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ISBN : 9791022608862
Éditeur : Métailié (03/10/2019)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
La vengeance des victimes.
Elle est condamnée, il l’aime, elle l’entraîne dans sa vengeance mortelle.

A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour déco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sabine59
  14 octobre 2019
Ce roman, écrit en 1998, est le deuxième de la série Erlendur, juste avant " La cité des jarres". Je ne sais pas pourquoi il n'est publié que maintenant...Notre policier favori , déjà bougon, solitaire et tourmenté par les problèmes familiaux, n'est donc plus un novice. Il fait équipe avec le jeune et ambitieux Sigurdur Oli, dont l'américanisation l'exaspère. Son partenaire le trouve quant à lui, passéiste. Mais ils forment finalement un duo efficace.
Et de l'efficacité, il en faudra! Car à partir du moment où le cadavre de Birta, une jeune fille droguée , sans doute aussi prostituée , est découvert dans un cimetière, sur la tombe d'un homme politique célèbre, chantre de l'indépendance islandaise, les pistes s'embrouillent, s'accumulent.
Tout converge quand même à un mafieux de la drogue et de la prostitution, et à son copain d'enfance,homme d'affaires véreux. C'est l'occasion pour l'auteur de donner, comme toujours, un aspect social à l'histoire. Il sera question de crise immobilière, d'exode rural, notamment des pêcheurs des fjords de l'Ouest, de trafics de drogue, de misère des jeunes livrés à eux-mêmes, à la rue.
Erlendur est décrit précisément, sa vie de solitude, ses démons intérieurs, sa culpabilité face à ses enfants pris dans l'alcool et la drogue. Et bien sûr ses intuitions, son sens psychologique qui font de lui un excellent policier.
J'ai aimé le retrouver dans cette enquête prenante, menée dans le monde de la nuit, de la mort, des êtres en perdition , égarés dans un monde qui les rejette et dont ils ne veulent plus. Poignant et percutant.
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Logreglan
  07 octobre 2019
Les roses de la nuit (ou plutôt Les roses de la mort, si l'on s'en tient à la traduction du titre islandais, Dauðarósir) est le deuxième roman d'Arnaldur Indriðason, écrit en 1998, mettant en scène le commissaire Erlendur.
Ce qui explique qu'on y trouve une présentation précise du personnage, tant de son allure physique, que de ses vêtements (il porte constamment un chapeau) et de ses habitudes (c'est un fumeur invétéré). Mais surtout, l'auteur nous dépeint son caractère avec précision : c'est un homme bourru, acariâtre et solitaire. On en apprend un peu plus, que dans le premier roman, Les fils de la poussière, sur ses relations avec ses enfants, Eva Lind et Sindri Snær, mais aussi sur sa rencontre avec son ex-femme Halldora. Depuis leur séparation, c'est un sentiment de haine qu'Halldora éprouve envers Erlendur et qu'elle a distillé à ses enfants. Dans ce roman, Eva Lind, pour qui le milieu de la drogue n'a pas de mystères, au grand dam de son père, joue un rôle important. Quant à Sindri Snær, il n'est que mentionné, sauf lorsque, plongé dans un coma éthylique, il faut le conduire dans un centre de désintoxication. Arnaldur dresse déjà bien le portrait d'un homme blessé par ses échecs familiaux. Comme lors du premier roman, le thème de la disparition est à nouveau évoqué, sans qu'il se précise sur un événement particulier : « Les Islandais ont eu drôle de rapport avec les disparitions. Ils y sont habitués depuis des siècles. Il y a toujours eu des gens perdus dans la nature, surpris par les tempêtes, et dont on retrouvait les ossements au bout de cent ans. […] Les disparitions nous semblent naturelles la plupart du temps. Elles alimentent même nos contes populaires. » (pp 173-174) On apprendra dans les ouvrages suivants, que la disparition du frère d'Erlendur, un jour de tempête, alors qu'ils étaient des enfants, est aussi une plaie béante pour le commissaire.
On découvre aussi un peu mieux les coéquipiers d'Erlendur : Sigurdur Oli, fasciné par la modernité et l'influence américaine et Elingborg, à cheval sur la grammaire islandaise. Un troisième policier, Thorkell, tient une place non négligeable, mais disparaîtra, par la suite, des futures enquêtes. Les différences de points de vue entre Erlendur et Sigurdur Oli, à propos de la modernité et de la tradition, donne lieu à une joute verbale très tendue entre les deux policiers.
