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EAN : 9782366080100
368 pages
Books (06/11/2013)
4.34/5   16 notes
Résumé :
"Au début du XXe siècle, dans un village isolé des montagnes albanaises, Saba est mariée de force pour solder une dette de sang. Longtemps après, elle et sa petite-fille Dora se décident à raconter leur histoire et celle de leurs proches. Des vies dominées par la violence, entre la loi clanique, les vengeances qui passent les générations et la brutalité policière du régime communiste.
Inspirée par l'histoire de ses ancêtres, la romancière Anilda Ibrahimi retr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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‘ le temps, à Kaltra, s'écoule doucement. Les gens s'y adonnent aux travaux qui ont toujours été les leurs. Ils s'adonnent aussi aux histoires passées qu'ils vivent et revivent continuellement comme si elles s'étaient produites la veille au soir'.
C'est dans un village montagneux situé dans le sud de l'Albanie que l'auteure plante le décor.
Inspirée de l'histoire de ses ancêtres, Anilda Ibrahimi conçoit un univers féminin et décrit son évolution au fil des générations.
Divisé en deux parties, ce livre a un style particulier qui possède à mes yeux son propre charme.
Pour la première partie de l'histoire, l'auteure a choisi de décrire à la troisième personne les événements qu' elle n' a pas connus, mais qui lui ont été racontés par ses proches.
Elle s'ouvre avec un mariage, celui de Saba. Elle n'a pas choisi son mari, on lui a imposé. Mariée à 15 ans pour solder une dette de sang, Saba doit s'adapter à la rudesse des traditions. C'est seulement après la naissance de son premier fils qu'elle tourne la page et gagne en confiance et en force.
Plusieurs personnages attachants font l'apparition et on apprend beaucoup sur les rites et les coutumes, sur le rôle de la femme, mais aussi sur la guerre qui éclate.
Changement de décor et de narrateur dans la deuxième partie du récit. C'est Dora, la petite- fille de Saba qui prend le relais et raconte son enfance et sa jeunesse. Plusieurs éléments laissent supposer que derrière ce personnage plus moderne, se cache l'auteure elle- même.
Nous sommes dans l'Albanie des années 70 et l'idéologie communiste s'est déjà enracinée dans le quotidien de la population. On apprend beaucoup sur le communisme qui avec sa folie déchire familles et couples…
Quant à la femme, elle commence à s'émanciper, mais…
Pas le temps de s'ennuyer avec cette grande fresque romanesque. L'humour teinté d'ironie donne une touche légère à toutes les histoires racontées.
C'est un livre instructif qui ne laissera personne indifférent.
Mariage forcé et renfermement dans les traditions au début ; mariage d'amour et ouverture vers le monde pour un avenir meilleur à la fin du roman - le message ne peut passer inaperçu :
‘ Où que l'on soit, il y a toujours une Kaltra ou un Paris bien- aimés, peu importe le nom. Notre maison se trouve là où nous voudrions tout embrasser dans une ultime étreinte.'
Pour tous les albanais partout dans le monde, pour tous les lecteurs qui veulent apprendre l'histoire de l'Albanie : N'hésitez pas ! C'est le livre idéal.



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Je suis partie en Albanie avec La mariée était en rouge. C'est un excellent roman qui malheureusement est passé plutôt inaperçu. C'est une grande fresque familiale du vingtième siecle dans un pays que l'on connait peu finalement.

Dans la première partie, on découvre Saba au début du XXe siècle dans une Albanie très rurale. Elle se retrouve mariée de force pour remplacer sa soeur morte en couches. C'est un pays très traditionnel, marqué par les croyances. Elle nous fait découvrir sa famille et les destins de chacun.

Puis la deuxième partie, c'est au tour de la petite fille de nous faire découvrir sa famille, les génération plus récentes. Même si le communisme est toujours présent le pays se modernise quelque peu.

L'écriture de l'auteur rend le roman encore plus passionnant, le récit est très bien documenté et l'on apprend énormément. Bref vous l'aurez compris, j'ai adoré et je vous recommande cette lecture.
Lien : http://missmolko1.blogspot.f..
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Kaltra, petit village Albanais en 1923. "Un deuxième soleil n'est jamais aussi chaud que le premier" disaient les gens du village pour ce mariage arrangé forçant la frêle Saba, 15 ans, à remplacer sa soeur morte en couches. La vie est dure, les villageois se font leur propre justice et les belle-mères font la loi.

Triste destin d'Esma, tellement amoureuse de son mari et pourtant répudiée à cause de ragots, ou de la simplette Atilca abusée et délaissée par sa mère, mais aussi émancipation des femmes grâce au communisme victorieux du fascisme allemand et qui leur permet pour la première fois d'avoir un travail, de l'argent, d'exister. C'est sans doute un des seuls point positif de ce communisme qui nous est raconté dans la deuxième partie par l'auteure, petite fille de Saba.

