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Un-Cin Coñ (Traducteur)Jacques Batilliot (Traducteur)
EAN : 9782843045004
565 pages
Éditeur : Zulma (07/01/2010)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 32 notes)
Résumé :

Libéré après dix-huit années de prison, l'opposant politique O Hyônu apprend que Han Yunhi, la femme qu'il a aimée, est morte. Elle lui a laissé des lettres, son journal, des carnets et des dessins.

Désemparé, perdu dans une Corée qui a considérablement changé, O Hyônu se remémore ses années d'utopie et de lutte clandestine, sa rencontre avec Han Yunhi, leurs quelques mois d'idylle hors du temps, puis les années d'enfermement.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  03 août 2019
“Prisonnier politique”, un terme qui me donne la chaire de poule. On est puni, tout simplement parce que nos idées et convictions ne correspondent pas à ceux qui sont au pouvoir.....et pour ça Hyonu a dû faire dix-huit ans de prison, enfermé dans une cellule. On le rencontre dans les premières pages de ce magnifique roman alors qu'il se prépare à retrouver sa liberté. Nous sommes en Corée du Sud ( et non du Nord) fin années 90.
18 mai 1980 à Kwangju eu lieu un massacre sanglant de civils par les militaires, qui mit fin au " printemps de Seoul" , nom donné à la vague de contestation aspirant a la démocratie suite à l'assassinat du dictateur au pouvoir. La détention de Hyonu y est liée, étant arrêté comme " fomenteur de trouble et d'impuretés sociales ". A l'origine condamné à perpétuité il finira avec dix-huit ans, presque le quart d'une vie humaine, où le monde a beaucoup changé. C'est un retour à la vie, donc aux souvenirs, aux sentiments et à l'usage de la parole. Et les souvenirs sont amers, ceux des années avant et durant la détention, ceux des amis disparus et surtout celui de la femme aimée, morte, Yunhi, la vraie héroine du roman. On va la rencontrer à travers les souvenirs de Hyonu, mais aussi des carnets personnels et des lettres qu'elle a laissés dans sa maison à Kalmoe. Un personnage courageux et sincère que j'ai beaucoup aimé.
C'est une écriture puissante, doublée d'un magnétisme poétique qui nous révèle cette histoire douloureuse, étroitement liée à la vie de l'écrivain et à l'Histoire de la Corée du Sud. Entre vécu et fiction , l'histoire "de l'idéalisme d'une jeunesse, la sienne et celle de ses compagnons en quête d'une utopie, de ce "vieux jardin" toujours cherché et jamais atteint” , avec la présence de la patte de l'américain, comme toujours là où il y a bordel. Pour eux l'occasion à jamais de vendre leurs gadgets mortels, des montagnes d'armes, des avions de combat supersoniques, des vaisseaux de guerre et des porte-avions ( p.375 ). Quand à l'histoire de la Corée du Sud, elle n'a rien à envier aux dictatures sud-américaines ou autres par le monde, vu leur brutalité, leur inhumanité en tout genre de tortures, massacres et disparitions.
Malheureusement tout idéologie utopique, n'arrivant pas à dépasser le stade des idées, se termine en désastre, et on revient à la case de départ; car l'homme même idéaliste, une fois le pouvoir en main n'arrive pas à échapper à sa nature de despote inné. Et ceux qui ont suivi, souffrent ou meurent pour un idéal qui s'avère finalement qu'une illusion. Lutte ou pas lutte, les idéologies suivent leurs cours, naissent, vivent et meurent, laissant la place à d'autres. L'idéal qu'on cite comme liberté , fraternité, égalité pour tous, personnellement je n'y crois plus du tout, une belle phrase, qui reste une belle phrase. Mais l'auteur lui, à la question : y a-t-il encore de l'espoir ? , répond, " Tant qu'il reste possible de s'interroger ainsi, tout peut recommencer." J'espère qu'il a raison.
" Pour parler comme Ernst Bloch, " le Vieux Jardin" serait le portrait d'une génération qui a poursuivi le rêve d'une vie meilleure ". Très triste et très beau, une première rencontre époustouflante avec Hwang Sok-Yong.

“Quel monde avez-vous tant espéré sans qu'il vous soit donné avant de partir ?”
