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Antoine Volodine (Traducteur)
ISBN : 2879294517
Éditeur : Editions de l'Olivier (27/08/2004)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 26 notes)
Résumé :
À dix-sept ans, Lizka décide de vivre sa vie. Elle quitte sa mère et son village étriqué, mais les choses ne s'arrangent guère. Mais là-bas la vie ne s'avère guère facile. À la suite d'une rixe entre voisins, elle se retrouve en prison où elle tombe amoureuse de Micha... A Micha succéderont Viktor, un fonctionnaire du parti, Arthur, qui l'épouse et la
trompe, Max, qui a perdu son âme et sa jambe à la guerre, et Kostia, un poète qui aime regarder la télévision... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
le_Bison
  18 février 2012
Lizka a 17 ans et est fermement décidée à vivre sa vie comme elle l'entend. Cette prise en main subite commence forcément par le départ de son village natal, devenu trop petit pour la grande Lizka. Mais là-bas, dans la grande ville, la vie n'est pas aussi facile qu'elle aurait pu croire, aussi belle qu'elle aurait pu rêver. Une rencontre de hasard l'a fait tomber amoureuse de Micha... qui s'avéra un bel escroc... Puis, il y eut Viktor, grand apparatchik voué au parti... Se succéderont encore Arthur, le conducteur de trolleybus... puis Max, héros et blessé de guerre... puis Kostia le poète...
Les rues sont froides, sales et couvertes de boue. Les immeubles sont en état de décrépitude avancée, à la limite de l'insalubrité. Les logements sont étriqués et rares. Les boulots sont peu gratifiants. Malgré tout, il reste la bière, la vodka et l'alcool pour tenir le coup... et aussi l'amitié et l'amour. Car, ce que l'on retient de ce roman, ce sont les aventures de tous ces héros russes sortis de l'ordinaire, qui ont toujours foi en leur destin et qui malgré cette morosité ambiante tentent toujours d'aller de l'avant, d'avancer dans la vie en gardant un brin d'optimiste et de fatalité.
Au final, Lizka s'en sort toujours. Elle a su garder son âme d'enfant qui lui fait oublier rapidement ses mésaventures pour passer à autre chose. Dans toutes les situations, elle garde son envie de vivre, son optimisme et son humour. C'est ce qui fait aussi le charme de ce roman (en plus des formes de Lizka). Alexandre Ikonnikov finira par avouer qu'il aime son héroïne, et que son thème principal d'écriture est en fait l'humain... et la recherche du bonheur. Lizka nous présente sa Russie à travers tous ses hommes. Il y'a de bon côté à vivre dans ce pays, et des moins bons... comme les hommes. L'important est de vivre, et de continuer à vivre en gardant le sourire et aussi l'espoir qu'un jour la Russie retrouvera ses fastes, qu'un jour le monde deviendra meilleur, qu'un jour Lizka trouvera son homme...
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Lisewine
  29 novembre 2014
Chaque chapitre est une sorte de petite nouvelle à part entière; la vie de Lizka (diminutif particulièrement condescendant en russe) prend de relation en relation une dimension inattendue, alors même qu'elle semble s'enfoncer dans l'échec après les espoirs qu'avaient suscités son arrivée à la ville au sortir d'une enfance mouvementée dans la campagne soviétique - tous ceux qui ont d'ailleurs un peu connaissance de l'arrière pays russe ne manqueront pas de sourire en apprenant le nom du village d'origine de l'héroïne... Cependant, plaisanterie pour connaisseurs mise à part, l'excellente traduction de Volodine rend parfaitement accessible l'humour ravageur et en même temps plein de compassion d'Ikonnikov. Si vous voulez avoir une idée de "l'âme russe", si tant est que cette expression veuille dire quelque chose, jetez vos Tesson, Makine et autres de Rosnay; car c'est bien dans ce livre que vous trouverez le véritable grain de folie qui peut parfois faire basculer le quotidien de n'importe qui dans la Russie d'aujourd'hui. Un conte burlesque à visage humain!
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okka
  05 juin 2016
Lizka élevée seule par sa mère Elena Georgievna. Cette dernière sans étude et donc sans un sou, accorde ses faveurs aux hommes riches du coin pour permettre à sa fille et à elle de subvenir à leurs besoins, dans cette URSS pauvre.
Vladimir Ogourtsov, son père est absent. Militaire portée disparut dans l'une des guerres que mène le pays, il n'a pas pu voir sa fille grandir ni lui apporter sa présence et encore moins de quoi l'aider financièrement car sa pension de combattant pour veuve n'est pas accordée.

