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ISBN : 2375791282
Éditeur : Critic (22/08/2019)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo.
Une annonce sur esoteric.net, le réseau social des sorciers, retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
Cependant, lorsqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
l-ourse-bibliophile
  16 septembre 2019
Je dois dire tout d'abord que je suis ravie d'avoir enfin pu appréhender la plume de Rozenn Illiano. Je suis son blog « Onirography » depuis quelques mois et ses nombreux projets n'ont cessé d'attiser ma curiosité. Il y a eu Midnight City, le livre vagabond, ses petites poupées qui offrent un visage à ses personnages, et puis ce fameux « Grand Projet » qui rassemble et lie tous ses romans (si le Phare au corbeau est le premier qui passe entre les mains d'un éditeur, Rozenn Illiano n'en est pas à son premier coup d'essai et a déjà publié plusieurs livres en auto-édition). Mais la vie et ma PAL et mes finances font que ce désir de découvrir son oeuvre a toujours été repoussé… jusqu'à aujourd'hui !
L'exorcisme fait partie de la culture populaire et tout le monde aura des images ou des formules en tête (« Vade Retro Satana » par exemple). Pourtant, je ne crois pas avoir regardé beaucoup de films sur le sujet (non, pas même L'exorciste dont je n'ai vu que des extraits) et encore moins de livres. Je n'ai même aucun doute là-dessus : le Phare au Corbeau était mon premier roman mettant en scène des exorcistes.
Ce qui a, je pense, fortement accru mon enthousiasme en commençant ce roman (c'est comme si tu me donnes une histoire de pirates : j'aime beaucoup les pirates, mais j'en lis finalement très peu, donc je serais dès le début très excitée à l'idée même de la lecture à venir). J'ai adoré cette plongée dans le monde du hoodoo et des rituels mêlant sorcellerie africaine et saints catholiques que pratique Isaïah. Les vévés, les herbes, les huiles, les formules… et la rencontre de cet univers underground des sorciers où certain·es absorbent les émotions des autres, ont des « intuitions » leur permettant de connaître des événements en train de se dérouler ou sur le point d'advenir, perçoivent les malédictions et bien sûr voient les morts. Un univers enthousiasmant, bien construit et immédiatement crédible.
Le cadre du roman était aussi fascinant qu'inquiétant. le domaine de Ker ar Bran est un lieu qui ne pouvait que me fasciner. Ce phare scellé, dressé face à la mer ; le vent, menaçant de vous pousser à bas de la falaise ; les cris des goélands mêlés à ceux du fameux corbeau ; cette grande demeure mi-rénovée, mi-abandonnée ; ce domaine isolé du reste du village ; les morts qui parsèment son histoire… Une Bretagne qui fait fantasmer, aux légendes séculaires porteuses d'émerveillement et d'inquiétude.
Un endroit qui ne pouvait qu'enfanter mille craintes et superstitions… et tout autant de questions. Autant pour nous qui lisons les mots de Rozenn Illiano que pour Agathe. D'où lui vient ce sentiment de familiarité avec ce petit coin de Bretagne ? Pourquoi ce phare l'appelle-t-il ainsi ?
Les personnages sont également l'un des grands points forts de ce récit. Si Isaïah semble parfois si parfait que l'on ne peut qu'approuver Agathe lorsqu'elle déclare qu'« il devrait y avoir des lois contre ça », il n'en est pas pour autant agaçant et fade, travers dans lequel l'autrice aurait pu tomber. Il est un personnage lumineux et rassurant, confiant en lui et en les autres ; il est le pendant d'une Agathe plus sombre, introvertie et torturée. Sensation de ne pas être à sa place, honte face à un don incomplet, peur d'être inutile, inconfort face à de nouvelles personnes, mille doutes tourbillonnant sous son crâne… Agathe est un personnage un peu paumé dans lequel je me suis malheureusement beaucoup trop reconnue. Isaïah est pour elle un ami d'exception et leur relation fonctionne à merveille d'un bout à l'autre du récit.
Ce sont des personnages qu'il me plairait beaucoup de voir évoluer. C'est un roman tout fait indépendant, avec un début, un milieu et une fin, mais qui a cependant la possibilité d'évoluer en série (c'est en tout cas le souhait de l'éditeur, semble-t-il). La fin du récit – dont je ne peux rien vous dire – laisse percevoir des changements à venir dans leur façon de travailler et je suis curieuse de voir comment Agathe s'adaptera aux révélations de cette enquête.
