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EAN : 9782266308489
336 pages
Éditeur : Pocket (16/01/2020)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 169 notes)
Résumé :
Pierre a tout abandonné, il vit dans sa voiture, sur l'autoroute. Là où sa vie a basculé il y a six mois.

Il observe, il surveille, il est patient.

Parmi tous ceux qu'il croise, serveurs de snack, routiers, prostituées, cantonniers, tout ce peuple qui s'agite dans un monde clos, quelqu'un sait, forcément.

Week-end du 15 août, caniculaire, les vacanciers se pressent, s'agacent, se disputent. Sous l'asphalte, lisse et rassu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  18 février 2020
J'aime la radicalité en littérature, celle qui dérange, celle qui gratte, qui divise. Cela ne veut pas dire que je m'y retrouve à chaque fois, parfois je ne m'y reconnais pas, mais quand j'adhère à l'univers proposé, cela reste toujours un souvenir fort de lecture. Cela a été le cas avec ce roman qui m'a percutée de plein fouet.
Sur le papier, on a un speech de polar / thriller classique : un père traque un serial killer pédophile qui a enlevé, entre autres, sa fille, parallèlement à une enquête policière qui patine. Mais sous la patte de Joseph Incardona, cela donne quelque chose de très singulier et oppressant.
La radicalité commence par le choix du lieu pour un quasi huis clos à ciel ouvert : une autoroute, ses aires avec ses parkings et ses restoroutes. Puis par le choix de personnages borderline. Là où un autre auteur aurait choisi de privilégier l'empathie du lecteur pour les parents, c'est l'empathogramme plat : ils sont tellement ravagés par la perte de leur fille qu'ils ne survivent qu'à coup de comportements dérangeants, la mère se réfugiant dans la drogue et la frénésie sexuelle crade ; le père mu par une obsession froide quasi psychopathique, vivant comme un animal depuis des mois sur les aires d'autoroute, comme un squale fou qui ne s'arrête jamais de tourner en attendant sa proie, le prédateur de sa fille qui récidiverait. Très dérangeant.
En fait, la description de ce microcosme de l'autoroute devient une quasi satire sociale : ce monde où le bitume a tout recouvert parle de l'ultralibéralisme et d'une société en déliquescence tout en étant en mouvement perpétuel. Les passages sur le monde du travail aliénant, sur la solitude contemporaine, sur la sexualité triste et tarifée sont terribles. Tout est sans fard hypocrite, sans filtre embellissant, c'est au contraire outrageusement cru. Ce qui peut déplaire.
Cette crudité radicale est décuplée par une écriture à l'identité marquée. Les mots sont affutés comme des guillotines, percutants, incantatoires, nerveux, poétiques mêmes, ils s'enchaînent dans une audace libérée et parfaitement maitrisée. Ils font surgir des images parfois dérangeantes jusqu'au sordide. Mais ils ne sont jamais complaisants. Si Joseph Incardona cogne, il se montre d'une délicatesse pudique pour évoquer les fillettes martyrisées : jamais le mot de trop qui ferait basculer dans le glauque, elles apparaissent à chaque fois préservées dans leur dignité, ce qui est contraste d'autant plus avec le reste des personnages, tous sur le mode de la déchéance.
J'aime la radicalité en littérature lorsqu'elle n'est pas gratuite, juste pour choquer. Ce roman noir serré totalement atypique est dans le genre parfaitement maitrisé, implacable. Marquant.
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cannibalector
  19 mai 2016
Dans le forum, je vois souvent des questions portant sur la différence entre romans noirs, polars et thriller. L'auteur nous propose un roman où un pédophile enlève et tue des jeunes filles et focalise son histoire sur la vengeance du père de la deuxième victime.
Thriller: non. Pas de rebondissements soudains, peu d'actions et le tueur est connu dés le début du livre.
Polar: non. Même si à l'enlèvement de la troisième adolescente, on assiste à l'enquête de la gendarmerie, celle çi n'est pas prépondérante dans ce roman.
Roman noir: oui. Pourquoi?
L'acteur central n'est pas un personnage mais une portion d'autoroute. 4 voies de béton sans cesse en mouvement, plus ou moins fluide, où le sujet principal n'existe pas: seulement un objet, voiture ou camion ou camping car puisque l'action se déroule pendant le pont du 15 août.Des aires de repos, nature reconstruite et aménagée contenant des angles morts où une faune interlope survit. Des stations essences avec cafétéria, royaume du néon et de la malbouffe.Fort contraste entre l'immobilisme de ceux qui y travaillent et le flot continue des voyageurs. Et une clôture formant le périmètre. Au delà, des champs, la nature : la liberté.
En dehors des transhumances saisonnières, ces aires ont leurs propres règles, leurs propres codes tacites et souvent indicibles: aire pour homos, aires pour voyeurs/exhibs, refuges des routiers qui rêvent à leur famille qu'ils retrouveront le vendredi soir, pour d'autres putes, trav, trans, jeunes éphèbes à leur disposition: ils savent quand et où les trouver et combien ça coûte.
Pierre, le père de la deuxième victime y végète depuis 6 mois attendant que le prédateur récidive.
Pascal, le tueur, y travaille et attend sa future proie.
