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Georges Nivat (Autre)Lioudmila Oulitskaïa (Autre)Maud Maubillard (Traducteur)
EAN : 9782369145950
560 pages
Libretto (19/08/2021)
4.3/5   346 notes
Résumé :
Nous sommes au Tatarstan, au cœur de la Russie, dans les années 30. A quinze ans, Zouleikha a été mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Ils ont eu quatre filles mais toutes sont mortes en bas âge. Pour son mari et sa belle-mère presque centenaire, très autoritaire, Zouleikha n'est bonne qu'à travailler. Un nouveau malheur arrive : pendant la dékoulakisation menée par Staline, le mari se fait assassiner et sa famille est expropriée. Zouleikha est déportée en Sibér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
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sur 346 notes
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Nous sommes au Tatarstan, en 1930, dans un bled, où une jeune femme mariée,est domestique et bête de somme au service d'un mari beaucoup plus âgé......et de la belle-mère. Dés les premières pages on tombe sous le charme de Zoulheikha, Yeux verts, ce petit bout de femme soumise sans aucun autre choix, peu éduquée mais si sensible, si délicate, qui mise à part sa religion musulmane est profondément attachée aux croyances païennes héritées de sa mère.("Ce n'est pas facile de contenter un esprit.....L'esprit de l'étable aime le pain et les biscuits, l'esprit du portail, la coquille d'oeuf écrasée. L'esprit de la lisière, lui, aime les douceurs. Zouleikha tient cela de sa mère."). de minutieuses descriptions de la préparation de la bania ( le bain dont la salle est en dehors de l'isba ), de la belle-mère qu'on prépare au bain et du rituel de bain achèvent le charme de cette introduction à un livre qui nous promet une aventure longue et douloureuse, suite à un rêve prémonitoire, dans une Russie en pleine ébullition, où sévit la dékoulakisation ( terrible !) menée par Staline.
Qui est qui ? Aujourd'hui bourreau, demain victime (président de soviet finit sa vie en exilé / il peignait des affiches révolutionnaires, et il se retrouve en Sibérie...), ou le contraire (!), un système sans lois, sans repères, à la merci d'un seul homme qui s'appuie sur des dogmes incohérents, une idéologie factice. Passage d'un état d'injustice à un autre encore pire....qui va entraîner la misère et la mort de milliers de personnes.

Un texte trés fort, superbement écrit et traduit, et comme le dit l'écrivaine Lioudmila Oulitskaïa, " qui nous va droit au coeur". Elle nous fait sentir la nature, le froid, le silence, la désolation, la honte, la misère, le désire, l'amour ( qu'elle dénomme "le miel", magnifique !)........au tréfonds de notre être. La richesse des images ( l'écrivaine a fait une école de cinéma ), des descriptions et la poésie et la beauté qui s'en dégagent renforcent la puissance du texte tout en adoucissant le côté dramatique des événements.
Encore une fois vous serez révolté par la misère, l'injustice, la violence et la tyrannie qu'exercent les hommes sur leurs semblables dés que l'occasion s'y présente, utilisant n'importe quelle faux alibis; et aussi émerveillé par tout ce que l'homme est capable de faire dans les pires situations de dénuement et de désespoir. Mais ce livre est avant tout une magnifique histoire, celle d'un personnage unique, inspiré de la grand-mère de l'écrivaine, "une poule mouillée" qui deviendra une femme forte au contrôle de son destin, destin d'une miraculée dans les tréfonds de la taïga.
J'ai adoré Zouleikha, et son histoire de femme, "élément antisoviétique", au sein de la terrible Histoire de la Russie de Staline ( " le sage homme moustachue" de la photo ) m'a bouleversée.
Définitivement un coup de coeur !


".........Zouleikha ouvre les yeux. Dans la brume rosée de l'aube.....une grande mouette à la poitrine blanche, posée sur le bastingage, la regarde fixement de ses yeux brillants aux reflets d'ambre."

