèmes en prose […]. La critique fit assez bon accueil au Drageoir. […] Huysmans […] conclut « à la résignation, au laisser-faire », à l'acceptation, enfin, de la vie telle quelle, c'est-à-dire irrémédiablement mauvaise. « Le mieux n'existe pas pour les gens sans le sou ; seul, le pire arrive. » Schopenhauer (1788-1860) a raison : « La vie de l'homme oscille, comme un pendule, entre la douleur et l'ennui. » Ce qu'il faut démontrer. Huysmans s'y efforce. À quoi bon réagir, chercher et fixer les conditions du bonheur ? Il n'y en a pas. Rien ne vaut la peine de regimber. Et Huysmans, cependant, ne fait que cela ! C'est un pessimiste qui se complaît, comme beaucoup de Jobs de cette espèce, sur le fumier de sa philosophie. Lui, toutefois, râcle ses ulcères avec des mots précis et précieux, les tessons chatoyants d'un vocabulaire si riche, qu'il fait oublier l'horreur des sanies ! […] […] Il avait enseigné le prix de la phrase bien écrite et du verbe générateur remarquable entre tous les mots, comme le bêlier qui dépasse de ses cornes le troupeau mouvant. Il aimait les humbles et méprisait l'argent. Il en gagnait avec ses livres et négligeait de le toucher. […] Aussi le représentait-on revêche, amer, ombrageux, distant. […] Il observait bien la surface de la nature humaine ; il ne la pénétrait pas toujours. Il avait contracté entre les murs de sa chambre, devant la glace, la myopie des grands félidés en cage. […] Quel sort, dans l'avenir, aura l'oeuvre qu'il laisse ? Il est assez difficile de le dire. Néanmoins, soit qu'on l'envisage comme un acte de foi, soit qu'on la considère comme un merveilleux travail d'orfèvrerie, il faudra bien assigner un rang supérieur, dans la littérature du XIXe siècle, à l'écrivain qui n'humilia jamais l'indépendance de l'artiste le plus raffiné, devant les devoirs du chrétien le plus scrupuleux. » (Lucien Descaves, in J. K. Huysmans, pages choisies, Editions J. M. Dent et fils, 1913)
Des croquis de concert et de bals de barrière ; La reine Marguerite, un camaïeu pourpré ; Des naïades d'égout au sourire éploré, Noyant leur long ennui dans des pintes de bière ;
Des cabarets brodés de pampres et de lierre ; Le poète Villon, dans un cachot, prostré ; Ma tant douce tourmente, un hareng mordoré, L'amour d'un paysan et d'une maraîchère :
Tels sont les principaux sujets que j'ai traités : Un choix de bric-à-brac, vieux médaillons sculptés, Émaux, pastels pâlis, eau-forte, estampe rousse, Idoles aux grands yeux, aux charmes décevants,
Paysans de Brauwer, buvant, faisant carrousse, Sont là. Les prenez-vous ? À bas prix je les vends.
(J.-K. Huysmans, Sonnet liminaire)
0:00 - Ballade en l'honneur de ma tant douce tourmente 1:58 - À maître François Villon 5:28 - Générique
Image d'illustration : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/joris-karl-huysmans-14-le-forcat-de-la-vie
Bande sonore originale : Dream Machine - Colors Fade Colors Fade by Dream Machine is licensed under a CC BY-NC 3.0 license.
Site : https://icons8.com/music/search/colors%20fade
#JKHuysmans #LeDrageoirAuxÉpices #PoésieFrançaise
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