Le style est sec, phrases courtes, souvent non verbales; le langage est cru, trés cru, moche, vulgaire. Ce ne sont pas des scènes gores qui rendent parfois la lecture de ce bouquin insoutenable mais de simples mots. L'obscénité permanente et outrancière se veut la révélation d'un lieu oublié, d'une prison construite pour les RTT et la cinquième semaine de congés payés.
Je ne peux ni conseiller ce roman très noir, ni le fustiger: j'ai bien aimé, lisez le si le manque total de lumière et le langage très cru ne vous effraient pas.
Pour un public très , très averti.
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isabelleisapure
  19 février 2016
J'écris ce commentaire alors que je n'en suis qu'à la moitié du livre, sans être sûre d'en venir à bout.
L'histoire commence avec trois disparitions de petites filles qui ont toutes un point commun : l'aire d'autoroute où chaque parent a vu sa progéniture se volatiliser. Pierre est l'un de ces parents meurtris ; depuis l'enlèvement de sa petite fille, il a élu domicile sur cette aire d'autoroute. Son quotidien : le siège de sa voiture en guise de lit, les toilettes publiques comme douche et, comme moteur à ses journées, un désir de vengeance obsessionnel. de l'autre côté, il y a le cuisinier de la cafeteria de l'aire d'autoroute. Employé modèle, si ce n'est son incontrôlable envie de s'attaquer aux enfants.
Nous suivons également quelques personnages annexes avec leurs fantasmes et leurs névroses.
Tout me gêne dans ce roman.
L'écriture tout d'abord, sèche, saccadée, qui ne laisse aucune place au chagrin des parents victimes de la pire tragédie, l'enlèvement de leur fillette.
Les scènes de sexes ensuite. Je ne voudrais pas jouer les vierges effarouchées, mais, là tout y passe, masturbation, fellation, sodomie, rapports tarifés entre des personnages qui ne me semblent pas avoir un grand intérêt dans le déroulement de l'histoire.
Certains critiques ont qualifié cette écriture de poétique :
« Gérard Luciano sort son portable et compose le numéro du Capitaine Martinez. Il se dit qu'il fumera son cigare plus tard. Il commence à se toucher la queue dès qu'il entend la voix du capitaine.
Il parait que beaucoup d'hommes font ça quand ils parlent en privé au téléphone.
Un geste de nervosité.
Pas de désir.
Toucher la petite saucisse, ça détend.»
Mais où est la poésie ?
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paroles
  01 juin 2020
Une autoroute. Rien de plus banale qu'une autoroute. de l'asphalte, des kilomètres d'asphalte. Des aires de repos. Des stations services.
Rien à voir. Rien à signaler. Comme un no man's land. Un passage obligé vers l'ailleurs.
Et pourtant...
C'est là que Pierre a élu domicile. Il vit dans sa voiture. Il attend. Il attend que le salopard qui lui a pris sa fille il y a six mois, fasse une erreur, une petite erreur et c'est lui, à son tour, qui le fera disparaître. Car il sait, il sent que c'est là que tout se joue, sur cette autoroute.
Quelle claque que ce roman ! Une écriture acérée qui vous lacère le coeur et les entrailles car perdre un enfant et ne pas savoir ce qu'il est devenu est un calvaire, une épreuve insurmontable. Une écriture rapide et puissante qui vous livre immédiatement les images, les sons et les odeurs : on baigne dans ce marasme autant psychologiquement que physiquement (la canicule de ce mois d'août joue à part entière dans ce drame).
On découvre l'envers du décor (c'est glauque, c'est sale, ça pue la merde et la pisse) et tous les habitants qui peuplent les autoroutes (employés des restaurants, stations services, et autres péages, prostitués, routiers, gardiens). C'est férocement inhumain et humain en même temps. C'est cru, violent et paradoxalement très pudique quand il s'agit des enfants. On s'englue dans cette crasse comme dans le désespoir sans fin de ces parents orphelins de leurs petits.
C'est noir... mais du très beau noir qui touche à l'éblouissement !
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alexb27
  28 avril 2020
Un roman dur, violent, cru. Des phrases courtes, Une écriture sèche, tranchante pour raconter l'horreur. L'horreur d'une enfant qui disparaît, l'horreur d'une femme qui s'oublie avec le corps des hommes, l'horreur d'un père, de parents qui ne parviennent pas à survivre sans leurs enfants. Pierre fait parti de ceux là. Depuis la disparition de sa fille Lucie il y a quelques mois sur une aire d'autoroute, il survit et cherche. Cherche le prédateur qui lui a enlevé sa raison de vivre. Il questionne toute la population qui vit (survit ?) sur l'autoroute (gardien, prostitué, routiers, gérant...). Il veut le trouver ; le tuer ; pour oublier ; pour lui ; pour sa femme. Il n'est pas le seul à chercher. Julie Martinez et son adjoint Thierry Gaspard sont également sur sa piste. Qui le trouvera ? le trouveront-ils seulement ? Un récit éprouvant. Un roman dérangeant. Lu d'une traite (ne peut pas se lire autrement).
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critiques presse (1)
Telerama   24 juin 2015
Un polar sombre, mais aussi, et surtout, un roman profond.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
SimonbothorelSimonbothorel   23 février 2020
Quelques citations/extraits du roman Derrière les panneaux, il y a des hommes (2015) de Joseph Incardona (Edition Pocket, février 2017)

