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EAN : 9782809712735
192 pages
Editions Philippe Picquier (05/10/2017)
3.41/5   29 notes
Résumé :
Park Minwoo, directeur d’une grande agence d’architecture, a la satisfaction d’avoir réussi sa vie. Né dans une famille pauvre d'un quartier misérable de Séoul, il s’est arraché à son milieu par ses études, son mariage et sa carrière. Cet homme désormais célèbre et sûr de lui reçoit un jour un message d’une amie d’enfance qui l’a aimé.

Les souvenirs du passé ressurgissent, l’invitant à replonger dans un monde qu’il avait oublié, peut-être renié, et à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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sandrine57
  27 avril 2021
Au soir de sa vie, Minwoo Park est un homme heureux. Il vit dans un bel appartement, sa fille a réussi en Amérique, il est reconnu, célèbre même en tant qu'architecte et, surtout, il a réussi à s'extirper du bidonville où il a grandi. Il est loin derrière lui le quartier de Dalgol, excroissance poussée à flanc de colline dans la banlieue de Séoul. Grâce à son intelligence, son ambition et un peu de chance, il a fait des études, un beau mariage, une belle carrière, laissant derrière lui la misère de Dalgol et ses habitants. Mais un message tendu par une jeune fille lors d'une de ses conférences le renvoie à son passé. Il émane de Soona, une jeune fille qu'il a aimée naguère et qui l'aimait en retour. Quand il a quitté le quartier, il a laissé derrière lui cet amour de jeunesse. Avec Soona, les souvenirs jaillissent et avec eux les questionnements sur ce qu'il a fait de sa vie. A-t-il renié ses origines ? En fuyant Dalgol, n'a-t-il pas troqué les petits trafics pour des malversations de plus grande envergure ? La solidarité, l'entraide, les amitiés, les relations de bon voisinage dont il se souvient lui jettent au visage sa solitude, ses trahisons, ses renoncements ? Minwoo est-il vraiment l'homme heureux qu'il semble être ?
Chronique douce-amère de la réussite d'un homme qui s'est construite à l'image de son pays. Combien d'amis Minwoo a-t-il laissé derrière lui pour accéder au sommet ? Combien de laissés-pour-compte pour faire de la Corée l'un des quatre dragons asiatiques ?
Minwoo se souvient de la misère, la faim, le froid, des masures qui poussaient comme des champignons tout autour de Séoul. C'était son monde avant qu'il ne devienne un éminent architecte. En se développant, le pays a voulu faire table rase de cette pauvreté crasse. Les gens ont été chassés, leurs logis dévastés par les pelleteuses, leur habitat remplacé par des tours d'immeubles. Où sont-ils allés ? Que sont-ils devenus ? Minwoo n'a jamais cherché à le savoir, il a fermé les yeux sur les gros bras recrutés pour faire dégager les contestataires qui s'accrochaient à leurs maisons. Il a indirectement participé à leur expropriation et s'est perdu dans un système de corruption.
Alternant entre le passé et le présent de Minwoo et le récit de la jeune fille qui lui a remis le message de Soona, Au soleil couchant est un livre plein de nostalgie et de regrets qui met le doigt sur la face cachée de la fulgurante réussite économique de la Corée du sud. Un roman beau et dur à la fois.
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Annette55
  13 novembre 2017
J'ai toujours grand plaisir à lire un livre édité chez Philippe Picquier que (j'apprécie beaucoup ).
J'ai lu déjà deux livres de cet auteur : "Princesse Bari "et " Monsieur Han ".
Cet ouvrage évoque les souvenirs de Paul Minwoo, directeur d'une grande agence d'architecture .
Au soir de sa vie il reçoit un message d'une amie chère d'enfance. .....
Il a la satisfaction, pour sa part, d'avoir réussi , et contribué grandement à la modernisation et à l'urbanisation de son pays, mais à quel prix?
Né dans une famille pauvre: ses parents avaient un petit magasin dédié à la friture de la pâte de poisson au marché de Dalgol, leur condition de vie était misérable....
Grâce à ses talents et à une certaine chance, Paul Minwoo s'est arraché à son monde pour faire des études en devenant le précepteur logé d'un fils de Général.
Satisfait de ses leçons et du chemin qu'il a fait parcourir à son fils, pourtant peu motivé au départ, le Général, haut dignitaire, réussit à le faire rentrer dans une université !
Il échappa à la pauvreté et à la misére qui étaient le lot de tous ces gens entassés sur les collines de Dalgol, miracle !
Un jour, il reçoit un message d'une amie d'enfance qui l'a aimé .
Par ce biais, il replonge dans ce monde oublié, qu'il avait plus ou moins renié !
Il s'interroge longuement sur son métier d'architecte , la corruption dans le milieu immobilier qui contribuait à accentuer les inégalités entre les différents quartiers, les pots de vin , les dessous de table , les méthodes expéditives qui enfreignaient constamment les régles tout en dopant le même marché , les scandales étouffés ......" Nous vivions arc- boutés sur la justice fondée sur le Pouvoir "......
Il revoit comme en rêve , avec douleur, les visages souriants des gamins d'autrefois qui ont été chassés de ces quartiers.
Oú vivaient - ils à présent ?
Les petites masures collées les unes aux autres, conviviales , ce monde chaleureux vivant en harmonie avec les voisins, avait été remplacé par de gigantesques tours inhumaines, sans chaleur , laides, ces tours d'appartement défiant le ciel !
Précarité des jeunes diplômés, systèmes mal adaptés ou aberrants , ce livre doux- amer, violent, âpre, dénonce la corruption qui a construit "en grande partie "le système économique de cette Corée "modernisée" dont il fut "l'un des acteurs ".