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Tu ouvres ce livre et tu ne peux plus décoller tes yeux de ses pages :
Parce que « Zouleikha... » est un superbe roman traversé par le souffle épique des grands écrivains russes ; une fresque historique trompeusement cinématographique, se refusant tout penchant psychologisant ; il est aussi un magnifique essai sur le regard.
Et tu t'étonnes de ressentir comment ce beau livre, salutaire, peut résonner dans ton désert intérieur, en créant des petites vagues là où tout s'était figé.

Si tu le fais tien, tu verras que la question du regard est centrale et permanente : il y a l'oeil d'un dieu quelconque, inventé pour surveiller et punir, et il y a l'oeil intérieur.
Il y a le Surmoi qui tue, castre et maltraite (le parti, « le père des peuples » et leurs nombreux serviteurs zélés) et il y a toute une forêt de petits Moi, du plus humble et peureux, celui qui met du temps à s'avouer ses propres sentiments, jusqu'au communiste qui s'oublie pour faire survivre « ses » koulaks « déplacés ».

A travers les yeux de Zouleikha, tu saisiras, au-delà des arbres, l'esprit des steppes et les bulbes des églises russes, pulsant comme des fleurs dorées, et même la prison comme un grand organisme concentré sur l'effort de rester en vie. Ainsi que des jolies représentations animistes et panthéistes qui seront toutes pulvérisées face à l'amour pour son enfant et à l'énergie mobilisée pour le faire grandir.

Tu imagineras les peintures d'Ikonnikov, miettes de culture dans la nature la plus hostile, comme des fenêtres et des leçons d'histoire, telles que le jeune Youssouf les voit et que la vie met sur son chemin.

Et ton regard accompagnera, soucieux, le brillant docteur Leibe qui, pendant un bon moment, semble préférer le délire psychotique : tiède, aveuglant et protecteur face à tout ce qui fait mal à voir.

Tu vas souffrir, tu vas t'étonner, et tu prendras un énorme plaisir à te laisser entraîner dans l'illusion que Gouzel Iakhina ne fait que promener un miroir le long d'un chemin afin de générer tout ce monde – tellement riche et contradictoire, enregistrant des subtiles métamorphoses et dévoilant des ressources insoupçonnables.

Bien sûr, tu n'échapperas pas à quelques questions : qu'est-ce qui rend possible ce regard tendre sur un pan d'histoire des plus cruels ? Où puisent leur force ce manuel de survie et cette balade follement belle dans la Russie et la Sibérie blessées ? Aurait-on pu écrire de la sorte si l'on n'était pas une petite-fille des tatars « déplacés », à quelques décennies de distance de ces épisodes traumatiques ?

Livre des larmes que le temps a séchées.
Voilà un livre capable, ne serait-ce que pendant quelques heures, de te tirer d'une dépression.
Ne te retourne pas, comme la femme de Loth, sinon tes larmes te figeront sur place.
Lève-toi, prends ton lit et marche, comme Zouleikha.
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Une très belle découverte que cette Zouleikha ouvre les yeux !

Zouleikha est une jeune paysanne vivant dans un village perdu de la province du Tatarstan. Elle est simple, humble, naïve, insignifiante, illettrée, maladroite, peureuse, croit aux esprits. Elle est maltraitée par son mari et sa belle-mère et ne s'en révolte pas, cela lui paraît normal. Elle ne doute pas de sa faiblesse, elle n'a même pas été capable d'avoir des enfants qui aient survécu.

Le roman se déroule dans les années trente, durant lesquelles Staline a décidé de soumettre les koulaks, ennemis de la classe ouvrière.
Les paysans craignent le pouvoir qui les rançonne et les dépouille sans cesse davantage.

