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ISBN : 2366080107
Éditeur : Books (06/11/2013)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 10 notes)
Résumé :
"Au début du XXe siècle, dans un village isolé des montagnes albanaises, Saba est mariée de force pour solder une dette de sang. Longtemps après, elle et sa petite-fille Dora se décident à raconter leur histoire et celle de leurs proches. Des vies dominées par la violence, entre la loi clanique, les vengeances qui passent les générations et la brutalité policière du régime communiste.
Inspirée par l'histoire de ses ancêtres, la romancière Anilda Ibrahimi retr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Adriatik
  25 novembre 2018
‘ le temps, à Kaltra, s'écoule doucement. Les gens s'y adonnent aux travaux qui ont toujours été les leurs. Ils s'adonnent aussi aux histoires passées qu'ils vivent et revivent continuellement comme si elles s'étaient produites la veille au soir'.
C'est dans un village montagneux situé dans le sud de l'Albanie que l'auteure plante le décor.
Inspirée de l'histoire de ses ancêtres, Anilda Ibrahimi conçoit un univers féminin et décrit son évolution au fil des générations.
Divisé en deux parties, ce livre a un style particulier qui possède à mes yeux son propre charme.
Pour la première partie de l'histoire, l'auteure a choisi de décrire à la troisième personne les événements qu' elle n' a pas connu, mais qui lui ont été raconté par ses proches.
Elle s'ouvre avec un mariage, celui de Saba. Elle n'a pas choisi son mari, on lui a imposé. Mariée à 15 ans pour solder une dette de sang, Saba doit s'adapter à la rudesse des traditions. C'est seulement après la naissance de son premier fils qu'elle tourne la page et gagne en confiance et en force.
Plusieurs personnages attachants font l'apparition et on apprend beaucoup sur les rites et les coutumes, sur le rôle de la femme, mais aussi sur la guerre qui éclate.
Changement de décor et de narrateur dans la deuxième partie du récit. C'est Dora, la petite- fille de Saba qui prend le relais et raconte son enfance et sa jeunesse. Plusieurs éléments laissent supposer que derrière ce personnage plus moderne, se cache l'auteure elle- même.
Nous sommes dans l'Albanie des années 70 et l'idéologie communiste s'est déjà enracinée dans le quotidien de la population. On apprend beaucoup sur le communisme qui avec sa folie déchire familles et couples…
Quant à la femme, elle commence à s'émanciper, mais…
Pas le temps de s'ennuyer avec cette grande fresque romanesque. L'humour teinté d'ironie donne une touche légère à toutes les histoires racontées.
C'est un livre instructif qui ne laissera personne indifférent.
Mariage forcé et renfermement dans les traditions au début ; mariage d'amour et ouverture vers le monde pour un avenir meilleur à la fin du roman - le message ne peut passer inaperçu :
‘ Où que l'on soit, il y a toujours une Kaltra ou un Paris bien- aimés, peu importe le nom. Notre maison se trouve là où nous voudrions tout embrasser dans une ultime étreinte.'
Pour tous les albanais partout dans le monde, pour tous les lecteurs qui veulent apprendre l'histoire de l'Albanie : N'hésitez pas ! C'est le livre idéal.

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missmolko1
  18 septembre 2015
Je suis partie en Albanie avec La mariée était en rouge. C'est un excellent roman qui malheureusement est passé plutôt inaperçu. C'est une grande fresque familiale du vingtième siecle dans un pays que l'on connait peu finalement.
Dans la première partie, on découvre Saba au début du XXe siècle dans une Albanie très rurale. Elle se retrouve mariée de force pour remplacer sa soeur morte en couches. C'est un pays très traditionnel, marqué par les croyances. Elle nous fait découvrir sa famille et les destins de chacun.
Puis la deuxième partie, c'est au tour de la petite fille de nous faire découvrir sa famille, les génération plus récentes. Même si le communisme est toujours présent le pays se modernise quelque peu.
L'écriture de l'auteur rend le roman encore plus passionnant, le récit est très bien documenté et l'on apprend énormément. Bref vous l'aurez compris, j'ai adoré et je vous recommande cette lecture.
Lien : http://missmolko1.blogspot.f..
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majero
  16 avril 2018
Kaltra, petit village Albanais en 1923. "Un deuxième soleil n'est jamais aussi chaud que le premier" disaient les gens du village pour ce mariage arrangé forçant la frêle Saba, 15 ans, à remplacer sa soeur morte en couches. La vie est dure, les villageois se font leur propre justice et les belle-mères font la loi.
Triste destin d'Esma, tellement amoureuse de son mari et pourtant répudiée à cause de ragots, ou de la simplette Atilca abusée et délaissée par sa mère, mais aussi émancipation des femmes grâce au communisme victorieux du fascisme allemand et qui leur permet pour la première fois d'avoir un travail, de l'argent, d'exister. C'est sans doute un des seuls point positif de ce communisme qui nous est raconté dans la deuxième partie par l'auteure, petite fille de Saba.
Anilda Ibrahimi écrit avec sérénité un très bel hommage à sa grand mère et aux femmes de son pays.