• « Nous vivons dans un monde chrétien. Mais pas forcément un monde de bonté. » p. 21.

• « Une belle femme qui tombe tout en bas, c’est encore plus avilissant. La beauté n’a pas le droit de se meurtrir. » p. 31.

• « Pascal roule. Davantage de risques à opérer sur une aire d’autoroute, mais après, c’est plus facile. Tout bouge tout le temps. Tant qu’on ne sort pas du circuit. Pascal n’en a aucune intention. Pascal aime : les centres commerciaux, les supermarchés, les grands parkings, les gares, les aéroports. L’autoroute. Un non-lieu. On y est bien : travail, observation, capture. On n’est personne. On est : fonction, rouage, marchandise. » p. 65.

• « Elle voudrait faire le vide, mais « faire le vide » équivaut souvent à réfléchir. Même en dormant, elle a l’impression de réfléchir. Soucis récurrents, se transformant en rêves, demi-sommeil agité des individus sous pression. Et puis le réveil comme une libération avant le pire. » (sur Julie Martinez, la policière) p. 70.

• « Le malheur s’observe au microscope et rares sont ceux qui ont envie d’y jeter un oeil. » p. 85.

• « Pierre a beau chercher. Rien qui aurait pu appartenir à Lucie. Il ne sait pas ce qui est pire : une trace ou l’absence de trace. » p. 137

• « Obsession de Pierre : retrouver Lucie. Retrouver Lucie ne signifie plus retrouver Lucie au sens propre. Retrouver Lucie, c’est chercher le sens. Car le monde n’existe pas en soi. Il n’existe que comme plié. Il n’existe qu’enfermé dans chaque âme. Dans chaque nom propre. » p. 140.