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5Arabella
  15 avril 2019
Une grande fresque dans l'histoire de la Corée et du monde qui s'ancre à la fin du XXe siècle, mais aussi une histoire d'amour, une plongée dans la culture coréenne, une interrogation sur les valeurs et principes qui fondent les relations sociales. O Hyônu, incarcéré depuis 18 ans pour des raisons politiques est libéré et lâché dans un monde qui a beaucoup changé. Nous apprenons peu à peu son histoire, ses luttes, et en filigrane des événements qui se sont passés dans son pays. En parallèle, se déroule la vie de Han Yunhi, la femme avec qui il a vécu une brève et intense histoire d'amour peu de temps avant d'être arrêté. Elle est morte pendant l'incarcération de O Hyônu, mais elle a laissé des carnets, une sorte de journal intime. Les deux chemins de vie se passent loin l'un de l'autre, avec le court intermède de la cohabitation dans une maison isolée à la campagne, moment de répit et de sérénité. Les 18 ans ont été très différents pour chacun des deux protagonistes principaux : O Hyônu enfermé dans les murs étouffants de la prison, luttant pour survivre, pour échapper à la folie, et une vie plus remplie, même si compliquée, pour Han Yunhi, qui tentait de réaliser sa vocation d'artiste, qui a voyagé, a assisté à la chute du mur de Berlin, a vu changer le monde.
Un roman d'une grande ambition, aussi bien en ce qui concerne le sujet que la forme, très travaillée. Galeries de portraits très forts, chronique du temps qui passe, réflexion sur la façon d'organiser la société, sur les choix de valeurs qui structurent une vie… les thèmes et les sujets abordés sont nombreux. le traitement, comme souvent chez les auteurs coréens et asiatiques en général, est pudique, et donc en partie elliptique, ce qui peut être parfois un peu déroutant pour les lecteurs qui n'ont pas l'habitude de ces littératures. Même si ici l'auteur explicite davantage, et qu'un certain lyrisme est présent dans les portraits de ces générations sacrifiées. L'histoire tourmentée et violente de la Corée de la fin du XXe siècle, pas forcément bien connue en Europe, et quelque peu en décalage avec l'image dynamique et moderne du pays actuellement, prend vie grâce aux personnages du roman de Hwang Sok-Yong. Mais le livre baigne aussi dans une description délicate d'états d'âme, de ressentis, d'ambiances et de paysages.
A la fois fort, intense et très poétique, le vieux jardin est un livre marquant pour le lecteur qui aura réussi à pénétrer à l'intérieur de son univers si particulier.
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ASAI
  01 août 2020
Je viens de terminer cette lecture dans des larmes, réelles, avec l'envie dans les dernières pages d'arriver à la fin et lorsque celle-ci est venue, l'envie de continuer, tout en sachant que la fin était là.
Ce livre que j'ai découvert tout à fait par hasard et au feeling, est sublissime. Oui j'ose cette entorse à notre langue.
Je ne vais pas le résumer, je ne vais pas découvrir toutes les histoires. Elles sont nombreuses, histoires et vies qui se croisent dans ce roman absolument fleuve, riche, dense, et qui m'a fait passer d'une froideur glaçante à des émotions d'une tendresse incroyable.
J'essaye de donner le cadre : il s'agit de l'histoire, de la vie d'un jeune coréen qui milite pour les droits démocratiques dans son pays, la Corée du sud, dont bon nombre d'entre nous ignore qu'elle a été une affreuse dictature soutenue, et même créée par les Etats-Unis. Des massacres, il y en a eu et ils sont absolument horribles : Jeju, gwangju....et ce sont des milliers de morts, torturés, exécutés, croupissant dans des prisons comme le héros de ce livre.
Il raconte son combat. Puis sa vie en prison. Ces pages sont magnifiquement atroces... comment il observe la vie d'une fourmi dans sa cellule qui l'isole de tout... Puis lorsqu'il recouvre la liberté, alors que la vie devrait renaître, il découvre tout ce qui a disparu. Comment la vie, l'espoir, l'envie, l'envie d'aimer, pourraient revenir ?
La Corée ? elle aura changé entre temps mais pour devenir quoi ? Un vaste marché commercial.
Il raconte au passage quelles ont été les conditions de vie des ouvriers et ouvrières coréennes pendant ce fameux boom économique des années 70 et 80.... Et encore des massacres pour les combattants des droits syndicaux. Et pendant ce temps on désindustrialisait ici pour profiter au sens fort, donc des milliers d'européens étaient mis au chômage pendant que des milliers de coréens étaient asservis et travaillaient dans des conditions inhumaines.