Les constructions " architecturales " selon l'auteur , " ne sont que la figure hideuse de la Cupidité Coréenne ".
En parcourant le passé des personnages , on constate que désillusion, amertume , regrets se partagent le roman.
Au final, un ouvrage doux - amer, qui ne remonte pas le moral, mais qui fait réfléchir !
"Un roman traduit du Coréen par Choi Mikyung et Jean - Noël Juttet , par le biais de la fondation Daesan , Seoul."
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Dez54
  20 novembre 2021
Un roman coréen captivant, poignant et mélancolique

Me voilà déjà à mon quatrième livre de l'auteur coréen Hwang Sok-yong cette année et je ne m'en lasse pas, bien au contraire... J'ai trouvé que dans ce roman (un des plus récent de cet auteur, publié en 2015 en Corée), il parvenait à renouveler les thèmes abordés tout en restant fidèle à son écriture et en comblant mes attentes pourtant maintenant fort élevées.

Cette histoire c'est l'histoire de ce que Pierre Bourdieu (et bien d'autres) appellerait un transfuge de classe : un homme d'affaires issu du prolétariat urbain, un gamin d'un quartier pauvre de Séoul qui s'est hissé au rang d'éminent architecte. Mais tout à un prix, et pour se faire, il a peu à peu abandonné ses anciens amis du quartier, négligé sa famille et a fait quelques compromis avec ses principes moraux. Arrivé au soir de sa vie, il reçoit une lettre d'une amie d'enfance. Ce message va convoquer ses souvenirs et le forcer à remettre en cause ses choix. En parallèle du récit de son ascension, on découvre le destin d'une femme peinant à joindre les deux bouts dont on comprendra ensuite le lien qu'elle entretient avec le personnage principal.

J'ai beaucoup aimé ce Au soleil couchant à la teinte sensiblement moins sombre que Monsieur Han ou l'invité du même auteur (même si une certaine amertume mêlée de remords est présente dans le récit du narrateur).

Si l'auteur ne nous parlera pas ici de la guerre de Corée, le contexte historique reste présent en lointain arrière-plan, on devine davantage qu'on ne lit les années de dictature, l'émergence de mouvements contestataires et la répression féroce qui s'abat sur ces derniers. On assiste également à la corruption omniprésente au sein du secteur des travaux publics et à la bétonisation galopante du pays. Sans se faire moralisateur ou jouer avec le pathos, Hwang Sok-yong nous interroge sur le sens, le but de nos existences. le narrateur à qui (sur le papier du moins) tout semble réussir constate qu'il vit, séparé de sa femme dans un appartement qu'il n'aime pas et loin de sa fille, expatriée aux USA et avec laquelle il n'entretient que de relations lointaines. Outre l'histoire coréenne et l'importance que nous accordons au monde professionnel, Hwang nous interroge sur la responsabilité individuelle et la ségrégation entre les différents milieux sociaux.

Le style est, comme toujours, extrêmement prenant et immersif. J'ai pris un très grand plaisir à lire ce roman au point d'être attristé une fois arrivé à sa fin lorsque j'ai dû passer au suivant. Un roman que je vous recommande sans hésitation d'un auteur qui m'impressionne livre après livre.
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anlixelle
  26 septembre 2017
Je remercie vivement Babelio, masse critique,  ainsi que les Éditions Philippe Picquier ( que j'apprécie grandement ) pour l'envoi de Au soleil couchant de l'auteur coréen HWANG Sok-yong.
C'est sur un rythme  binaire que se déroule le récit d'un long et intime retour en arrière pour les deux personnages coréens principaux, un directeur d'agence d'architecture et une étudiante en théâtre - vendeuse la nuit.
Le roman (qui se lit rapidement)  est écrit à la première personne, et il m'a été difficile de suivre les discours de chacun. Bref, de m'y retrouver....surtout au départ, car personne n'est réellement nommé.
Je pense par ailleurs que c'est un roman qui appelle à une seconde lecture,  car le mystère sur les protagonistes se fait jour très doucement. Ce qui peut charmer ceux qui apprécient ce genre de tempo doucereux.
L'intérêt de ce roman est la dénonciation d'un système vacillant construit sur la corruption économique. Fragilisés, les êtres se promènent alors entre résignation et abattement donnant à  cette histoire un visage de la Corée (sud ! ) moderne bien triste.
Les constructions architecturales ne  sont-elles qu' "une figure hideuse de la cupidité coréenne ? " nous crie  le narrateur (et l'auteur HWANG Sok-yong) dans ce texte qui montre du doigt les situations extrêmement précaires de nombre de coréens dans un brûlot  social très noir.
J'en ressors avec un sentiment assez mitigé, car j'ai apprécié le fond et l'immersion dans cette société dont on n'entend assez peu parler, mais n'ai pas adhéré avec le style trop épuré.
La forme m'ayant donc posé une difficulté ; il m'a été délicat de m'attacher aux personnages, qui, pourtant font un voyage nostalgique intéressant dans leur passé.
J'aurais aimé lire par exemple des propositions subordonnées circonstancielles de temps et de lieu pour qu'elles donnent à ce roman .... un petit supplément d'âme !