Si la majeure partie de l'histoire se déroule en 2014, des chapitres ici et là nous ramènent quelques siècles en arrière en 1921 et 1839 à la rencontre du passé de Ker ar Bran, personnage à part entière dont l'ombre pèse sur chacun des protagonistes, mais aussi de Nenoga, Théophile de Saint-Amand ou encore Gwennyn. Des personnages aussi fragilisés par la vie que l'est Agathe. Des êtres craints, rejetés, car jugés trop différents. Leur indépendance, leurs savoirs, leurs croyances, leurs pouvoirs choquent et heurtent la petite communauté et les voilà bientôt livrés à la vindicte populaire.
Ma seule « déception » – je le mets entre guillemets car le mot est trop dur pour le sentiment réellement éprouvé – tient au résumé qui m'a induite en erreur. Je n'en blâme donc pas l'autrice, mais plutôt l'éditeur. En disant « il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui », ce n'est pas faux, c'est même totalement ce qu'il se passe, mais dans des proportions bien moindres que ce que j'imaginais. L'enquête dans le village n'est pas le coeur du récit et se révèle finalement assez brève et vite expédiée (une fois que les personnages se lancent) alors que j'imaginais bien plus de rencontres, de mensonges et de répugnances à parler. Ce n'est pas une déception à proprement parler et je ne suis pas amère de ne pas avoir trouvé une plus longue enquête, mais ça m'a déstabilisé car je me demandais quand les locaux interviendraient dans cette affaire (comme quoi, je devrais toujours m'en tenir à mes lectures incomplètes des résumés, cela ne me réussit jamais).
Les dessins de Xavier Collette – à savoir la couverture du livre et son portrait d'Agathe – ont énormément influencé la manière dont je visualisais cette histoire. Je suis souvent totalement fan de son travail (il a notamment illustré un de mes jeux préférés, Abyss) et cette tendance se confirme avec le Phare au Corbeau. Ses ambiances ont marqué mon imagination et toutes les images nées dans mon esprit (celle du domaine envahi par une sombre aura par exemple). Je trouve qu'il a parfaitement capturé l'atmosphère de la Bretagne que raconte Rozenn Illiano et le caractère d'Agathe, toutes deux fières, indomptables, uniques.
Que vous croyez ou non aux esprits, je vous invite à découvrir le Phare au Corbeau et son envoûtante histoire de fantômes. Pour ses personnages humains et attachants, pour ses paysages de côtes bretonnes battues par les vents et les vagues, pour son ambiance de magie, de superstitions et de légendes, pour ce mélange de fantastique, de douce frayeur et de croyances populaires, pour la magnifique couverture de Xavier Collette… pour bien d'autres raisons qu'il vous faudra découvrir par vous-mêmes.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Espai
  13 octobre 2019
Je suis à la fois satisfaite et déçue, ne sachant trop comment juger cette lecture.
Pour poser en quelques mots le contexte : le Phare au corbeau est une sorte de livre policier, sauf qu'au lieu d'élucider des meurtres, nos héros un peu sorciers cherchent à exorciser des esprits.
L'atmosphère m'a happée. J'adore l'univers créé par Rozenn Illiano : ce Paris hanté par des esprits et cachant une société secrète de médium et autres sorciers ; cette Bretagne primaire, où la force des éléments est omniprésente et le surnaturel plus puissant. Dans ce décor ésotérique, où nos héros Is et Agathe doivent exorciser un phare hanté, la tension était solide et angoissante. Je n'en menais pas large lors de certaines scène où des forces occultes se déchaînent, alors que nos héros perdent le contrôle. Ça me rappelait mon adolescence, et ces nuits passées à appeler les esprits, où le moindre bruit nous faisaient fuir en hurlant.
En fait, le côté fantastique/fantasy est très bien intégré à notre monde moderne. Ce qui donne des personnages intéressants, avec des pouvoirs différents qui donnent envie d'en savoir plus : des clairvoyants, des voyantes, des médiums... C'est ce qui me pousserait à lire les potentiels tomes suivants.
Par contre, ce qui m'a un peu déçue, c'est finalement une intrigue un peu confuse à mon goût. On est bombardés de pas mal de flashback d'autres époques, et si le calendrier est clair, l'intérêt de ces chapitres n'est pas toujours égal. (Bon, après, je ne suis généralement pas fan des flashbacks.)
