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ISBN : 1090175450
Éditeur : Serge Safran éditeur (03/03/2016)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 15 notes)
Résumé :
En Corée du Sud, dans les années soixante. Chun et son copain Inho abandonnent les cours pour vivre dans une grotte puis faire l’été une grande virée dans leur pays encore marqué par l’occupation japonaise et la guerre. De retour à Séoul, ils reprennent leurs études, forment un cénacle avec leur nouvel ami, le peintre Chang Mu, se retrouvent tous au café Mozart. Chun et Mia entament une relation amoureuse qui les entraîne vers l’île de Cheju. Mais Mu meurt de la tub... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ichirin-No-Hana
  12 juin 2016
Reçu dans le cadre d'une masse critique, je remercie Babelio et l'éditeur Serge Safran pour l'envoi de ce roman. Depuis le début de l'année, je cherche à découvrir des auteurs d'origine asiatique et notamment coréenne, donc j'étais très heureuse de recevoir ce roman. Je découvre donc avec L'étoile du chien qui attend son repas, l'auteur coréen Hwang Sok-yong, auteur plutôt reconnu car j'ai déjà eu l'occasion de croiser plusieurs fois les deux romans Shim Chong, fille vendue ou encore Princesse Bari.
L'étoile du chien qui attend son repas est un roman (énormément autobiographique à ce que j'ai pu comprendre) à plusieurs voix mais qui tourne principalement autour du personnage de Chun. Chun est un jeune homme plutôt perdu qui abandonnera ses études car il ne se reconnaît pas du tout le système imposé par la société. Au cours du récit, on suit ses vagabondages, ses rencontres et surtout son mal-être à l'arrivée dans l'âge adulte.
L'étoile du chien qui attend son repas est un roman superbement écrit. L'auteur nous dépeint parfaitement les différents états d'âme et les différentes étapes par lesquelles passent Chun. Malgré que le récit décrive une jeunesse coréenne perdue dans les années 60 (période de reconstruction et de transition très importante en Corée du Sud), on se reconnait énormément dans le cheminement et le mal-être de Chun, et également des personnages que l'on rencontre au cours du roman.
Malgré la qualité de l'ouvrage, j'avoue que j'ai eu énormément de mal à rentrer dedans et surtout, à m'attacher aux personnages. En lisant le résumé, je m'attendais à un récit avec beaucoup plus de péripéties et celles-ci sont plutôt longues à arriver. Alors oui, ce n'est sûrement pas le but de l'ouvrage qui est plutôt contemplatif et énormément initiatique mais je m'attendais à être un peu plus prise aux tripes et finalement l'auteur prend beaucoup trop de distance avec son lecteur. J'ai été souvent perdue dans le déroulement du récit. L'auteur introduit énormément de personnages et ils sont malheureusement assez vite oubliés. J'aurais voulu un meilleur développement et apprendre à connaître un peu plus les différents personnages : ils sont seulement survolés et l'auteur a même tendance à frustrer le lecteur en nous dévoilant seulement qu'une petit partie de leurs histoires personnelles et c'est plutôt dommage.
Le roman l'étoile du chien qui attend son repas est un roman initiatique de très grande qualité que cela soit au niveau de son écriture et au niveau de l'évolution de son personnage principal. le contexte historique des années 60 en Corée du Sud a été également très enrichissant à découvrir. Cependant, j'avoue m'être énormément ennuyée pendant la lecture. le roman est beaucoup trop contemplatif et long à démarrer. le personnage de Chun m'a paru plutôt insipide et j'ai eu du mal à comprendre nombres de ses choix. J'aurais voulu en découvrir plus sur les personnages qui gravitent autour de Chun et qui ont l'air d'avoir une histoire personnelle très intéressante (peut-être même plus que celle de Chun).
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ManouB
  27 mai 2016
Nous sommes en 1960 en Corée.
Chun, le narrrateur principal est sur le quai de la gare : il va partir pour le viêtnam faire une guerre pour laquelle il ne se sent pas concerné.
Mais avant de partir, il tient à dire au revoir à sa mère qu'il aime profondément, à son jeune frère encore au collège et à tous ses amis qu'il ne reverra plus pendant longtemps...