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LePamplemousse
  19 juillet 2018
Qu'est-ce que réussir sa vie ?
Voilà une question qui résume bien ce court roman coréen.
Est-ce avoir un métier qui nous plaît, être riche, avoir une famille, être entouré d'amis, être resté fidèle à ses envies de jeunesse, avoir atteint un niveau social plus élevé que celui de ses parents ?
Autant de questions que se pose Park Minwoo, directeur d'une grande agence d'architecture qui va se souvenir de sa jeunesse quand une amie d'enfance le recontacte après plus de 40 années sans nouvelle.
J'ai eu du mal à entrer dans le roman car les premiers chapitres mettent tous en scène des personnes différentes sans qu'on comprenne bien qui ils sont et quels sont leur lien avec Park Minwoo.
Le mystère ne s'éclaircit que vers la toute fin et cela a un peu gâché ma lecture.
J'ai toutefois beaucoup aimé cette introspection dans une Corée moderne où la vie de plusieurs personnages est décortiquée et où le héros s'interroge sur le sens profond de notre existence.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   27 septembre 2017
Mon père a perdu son emploi de petit fonctionnaire à la mairie de Yeongsan dans les années 1960, période particulièrement mouvementée en Corée. Il aurait reçu un pot-de-vin d'un type qui avait construit un immeuble sans autorisation. De quel cadeau notre famille a-t-elle profité? Nul ne le sait. Vu l'époque, il a dû toucher tout au plus une cartouche de cigarettes. Quand on n'a pas bénéficié d'une éducation normale, qu'on est autodidacte, il ne faut pas s'attendre à un avenir très reluisant.
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Annette55Annette55   12 novembre 2017
"Dans cent ans, en effet, quasiment tous ceux qui cohabitent sur cette terre auront disparu.
Le monde sera peuplé de têtes nouvelles.
Les architectes, eux, auront une consolation: ils laissent des constructions derrière eux.Mais ce qu'ils laissent , ce peut n'être rien d'autre qu'une figure hideuse de la cupidité ....."
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kuroinekokuroineko   27 septembre 2017
Quand on se retrouve après plus de vingt ans de séparation, on ne sait pas trop quoi se dire, même entre frères de sang. On parle un peu de sa famille, de sa situation, on pose les mêmes questions à l'autre, on sirote son café, on échange des cartes de visite et on se quitte en se promettant, sans trop insister, de se revoir un jour prochain autour d'un verre. En général, on ne se revoit pas, ou, à la rigueur, on échange quelques coups de fil. Et, si on parvient tout de même à se retrouver autour d'un verre, le dialogue n'avance qu'à tâtons et bien vite la rencontre s'enlise parce qu'on n'a pas grand-chose à se dire. On a chacun ses propres centres d'intérêt, et lorsqu'on n'a plus rien en commun, même au sein de la famille, les rencontres se limitent aux funérailles.
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5Arabella5Arabella   07 mars 2019
Le quartier était vraiment pauvre, il y avait très peu de maisons avec des vitres aux fenêtres. La plupart des ouvertures se fermaient avec une planche de contreplaqué. Je me souviens encore de la joie que j'ai ressentie le jour où mon père a fait poser des vitres à la fenêtre de ma chambre. C'était un jour de printemps, j'allais encore au collège. Avant, même en plein jour, il faisait sombre à l'intérieur ; pour voir dehors, il fallait enlever la planche. Après, la nuit, même couchée, je pouvais regarder les étoiles dans le ciel ; dans la journée, les rayons de soleil, doux et lumineux, entraient dans ma chambre comme une bénédiction. Quand il pleuvait ou neigeait, je restais collée aux vitres à regarder dehors.
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missmolko1missmolko1   22 décembre 2020
On dit d'une femme qu'elle est jolie quand elle sourit, mais c'est encore plus vrai quand elle apparaît un peu distante, quand elle se donne cet air vaguement hautain, inaccessible, qui tourmente toujours tellement les hommes.
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