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Véronique Brindeau (Traducteur)Corinne Quentin (Traducteur)
EAN : 9782877307246
111 pages
Editions Philippe Picquier (26/05/2004)
3.6/5   20 notes
Résumé :

Avec Ikezawa, on dirait toujours q'une voix séjourne parmi nous. Une voix qui ne semble pas d'ici, mais dont il est permis de capter la rumeur à la faveur de certains no man's land propices aux dialogues avec l'invisible : les champs neigeux d'Un voyage vers le nord, ou ce repli du temps, juste après la vie, quand les os retiennent encore un peu de l'âme aimée qui se disperse (Des os de corail, des yeux de perle). Ses nouvelles da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Un mort donne ses consignes à sa femme pour jeter ses cendres, une femme disparaît avec son enfant alors que le mari est loin de chez eux, un homme, seul survivant d'une catastrophe biologique attend la mort dans la neige un jour de Noël. Il y a beaucoup de sensibilité et de poésie dans les 3 nouvelles de ce recueil. Tout à fait dans l'esprit de "La soeur qui portait des fleurs" et de "La femme qui dort". le temps semble comme en suspend. Ikezawa nous fait percevoir notre vulnérabilité, la précarité de notre existence, face à la mort, la maladie. Un gros travail de deuil attend celui qui reste.
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"Des os de corail, des yeux de perle", est un recueil de trois courtes nouvelles, celle qui porte le titre de l'ouvrage puis "Espérance" et "Voyage vers le Nord".

"Des os de corail, des yeux de perle", a pour thème la mort. L'épouse recueille les cendres de son mari incinéré. le narrateur est le mort. On trouve de la beauté dans les actes de l'épouse, elle récupère les ossements tel un cuisinier qui dresse les mets sur un plat. Son mari avait accepté sa mort, le rituel est sacralisé. Son mari avait demandé plusieurs choses à son épouse après sa mort. Un voeu plutôt qu'une obligation : de broyer ses os puis de les disperser lors d'une plongée, de l'oublier.

J'ai tout de suite ressenti une similitude avec la nouvelle "La jeune fille suppliciée sur une étagère" d'Akira YOSHIMURA : l'incinération du corps puis les ossements et l'âme mêlés qui regardent, ressentent, nous imprègnent. La vision d'Ikezawa est moins triste, sordide que celle d'Yoshimura. Les cendres sont accompagnées, touchés pour être dispersées. L'amour les accompagne.

"Espérance" : une jeune fille écrit à son frère Kazuhiko pour l'informer que sa femme Tomoko ainsi que son fils Kyota ont quitté l'île où elle vivait avec sa belle-famille. Elle lui écrit une longue lettre pour lui expliquer les derniers évènements, elle cherche une explication, elle parle de son incompréhension devant la disparition de sa belle-soeur. Tomoko vivait à Tokyo avant de venir sur l'île, elle se sentait 'yosomono' (étrangère) au début puis semblait s'intégrer dans l'île au sein de la famille. Sa soeur ressent une culpabilité, car elle idéalisait le bonheur de l'union de Tomoko avec son frère. La nouvelle se finit sur une touche d'espoir mélangé d'optimisme.

"Voyage vers le nord" est le récit d'un voyage initiatique. le narrateur quitte un abri qu'il avait habité pendant un an. Il est seul, on suppose qu'il a survécu à la fin du monde : une catastrophe biologique. Mais une fin du monde douce, que chacun a accepté. le narrateur part, va affronter son destin seul en partant pour le nord.

Un style un peu différent de mes lectures habituelles, qui laisse un goût étrange en tournant la dernière page de ce livre. Peut-être de la nostalgie.
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Trois nouvelles poétiques et émouvantes qui ont le pouvoir d'interpeller les lecteurs malgré leur culture, et ce, grâce aux thèmes universels qu'Ikezawa aborde. Que ce soit dans l'acceptation de la mort dans Des os de corail, des yeux de perles, du départ dans Espérance, ou quant à la nostalgie face aux souvenirs dans Voyage dans le nord, il est possible de se retrouver dans chacun des récits. J'ai adoré la plume de l'auteur et je pense que ce (trop) court recueil est idéal pour un premier livre d'Ikezawa Natsuki.
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J'ai lu en une ou deux heures ces trois nouvelles de trente pages chacune

Dans la première, celle qui porte le titre du recueil, un mari fraîchement décédé observe sa femme s'occuper de ses restes : il lui a demandé de disperser ses cendres dans l'océan, en totale contradiction avec les traditions japonaises...
C'est une jolie histoire sur le deuil, j'ai beaucoup aimé la vision très philosophe que le narrateur a de la vie et de la mort.

Dans Espérance, une jeune femme écrit une longue lettre à son marin de frère pour lui expliquer que sa femme est partie depuis plusieurs jours avec leur fils. Elle décrit la cohabitation avec sa belle-soeur, la maladie du bébé qui l'a poussée à quitter l'île et ses conjectures quant aux raisons exactes de son départ pour Tokyo : est-ce une fuite ou bien une tentative pour rejoindre au plus vite son mari trop souvent absent ?
Le ton est frais, réaliste. La soeur se sent concernée, culpabilise un peu... C'est un récit assez intimiste sur la vie dans une contrée étrangère, la question de savoir si l'on connaît vraiment des gens que l'on côtoie au quotidien.

Voyage vers le nord est la dernière nouvelle et peut-être ma préférée. Un an après qu'une « chose » dans l'air a décimé la population mondiale, un homme sort de son abri. Il veut voir la neige, il sait qu'il a 5 semaines avant de mourir, car la chose est encore active. Mais de toute façon, que vaut une existence solitaire dans un abri étriqué ?
Une belle réflexion sur les raisons de vivre justement ; tout est relatif finalement...

Un tout petit recueil, sympathique car léger tout en invitant à la réflexion !
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Trois nouvelles. Trois contes profonds et émouvants. Leurs thèmes sont graves : la mort, la fin du monde, la tentative d'intégration dans une famille et sur une île... Et pourtant la poésie de l'écriture nous donne un sentiment de légèreté, voire même d'humour. J'ai aimé découvrir cet auteur et son univers.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Moi qui m'en vais me dispersant dans les eaux de l'océan, emporté par les courants, j'entame bel et bien ma traversée. Où suis-je, et sous quelle forme ? Je n'en ai plus aucune conscience. Maintenant, ma personne a totalement disparu.
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Éteindre l'interrupteur lui a rappelé le geste d'une mère ramenant sur l'enfant endormi un pan de couverture. [...] Mère qui reste éveillé, jusqu'au bout, alors que tous ont trouvés le sommeil. Jusqu'au bout, et qui s'endort la dernière.
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Plaisantant à moitié, je t'ai dit que je trouvais la vie si passionnante, si belle et si gaie, que je ne pouvais pas croire à l'éternité d'une telle merveille: ce serait trop beau pour être vrai. Et toutes les choses à prendre, je les avais déjà prises.
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Personne n'imagine être sur le point de mourir. L'éventualité de notre mort, nous en détournons les yeux. Ce refus-là fonde notre vie.
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