Surtout qu'une fois le fin mot de l'histoire donné... je me suis trouvée tout aussi sceptique que l'un des héros. En fait, je ne suis pas sûre d'avoir vraiment compris. On est loin d'être sur un système de magie clair et carré à la Sanderson, plutôt sur du "ah en fait tout s'explique par cet effet mystérieux dont personne n'a jamais parlé avant, ça tombe bien". Ce qui m'a aussi donné cette impression que les enjeux s'élèvent, encore et encore (ce qui est cool, ça augmente la tension)... avant de s'essouffler à la toute fin.
Bref, ce qui avait commencé par être une lecture vraiment agréable finit sur une note mitigée... Je pense que je reste suffisamment curieuse de l'univers pour lire la suite lorsqu'elle sortira, mais avec un peu de méfiance tout de même.
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Bleuopale
  16 octobre 2019
Tout commence par une rencontre organisée par Rozenn Illiano entre ses lecteurs et un duo de personnages peu ordinaires : Agathe et Isaïah alors en pleine séance de travail. Agathe et Isaïah forment un duo d'exorcistes complémentaires, chacun ayant besoin de l'autre pour mener à bien un exorcisme : sorcier et medium. Les deux membres de ce duo sont dans le métier depuis un petit moment maintenant formés par l'oncle d'Isaïah. Depuis quelques temps déjà, ils travaillent en solo et gagnent leur vie à coup d'exorcismes réussis. A l'occasion d'une nouvelle proposition de travail, notre duo parisien se retrouve en Bretagne pour s'occuper d'une propriété réputée maudite.
C'est un monde à la lisière de la magie et de la religion qui s'entrouvre lorsque l'on entre dans l'univers d'Agathe et Isaïah. de Paris à un petit village breton de bord de mer, nos deux comparses vont mettre à rude épreuve leur capacités afin de mener un travail d'exorcisme loin de leurs sentiers battus.

Alors, cher lecteur, partant pour une petite chasse aux fantômes ?
Les fantômes, esprits et autre revenants, plus ou moins sympathiques, sont au rendez-vous de ce récit, ils en sont même le centre de gravité. Un récit à cheval entre fantastique et urban fantasy, le tout sur fond de mythes et légendes bretonnes... un mélange qui m'a plu et qui donne à ce livre une atmosphère particulière qui englobe le lecteur page après page pour l'immerger dans une ambiance sombre et parfois glaciale. Car la chasse aux fantômes façon Ghosbusters on oublie, dans le phare au corbeau, les histoires finissent mal et les fantômes sont là pour nous le rappeler et dans ce cas, ce sont les vivants qui trinquent. Rozenn Illiano a l'art et la manière de plonger son lecteur au coeur de son récit ce qui se traduit par une excursion dans un village breton hanté, de quoi nous faire frissonner les nuits d'orage et nous faire sursauter à chaque porte qui claque.

Là où j'ai beaucoup aimé l'atmosphère et particulièrement celle de la maison du phare au corbeau, j'ai un peu moins accroché aux personnages. Agathe m'a un peu, beaucoup, agacée, au point qu'à certains moments j'ai eu très envie de la secouer très fort ! Alors que j'ai aimé me retrouver face à des personnages marqués et marquants que Rozenn Illiano dessine avec beaucoup de profondeur et de caractère, j'ai vite eu du mal avec la jeune fille n'arrivant jamais à passer outre son complexe de l'imposteur... et revenant sans cesse sur ce qu'elle ne sait pas faire tout en oblitérant systématiquement ses réussites... je sais je suis dure XD mais que c'était frustrant !

Atmosphère, Atmosphère !

J'ai trouvé le récit convainquant (j'ai eu peur le soir toute seule) même si la fin m'a laissé un peu dubitative. Je ne sais d'ailleurs toujours pas trop quoi en penser, je ne m'attendais pas du tout à ce type de dénouement qui m'a un peu prise au dépourvu. Et pourtant, on sent un vrai potentiel avec cet univers et ces personnages pour d'autres récits : le pari sera d'arriver à faire évoluer le tout si d'autres tomes sont prévus. Les pouvoirs à cheval entre la religion et magie héréditaire, bien que pas forcément nouveaux en littérature de l'Imaginaire, sont présentés de manière inventive et le coté fantômes et exorcisme ça marche franchement bien pour accroché le lecteur.
