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Richard Jacquemond (Traducteur)
ISBN : 2742739440
Éditeur : Actes Sud (09/09/2002)

Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Dans son appartement du Caire, Zeth veut oublier les égouts qui débordent et les immeubles qui s'effondrent, mais la ville l'emporte toujours sur ses rêves.
Chronique d'une femme ordinaire, Les Années de Zeth dresse le tableau d'une Egypte moderne où, après les illusions de l'époque nassérienne et les rêves capitalistes de Sadate, corruption rime désormais avec dévotion, et occidentalisation avec islamisation.
Autour de Zeth, chacun émet ses messages d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
mayada
  21 janvier 2013
Sonallah Ibrahim est un écrivain et romancier égyptien de gauche. Il est né en 1937 au Caire. Il a été prisonnier pendant 5 ans et cela a été dans le cadre d'une campagne lancée par Abdel Nasser contre la gauche.
Les travaux littéraires de Sonallah Ibrahim se caractérisent par leur fort attachement à la biographie de l'écrivain d'une part, et l'histoire politique de l'Egypte d'autre part.
Dans ses ouvrages, Sonallah Ibrahim a fait une satire de la politique d'ouverture qui a eu lieu durant le règne de Sadat (avec La Comité en 1981), il a parlé de la pauvreté, de la corruption, de la perte des valeurs mais aussi de la Société de Consommation avec le roman que nous allons analyser intitulé Les Années de Zeth.
Dans ce dernier, Sonallah Ibrahim présente une femme qui est Zeth. C'est l'héroïne de ce roman. Elle est broyée par la dureté de la société égyptienne.
L'écrivain a voulu au début s'inspirer de l'histoire vraie d'une Égyptienne qui avait pris la tête d'une révolte dans les années 1920. Mais il n'a malheureusement pas réussi à créer autre chose que ce personnage de Zeth. C'est une pauvre femme vaincue par la vie.
Ce livre est composé de 19 chapitres. Sonallah a consacré 10 parties au récit où il raconte la vie de Zeth qui est une femme égyptienne qui vit durant le règne des trois présidents : Abdel Nasser, Sadat et Moubarak.
Et les 9 autres chapitres exposent des morceaux tirés par des journaux égyptiens. Ces 9 chapitres présentent des nouvelles portant sur la corruption dans les différents domaines: dans les banques et dans les institutions. L'écrivain est objectif à l'égard de ces nouvelles. Il les expose tels qu'ils sont présentées dans les journaux sans donner son avis. Il présente aussi le pillage de l'argent, les vols et le trafic illicite des biens...
On voit à travers ce roman, comment est-ce que l'héroïne -quand elle était jeune- avait pleins de rêves, elle était pleine d'énergie et de vivacité. Elle était une journaliste très dynamique et qui avait réalisé un succès, mais petit à petit tout change.
Zeth décide de se marier et de quitter ses études. Elle s'est trouvé- au contraire de tous ses rêves- une femme qui a totalement changée: elle a quitté son travail. Après avoir été une brave journaliste, elle s'est trouvée obligé de travailler dans un archive assez petit et obscur. Elle voit ses rêves s'effondrent devant elle. Elle commence même à ne pas prendre soin d'elle-même. Elle n'est plus belle, ni élégante ni attirante comme auparavant.
L'héroïne commence ensuite à raconter sa vie maritale, sa relation avec son mari qui a changé totalement après le mariage, sa relation avec ses enfants...Elle se met de même à raconter ses relations avec ses amis de travail et ses voisins.
Ce qui est important a mentionné ici c'est l'absence de tout ordre chronologique. Zeth raconte des histoires qui ne suivent pas un ordre. A mon avis Sonallah Ibrahim a voulu montrer la vie bouleversée de l'héroïne. C'est une vie où règne le désordre.
Tout allait bien jusqu'au moment où arrive la marche de destruction et de construction qui est venu envahir l'immeuble d'Héliopolis où Zeth habitait.
Sa soeur Zeinab se moquait d'elle. A chaque fois où elle voyait " la vieille chasse d'eau de fonte" et elle lui demande avec un ton d'étonnement: comment ça se fait qu'elle a ce "truc" là.
Abdel Meguid a refusé de suivre cette marche de destruction et de construction. Il refuse de changer ou de renouveler la maison.