Car, autre thème récurrent de l'oeuvre d'Arnaldur, Erlendur est très attaché aux traditions (notamment gastronomiques), à la culture, à l'histoire et au mode de vie rurale de l'Islande ; « […] la jeune génération qui préférait rester en voiture, ne s'intéressait pas à l'Histoire ni à l'héritage de la nation, et n'avait qu'une envie : rouler à toute vitesse vers la prochaine étape, incapable de ralentir, d'observer et de méditer. » (p.87) Il déplore le fait que l'île a été trop rapidement plongée dans la modernité, notamment par la présence militaire américaine, qui était encore d'actualité au moment de l'écriture du roman (la base américaine ne sera évacuée qu'en 2006). Est-ce là le simple point de vue du personnage ou doit-on retrouver une part d'Arnaldur dans son personnage fétiche ?
Toujours est-il qu'Arnaldur dénonce avec force les effets de tous ces changements. La spéculation financière a entrainé le trafic des quotas de pêche, qui se vendent et se revendent, pour tomber entre les mains de personnages peu scrupuleux qui n'y voient là que des sources de profits. Ces pratiques ont entraîné l'appauvrissement et la montée du chômage dans les régions rurales éloignées de Reykjavík. C'est notamment le cas des fjords de l'Ouest, développé dans le roman. « Certains se sont enrichis sans avoir à lever le petit doigt. On leur a offert d'incroyables privilèges en laissant les autres crever de faim. » (p.97) On assiste à un exode massif des jeunes, qui viennent s'agglutiner dans la capitale, dans l'espoir d'une vie à la ville plus facile. Certains, ou plutôt certaines, attirés trop vite par ce mirage, tombent alors dans la drogue et la prostitution. C'est avec tendresse pour ces « paumés », mais aussi réalisme, qu'Arnaldur nous dévoile cette réalité; celle des « bas-fonds » de Reykjavík, par un véritable travail d'investigation journalistique. Corollaire de tout cela, la spéculation immobilière va bon train et la physionomie de Reykjavík, qui voit pousser gratte-ciel et centres commerciaux, s'en trouve bouleversée. Détenteurs de quotas et agents immobiliers manoeuvrent avec cynisme. Par ces dénonciations, on peut voir en Arnaldur un visionnaire. C'est, en effet, dix ans plus tard, que la bulle spéculative islandaise éclatera, faisant plonger l'économie de l'île et ruinant de nombreux habitants.
Ce deuxième roman, dont la présentation des éditions Métailié dit que « ce livre a changé la vision des lecteurs islandais sur le roman noir » est autant un polar qu'un essai socio-économique sur l'Islande au crépuscule du XXème siècle, qui bouscule bien des clichés. A noter qu'Arnaldur nous égratigne, au passage: « Les Français sont incroyablement nationalistes et conservateurs, tu vois à quel point ils sont arrogants et insupportables. » (p.32) Il est vrai que, lors de l'écriture de ce roman, l'auteur ne connaissait pas encore dans l'hexagone, cet immense succès, qui est le sien aujourd'hui et qui explique, qu'à l'exception de son dernier roman, paru l'hiver dernier en Islande (et dont la sortie en France ne devrait pas tarder), tous ses livres ont été traduits en français.
Lien : http://www.polardesglaces.com/
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Tancrede50
  13 octobre 2019
C'est un bon polar islandais, un peu court, mais ambitieux et plein d'émotions.
Arnaldur Indridason y aborde le problème de l'exode de la population des fjords de l'ouest vers Reykjavik, en partie dûe au système des quotas de pêche que les artisans pêcheurs ruinés ont dû vendre à des grandes pêcheries. Il est question du déracinement de cette population. Les plus faibles comme Birta se tournent vers la drogue et une de ses conséquences, la prostitution.
Il nous fait pénétrer dans l'enfer que vivent les drogués et ceux qui veulent leur venir en aide. Il parle aussi du monde sans pitié des promoteurs immobiliers qui construisent d'immenses banlieues autour de Reykjavik pour accueillir ces populations déracinées. Tout leur est bon pour obtenir les permis de construire. Et le monde de la prostitution va venir rencontrer celui des affaires: quotas de pêche et promotion immobilière.
