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EAN : 9782743304867
370 pages
Éditeur : Imprimerie nationale (08/04/2003)
3.88/5   13 notes
Résumé :

Les douze dernières pièces composées par Ibsen forment un cycle qui a son mouvement et sa cohérence propres. Ibsen l'a conçu tel pour raconter un monde dont les certitudes abusives sont ébranlées et où peuvent s'exprimer les blessures secrètes d'individus révoltés contre l'oppression des apparences. Dans ce monde - qui fait toujours écho au nôtre - la vérité est une catastrophe ; e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  09 juin 2017
Toutes les images mènent à lire. C'est l'intérêt et la nécessite de leur voyage. Un film vous invite à lire, puis d'images en lectures, vous poussez les portes d'un Théâtre...
C'est en abordant l'univers de Lou Andreas Salomé que l'envie de découvrir les pièces d'Henrik Ibsen m'est venue. Jeune, on lui reprochait certaines lectures, lectures jugées incitatrices, lectures tendancieuses, lectures dangereuses…
En 1892, Lou Andreas-Salomé publie un essai Figures de femmes dans Ibsen .
Essai que je me promets de lire après avoir découvert les pièces d'Ibsen.
Mais revenons au Théâtre.
Premier tome des douzes dernières pièces : Les piliers de la société, Maison de poupée, les revenants.
- Les piliers de la société
« Permettez-moi donc de trinquer à l'avenir, aux temps futurs » écrivait le dramaturge en 1887..
et en terminant la lecture des piliers de la société on en viendrait à lui reproché de l'être un peu trop.
Mais il est vrai que nous sommes au 21e siècle, et que l'homme du 19e siècle ne pouvait pas prévoir la mise à mal et le bouleversement de tant de nos idéaux.
Alors gardons un peu de cet esprit 19 e siècle, restons...optimistes.
C'est une petite ville côtière de Norvège. Mais cela aurait pu se placer dans nombre de villes européennes.
Une vie réglée. En place. Nette. Chacun a sa place. La calme règne. Chacun fait son règne. Chacun fait sa pelote. Les femmes des notables aux aiguilles, les notables aux affaires politiques et économiques, les autres..au boulot.
Les piliers de la terre ce sont ces hommes proclamés « providentiels ». Ils sont un peu les bons bergers du troupeau. La religion est un peu comme leur fidèle compagnon. Elle garde la paix dans le troupeau et gare à celle ou celui qui voudrait quitter ce cercle communautaire.
Fin 19e, l'économie mondiale se capitalise. Machines, bateaux, terrains, voie de chemins de fer', matières premières, commerce. Mensonge, compromission,vol, meurtre, trahison , chantage, malversation .
Mais il faut garder « bonne réputation ». Et qu'importe la conscience, l'honnête, l'amitié, la fidélité.
Qu'importe même l'avenir du troupeau. le berger mécanise le cheptel, l'humain est un pion, tout au plus une donnée, une pièce, une variable, quant aux femmes on voudrait tant qu'elles donnent de « beaux agneaux ».
Ce qui m'a peut être le plus frappée dans cette pièce c'est la triste contemporanéité économique et sociale de son propos.
Face aux licenciements abusifs dues à la mécanisation de la production, le pauvre Aune, contre maître, se défend face au fondé de pouvoir :
« - Vous devez cesser de faire ces conférences pour les ouvriers
- Ah bon ? Je pensais que j'avais le droit d'utiliser mes heures de liberté.
-Vous n'avez pas le droit d'utiliser vos heures de liberté à rendre les hommes bons à rien pendant leurs heures de travail. Samedi dernier, vous avez parlé du tort causé aux ouvriers par les nouvelles machines et les nouvelles méthodes de travail sur les chantiers.Pour faites vous cela ?
Et d'Aune de lui répondre :
-Pour le bien de la société »...
et face à Bernick, consul et patron :
« - Monsieur le Consul, avez vous bien réfléchi à ce que cela signifie de congédier un vieil ouvrier ? Vous pensez qu'il peut toujours chercher autre chose ? Bien sûr il peut le faire, mais ce n'est pas suffisant. Il aurait fallu que vous soyez présent chez un ouvrier licencié le soir où il rentre chez lui et pose sa caisse à outils près de la porte ».
et le consul de lui répondre :
- Vous croyez que je vous licencie le coeur léger ?
..et bien s'il n'y a pas d'autres solutions, il faudra bien que le petit s'incline devant le grand » …
En 1877, cette pièce est crée pour la première fois à Oslo, 1896 pour Paris.
Les propos ont il changé ? N'est ce pas là des « dialogues » auxquels nous assistons aujourd'hui ?
Si cela n'est pas réjouissant, au moins pouvons nous relire avec intérêt cette phrase inscrite sur la couverture de cette collection « le spectateur français » :
« les beaux livres » enfin, pour rappeler que le théâre est un spectacle et l'imprimé sa promesse ou son souvenir »…
Actualité donc. Éternelle actualité des problèmes sociaux, culturels, économiques, et religieux.