Anilda Ibrahimi écrit avec sérénité un très bel hommage à sa grand mère et aux femmes de son pays.
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Un roman sur les conditions de vie d'une génération de femmes dans un village d' Albanie, du début du XIXéme à aujourd'hui. Au début je me suis demandée où j'étais car le mariage forcé et les conditions de vie des femmes m'ont paru bien rétrograde. Mais c'était bien ça l'Albanie du XIXéme, des villages ancrés dans des traditions et des coutumes ...Et Saba n'y échappe pas , que ce soit par son mariage forcé ou par les vers déclamés sur la tombe de sa famille. A travers le destin de Saba et de ses enfants et petits-enfants ( sa petite-fille raconte l'histoire), on parcourt les changements qu'à connu ce petit pays devenu communiste après la seconde guerre. Diverses influences et religions régissent le pays (sauf sous le communisme)et ses trois millions d'habitants. Saba et sa famille subiront chaque période, que ce soit les morts pendant la guerre ou les interdictions et séparations sous le communisme intransigeant de Hoxha. C'est super intéressant car on connait peu ce pays et les histoires familiale des nombreuses soeurs et nièces de Saba sont édifiantes, choquantes et souvent assez tristes( je pense notamment à l'histoire de la tante Esma qui m'a serré le coeur).
Bref une histoire familiale, féminine à lire !
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L'Albanie vous connaissez ?!
Et bien figurez-vous que l'Albanie, ce n'est pas juste le pays des mafieux et des P... Parce qu'il faut bien reconnaître que quand on parle de ce pays, on y accole rarement d'autres mots que ceux-là ... Et c'est bien dommage !

"La mariée était en rouge" a été ce qu'on appelle une très jolie découverte, trouvée par hasard dans le cadre du Challenge ABC (en fouillant sur Babelio à la recherche d'un auteur avec I comme première lettre).

Saga familiale sur 4 générations, étalée sur le XXième siècle.

Refermé ce livre, je me dis que au final, mon plat pays ressemble presque au pays des Bisounours ! Nous sommes évidemment très loin de Martine à la mer !! C'est que ça rigole pas vraiment là-bas. En plus des guerres, du communisme, de la pauvreté, du climat, s'y ajoutent des traditions familiales et "sociales" assez tenaces ...
Mais ces gens ont une "philosophie" (une fatalité ?) de vie qui fait qu'ils ne sont pas si malheureux que ça (je pense surtout qu'ils n'avaient pas trop le choix et qu'ils se posaient beaucoup moins de questions que nous !)

Mais purée ... on a tout de même l'impression qu'ils ont un train de retard sur le reste du monde, et pas un omnibus ! Pour commencer, des traditions archaïques tenaces mais qui nous disent long sur cette société. Ensuite arrive la mode communiste. Là non plus c'est pas "Tata yoyo" tous les jours ! Et quand arrive enfin "la modernisation", tout est loin d'être gagné ! Difficile de s'adapter aux changements ...

Il y a bien d'autres choses à découvrir dans ce livre qui au final nous donneraient (presque) envie d'y aller ...

Bref, j'ai beaucoup aimé découvrir tout cela, avec en plus une très jolie plume.

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
En bonne maîtresse de maison, elle se sent obligée de remercier le Français, et peut-être devrait-elle aussi le consoler : tout le monde n’a pas la chance de naître dans un endroit aussi beau que ce pays. « D’où vient Monsieur ? s’enquiert-elle.
— De France, ou plutôt de Paris, la renseigne l’interprète avec cet orgueil propre aux gens de la province à qui il est donné d’accompagner des personnalités de choix.
— Patience, vous devez faire preuve de patience et ne pas vous laisser abattre, répond Meliha. Je sais bien qu’on ne peut pas construire de montagne, mais construire un village comme le nôtre, oui, c’est possible. S’ils y tiennent vraiment, tôt ou tard, ils sauront faire de Paris un village comme Kaltra. Et maintenant vous m’excuserez, mais je dois déposer mes vieux os dans leur fauteuil, je suis vieille à présent. »
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C’était le second mariage d'Omer, Le premier soleil, lui, s’était éteint il y a bien des années. L’épouse défunte n'est autre que la sœur de Saba. Morte en couches. Il neigeait sans discontinu depuis des jours, et, pour l'enterrer, ils avaient peiné : la terre refusait de s'ouvrir pour l'accueillir. De cette mort précoce reste juste cette peine que l'on a eue a creuser le trou.
Omer, lui, ne se souvient plus de rien. Trop d'années, trop de grappa. Sa femme, Sultana, il l'avait aimé a sa façon. La nuit, il l'a couvrait de ses pauvres baisers, caché dans l’obscurité. Le jour aussi, parfois. Il l'a suivait, furtif, a travers champs, ou jusqu’à la fontaine du village. "Un homme, un vrai, ne court pas comme un amoureux transi après sa femme. Faufile-toi dans sa culotte la nuit et cesse tes pitreries une fois pour toutes", lui disait sa mère.
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Au milieu des années cinquante, oncle Endri était parti étudier l'ingénierie aéronautique en Union soviétique, a l'université Zukovski. Maman racontait qu'il avait mené la belle vie la-bas, mais je doute que la vie en Union soviétique dans ces années-la ait été aussi belle que ma mère aimait a le dire.
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Alors qu’elle tente de saisir la corde pour venir en aide à Tana. Bedena blêmit. A la crinière roussâtre du mulet pend un paquet de médailles que le Parti a données au mari de Tana, un ancien partisan, juste après la guerre. Avant qu’il ne devienne kulak. (…) "Mais tu as perdu la tête ? Les médailles du Parti sur un mulet !" vitupère Bedena.
-Il les mérite bien, le pauvre, il trime comme une mule répond Tana en riant. S’il continue à travailler comme ça, il pourra bientôt demander à devenir communiste ! Vu que pour l’instant, dans notre famille, aucun ne l’est encore. Ha, ha, ha !
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Elles avaient toutes un gros ventre. Elles attendaient.(…) L’hôpital était toujours plein. Elles étaient très jeunes, aucune n’avait terminé le lycée. Blerta m’avait dit que leurs familles n’en voulaient plus : le Parti les envoyait là de tous les coins du pays. Après l’accouchement, les enfants étaient confiés à l’Etat et les mères internées on ne sait où. (….) A trente ans, elles seraient déjà vieilles. Si tout allait bien, elles épouseraient un veuf qui les traiterait de ‘kurva’ (pute).
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