Et les souvenirs de sa jeunesse l'assaillent...

Il se remémore ses camarades de lycée, la perte d'un de ses amis d'alors, tombé sous les balles lors d'une manifestation, les soirées où les jeunes lycéens se retrouvent ensemble pour boire et refaire le monde dans un café du centre ville, le café Mozart...
Mais alors que certains d'entre eux poursuivent leurs études sans problèmes, Chun, rebelle à toute autorité, et considéré comme un être à part, à la fois indiscipliné et rêveur, parce qu'il aime avant tout passer son temps à lire, décide de quitter le lycée pour vivre sa vie et faire le tour du pays qu'il ne connaît pas.
Dans une lettre magnifique qu'il écrit à son professeur, responsable de la classe cette année-là, il expose ses motivations et sa propre vision de l'apprentissage et, sans demander l'avis de sa mère, il quitte le lycée pour aller quelques temps s'installer dans une grotte avec son ami Inho.
Mais après ce temps de retraite spirituelle et de réflexion, les jeunes gens partent explorer le pays...

Les découvertes sont nombreuses : la vie paysanne est rude et éloignée de toute modernité. Mais c'est la découverte de la vie ouvrière qui sera, au cours de ce périple initiatique, une véritable révélation pour Chun...
C'est un roman à plusieurs voix où, tour à tour, Chun et ses amis prennent la parole pour évoquer, avec beaucoup de nostalgie, leur jeunesse, leur vie à l'école, leur attirance pour les filles, les traditions, et leurs doutes...

Dans ce roman largement autobiographique, l'auteur de "Princesse Bari", roman que j'avais beaucoup aimé, et chroniqué sur ce blog, nous montre la jeunesse coréenne de l'époque.
Une jeunesse sans espoir d'avenir, prise entre traditions et modernité, désireuse de s'émanciper mais complètement enfermée dans l'enfer disciplinaire des institutions scolaires quasi militaires...
L'uniforme y est certes de rigueur et se doit d'être impeccable, mais les notes et le classement de chacun sont affichées dans le couloir à la vue de tous, la longueur des cheveux, mesurée au millimètre près, les poches des pantalons, cousues pour ne pas risquer d'y glisser les mains...et d'avoir ainsi une attitude irrespectueuse.
L'humour est cependant bien présent donnant un peu de légèreté à ce témoignage d'une jeunesse en perdition qui s'éloigne peu à peu de tous ses rêves et de l'espoir de vivre différemment de leurs aînés...
Il faut prendre le temps d'entrer dans la vie de cette jeunesse pour mieux la comprendre et prendre nos propres repères pour les suivre dans leur périple et leurs réflexions.
Le roman est étayée de nombreux extraits de haïkus et de poèmes coréens...mais aussi d'auteurs occidentaux.
L'écriture est magnifique, les descriptions à la fois réalistes et très poétiques. C'est un roman empreint de nostalgie, mais jamais triste pour autant.
L'auteur nous peint aussi par petites touches discrètes, la situation politique et sociale du pays.
Il nous montre un pays exsangue, en manque de repères, tout juste sorti de l'occupation japonaise en 1945, puis des suites de la guerre de Corée qui a duré de 1950 à 1953, un pays où la vie dans les campagnes comme dans les villes y est désespérée...mais où tous tentent pourtant de trouver une raison de vivre.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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BenSinfal
  06 juin 2016
C'est la guerre qui entame ce récit. Yu Chun, personnage principal et narrateur du récit, sera envoyé au front au Vietnam. On pourrait donc s'attendre à un grand récit de guerre, où il est question des atrocités et terreurs du combat, du vacarme des armes et de la furie des hommes ! Et bien non. Nous restons définitivement sur le quai, et nous nous laissons porter par un récit à rebours, celui de la jeunesse de Yu Chun. le « fracas terrible » de la guerre sera tenu à distance, jusqu'à la dernière ligne.