Lors d'une expédition de l'armée rouge, son mari est tué par leur commandant, Ignakov. Zouleikha et les koulaks vont être déportés en Sibérie.
Le trajet est long et verra le nombre de koulaks fortement diminué par les épreuves, la maladie, les évasions et surtout la faim. Ils aboutiront enfin à destination, aux rivages du fleuve Angara et y seront abandonnés avec le commandant. C'est alors qu'une lutte pour la survie s'organise. Elle y connaîtra des intellectuels appartenant à l'intelligentsia, les moins adaptés à survivre mais qui pourtant s'adaptent ! C'est l'hiver et l'hiver sibérien est plus long et plus dur que les autres.

Cette déportation et ces épreuves vont profondément métamorphoser notre protagoniste. Elle découvre la maternité et l'amour, amour hors mariage, amour illégal mais existe-t-il encore des lois sur cette terre oubliée d'Allah et des hommes ?
Zouleikha ouvre les yeux sur une vie nouvelle, sur la misère et la grandeur de ses semblables. Elle cesse d'être victime et est respectée par tous, et tous s'efforcent de l'aider et d'aider son fils. Elle sait toujours trouver un motif pour aller de l'avant.

Tout est décrit en nuance, il n'y a pas de bons ou de mauvais, pas de compassion devant la misère, pas d'exotisme suranné, pas de moralisme, l'amour n'est pas exalté, il est tel qu'il est.

C'est une histoire qui s'insère dans un fragment de l'histoire soviétique, une histoire qui montre à quel point les difficultés peuvent changer les hommes. Dans les conditions les plus inhumaines peut se trouver une humanité
Les caractères des divers personnages sont détaillés avec justesse.

Le style est simple, poétique souvent ; beaucoup de détails trouveront leur signification plus tard. On remarquera la présence de nombreux mots tatars (il y a un lexique !).
Il y a beaucoup de rythme.

C'est un roman qui m'a touché, Zouleikha est un personnage féminin que je ne peux oublier
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Une merveille. Un bijou. Une rareté.

Voici un livre vraiment unique- non, en fait, ils sont deux, et de la même auteure (et ce mot au féminin prend toute son ampleur !).

Je viens d'entrer il y a quelques semaines dans le cercle très privilégié-et j'espère pas fermé du tout- des admirateurs béats de Gouzel Iakhina !

Zouleikha m'a vraiment ouvert les yeux !

L'occurrence discrète et toujours justifiée du titre dessine en effet le parcours d'un éveil.

Les deux grands yeux verts de Zouleikha s'ouvrent à la connaissance du vaste monde... Une aventure qui, dans l'URSS de 1930, en pleine dékoulakisation, n'a rien d'un parcours de santé. Et ils s'ouvrent aussi, pour la toute jeune et naïve Zouleikha, à la connaissance de soi dans les pires conditions qui soient.

En quelques jours, en effet, Zouleikha (dont les seules manifestations d'indépendance étaient d'aller voler du sucre chez sa terrible belle-mère pour l'offrir aux divinités des bois qui veillent sur ses quatre petites filles mortes) , découvre brutalement qu'il va falloir survivre seule -ou presque : elle attend un cinquième enfant- quand la Horde rouge, commandée par Ignatov l'incorruptible, tue son (tyran de) mari et l'emmène avec d'autres paysans rétifs à la collectivisation, sur les routes et les eaux qui les déporteront en Sibérie, au milieu de nulle part.

L'histoire terrible de l'union soviétique saignée à blanc par le petit père des peuples est donc la toile de fond de cet éveil d'une conscience à la réalité du monde et à elle même.

Tout est là : les exactions, les persécutions, les déportations, le goulag, la propagande, le triomphe des bureaucrates et des lèche-bottes, la suspicion, la délation, les massacres de masse...

Et pourtant rien n'est moins atroce et violent que ce récit subtil, tendre pour ses personnages : il n'est que de voir le portrait d'Ignatov, guerrier et communiste intransigeant, qui se mue en sauveur de "ses" déportés et en divinité tutélaire du camp qu'il a construit avec eux sur les bords de la sauvage Angara.

