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EAN : 978B00BGGT2K6
Éditeur : Fasquelle, Paris (30/11/-1)
3.78/5   18 notes
Résumé :
Préface de Éléonore REVERZY

« C'est un peu lâche de style, trop barbouillé de couleurs, et sans faits extraordinaires ni poignants. La sauce ravigote pour faire avaler ce poisson est fournie par le cynisme ».
(Huysmans à Zola)

Les Sœurs Vatard est-il un roman naturaliste ? Autant que Marthe, cette Histoire d'une fille parue en 1876, plus qu'En Ménage et À Vau-l'eau, Les Sœurs Vatard affiche d'emblée son appartenance à cette « li... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
PiertyM
  20 février 2018
Je viens de passer un agréable moment avec ce roman aux allures très populaires du XIXe S, d'autant plus que l'auteur nous fait découvrir le monde ouvrier avec des femmes brodeuses. Elles sont vulgaires et vives. Leur avenir pour elles, c'est l'instant qu'elles vivent, et elles s'y donnent à cœur joie. Seul le mot vivre compte pour elle, quant à se demander comment, peu importe, pourvu qu'on vive. Mais il y en a aussi des filles qui veulent changer les choses, retourner les situations. C'est ce que se dira l'une des sœurs Vatard, Désirée. Elle est atypique, dévouée dans ses principes, observatrice, elle est tout autant attachante, naïve, et perspicace, elle laisse des sentiments l'envahir, grandir en elle, la posséder et enfin elle laissera sa raison prendre le dessus...
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LiliGalipette
  30 juillet 2016
Céline et Désirée Vatard sont brocheuses. Quand elles quittent l'atelier, elles ont des occupations bien différentes. Elles rentrent ensemble chez leurs parents, mais alors que Désirée prend soin de leur mère malade et de leur père, Céline s'apprête pour ressortir rencontrer des hommes. « Un homme, ça ne tire pas à conséquence pour lui s'il s'amuse, une fille, ça l'empêche de se marier avec un garçon qui serait honnête. » (p. 59) le père Vatard est cependant satisfait de cette situation : elle aime sa petite Céline et sait qu'il ne peut pas la retenir et il est bien heureux que sa sage Désirée reste au foyer. Aussi, quand Désirée rencontre Auguste et souhaite l'épouser, le père Vatard s'oppose farouchement à cette union, causant bien des tourments aux jeunes amoureux. Pendant ce temps, Céline abandonne Anatole, canaille peu fréquentable, pour Cyprien, un peintre aux moeurs peu recommandables, mais au bras duquel elle est fière de s'afficher. Ses amours débridées ne sont pas pour la rendre heureuse et la calme harmonie de la maison Vatard est bien secouée. « J'ai deux filles, il y en a une qui ne veut épouser légitimement personne et elle encore plus insupportable que l'autre qui voudrait se marier et qui ne le peut pas. » (p. 136)
La dédicace liminaire à Émile Zola ne manque pas de piquant quand on sait le violent reniement du naturalisme ensuite opéré par Huysmans. À l'époque de l'écriture des Soeurs Vatard, Huysmans est encore un disciple ébloui par le maître et il dépeint avec force détails l'atelier, les attitudes des ouvriers et les chiffons des demoiselles. On sent cependant déjà poindre un certain goût pour la luxure qui annonce le décadentisme de ses futures oeuvres. Impossible de ne pas penser à un autre de ses textes, Marthe, histoire d'une fille, qui relatait le pauvre destin d'une ouvrière devenue prostituée. Les soeurs Vatard n'est certainement pas mon texte préféré de Joris-Karl Huysmans, mais c'est un texte qui prend toute sa place dans l'oeuvre de cet auteur.
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MarcelP
  06 novembre 2019
Paradigme presque systématique du Naturalisme, Les Soeurs Vatard est couronné de succès en 1879 mais les temps ont changé.
Huysmans nous raconte les déboires amoureux de deux grisettes, Céline et Désirée, employées dans un atelier de brochure. Autant la première, ainée de la fratrie, est dévergondée, autant sa puînée veille à rester sage jusqu'à son mariage. Céline multiplie les liaisons, avec une préférence pour les mâles experts en bricole et torgnoles, cependant que la prude Désirée flirte gentiment avec le fade Auguste (à qui on conseille de ne pas "rester dans la salle d'attente puisque les guichets doivent rester fermés").