L'apparition du personnage de Lona Hessel, inspirée d'Aasta Hansteen, peintre et écrivain , nous permet de réaliser l'émergence d'une conscience féministe active en cette Norvège de la fin du 19 e siècle, conscience qui à ce jour na pas oublié l'urgente pertinence de ses combats.

«  L'esprit de vérité et de liberté – voilà les piliers de la société »
ainsi la pièce se conclut-elle sur cette proclamation de Lona.

- Maison de poupée
Société d'hypocrisie sociale, sentimentale. On joue. On tient son rang , son rôle. On joue à la poupée. Les enfants, le père, le mari, l'épouse, la mère chacun joue avec l'autre et se joue de l'autre.
Chacun a été à « bonne école », grand papa , grand maman faisait déjà comme ça.
Le jeu a ses traditions.
On joue au pas de l'oie.
En rang par deux, par trois, et puis on compte toujours sur ses doigts.
Des personnages, des textes, des formules, des normes, la loi, une morale.
Du pot de fleurs, tablier de la bonne tout tient dans un décor, une maison, une maison de poupée.
Je tourne la clé : la poupée danse,
je couche la poupée et la poupée ferme les yeux.
Et quand le drame éclate, c'est à dire que les jouets se fatiguent, que les jouets trébuchent, que les jouets se cassent, que les petites têtes que l'on pensait de porcelaine se fêlent se fendillent, c'est le drame. le drame bourgeois. Fini ma « petite alouette », fini «  mon petit écureuil ». Même les chats ont un nom.
On fait alors pour de vrai. Pour de vrai on souffre, pour de vrai on parle, pour de vrai on claque une porte. Pour de vrai on s'en va.
Pauvres Petits chevaux de bois, tristes soldats de plomb..., un jour petites poupées montent le son et d'une seule pièce ...s'en vont. Adieu veaux vaches et rejetons.
Et pour rappel :
« Pour une grande partie des Européens du XIXe siècle, la pièce est jugée scandaleuse. Si les liens du mariage sont considérés comme sacrés, c'est davantage la question de l'abandon des enfants qui rend inacceptable le départ de Nora du domicile conjugal. Une partie des pays européens de tradition protestante censurent la pièce, soit en l'interdisant totalement, soit en faisant pression sur Ibsen pour qu'il modifie la fin.
Allemagne : l'actrice principale accepte de jouer le rôle à la condition qu'Ibsen écrive un dénouement alternatif : Nora tombe à genoux devant la porte de ses enfants, acceptant de se sacrifier pour eux et pour son mari au prix de son propre épanouissement. Ibsen regretta par la suite d'avoir cédé.
Grande-Bretagne : Une maison de poupée est d'abord interdite par le Lord Chambellan sous couvert de l'acte de censure de 1737. » Wiki-

Les revenants :
Les convenances. Pieuses, cruelles, convenances. le pasteur est là. L'honneur est sauf. du moins presque. Car il ne faut pas jouer avec les allumettes….même si omelette est norvégienne.
Sauver non pas les âmes mais les apparences !
Souffre qui ne veut et sauve qui je veux ! Merci pour le sermon !
le devoir avant tout. le bonheur on s'en fout. Qu'importe ce qui se passe derrière les portes closes, et même les maisons closes, qu'importe les horreurs, l'alcool, qu'importe la folie.
Devant les hommes ! bien avant que devant Dieu. le diable est de bon office.

Avoir bonne conscience c'est avoir une conscience marchandée au comptoir de toutes les censures.
Et voilà le désastre. « Le père boit et c'est le fils qui trinque ».
L'obstination est père de bien des vices, et qu'importe les victimes, qu'importe les ruines.
La loi c'est la loi. Chacun chez soi. Chut !!!
Bonnes gens où irions nous si chacun balance ses ordures ! C'est à sa devanture que l'on juge ine officine. Plus la plaque est brillante et bien vissée plus le secret est enterré.