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basileusa
  10 juillet 2018
Un roman sur les conditions de vie d'une génération de femmes dans un village d' Albanie, du début du XIXéme à aujourd'hui. Au début je me suis demandée où j'étais car le mariage forcé et les conditions de vie des femmes m'ont paru bien rétrograde. Mais c'était bien ça l'Albanie du XIXéme, des villages ancrés dans des traditions et des coutumes ...Et Saba n'y échappe pas , que ce soit par son mariage forcé ou par les vers déclamés sur la tombe de sa famille. A travers le destin de Saba et de ses enfants et petits-enfants ( sa petite-fille raconte l'histoire), on parcourt les changements qu'à connu ce petit pays devenu communiste après la seconde guerre. Diverses influences et religions régissent le pays (sauf sous le communisme)et ses trois millions d'habitants. Saba et sa famille subiront chaque période, que ce soit les morts pendant la guerre ou les interdictions et séparations sous le communisme intransigeant de Hoxha. C'est super intéressant car on connait peu ce pays et les histoires familiale des nombreuses soeurs et nièces de Saba sont édifiantes, choquantes et souvent assez tristes( je pense notamment à l'histoire de la tante Esma qui m'a serré le coeur).
Bref une histoire familiale, féminine à lire !
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raggiodisole
  24 juin 2017
Décidément l'Albanie a des choses à raconter...
Je dois avouer que j'ai eu des doutes en lisant la quatrième de couverture.
J'avais lu Il y a quelques mois 'Avril brisé' d' Ismail Kadaré qui parlait des coutumes et de la vendetta des gens du nord et je ne voulais pas tomber dans le même piège. Il me fallait autre chose, je voulais découvrir plus sur ce pays, sur ses coutumes, sur son histoire...
"La mariée était en rouge", m'a offert l'occasion et j'ai plongé avec délice dans cette saga passionnante...
Tout se passe dans un village montagneux de l' Albanie.
Anilda Ibrahimi raconte l'histoire de ses ancêtres à travers le vécu de plusieurs personnages.
Ils sont nombreux, mais chacun a quelque chose à nous apprendre . C'est un livre très beau qui nous dévoile l'Albanie du roi Zog et aussi les longues années sous le régime du dictateur Hoxha, quand l'Albanie s'est totalement fermée au monde.
J'ai beaucoup aimé l'écriture fluide et poétique, délicate et plein d'humour.
Un livre que je conseille aux lecteurs que comme moi aiment apprendre plus sur la culture de différents pays.
Il s'agit d'un premier roman, très remarqué à sa sortie en Italie. Anilda Ibrahimi a écrit ce livre en italien, un choix qui lui a servi beaucoup, car il a remporté plusieurs prix littéraires dont le prix national Corrado Alvaro.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
majeromajero   15 avril 2018
En bonne maîtresse de maison, elle se sent obligée de remercier le Français, et peut-être devrait-elle aussi le consoler : tout le monde n’a pas la chance de naître dans un endroit aussi beau que ce pays. « D’où vient Monsieur ? s’enquiert-elle.
— De France, ou plutôt de Paris, la renseigne l’interprète avec cet orgueil propre aux gens de la province à qui il est donné d’accompagner des personnalités de choix.
— Patience, vous devez faire preuve de patience et ne pas vous laisser abattre, répond Meliha. Je sais bien qu’on ne peut pas construire de montagne, mais construire un village comme le nôtre, oui, c’est possible. S’ils y tiennent vraiment, tôt ou tard, ils sauront faire de Paris un village comme Kaltra. Et maintenant vous m’excuserez, mais je dois déposer mes vieux os dans leur fauteuil, je suis vieille à présent. »
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AdriatikAdriatik   05 décembre 2018
J’ai grandi en m’imaginant que tous les puissants de ce monde passaient leurs nuits à chercher comment s’emparer de cette base.(base militaire de Pashaliman.) Car, nous disait - on, ce lieu reliait les mondes. Et nous les veinards, nous nous trouvions entre deux mondes : l’Occident et l’Orient. Mais nous avions délibérément choisi l’Orient, coupant les ponts avec l’Occident. Qui pouvait d’un moment à l’autre nous attaquer. Nous devions donc défendre cette base à tout prix afin que le monde ne tombe pas aux mains des capitalistes et des impérialistes.
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missmolko1missmolko1   15 juillet 2015
C’était le second mariage d'Omer, Le premier soleil, lui, s’était éteint il y a bien des années. L’épouse défunte n'est autre que la sœur de Saba. Morte en couches. Il neigeait sans discontinu depuis des jours, et, pour l'enterrer, ils avaient peiné : la terre refusait de s'ouvrir pour l'accueillir. De cette mort précoce reste juste cette peine que l'on a eue a creuser le trou.
Omer, lui, ne se souvient plus de rien. Trop d'années, trop de grappa. Sa femme, Sultana, il l'avait aimé a sa façon. La nuit, il l'a couvrait de ses pauvres baisers, caché dans l’obscurité. Le jour aussi, parfois. Il l'a suivait, furtif, a travers champs, ou jusqu’à la fontaine du village. "Un homme, un vrai, ne court pas comme un amoureux transi après sa femme. Faufile-toi dans sa culotte la nuit et cesse tes pitreries une fois pour toutes", lui disait sa mère.
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AdriatikAdriatik   05 décembre 2018
Que fais-tu donc sous la terre noire ?
D'ici peu viendra le soir.
Dans la terre noire que fais- tu ?
Mort, ô mort, me le rendras - tu...

Quand l'obscurité descendra
Un cœur de mère se rompra
O fils , ô mon cœur bien - aimé
Sans un adieu, tu m'as quitté.
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missmolko1missmolko1   15 septembre 2015
Au milieu des années cinquante, oncle Endri était parti étudier l'ingénierie aéronautique en Union soviétique, a l'université Zukovski. Maman racontait qu'il avait mené la belle vie la-bas, mais je doute que la vie en Union soviétique dans ces années-la ait été aussi belle que ma mère aimait a le dire.
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