La Russie est un pays dévasté par la révolution et la guerre civile, divisé par mille langues et traditions religieuses différentes (Zouleikha est une tartare musulmane mais plus encore imprégnée des rites et légendes animistes et païens qui restent vivaces dans sa région) : cette complexité, sous la plume ailée de Gouzel Iakhina, ouvre les vannes d'une poésie quasi magique.
La belle-mère assassinée devient un fantôme de mauvais augure, les neiges, la glace, les loups et les ours servent les voies capricieuses du destin et donnent à l'épopée des pauvres koulaks un air de conte initiatique et cruel.
Les personnages les plus odieux deviennent des caricatures dont on se moque à bas bruit.
Le désir féminin est un torrent de miel qui s'empare de Zouleikha comme si un sort lui avait été jeté.

À l'inverse, l'histoire du roi des oiseaux que Zouleikha raconte à son fils Youssouf résonne comme une parabole ou une fable politique.

Et la lecture devient, littéralement, un enchantement grâce, aussi, à une traduction époustouflante de finesse et qui a su préserver l'"exotisme" de ces steppes lointaines : un lexique final donne les clés des mots tatares qui émaillent le récit. Mais on s'y est tellement immergé et on s'est tant imprégné de cette saga qu'on les a fait nôtres depuis longtemps...

Il y a bien longtemps, aussi , que je n'avais goûté pareil plaisir de lecture...

Merci à tous les poissons pilotes de babelio à qui je dois cette précieuse découverte, Idil en tête...
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Quand la horde rouge, chargée de la dékoulakisition, débarque une fois de plus dans ce coin de la province de Kazan, tue son époux et emmène Zouleikha avec les paysans accusés d'être de mauvais communistes pour un trajet de plusieurs mois vers la Sibérie, ce n'est pas si grave. Même si les conditions sont redoutables au point que beaucoup perdent la vie, la jeune femme, qui vit un enfer avec un mari plus âgé et une belle-mère épouvantable, va découvrir une forme de liberté dans un système destiné à broyer les hommes...

Gouzel Iakhina revient avec finesse et poésie, eh oui, sur la dékoulakisation qui accompagna la collectivisation forcée des terres, avec des emprisonnements, des confiscations, des exécutions et des déportations de masse de paysans (environ 30 000 ont été fusillés, 2,1 millions ont été déportés, et la faim, les maladies et les exécutions auraient coûté la vie de 530 000 à 600 000 autres). Une dékoulakisation ouverte par Lénine et reprise par Staline dans les années 30, avant la généralisation du système du goulag, qui a fait l'objet d'une résistance considérable de la part des paysans. Dans le cas de Zouleikha, une héroïne oh combien attachante, cette résistance est plus une adaptation à un système inique, qui, par un fatalisme primordial propre aux Russes, trouve une forme de résilience aux pires souffrances, et une capacité à encore s'émerveiller.