Zeth rêvait toujours d'avoir une nouvelle toilette et une nouvelle cuisine comme tous ses voisins. Sa toilette était dans un état affreux: "les conduites et les robinets fuyaient" p.58
En dormant, elle se réveillait tout un coup et elle sursautait et s'écriait: "La cuisine... La salle de bain".
L'héroïne et son mari allait aux magasins de fournitures sanitaires. Ils commencent à contempler des produits de salles de bain tout à fait nouveau. Zeth n'arrête pas de rêver et de désirer tout cela. Mais malheureusement cette salle de bain "de rêve" était trop cher. Son prix était le double du salaire annuel de son mari.
On peut remarquer une grande ressemblance avec le couple Jérôme et Sylvie qui veulent posséder tous les objets modernes mais malheureusement leurs moyens financiers ne leur permettent pas.
Zeth ne perdait pas d'espoir, elle essayait toujours de convaincre son mari de remplacer les dalles et l'ancien carrelage par un nouveau plus beau et plus moderne pour être "à la mode", pour faire comme tout le monde.
Zeth était éblouie par l'appartement de sa voisine appelée Samiha et de son mari Wagih El Chankity. C'était une maison encombrée de meubles modestes et volumineux. La salle à manger était composée d'une table avec des chaises aux sièges rembourrés et le salon était en mousse...
Zeth ressentait à chaque moment un manque profond en voyant tout le monde autour d'elle est entrain de tout changer, de tout acheter: des télévisions, des climatiseurs, des nouvelles voitures...
Il a tout fait pour faire partie de cette Marche, elle s'est mise a économisé et elle a pu acheter une nouvelle toilette et elle a enfin recouvert les murs et le parterre par "la céramique lisse et rose".
Zeth menait une vie routinière et non mouvementée caractérisée par le désespoir, la tristesse, l'envie, le désir...
Chaque jour, elle faisait les mêmes choses: laver la vaisselle, faire le ménage, préparer le dîner et le repas, faire le repassage, aller le matin à son travail...
C'est un être très sensible: elle se mettait à pleurer souvent à cause de cette vie pleine de douleur et qui a détruit tous ses rêves qu'elle avait dessinés.
A un certain moment, Zeth accuse son mari d'avoir gâcher sa vie. Elle pense que c'est à cause de lui qu'elle n'a pas achevé ses études ce qui l'a empêché de devenir une speakerine ou une célèbre journaliste. C'est un mari qui a ignoré tous les besoins et tous les désirs de sa vie.
Elle ne voit en son mari un homme paresseux et égoïste qui ne pense qu'à lui-même.
Petit à petit Zeth n'arrive plus à supporter tout cela. Elle commence à voir son vieil appartement comme étant un enfer. Elle voit les moindres détails inévitables: "les murs lépreux, la vieille toile cirée jetée sur la table de bois, coincée entre le mur pour qu'elle ne s'effondre pas" p.113
En ce qui concerne la personnalité de Zeth, cette dernière a beaucoup changé. Elle n'est plus l'auditrice calme et fascinée par tout ce qu'elle entend, elle commence à dire son avis, elle "s'enhardit à exprimer son opinion."
L'héroïne a ressenti que les années ont passées si vite sans même réaliser un de ses rêves. Elle n'a fait que grandir et les traits de vieillesse ont commencé à apparaitre sur son physique: Zeth s'aperçoit qu'elle a des poches sous ses yeux et que ses cheveux ont commencé à blanchir.
Le jour inattendu arriva: Abdel Meguid obligea sa femme Zeth à porter le voile. Est-ce qu'il lui a ordonné cela parce qu'il était jaloux ou parce qu'il est un "homme oriental "et pour ressentir que ses ordres sont obéis. Zeth porte le voile pour être accepté par son entourage.
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Belem
  21 février 2013
Ce livre couvre toute une période de l'histoire récente de l'Égypte, passant du nationalisme nassérien à l'ouverture économique aux capitaux étrangers entamée par Sadate, pour arriver à l'ère Moubarak.
Quand Zeth, l'héroïne, rêve, elle revoit Nasser, l'époque des constructions de logements par l'État, le nouveau confort « mis à la portée de tous : le chauffe-eau, la cuisinière fabriquée dans les usines de l'armée, et le réfrigérateur idéal ». Son mari, lui, rêvait plutôt de Sadate, de trouver un poste en Arabie Saoudite ou dans un émirat du Golfe qui lui assurerait la fortune... qu'il n'aura jamais.
Le roman, construit autour de la vie de ce couple, de leurs voisins ou collègues, est ponctué de textes d'actualités ou d'extraits de presse.