L'intrigue est bien plate que le style de l'écrivain tente de transcender, en vain. Huysmans a beau inoculer une copieuse dose de vérisme dans son historiette, il se fourvoie : rien ne fonctionne véritablement. Trop de digressions (brillantes, évidemment), un populisme bavard qui abuse de l'argot du pavé parisien et une syntaxe fracturée (mélange de vulgarités assumées et de maniérismes qui, contrairement à ce qui nous a fait adorer Marthe, sonnent creux)...
Bien entendu, on se réjouira de la constante méchanceté de l'auteur et on ne rechignera pas devant les nombreuses fusées de génie qui parsèment l'ouvrage mais elles ne suffisent pas à le rendre aimable. le récit se traîne en longueur et les morceaux de bravoure sentent par trop son bateleur. Ainsi quand les deux frangines forcées à la chambre par un mauvais rhume observent par désoeuvrement le chemin de fer voisin. Leur attention se fixe alors "sur une machine en panne" et elles regardent "le monstrueux outillage de ses roues, le remuement d'abord silencieux et doux des pistons entrant dans les cylindres, puis leurs efforts multipliés, leurs va-et-vient rapides, toute l'effroyable mêlée de ces bielles et de ces tiges ; (...) les éclairs de la boîte à feu, les dégorgements des robinets de vidange et de purge", elles écoutent "le hoquet de la locomotive qui se met en marche, le sifflement saccadé de ses jets, ses cris stridulés, ses ahans rauques." le procédé grossier ("elles ne pensent qu'à ça...") surprend chez le raffiné Huysmans.
En glissant des copeaux de truffes sous la peau d'une vieille géline qui a fait son temps, on n'obtient pas une succulente poularde demi-deuil !
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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mellemars
  07 décembre 2015
J'ai découvert ce roman sur le tard et, passé un mouvement de honte envers cette affreuse faille dans ma culture, je ne le regrette absolument pas car j'ai enfin lu un bon roman, ce qui ne m'était plus arrivé depuis très longtemps. Huysmans adore Zola et ça se sent, mais son style, davantage argotique, imagé et gouailleur que celui de cet auteur que j'admire tant, nous brosse un portrait très enthousiasmant, charnel et vivant d'un Paris ouvrier du XIXè, sans le côté fataliste. Huysmans a un don pour décrire les sentiments amoureux et la fin m'a vraiment prise aux tripes!
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   02 juin 2015
Deux heures du matin sonnèrent.
Céline fit à sa sœur cette inepte plaisanterie qui consiste à placer son doigt près du nez d’une personne endormie et à la réveiller brusquement. Désirée frappa sa narine gauche contre l’index de Céline.
– Que c’est bête! cria-t-elle.
Les femmes se tordirent.
– Allons, mesdames, un peu de silence, hasarda la contremaître.
L’on entendit comme un long bourdonnement que traversa soudain la flûte d’un rire, puis deux voix claironnèrent, soutenues par le ronronnement des presses, une chanson patriotique. Les gosiers des hommes, des gosiers saccagés par le trois-six, tonnèrent également, trouant de leur toux rauque les cris grêles des filles :

« Il est mort, soldat stoïque,
Il est mort pour la républi-ique! »

– Allons, mesdames, un peu de silence, hasarda la contremaître.