En grandissant Lizka découvre son corps, son envie de briller, telle une fleur dans cette masse d'arbres qui lui fait de l'ombre. Avoir elle aussi un peu de lumière de soleil. Être aimée, appréciée…
Mais tout autour d'elles les autres filles ont la même envie, et se font de l'ombre les unes aux autres, plutôt que d'être tous amies et vivre en harmonie. Ce qui l'oblige à 17 ans de déménager dans la ville de G. ou habite sa tante, puis à loger dans un foyer communautaire avec trois autres filles, toutes quatre étudiantes, travaillant dans le milieu médical.

Lizka, belle femme et inconsciente des dangers masculins qui peuplent tout autour d'elle tombera sous leur charme… Chacun lui apportera une idée de ce qu'ils sont… Dont le point commun est qu'ils sont tous menteurs, manipulateurs, violents, et alcooliques. Mais dans ce froid et immense pays, la vodka et l'alcool à 90° est courants, voire banals.
Nombreux sont ses échecs en amour, faute de trouver le prince charmant qui peuple ses lectures et qu'elle aimerait voir dans la réalité. Mais hélas, peu d'hommes ont l'air de lire des livres, et encore moins ont envie de s'inspirer d'eux et de se comporter en gentleman.

La vie est pénible dans ce monde d'humains, dans cette pauvreté, et ce système corrompu… Mais il arrive à Lizka de prendre le temps de se poser, de méditer, rêvasser sur ce qui l'entoure et devient resplendissante.

Alexandre Ikonnikov à travers ses personnages nous plonge dans la Russie actuel tant social que politique. La misère et la corruption du pays, n'aide pas le petit peuple et encore moins ne leur donne le moral. L'histoire de Lizka et sa quête du bonheur, mais aussi d'un but dans sa vie, peut-être en chacun de nous, ceci est une assez triste réalité qui nous est propre nous humains.
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cathe
  19 septembre 2015
Dans la Russie des années 90, Lizka quitte son village pour échapper aux racontars à propos de la vie dissolue de sa mère. A elle la grande ville et la vraie vie ! Une place à l'école d'infirmières, un logement dans un foyer et voilà la belle vie. Mais l'apprentissage de la liberté est douloureux. Cinq hommes se succèderont dans sa vie, lui apportant chacun un peu de bonheur à sa manière et lui permettant de mieux se connaître.
Ecrit comme un conte moderne, ce roman se lit d'une traite. Comme dans son précédent ouvrage "Dernières nouvelles du bourbier", Ikonnikov donne un reflet contrasté de la vie actuelle en Russie. Problèmes sociaux, renouveau politique (on prend les anciens et on recommence !), libération des moeurs, tout y passe dans un véritable tourbillon où l'on se laisse emporter en passant avec jubilation du cynisme au fatalisme et à l'insouciance.
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paolinna
  16 mai 2016
Lizka est une jeune femme qui vient d'un milieu assez difficile : son histoire familiale n'est pas très glorieuse, entre son père qui a disparu dès son plus jeune âge, sa mère qui se prostitue régulièrement pour subvenir à leurs besoins, et les rumeurs qui court à son sujet, elle ne tient plus. Par chance, une école d'infirmière dans la ville voisine accepte qu'elle vienne suivre les cours. C'est ainsi que, du haut de ses dix-sept ans, Lizka décide d'échapper à cet avenir peu attrayant et de partir vivre sa propre vie.
Même si Lizka est un peu naïve au début, on n'arrive pas à lui en vouloir. Elle ne rêve que du bonheur et pour ça elle va faire trop vite confiance aux hommes qui la séduisent. Mais au fil du temps, elle va apprendre à ses dépens, se forger un caractère et tout faire pour vivre sa vie comme elle l'entend. Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est qu'elle n'abandonne jamais. Bien qu'elle va vivre d'affreux moments, elle retombe toujours sur « ses pattes » et continue d'avancer quoi que cela lui en coûte. Elle reste fidèle à elle-même et à ses valeurs.
Bien sûr, on ne peut pas parler de ce livre sans parler des hommes. On en rencontre différents types : des escrocs, des riches politiciens, des ouvriers, des blessés de guerre, des poètes, tant d'hommes si différents et pourtant si proches. Et c'est à travers ces hommes (et l'influence qu'ils auront sur la vie de Lizka) que l'auteur nous présente la Russie et son histoire, sa société, son gouvernement. Plongé dans ce milieu populaire, on y découvre les difficultés de la vie mais aussi les petits moments de bonheur, entre amour et amitié.
Dernier point que j'aimerais aborder est celui de la sexualité. Nous sommes dans les années 90 en Russie et pourtant, malgré les politiques que nous connaissons de ce pays, on voit apparaître une certaine libération sexuelle. Elle est présenté à plusieurs reprises dans le roman avec notamment l'évocation sans grands tabous de l'émancipation sexuelle des femmes, mais également de celle de l'homosexualité. C'est un aspect du livre que j'ai vraiment apprécié et qui contraste vraiment avec les préjugés que nous pouvons avoir sur ce pays.
En bref, un livre assez court, bien traduit, et qui vous donne à voir des êtres humains qui ont foi en leur destin et en la possibilité d'un monde meilleur.
Lien : http://mangeonsleslivres.blo..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
okkaokka   05 juin 2016
p.181.