« … Zouleikha ouvre les yeux. Dans la brume rosée de l'aube, tous les objets semblent devenus légers et vacillants. Une grande mouette à la poitrine blanche, posée sur le bastingage, la regarde fixement de ses yeux brillants aux reflets d'ambre. Derrière elle, dans la blancheur ouatinée, frémissante, du brouillard matinal, on devine à peine les contours des rives lointaines. le moteur est éteint, la péniche suit silencieusement le courant. de petites vagues clapotent tendrement contre la coque. »
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critiques presse (1)
Actualitte
19 février 2018
Dans une langue magnifique, Guzel Iakhina s’attache scrupuleusement à décrire la vie misérable de son personnage principal, Zouleikha, et le syndrome de Stockholm qui lie les paysans captifs au pouvoir qui les tyrannise.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
Ignatov ne comprenait pas comment on peut aimer une femme. On peut aimer des choses grandioses : la révolution, le Parti, son pays. Mais une femme ? Et comment peut-on utiliser le même mot pour exprimer son rapport à des choses d'importance si différente : comment mettre sur la même balance une quelconque bonne femme et la révolution ? C'était ridicule.
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 On s’était mis à désigner par essor des koulaks l’enrichissement rapide des paysans exilés. Envoyés à des milliers de kilomètres de leur maison natale, ils avaient, en six à huit ans, réussi à se remettre du choc, à se faire à leur vie nouvelle, et se débrouillaient pour gagner ici aussi un sou de plus, le mettre de côté, puis l’utiliser pour acheter de l’outillage et même du bétail pour leur usage personnel. Bref, les paysans dépouillés jusqu’à l’os se rekoulakisaient, ce qui, bien évidemment, était inadmissible. C’est pourquoi les hautes sphères de l’État avaient pris une sage décision : il s’agissait de stopper immédiatement l’essor, de punir les coupables, et d’organiser en kolkhozes ces koulaks qui, même en exil, avaient manifesté perfidement leur propension inextirpable à l’individualisme. Une vague punitive parcourut les rangs du NKVD, fauchant ceux qui avaient toléré cette rekoulakisation, y compris dans les plus hauts échelons, et se fondit dans le courant général des répressions de 1937-1938. 
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La mort est partout. Zouleikha l’avait compris enfant déjà. […] Elle s’était habituée à cette idée comme le bœuf s’habitue au joug, comme le cheval s’habitue à la voix de son maître. Certains n’avaient droit qu’à une toute petite pincée de vie, comme ses filles, d’autres s’en voyaient offrir une poignée, d’autres encore en recevaient une quantité incroyablement généreuse, des sacs et des granges entières de vie en réserve, comme sa belle-mère. Mais la mort attendait chacun d’eux – tapie au plus profond d’eux-mêmes, ou marchant tout près d’eux, se frottant à leurs jambes comme un chat, s’accrochant à leurs habits comme la poussière, entrant dans leurs poumons comme de l’air. La mort était omniprésente – plus rusée, plus intelligente et plus puissante que la stupide vie, qui perdait toujours le combat. 
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Zouleika ouvre les yeux Il fait noir comme au fond de la cave à provisions Derrière le rideau fin, les oies soupirent dans leur sommeil. Le poulain d'un mois clappe des lèvres, cherchant la mamelle de sa mère. De l'autre côté de la petite fenêtre près de la tête de lit, une tempête de neige mugit sourdement. Mais l'air glacé de janvier n'entre pas dans l'isba : Merci, Mourtaza, d'avoir calfeutré les fenêtres avant les grands froids. Mourtaza est un bon maître de maison. Et un bon mari. Il ronfle dans la partie des hommes, d'un ronflement ample et satisfait. Dors, dors - c'est le sommeil le plus profond, juste avant le lever du soleil.
Le moment est venu. Allah tout-puissant, aide-moi à réaliser mon idée, fais que personne ne se réveille.

(Incipit)
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Représentant la troisième génération de Leibe, professeurs à l’université de Kazan, Wolf Karlovitch est chirurgien praticien. Il a une clientèle nombreuse, et une liste d’attente de plusieurs mois pour les opérations. Chaque fois qu’il approche le scalpel du corps pâle et élastique d’un patient, Leibe sent un frisson glacé dans son ventre : Ai-je le droit ? Le couteau effleure la peau – et le froid devient un courant tiède qui coule jusqu’à ses mains : Je n’ai pas le droit de ne pas essayer. Et il essaie, entamant un dialogue muet avec les tissus musculaires et les tissus conjonctifs à travers lesquels il se fraie un chemin, saluant respectueusement les organes internes, murmurant quelque chose aux vaisseaux sanguins. Il parle aux corps des malades avec son scalpel. Et les corps lui répondent. Il n’a rien dit à personne de ces dialogues : cela pourrait passer pour un dérangement mental. 
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Videos de Gouzel Iakhina (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gouzel Iakhina
A l'occasion du Festival Etonnants Voyageurs, Gouzel Iakhina vous présente son ouvrage "Les enfants de la Volga" aux éditions Noir sur blanc.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2545989/gouzel-iakhina-les-enfants-de-la-volga
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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