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EAN : 9782911546204
576 pages
Universel (30/11/-1)
5/5   5 notes
Résumé :
Titre: les Sentiers des itinérants Auteur: Ibn Qayim al-Jawziyya Edition: UNIVERSEL Support: Livre Theme: Education et Purification de L'âme Description: Ce livre est un commentaire d'Ibn Qayyim al-Jawziyya d'un ouvrage célèbre d'al-Ansârî, Manzîl as-Sâ'irîn (Les sentiers des itinérants vers Dieu), qui constitue un véritable guide spirituel à la fois pour les débutants et pour les plus avancés sur la voie
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Le Coran est rempli de passages qui incitent à renoncer aux séductions de la vie de ce monde et qui insistent sur son caractère éphémère et illusoire tout en mettant l’accent sur les mérites de la vie future et sur sa pérennité. Lorsque Dieu veut du bien pour un serviteur, Il place dans son cœur un témoin grâce auquel il éprouve la réalité du bas monde et de la vie future.

La plupart des itinérants ont longuement évoqué l’ascèse et le renoncement aux plaisirs du bas monde. II reste que si chacun l’évoque en fonction de son propre goût spirituel et de son expérience personnelle, la description de l’ascèse d’après les exigences de la science et de la conceptualisation est plus adéquate et elle emporte mieux la conviction parce qu’elle repose sur la démonstration.

J’ai entendu le sheikh al-Islâm Ibn Taymiyya - que Dieu sanctifie son âme - dire :

« L’ascèse, c’est le renoncement à ce qui est inutile dans la vie future, et le scrupule (al-wara) c’est l’abandon de ce dont tu crains les dommages dans la vie future. » II s’agit de l’une des meilleures définitions de l’ascèse et du scrupule.

Sufyân al-Thawrî disait : « Renoncer au bas monde consiste essentiellement à réduire l’espoir et non pas à manger des nourritures peu délicates ou mettre des habits grossiers. » C’est aussi l’opinion de l’imâm Ahmed.

Al-Junayd disait : « J’ai entendu Sara al-Saqatî dire : “Dieu - qu’il soit exalté et magnifié - a éloigné le bas monde de Ses amis, l’a chassé d’auprès de Ses élus et l’a extirpé des cœurs de ceux qui l’aiment parce qu’il ne l’a pas voulu pour eux”. »

Ibn al-Jalâ disait : « Le renoncement, c’est de regarder le bas monde avec l’œil de la disparition : il devient alors insignifiant à tes yeux et tu peux facilement t’en détourner. »

Ibn Khafîf disait : « Le renoncement, c’est de se sentir léger en quittant toute forme de pouvoir et d’autorité. »

On a dit aussi que c’est le détournement du cœur par rapport au bas monde sans affectation.

Al-Junayd disait : « Le renoncement, c’est que le cœur soit vidé de ce qui ne se trouve pas dans la main » et, en répondant à Ruwaym, il a dit que le zuhd consiste à mépriser le bas monde et effacer ses traces dans le cœur.

‘ Abdullâh Ibn al-Mubârak disait : « C’est la confiance en Dieu doublée de l’amour de la pauvreté. »

‘Abd-l-Wâhid Ibn Zayd disait: « Az-zuhd , c’est le renoncement au dinar et au dirham. »

Abû Sulaymân al-Dârânî a dit que c’est le renoncement à ce qui occupe par rapport à Dieu.

Et Yahyâ Ibn Mu‘âdh disait : « Le renoncement procure l’élan de sacrifier le pouvoir et l’amour procure l’élan de sacrifier l’âme » et « Personne n’atteindra la réalité de l’ascèse s’il ne possède pas trois qualités : une action sans attache, des paroles sans avidité et une gloire sans pouvoir. » (pp. 255-256)
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L’amour constitue la sève et l’esprit de chaque station, de chaque demeure et de chaque œuvre. Lorsque l’une d’elles en est dépourvue, elle devient inerte et sans esprit. Car l’amour est par rapport aux œuvres comme la sincérité. Il est la réalité même de la sincérité ou plutôt il est l’islam même. En effet l’amour c’est la soumission dans l’humilité et l’obéissance à Dieu ? Ainsi celui qui est dépourvu d’amour ne peut nullement prétendre à l’Islam. Car l’amour c’est la réalité du témoignage de la foi : il n’y a d’autre dieu que Dieu. (p. 464)
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L’adoration (al-‘ibâda) réunit deux principes essentiels : l’extrême amour avec le maximum d’humilité et de soumission. Les Arabes disent d’une voie qu’elle est mu’abbada, c’est-à-dire aplatie et rendue praticable. Et le mot arabe at-ta’abbud signifie l’humilité et la soumission. Ainsi, lorsque tu aimes quelqu’un sans te soumettre à lui tu ne peux l’adorer, et si tu te soumets à lui sans amour, tu ne l’adores pas non plus, puisque tu n’es pas un amant soumis.

Voilà pourquoi ceux qui nient que les serviteurs puissent aimer leur Seigneur nient en fait la réalité foncière de la condition servile de l’être créé (al-‘ubûdiyya) ; et ceux qui nient le fait qu’Il puisse être leur Bien-Aimé nient le fait qu’Il soit un Dieu, même si par ailleurs, ils Le reconnaissent comme Seigneur des mondes et leur Créateur. Voilà l’extrême limite de leur tawhîd (affirmation de l’unicité divine) qui est le tawhîd de la seigneurie, déjà reconnu par les Arabes polythéistes à l’époque antéislamique. (p. 19)
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Il faut savoir aussi que tous les spirituels sont d’accord sur le fait que l’âme constitue un voile entre le serviteur et Dieu et qu’il ne parvient pas à accéder auprès de son Seigneur tant qu’il n’a pas traversé ce voile. Abû Yazîd al-Bistâmî disait : « J’ai souhaité voir en songe le Seigneur de la Toute-Puissance et j’ai dit : ‘’Seigneur ! Comment aller vers Toi ?’’ Il a dit : ‘’Laisse ton âme et viens !’’ »

C’est dire que l’âme est une montagne élevée sur le chemin qui mène à Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié –.

Tout cheminant n’a d’autre voie que celle menant au-delà de cette montagne. Il lui faut donc passer par-là. Mais pour les uns, ce cheminement est très difficile et pour d’autres facile. Il s’agit d’une montagne remplie de vallées, de passages étroits, de crevasses, d’obstacles de toute sorte et de brigands qui coupent la route aux voyageurs, notamment à ceux qui cheminent la nuit. Aussi, s’ils n’ont pas mis l’armure de la foi et s’ils n’ont pas emporté avec eux les lampes de la certitude qui puisent leur énergie dans l’huile de l’humilité, ils risquent de s’égarer et de s’exposer aux dangers mortels. (p. 252)
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Celui qui nie la réalité d’al-istiwâ’ (le fait de se tenir sur le Trône) est un négateur, et celui qui compare Son maintien à celui des créatures est un anthropomorphiste. Et celui qui dit : c’est une manière de se tenir qui ne ressemble à aucune autre, est un adepte de l’unicité divine. Ce discours s’applique aussi à l’ouïe, à la vue, à la vie, à la volonté, à la puissance, à la main, à la face, à l’agrément, à la colère, à la descente, au sourire et à l’ensemble des qualifications que Dieu se donne à Lui-même. (p. 320)
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