Lizka se rappelait aussi les parents d’Arthur. Un jour ils lui avaient fait des remarques acerbes parce qu’elle avait heurté une table par inadvertance, ce qui avait produit une petite éraflure sur le parquet de bois tendre. Leur indignation l’avait laissée sans voix. Elle s’était demandé si les objets existaient pour les humains, ou si au contraire les humains étaient esclaves de leurs objets.

Comment pouvait-on vivre au nom d’objets aussi misérables, alors qu’il y avait un ciel, de l’eau, et, là-dessus, des étoiles ! Et comment avait-elle pu rester si longtemps sans comprendre cela ! Lizka tout à coup avait envie de se mettre à crier, de tenir des discours à tous et à toutes. Qu’ils cessent de passer leur temps à uniquement satisfaire leur propre chair, et que, comme elle en ce moment, ils considèrent la vie avec ravissement, avec enthousiasme : le flot de ses pensées débordait en elle, la bouleversait.
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le_Bisonle_Bison   18 février 2012
Si les contrats de mariage, qui aujourd’hui commençait à faire une apparition timide, avaient existé plus tôt, Lizka aurait tenu à y inclure une clause importante. Son époux aurait eu pour obligation quotidienne de lui masser le dos - des vertèbres cervicales au coccyx - et de lui embrasser la plante des pieds. Elle n’aurait pas exigé autre chose de son époux. Enfin, si : qu’il ne prononce jamais de mots grossiers. Et qu’il n’y ait pas plus d’un match de foot par mois. Et pas plus d’une soirée bière par semaine ! Et aussi...
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okkaokka   05 juin 2016
p.66.

Jusque-là, Lizka avait été une lectrice peu acharnée, mais à présent, que ce fût par désœuvrement ou parce qu'elle pensait trouver dans des livres quelques-unes des réponses aux questions qu'elle se posait, elle s'était mise à aimer lire des romans. Romans d'amour, d'aventures, romans historiques, policiers, tous la captivaient, l’entraînaient corps et âme dans un autre monde, un monde fascinant, mais en même temps, aucun ne lui donnait d'instruction pour agir, aucun ne répondait à la question essentielle qui la hantait : comment poursuivre son existence.
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okkaokka   05 juin 2016
p.65.

Ces deux-là, par exemple. Promises à devenir de bonnes infirmières, à se marier, à faire des enfants. Qu'est-ce qu'on pouvait trouver de bien là-dedans ? Elles allaient passer leurs journées à la maison, changer des couches, faire cuire de la soupe et s'asseoir en face de la télévision. Et elles devraient aussi courir les magasins, les bras chargés de sacs trop lourds, et consacrer la moitié de leur existence à faire des queues. Avec leurs maris, elles allaient économiser rouble après rouble pour pouvoir acheter une voiture, et, au bout de dix ans, elles auraient enfin assez pour se payer une Lada. Une vie entière comme ça ! Et c'était ça qu’on pouvait appeler un avenir ? Un avenir valable ? Et si notre seul avenir envisageable était la vieillesse, pourquoi nous obligeait-on à y penser dès la naissance ? Finalement, le mieux était peut-être de ne pas agir du tout. De se laisser porter par le courant, sans se plaindre d'avoir à travailler comme concierge.
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le_Bisonle_Bison   18 février 2012
Comme tous les autres enfants soviétiques, Lizka se réveillait au son de l’hymne national que diffusait la radio, elle mettait son foulard de pionnier et elle se rendait à l’école de Lopoukhov où on lui enseignait, en plus de la lecture, de l’écriture et du calcul, comment démonter une kalachnikov, enfiler un masque à gaz et échapper aux bombes américaines en se terrant dans une cave.
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