En revenant ainsi sur son passé, Chun, cherche ses propres traces, son fantôme comme il le dit lui-même. Et c'est finalement là, dans l'Étoile du chien qui attend son repas, dans l'espace de ce livre, qu'il semble le retrouver enfin. Et la guerre, qui enserre l'oeuvre comme un étau, qui menace toujours, ne parviendra pas à trouver sa place dans la reconstruction de Chun. Il usera même des voix de ses amis, comme pour mieux se distancer, et mieux se comprendre.

Mais cette pluralité des voix ne se contente pas d'éclairer la seule personnalité de Chun. Elle vient aussi mettre en tension toute une génération en quête d'ouverture et de modernité, sous un régime autoritaire et conservateur, encore sous le joug japonais. La Corée des années 60 se dévoile ainsi au fil du récit du quotidien et des aventures du groupe d'amis, avec toutes ses tensions, et ses contradictions.

La révolution est politique mais elle est aussi artistique. Chun et ses amis, nourris par les poésies symbolistes et surréalistes occidentales, et par les modernistes coréens souvent politisés, secouent toutes les pensées traditionnelles tout en maintenant une recherche des « vestiges du passé ». Une quête d'identité donc, autant individuelle que générationnelle, où tous les repères se doivent d'être questionnés.

Dans le récit de cette recherche, Hwang Sok-yong nous délivre des instants de vie captés, comme pris au vol, où viennent se côtoyer un réalisme saisissant et une poésie presque onirique, contemplative. le récit se veut distant, et tout se revêt pourtant d'un léger voile de naïveté. Au lieu d'écrire le mot « étoile », Chun a d'abord choisi de les contempler. Et c'est ce voyage que nous faisons avec lui. Mais cette étoile là-haut ? N'est-ce que Vénus ? Ou est-ce l'Étoile du chien qui attend son repas ? Ce même chien que Chun aperçut un jour, trottinant sans but, traînant une longue laisse derrière lui.
Lien : http://www.blog-alliteration..
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zazy
  04 mai 2016
Nous sommes en 1960, Chun est sur le quai de la gare en partance pour le Vietnam, pour une guerre qui ne le concerne pas. le livre est un retour sur sa jeunesse. « A ce moment-là, alors que je disais adieu à ma jeunesse, je me rendis compte à quel point je l'avais aimée. »
Les plaies de l'occupation japonaise et celles de la guerre (guerre entre les deux Corée) ne sont pas totalement refermées. Manifestant contre le sommet Corée-Japon, Chun sera jeté en prison, verra un de ses amis tomber sous les balles.
Chun sert de fil rouge dans ce livre chorale où chaque ami raconte une partie de son histoire. Les jeunes étudiants se retrouvent souvent au café Mozart pour boire du Soju et du Makkoli, qu'est-ce qu'ils picolent !! Chun avec d'autres prennent la décision d'arrêter leurs études pour parcourir la Corée. Il explique son choix dans une très belle lettre adressée à son professeur responsable « Je voudrais acquérir la capacité de créer, plutôt que d'apprendre par coeur ». Ils partent à la découverte d'un pays, d'une campagne encore éloignée d'une certaine modernité. Ces jeunes gens, férus de poésies, citent des extraits de Paul Valéry, Henri Michaux, des poètes et auteurs coréens…Chun, rencontre Chang, alias Lieutenant à la prison et décide de le suivre. Engagés comme manoeuvre, il découvre le vrai prolétariat. «Il me fallut attendre l'âge de vingt ans pour sortir des livres et prendre conscience de toute l'énergie qu'exigeait la dure vie de travailleur.»
Dans ce récit largement autobiographique, Hwang Sok-yong fait le portrait de la jeunesse coréenne de l'époque, une jeunesse désenchantée qui refuse, entre autre, la discipline militaire des établissements scolaires (poches cousues pour ne pas y mettre les mains malgré le froid, mensuration de la chevelure…), le capitalisme forcené
J'ai aimé son écriture pleine, forte, avec de très belles descriptions. Ce n'est pas un livre que j'ai lu en une seule nuit, non ; il faut le temps d'écouter ces jeunes gens, de les regarder vivre, de comprendre leurs attentes, leurs aspirations qui ressemblent étrangement à celles de notre jeunesse, découvrir la vie coréenne.
Un livre très dense très bien écrit et traduit, un plaisir de lecture. Je n'ai pas pu, pas su en parler tant ce livre est dense, parfait, alors lisez-le.
Au fait, l'étoile du chien qui attend son repas, c'est Vénus.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Nahe
  14 mars 2016
Corée, dans les années soixante. Prêt à être envoyé combattre au Vietnam, Chun profite de ses derniers jours de liberté après des siens : luttant contre le peu de temps qui lui reste, il revoit sa famille et ses amis. Il revient alors sur ses années de jeunesse : le moment où rebelle et incapable de se fondre dans le système, il a choisi de quitter l'école et de voir du pays. Avec un copain, il a notamment vécu en méditation dans une grotte, avant de voyager pour retrouver des amis.