Les revenants ces étrangers objets de toutes nos fractures, délires, brûlures.
La pièce doit elle toujours ce rejouer ? Portons nous , en nous, les fantômes, les errances, les crimes de ceux qui nous ont succédé ?
Peut on briser la malédiction d'une naissance ? Où faut il la chercher dans nos gènes, notre inconscient, notre enfance ?
Sommes nous « destinés » ou devons nous vivre ?
De quelle nuit devrions nous charger ?
«  Maman donne moi le soleil » voilà la demande simple et ultime d'Osvald à sa mère.
«  le soleil - le soleil »
Trois pièces d'Ibsen comme l'annonce d' une levée de rideau !
Astrid Shriqui Garain
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LydiaB
  18 avril 2010
Ibsen reste un dramaturge trop peu connu à mon goût par rapport à son talent. Ainsi, Maison de Poupée nous présente la société du XIX°s et surtout les différents rapports dans les couples. Ainsi, Nora, la femme d'Helmer, se doit d'être une épouse et une mère avant d'être une femme. Elle ne l'entendra pas de cette oreille et tentera de faire bouger les conventions sociales.
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LydiaB
  23 décembre 2010
Dans Maison de poupée, Ibsen décrit la condition de la femme réduite à une poupée. Il fait une critique assez acerbe des rapports hommes-femmes dans le mariage. La pièce fut scandaleuse en son temps. A tel point, qu'elle subit la censure en Angleterre et qu'en Allemagne, l'actrice principale refusa de jouer si l'auteur ne modifiait pas la fin (ce qu'il fit ). de nos jours, la pièce est le plus souvent jouée avec la fin originale.
L'histoire est celle de Nora, jeune femme dépensière, mariée à un avocat, Torvald Helmer, profondément attaché à l'honnêteté, valeur à lier à l'épargne et au fait de ne rien devoir à personne. Il est fou amoureux de sa femme et lui passe ses caprices pour la garder. Nora, quant-à elle, passe pour une sotte, manipulée par son mari qui lui donne sans cesse des directives. Cependant, elle a un lourd secret, une dette contractée, secret avec lequel elle pense tenir son mari le cas échéant.
Le personnage de Nora pourrait avoir été inspiré de Laura Kieler, une jeune Norvégienne qui, en 1869, avait publié anonymement une suite de Brand, poème d'Ibsen, cri de colère contre son pays. Elle lui avait envoyé cette suite, nommée Les filles de Brand. Ibsen la rencontre, l'encourage à continuer à écrire. En 1873, elle se marie et s'installe définitivement à Copenhague; avec son mari, elle rend visite à Ibsen à Munich, en 1876. L'auteur trouve alors les rapports du couple si idylliques qu'il baptise leur foyer "une maison de poupée". Mais le mariage de Laura Kieler allait connaître une grave crise avec la maladie de son mari. Elle contracte un emprunt; la réaction du mari semble avoir été proche de celle de Helmer. le choc sera tel, pour Laura, qu'elle devra se faire soigner dans une maison de santé.
Lien : http://livresetmanuscrits.e-..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   19 avril 2010
HELMER: Tu n'as pas été heureuse !
NORA: Non.J'ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n'a jamais été rien d'autre qu'une salle de récréation. Ici, j'étais ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j'étais l'enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu'a été notre mariage, Torvald. (Une Maison de poupée)
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LydiaBLydiaB   23 décembre 2010
Helmer: Nora, Nora! Ah, vous les femmes ! Sérieusement, Nora, tu connais mes opinions à ce sujet. Pas de dettes! Ne jamais emprunter ! Il y a toujours un manque de liberté, quelque chose de laid dans un foyer qui est fondé sur des dettes et des emprunts. Nous avons tenu bon jusqu'ici; nous tiendrons encore le peu de temps qu'il faudra.

Nora: (Se dirigeant vers le poêle) Bien, bien; comme tu voudras, Torvald.

Helmer: (la suivant) Allons, allons, ma petite alouette, il ne faut pas rabattre ses ailes de dépit. Alors? Il boude, le petit écureuil? (Sortant son porte-monnaie) Nora, regarde un peu ce que j'ai ici !
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Vidéo de Henrik Ibsen
PEER GYNT - ACTE I
Scénariste : Antoine Carrion Illustrateur : Antoine Carrion
Résumé :
Peer Gynt s'impose comme une quête époustouflante autour de l'identité, entre satire, drame et humour.
Peer Gynt est l'adaptation en deux tomes d'une pièce de théâtre d'Henrik Ibsen. Cet opus adapte les actes I, II et III, le second, les actes IV et V. Antoine Carrion propose une relecture inspirée par le romantisme du XIXe siècle afin d'en épouser les reliefs dramatiques. Peer Gynt se rêve empereur, faisant le tour du monde. Des ambitions loin de son quotidien de paysan. Mais tout a un prix...
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