Au final, le phare au corbeau fut une belle lecture. Fantômes, médium, magie et exorcisme forment un beau mélange pour une histoire à cheval entre Paris et la Bretagne, entre magie et religion. L'ambiance construite par Rozenn Illiano est particulièrement réussie et même si j'ai un peu moins accroché aux personnages, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Lien : http://chutmamanlit.blogspot..
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JessieL
  09 août 2019
Le Phare au Corbeau n'est pas le premier roman de Rozenn Illiano, mais c'est le premier que je lis d'elle. Autrice, créatrice, artiste, elle se sert de nombreux supports pour exprimer sa fascination envers les univers imaginaires.
Comme tous les romans publiés par les éditions Critic, celui-là n'échappe pas à la règle et offre un univers aussi grandiose que fascinant.
Tout dans ce roman est attirant. A commencer par la couverture, signée Xavier Collette, qui exerce sur nous une véritable attraction. Il s'en dégage une telle aura de mystère qu'on n'y résiste pas. C'est une fenêtre sur une Bretagne fière, secrète et sauvage.
Le Phare au Corbeau nous propose une intrigue peuplée de fantômes et de secrets. Porté par un duo de héros, amis d'enfance et chasseurs de fantômes de profession, il met en scène Isaïah et Agathe, qui nous entraînent dans leur quotidien peu conventionnel. Ils ont monté un business d'exorcisme et vendent leurs services aux personnes confrontées à un esprit en colère qui hante leurs maisons afin de les en débarrasser. Né dans une famille de sorciers, Isaïah ne possède pas de dons mais pratique le Hoodoo. Ce qui lui permet de rentrer en contact avec les morts par le biais de textes bibliques et l'utilisation d'herbes, d'huiles et de cristaux. A contrario, Agathe possède un don de double-vue incomplet qui lui permet juste de voir les défunts afin de les renvoyer loin des vivants (sans pour autant réussir à rentrer en contact avec eux pour connaître les raisons de leur présence persistante). Voici les deux héros de Rozenn Illiano qui nous emmènent en terre bretonne pour tenter de nettoyer une vieille demeure hantée. Perchée sur une falaise, Ker ar Bran, avec son phare, tient en respect le visiteur. On la déclare hantée. Les habitants du petit village de Landrez y croient. Certains auraient été témoins de phénomènes paranormaux. Tous se tiennent à l'écart des lieux, surtout du phare que l'on dit maudit. Tous, sauf Léna et Thomas qui ont décidé de rénover la propriété pour en faire des chambres d'hôtes. Seulement, lorsque leur petite fille, Ambre manque de tomber de la falaise, après avoir suivi un fantôme, ils sont bien obligés de faire appel à des professionnels pour exorciser les lieux. A peine arrivée, Agathe ressent un lien particulier avec le domaine comme si elle était déjà venue. Elle sent également la présence des ténèbres. Une noirceur ancienne s'est abattue ici. Et il n'est pas dit qu'elle réussisse, même avec l'aide d'Isaïah, à faire face aux forces du Mal qui sont à l'oeuvre ?
Le Phare au Corbeau est le genre de roman qui nous fait retenir notre souffle. Captivée par les premières lignes, je n'ai, pour ainsi dire, presque pas pu m'en détacher jusqu'à la fin. L'intrigue nous met la chair de poule. En bonne bretonne, Rozenn Illiano fait honneur à ses racines. Légendes et superstitions hantent son récit. Des éléments qui contribuent à donner une ambiance ésotérique et ténébreuse au roman. On est à la fois effrayé et intrigué. L'autrice joue sur nos émotions, et particulièrement sur la peur. Elle fait monter la tension crescendo au point de nous faire sursauter au moindre claquement de porte.
J'ai tout aimé dans ce livre, autant bien les personnages hauts en couleurs, que l'histoire prenante, ou les lieux, chargés d'ombre et de lumière. L'autrice y retranscrit bien la vie dans les petites communautés avec son lot de médisance et d'ignorance. Je remercie la maison d'édition pour cette lecture en avant première. C'est véritablement un coup de coeur, et j'espère qu'il en sera de même pour vous, chers lecteurs !