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LiliGalipetteLiliGalipette   30 juillet 2016
« Un homme, ça ne tire pas à conséquence pour lui s’il s’amuse, une fille, ça l’empêche de se marier avec un garçon qui serait honnête. » (p. 59)
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LiliGalipetteLiliGalipette   30 juillet 2016
« J’ai deux filles, il y en a une qui ne veut épouser légitimement personne et elle encore plus insupportable que l’autre qui voudrait se marier et qui ne le peut pas. » (p. 136)
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LiliGalipetteLiliGalipette   30 juillet 2016
« Elle devenait avec cela d’une saleté de peigne, étant comme beaucoup de filles du peuple qui ne se livrent à de discrètes propretés que lorsqu’elles ont un homme. » (p. 34)
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CharlesEdouardCharlesEdouard   21 septembre 2021
Des bobonnes califourchonnaient des dadas peints, des petites filles, bouclées sur leurs étalons par une ceinture de cuir, tâchaient d'attraper des bagues
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Videos de Joris-Karl Huysmans (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joris-Karl Huysmans
Joris-Karl Huysmans, du naturalisme au mysticisme : Analyse spectrale de l'Occident (1968 / France Culture). Diffusion sur France Culture le 16 mars 1968. Portrait de Joris-Karl Huysmans par Jean-Louis Forain, en 1878. Une émission préparée par René Louis. Assistante à la réalisation : Annie Cœurdevey. Avec le concours de Pierre Cogny (maître-assistant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Caen), Jacques Lethève (conservateur au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale), René Rancœur (conservateur au département des Imprimés), Marcel Thomas (conservateur en chef du département des Manuscrits) et Pierre Waldner (chargé d'enseignement à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Poitiers). Et avec les voix de René Dumesnil et de l'abbé Jean Steinmann. Textes de Joris-Karl Huysmans lus par Édith Scob, Michel Bouquet et Jean Topart. Joris-Karl Huysmans, nom de plume de Charles Marie Georges Huysmans, est un écrivain et critique d'art français, né le 5 février 1848 à Paris et mort dans la même ville le 12 mai 1907. Huysmans naît le 5 février 1848 au 11 (actuel n° 9), rue Suger dans le 6e arrondissement de Paris, d'un père néerlandais du nom de Godfried Huysmans, lithographe de profession, et d'une mère française, Malvina Badin, maîtresse d'école. Il passe toute son enfance dans cette maison. Il fit toute sa carrière au ministère de l'Intérieur, où il entra en 1866. En 1880, il collabore au journal "Le Gaulois", hostile à l'expulsion des jésuites décrétée par le gouvernement. Sous la pression de ses supérieurs hiérarchiques, il cesse sa collaboration. En tant que romancier et critique d’art, il prit une part active à la vie littéraire et artistique française dans le dernier quart du XIXe siècle et jusqu’à sa mort, en 1907. Défenseur du naturalisme à ses débuts, il rompit avec cette école pour explorer les possibilités nouvelles offertes par le symbolisme, et devint le principal représentant de l’esthétique fin de siècle. Dans la dernière partie de sa vie, il se convertit au catholicisme, renoua avec la tradition de la littérature mystique et fut un ami proche de l'abbé Mugnier. Atteint d’un cancer de la mâchoire, J.-K. Huysmans mourut à son domicile parisien du 31, rue Saint-Placide le 12 mai 1907, et fut inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse. En 1876, Huysmans publie son premier roman, d'inspiration ouvertement naturaliste, "Marthe, histoire d'une fille", qui a pour thème la vie et les déboires d’une jeune parisienne contrainte par une société cupide et sans scrupules à aller jusqu'à se prostituer pour survivre. Craignant la censure qui sévit alors en France, Huysmans fit d’abord éditer ce roman à Bruxelles. La même année, il se lie d'amitié avec Émile Zola, dont il prend ouvertement la défense dans un vibrant article consacré à son dernier roman, "L'Assommoir". Cet article restera dans l'histoire de la littérature comme un des tout premiers manifestes en faveur du naturalisme. Son deuxième roman, "Les Sœurs Vatard", qui suit également la veine naturaliste, paraît en 1879, accompagné d'une dédicace à Zola, qu’il reconnaît comme son maître en littérature. Dès lors, Huysmans appartient au petit groupe des jeunes écrivains reçus par Zola dans sa villa de Médan. Il y fréquente Guy de Maupassant, Léon Hennique, Henry Céard et Paul Alexis avec lesquels il collabore, en 1880, à la publication, sous l’égide de Zola, du recueil collectif de nouvelles naturalistes intitulé "Les Soirées de Médan", dans lequel il insère "Sac au dos", un récit ironique et antipatriotique de son expérience de civil mobilisé durant la Guerre de 1870. "En Ménage", roman publié l’année suivante, et surtout "À vau-l'eau", une longue nouvelle parue en 1882, peignent les existences ternes et sans saveur d’anti-héros usés par « cette vie moderne atroce », et dont les idées noires sont imbibées des préceptes pessimistes de Schopenhauer. Huysmans développe dans ses romans une « philosophie existentielle de la vie ». Huysmans gardera de cette période une puissance d'évocation exceptionnelle dans ses descriptions architecturales, comme le Cycle de Durtal en témoigne dans les nombreuses pages consacrées aux édifices religieux.
Sources : France Culture et Wikipédia
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