• « Il y a une dignité à se confronter au mal, à le regarder en face. Une manière de prendre le malheur à bras-le-corps, de lui livrer bataille. Il y a une sincérité, aussi. Qui marche main dans la main avec la dignité. Il y a, enfin, la contemplation du gâchis social, de l’insondable gâchis humain au regard duquel son gâchis personnel est une simple conséquence, « macro » enveloppant le « micro ». » p. 178.

• « La colère portée vers le monde est la colère de soi. » p. 206.

• « Une dépression, c’est un gouffre. C’est potentiellement proche du suicide. C’est en tut cas l’absence d’ironie, de retour sur soi. C’est déjà l’amertume et la défaite. » p. 238.

• « Tous ces sandwichs sous cellophane, des centaines si on les mettait les uns à côté des autres, un monticule jusqu’à devenir son propre poids, devenir sandwich soi-même, poulet et mayonnaise, mayonnaise et thon, thon et crudités, crudités et jambon, réfrigéré, sous cellophane, quand tu crèveras, Pierre, ton corps restera entier, en Technicolor, bourré de conservateurs et d’additifs alimentaires, ton corps sera mise en bière dans un cercueil triangulaire muni d’un code-barres, l’homme-sandwich exposé sous cloche dans un restoroute comme ceux des saints dans une crypte, le texte dira que tu auras été tenace, obstiné, les crocs plantés dans le bitume, rayon identique d’une roue tournant sur elle-même… Oui, il t’en a fallu temps et tout ça est évanoui. » p. 264.

• « Même si l’existence est une juxtaposition d’existences, même si elle n’est pas linéaire. On peut sortir de l’ellipse, dévier sa trajectoire, partir et disparaître. Dans le cosmos. Imploser en silence. Pierre Castan espère une seule chose : Que Bouddha se soit trompé. Que Bouddha soit un bonhomme jovial, obèse et heureux, mais qu’il se soit trompé. Que la réincarnation n’existe pas. Surtout pas. Surtout ne pas vivre encore et encore. L’enfer, c’est l’éternité. » p. 265.
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mfrancemfrance   24 octobre 2017
Comment lui dire que, passé un certain seuil de souffrance, on devient un chien fou, qu'il n'y a plus de lien social, qu'il n'y a plus de lois, qu'il n'y a plus rien à respecter, si ce n'est la soif du mal.
Tuer, et puis tuer encore.
La moitié du Diable.
L'autre moitié, qu'est-ce que c'est ?
Les règles sont faites pour préserver le bonheur.
Les règles sont faites pour ceux ayant tout à perdre.
Les règles sont faites pour ceux vivant de l'autre côté du mur.
Mais pour les autres ?
Pour l'autre moitié, qu'est-ce que c'est ?
Détruire. Se venger. Faire mal. Assainir.
La défaite.
Complète et totale.
+ Lire la suite
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Snail11Snail11   04 avril 2020
Principe de Peter :
Tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence.
Tout employé compétent sera promu tant qu’il n’a pas atteint son niveau d’incompétence. Ce niveau une fois atteint, il stagnera à son niveau d’incompétence.
Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité.
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mfrancemfrance   23 octobre 2017
Goût du malheur en fin de bouche et tu respires longtemps et très fort pour ne pas vomir. Tu penses encore : pourquoi la nausée est-elle ressentie essentiellement par les femmes ? les hommes n'ont pas la nausée. Ou alors ils l'éprouvent brièvement et vomissent. Les femmes, elles, la gardent dans leur ventre, font d'un malaise une perception.
Et d'une perception, un concept.
Le monde est femelle.
Page 225
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ValerieLacailleValerieLacaille   09 juillet 2018
C'était pourtant simple: on l'avait décalotté pour introduire le Mal à l'intérieur de sa tête. Un Mal adulte. Jusqu'à l'accident, il avait pu contenir un Mal enfantin, puis adolescent. Pendant l'opération, l'un des docteurs s'était débarrassé de son Mal à lui et l'avait déposé dans sa tête.
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Videos de Joseph Incardona (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Incardona
Extrait de "La soustraction des possibles" de Joseph Incardona lu par Damien Witecka. Parution numérique le 12 août et CD le 16 septembre 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-soustraction-des-possibles
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