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rigas
  05 avril 2015
J'ai lu ce livre en allant travailler en Egypte: j'étais embringué dans une négociation folle, surréaliste, avec des officiels égyptiens tatillons et de mauvaise foi, comme cet abruti Abdel Méguid, mari de Zeth. Il y avait un personnage qui accompagnait ma version d'Abdel Méguid, un homme humble, sympa, écrasé par tant de prépotence et d'ineptie, que j'ai décelé aussi dans les pages de ce livre. Je le lisais et je croyais vivre la vie absurde que dénonce Sonallah Ibrahim.
Ce livre est très bien écrit, il prend position, il est moins folklo que les textes de al Aswany, plus dur et plus mordant. Moins distant aussi. Les coupures de journaux nous font toucher du doigt cette extraordinaire réalité au comble de l'absurdité à laquelle était arrivée l'Egypte de Moubarak.
Un chef d'oeuvre.
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babebibobu
  03 juin 2010
Un portrait au vitriol de l'Egypte contemporaine, à travers la vie de Zeth, une femme somme toute banale, mariée à Abdel Méguid, un abruti fini… Un roman très très drôle qui décrit une situation qui l'est moins (bah oui, les Egyptiens n'ont pas volé leur réputation de joyeux drilles). L'histoire est entrecoupée d'extraits de journaux, qui viennent à point nommé pour éclairer le lecteur sur l'état du pays…
Pour tous ceux qui veulent lire de la bonne littérature arabe, et découvrir l'Egypte moderne sans passer par l'immeuble Yacoubian. A bon entendeur…
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Pchabannes
  11 septembre 2011
Quoi de plus fascinant, à l'heure des soulèvements populaires appelés ''printemps arabe'' quelque fusse notre retenue vis à vis des présumés préjugés de l'auteur, que de traverser grâce à ces Chroniques d'une femme ordinaire cairote, Zeth, plus de 20 ans de la vie quotidienne de cette jeune égyptienne dès la fleur de l'âge, sur fond d'histoire locale rythmée par une sélection de coupures de presse tant internationale que gouvernementale et d'opposition des années 80 permettant ainsi le passage du particulier au général. Ce choix de coupures de presse et leur organisation, subjectif s'il en est, apporte plus d'informations que bien des romans d'espionnage et autres libelles ou samizdat.
Comment lire cet ouvrage ?
Un style magnifique, une belle écriture et une excellente traduction.
Une description vivante du quotidien tel que l'on s'y sent plongé sans effort.
Un choix de coupure de presse habile et intéressant.
Un engagement unilatéral sans concession qui nécessite un complément d'information. L'auteur n'est pas à l'extérieur de son histoire. il prend parti et nous impose une grande prudence quant à la réutilisation des faits, concepts et idées manipulées.
Lien : http://quidhodieagisti.kazeo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   11 septembre 2011
« Depuis 40 ans, je ne lis qu'un livre le Coran ». Le Cheikh Chaarawi à la télévision. Et bien il serait temps qu'il se mette à lire SPIROU !!!!
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PchabannesPchabannes   11 septembre 2011
« Abib-Meguid commençait à accuser les effets de l'abîme grandissant qui le séparait de de ses rêves (son rêve capitaliste qui semblait à portée de main sous le socialisme nassérien, était devenu, ô surprise, inaccessible au temps du capitalisme de Sadate) ».
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PchabannesPchabannes   11 septembre 2011
« Le coup de grâce a été porté à la Oumma islamique avec l'abolition du Califat en 1924. Depuis nous vivons en dehors de l'Islam ». Dr Nabil Hachem, Président du Club des Enseignantsà l'Université d'Alexandrie.
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BelemBelem   21 février 2013
« US-AID a exporté en Égypte du prophil, un insecticide interdit aux États-Unis, qui a provoqué la mort de plusieurs paysans égyptiens et de leur bétail. »
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PchabannesPchabannes   11 septembre 2011
« Nous recevons $850 millions d'aide des USA, dont 500 servent à payer les intérêts de notre dette militaire à leur égard ». Hosni Moubarak
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Videos de Sonallah Ibrahim (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sonallah Ibrahim
L'écrivain Sonallah Ibrahim était invité de #MOE ce dimanche 15 février 2015. Il évoque le contexte historique dans lequel il a souhaité inscrire son livre "Le Gel", paru aux éditions Actes Sud.
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