Hwang a une vision (étant donné les dates de rédaction du livre) très perspicace, très humaine, et globale. Mais il est désespéré. Comment aujourd'hui combattre ce monde de merde, basé sur la consommation, le profit, le gain alors qu'il suffirait de vivre près du "Vieux Jardin".
Ce roman est éminemment politique et d'une intelligence peu commune.
Conclusion, je m'apprête à lire ses autres oeuvres.
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cedratier
  13 août 2020
« le vieux jardin » Hwanh Sok-yong (Zulma 690p.)
Ce vieux jardin, c'est celui des rêves brisés d'une génération de jeunes militants qui lutta contre la sanglante dictature militaire en Corée du Sud dans les années 80, autant dire à peine hier. le titre, poétique et en apparence anodin, cache la douleur lancinante qui traverse tout ce roman en grande partie autobiographique.
Quant O Hyônu, opposant politique, sort de prison après 18 ans d'incarcération, il apprend que la jeune femme qu'il n'a eu le temps d'aimer (d'une passion exacerbée par les dangers de la clandestinité) que quelques mois avant son arrestation, et dont il était depuis si longtemps sans nouvelle, est morte quelques années plus tôt. Han Yunhi était artiste peintre, sensible aux injustices, mais pas véritablement engagée au sein d'une organisation ; elle a laissé un carnet où elle évoque, au fil des années, des pans de sa vie pour celui qu'elle ne cessera d'espérer revoir. L'auteur va faire alterner les deux voix, deux « Je », mêlant les périodes anciennes et actuelles, des regards croisés sur les évènements.
C'est un livre lourd, et pas seulement de ses presque 700 pages. C'est un livre de plomb, sans issue, puisque dès le début du récit, on sait que le personnage central a tout perdu, ses espoirs, ses illusions, son amour. L'auteur abonde dans les détails rigoureusement documentaires, il y a une forte dimension témoignage, on découvre au fil des pages tout des conditions si difficiles de vie de l'incarcération, et de celle qui est comme « enfermée dehors » dans la prison d'un amour perdu, inoubliable, indélébile, mais aussi par moments une logorrhée maoïsante quasi surréaliste.
Dire que j'ai été particulièrement touché par ce livre est faible (même si j'ai trouvé quelques longueurs dans certaines descriptions de menus, de vêtements). J'ai eu par moment du mal à avancer dans ma lecture, car j'ai souffert des douleurs des deux personnages, de leurs généreux espoirs vaincus. Mais évidemment, on lit un livre à la lumière de son histoire propre, et si chacun ici pourra trouver en lui un écho d'un amour perdu (j'imagine), moins nombreux sans doute sont ceux qui trouveront de forts échos à des engagements brisés.
C'est un livre très fort, d'une profonde mélancolie, d'une nostalgie poignante, à découvrir absolument… si l'on en accepte le ton.
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LouDeBergh
  11 août 2019
C'est avec un immense sentiment de reconnaissance que je referme ce superbe roman ; cette fresque historique magnifique dotée d'un pouvoir merveilleux : celui de permettre au lecteur de se réapproprier le temps.
De le toucher, de la palper, de le faire sien.
Le temps de la lecture, de la belle phrase, de la langueur, celui du roman, de la description, de l'imagination, celui de l'Histoire avec un grand H et celui de l'amour surtout.
Je crois que de ce roman est né un film (que je n'ai pas vu, il en va de soit). Et je suis absolument certaine que jamais je ne souhaiterai le voir tant les images qui sont nées dans mon esprit tout au long de cette lecture sont aussi vives que vivantes. Je peux, après ces 700 pages dévorées, me remémorer le moindre restaurant dans lequel Han et Song ont mangé, le décor de la plus petite des chambres dans laquelle ils ont vécu, imaginer le moindre recoin de la cellule de O Hyônu, la moindre petite tache sur le plafond. J'ai le sentiment d'avoir sillonné les rues de Séoul avec Monsieur O quand il était recherché, d'avoir mangé des kimshi avec Han dans le petit paradis de Kalmoe et d'avoir tapé à la machine les tracts politiques à distribuer en cachette aux sorties des usines. Des petites braises que je me réjouis de raviver à la seule évocation de cette lecture.