Dans ce roman d'apprentissage, en partie autobiographique, l'auteur se livre sur ses jours d'errance et de contestation. A sa suite, ses amis prennent le relais : ils donnent eux aussi leur vision des événements et profitent pour faire entendre leur voix. L'école, la famille, les filles, ... sont ainsi passés au crible par ces jeunes révoltés et forment un récit empreint de douleur et de nostalgie.
Centré sur ces jeunes idéalistes qui rêvent un monde meilleur mais se heurtent à leurs illusions, L'Étoile du chien qui attend son repas propose au lecteur un voyage réaliste au goût un peu amer, un document à la fois instructif et émouvant. Un texte qui amuse, révolte, ne laisse en tout cas pas indifférent. Pour conclure, mêlant agréablement le témoignage et la protestation, ce roman nous emmène au coeur de la Corée des années soixante, dans un périple riche et mélancolique.
Lien : http://nahe-lit.blogspot.be/..
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critiques presse (1)
Telerama   16 mars 2016
A l'aube des années 1960, la jeunesse coréenne s'évade comme elle peut. Le romancier esquisse le beau portrait d'une génération désenchantée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ManouBManouB   27 mai 2016
La sensation paisible que me procurait le vent en effleurant mes sourcils, la procession des nuages aux formes changeantes, les jeux de couleur, de densité, de lumière et d'ombre que créaient les rayons de soleil en se posant sur la surface des choses... ces sensations m'ont paru enrichir ma vie plus que les six heures de cours du matin et de l'après-midi où je suis assis dans ma classe.
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   12 juin 2016
- Tu sais pourquoi au début je vous ai traités de gamins, toi et Chunggil ? Quand on trouve quelque chose qui en vaut vraiment la peine, il faut se cacher ou prendre un peu de distance. Vous, vous aviez tout le temps le nez sur la poésie ! Au lieu de regarder les étoiles, vous écriviez le mot "étoile".
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ManouBManouB   27 mai 2016
Il me fallut attendre l’âge de vingt ans pour sortir des livres et prendre conscience de toute l’énergie qu’exigeait la dure vie de travailleur.
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ManouBManouB   27 mai 2016
A ce moment-là, alors que je disais adieu à ma jeunesse, je me rendis compte à quel point je l’avais aimée.
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ManouBManouB   27 mai 2016
Je voudrais acquérir la capacité de créer, plutôt que d’apprendre par cœur.
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