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temps-de-livres
  18 septembre 2019
Agathe et Isaïah sont un duo d'exorcistes. Elle voit les fantômes et lui les conjure. Leur prochaine enquête les emmène en Bretagne. Apparemment, une affaire vite réglée, mais dès le début rien ne se passe comme prévu. Une malédiction semble peser sur le phare et le domaine de Ker ar Bran, l'hostilité des locaux n'aide pas. Quant à Agathe, elle est chamboulée par cette affaire…
Le Phare au corbeau pourrait être une simple histoire de maison hantée. le talent de conteuse de Rozenn Illiano suffirait à nous transporter. L'autrice ne se contente pas de raconter une histoire, elle mélange plusieurs genres littéraires pour nous immerger dans son univers. Au récit de maison hantée, on ajoute une intrigue à tiroir, du whodunit, mais aussi du roman d'apprentissage. Ça pourrait être un désordre complet, mais l'autrice réussit à tout mélanger sans qu'apparaisse aucune scorie. La lecture, bien que dense, est très accessible, grâce à plan scénaristique qui rappelle les meilleurs films ou séries. Quand on pense que le livre a été écrit en un mois !
Si l'intrigue principale est racontée par la voix d'Agathe, deux autres récits s'entrecroisent. On apprendra qu'en 1839, un naufrage affecte les habitants de Landrez. Près d'un siècle plus tard, Théophile de Saint-Amand achète la propriété de Ker ar Bran, pour y couler une douce retraite. Ce n'est pas donc une mais trois histoires qui construisent l'univers du phare au corbeau. Trois époques différentes avec ses us et coutumes, ses personnages, etc. Si le duo d'Agathe et Isaïah sont les deux faces d'une même pièce (elle a des pouvoirs, il n'en a pas. Il est sûr de lui, elle est peu sûre d'elle, etc.) si ils sont bien dessinés, les autres personnages ne sont pas en reste. L'autrice a un talent pour faire vivre en quelques mots ses caractères. Certains vont croire aux légendes du domaine, d'autres non, mais chacun, à sa manière, va devenir un suspect potentiel.
Si l'ambiance se veut fantastique, si la chair de poule n'est jamais loin d'être atteinte, le but de l'autrice n'est pas de nous faire peur. Tel un conte raconté au feu de cheminée, l'histoire dégage des leçons, des questions que le lecteur se posera. Dans son roman, Rozenn Illiano montre que le fait d'être différent suppose l'acceptation de l'autre, mais aussi de soi-même. A travers ce récit, on se rend compte que ce sont ceux qui prônent l'acceptation de la différence, qui la refusent, alors que d'autres s'en servent. Trouver des personnes qui vous acceptent comme vous êtes n'est pas une chose aisée. Elle dénonce aussi la condition féminine au XIXème siècle, les esprits fermés.
Le Phare au corbeau est un magnifique conte philosophique où plane l'ombre des légendes bretonnes. Chaque lecteur, qu'il soit amoureux de la Bretagne, du récit policier ou de l'ambiance fantastique pourra y trouver son compte. Rozenn Illiano est une autrice à suivre. On remercie les éditions Critic de nous l'avoir fait découvrir.
Lien : https://tempsdelivresdotcom...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BleuopaleBleuopale   16 octobre 2019
t là, au milieu sur le tapis, une jeune fille m'observe, l'air absent, les yeux morts. Ses longs cheveux sont trempés, tout comme sa robe, une chemise de nuit blanche et tachée. Éthérée, évanescente, presque transparente. Le voilà, le fantôme de cette maison.
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BleuopaleBleuopale   16 octobre 2019
Elle sourit, d'un air un peu triste. Nous sommes coincées toutes les deux dans des vies qui nous conviennent jusqu'à un certain point. Des vies dans lesquelles il manque quelque chose, à l'image d'un vêtement trop grand ou trop petit, où le bonheur nous échappe de peu. Pas de quoi se plaindre, non... Mais en arrière plan, il y a cette mélodie dissonante, un chuchotement qui nous rappelle qu'un infime grain de sable grippe la machine.
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boudiccaboudicca   13 septembre 2019
Isaïah est tombé sur l’annonce en parcourant Esoteric Net. Ce forum à l’ancienne fait office de réseau social pour les sorciers lorsque ces derniers veulent se mettre en contact ou échanger des informations, et aussi proposer des missions du genre de celles que nous accomplissons. Je suppose que ce moyen de communication aurait eu toute sa place dans Harry Potter si les bouquins s’étaient déroulés à notre époque.
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Video de Rozenn Illiano (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rozenn Illiano
Bande-annonce du livre "Le chat qui avait peur des ombres de Rozenn
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