Il y a dans le Vieux Jardin, roman peut-être le plus autobiographique de Hwang Sok-Yong, une éblouissante histoire d'amour. de celles capables de surnager bien au-dessus des vicissitudes du quotidien (même si ces vicissitudes impliquent la mort, la torture, l'abandon, l'emprisonnement à vie, la chute d'un mur, la vie de part et d'autre d'un autre, la fuite et la douleur). Une histoire d'amour donc entre O Hyônu, opposant politique sud coréen dans les années 80 et Han Yunhi, artiste peintre. Cette histoire se trouve narrée en deux temps : celui de la jeunesse, retraçant avec une fougue et une délicatesse surprenante les quelques mois d'une passion naissante dans la Corée des dictatures. Puis la séparation, brutale et sans appel suite à l'emprisonnement de O Hyônu dans les geôles coréennes.
Quand O Hyônu sort de prison, après dix-huit ans d'isolement, il ne retrouve de Yunhi que son journal intime, ses cahiers et quelques lettres. Se dresse alors en filigrane le magnifique portrait d'une femme engagée, éprise de liberté et celui, plus universel encore, de toute une génération en proie au rêve d'une vie meilleure.
C'est un roman infiniment apaisé malgré la violence de son sujet et son caractère hautement autobiographique ; un roman qui donne le temps au temps. Ne manifestant aucune volonté de briller ou de se transformer en une oeuvre étincelante. Et pourtant ! Ce roman est étincelant, puissant, incroyablement évocateur et extrêmement dense.
Tu l'as compris : tu as sous les yeux une superbe fresque historique, romantique et engagée, rédigée par un auteur qui, toute sa vie lutta contre l'oppression, qui de 1993 à 1998 fut expédié en prison pour avoir osé se rendre à Pyongyang afin de soutenir les artistes du nord, et qui fit dix-huit grèves de la faim pour obtenir ne serait-ce qu'un stylo-bille. Un écrivain du défi, un écrivain idéaliste dans un monde privé d'idéal.
Il nous livre un roman âpre et sublime, passionnant et terrifiant, fortement ancré dans la réalité politique de son pays. Crois-moi, on a sincèrement le sentiment de vivre tout ce que les personnages vivent sous nos yeux, on se sent un peu « opposant politique » après avoir fréquenté tout ce petit monde durant 700 pages, on découvre et apprivoise l'histoire et la culture de cette mythique et mal-connue Corée.
Le Vieux Jardin c'est aussi une rugosité poétique délicieuse et « une immense compassion pour la solitude de l'homme qui voit sa liberté bafouée. » (Marine Landrot, Télérama).
C'est un roman ambitieux, tant sur le plan de la forme que sur celui du fond. Les portraits de cette génération sacrifiée sont forts, les personnages puissants, attachants et terriblement humains ; le temps qui passe est une entité palpable, imperméable, âpre. C'est un très grand livre, un beau roman historique offrant une réflexion politique constante et passionnée sur l'engagement, un ouvrage dénonçant toutes les oppressions, un texte sur la Mémoire et une très belle ode à un amour que l'on sait condamné. C'est pudique, mélancolique, amer et désillusionné. C'est émouvant de force et de dureté, infiniment poignant, définitivement envoutant…bref, un roman à faire sien de toute urgence.
Lien : http://www.mespetiteschroniq..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   31 juillet 2019
Mais jusqu’où peut-on vraiment aller dans l’accomplissement en y sacrifiant toute une vie ? ....Nous changeons comme une montagne de terre peu à peu usée par le vent et la trace que nous laissons dans le monde est bien différente de celle que nous avions imaginée au départ.
p.52
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BookycookyBookycooky   30 juillet 2019
Une des caractéristiques d'un détenu à l'isolement depuis longtemps est qu'il n'est plus capable d'exprimer ses sentiments, parce qu'il ne peut pas les partager.
p.43
Commenter  J’apprécie          360
BookycookyBookycooky   30 juillet 2019
Le chef-coiffeur des prisonniers était un homme à l’automne de sa vie. Un dur qui tirait ses quinze ans, comme on disait ici, au bout de dix ans, il n’ y avait que des agneaux.
p.16
Commenter  J’apprécie          272
BookycookyBookycooky   03 août 2019
Yi disait que plus on fabriquait des objets qui n'étaient pas de premières nécessités, plus le bien-être disparaissait.
p.498
Commenter  J’apprécie          351
BookycookyBookycooky   01 août 2019
Une journée où il ne se passe rien est sans doute ce que l´homme peut rêver de mieux.
p.209
Commenter  J’apprécie          350

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