Birta, la déracinée, est retrouvée morte sur une tombe dans un cimetière de Reykjavik. Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli ont peu d'éléments à leur disposition pour trouver le coupable. L'enquête est passionnante. On soupçonne Kalmann, le grand promoteur immobilier. Mais quelle preuve a-t-on? A la fin, on se demande toujours qui est le vrai coupable: celui qui l'a tué, ceux qui l'ont poussé à aller vivre dans la capitale, celui qui lui a vendu sa drogue et l'a prostituée ou celui avec qui elle s'est prostituée en dernier?
C'est un polar qui fait réfléchir. J'aime ça. Et en prime, c'est très bien écrit:
« Debout à ses côtés, le policier regardait le vent balayer les feuilles mortes. - Les roses de de la nuit, dit-il. - Quoi? demanda Janus. - C'est à ça que me fait penser la couleur de l'automne dans les arbres, c'est celle de la nuit et de la mort. »
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Aifelle
  05 octobre 2019
"Les roses de la nuit" se situe entre "Les fils de la poussière" et "La cité des jarres". Chronologiquement, c'est la deuxième enquête d'Erlandur.
Un jeune couple cherchant un endroit tranquille où batifoler se retrouve dans un cimetière (!) où une scène étrange attire son attention. Un corps sur une tombe, une silhouette furtive qui s'enfuit en voiture. Il s'avère que c'est le corps d'une très jeune fille, abandonnée sur la sépulture d'un célèbre homme politique islandais, Jon Sigurdsson. La jeune femme prévient la police, tandis que son compagnon préfère prendre la tangente.
C'est un assassinat et c'est Erlandur qui est chargé de l'enquête avec son équipe, Sigurdur Oli et Ellinborg. Il est question cette fois-ci des milieux de la drogue et de la prostitution, sur fond de trafic de quotas de pêche dans les fjords de l'ouest. Comme d'habitude il y a l'aspect enquête d'un côté et celui de la vie privée d'Erlandur de l'autre.
Erlandur voit épisodiquement ses deux enfants. le garçon, Sindri Snaer est alcoolique et toujours entre deux cures de désintoxication. Eva Lind, la fille, est droguée et ne souhaite pas arrêter. Elle erre d'un compagnon à l'autre, dans des endroits plus ou moins sordides. Erlandur préfère ne pas savoir de quoi elle vit et la récupère régulièrement quand elle va trop mal. Les deux lui reprochent de les avoir abandonnés tout jeunes, quand il a divorcé d'avec leur mère. Néanmoins, Eva Lind, connaissant bien les milieux de la drogue, va l'aider dans son enquête.
Sigurdur Oli n'est pas plus net dans ses comportements. Disons qu'il s'intéresse d'un peu trop près à la jeune femme qui a trouvé le corps et qu'il craint la réaction d'Erlandur lorsqu'il le découvrira.
Arnaldur Indridason donne déjà ici la mesure de ce que sera la série, les personnages principaux s'étoffent, on s'intéresse autant à l'enquête, pas avare en rebondissements, qu'aux soucis familiaux d'Erlandur. C'est l'occasion d'en apprendre davantage sur la spéculation immobilière qui a sévi autour de la capitale islandaise et sur la crise qui a poussé les pêcheurs des fjords de l'ouest à quitter leurs villages.
A lire si vous ne connaissez pas la série et encore plus si vous avez aimé la suite.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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chris973
  16 octobre 2019
Pour une fois je suis totalement d'accord avec la quatrième de couverture, reprise dans le résumé de l'éditeur; l'intrigue est remarquablement construite; la fin excellente;
Au passage un coup de chapeau au traducteur, Eric BOURY, qui a traduit tous les livres parus en français et dont avec le temps on reconnaît la patte.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   14 octobre 2019
Debout, à ses côtés, le policier regardait le vent balayer les feuilles mortes.
- Les roses de la nuit, dit-il.
- Quoi? demanda Janus.
- C'est à ça que me fait penser la couleur de l'automne dans les arbres, c'est celle de la nuit et de la mort.
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chris973chris973   16 octobre 2019
-- Tout le monde veut aller à Reykjavík. Elle a sans doute fait partie de ces gens. Et oui, le système des quotas est largement responsable de cet exode. Mais ce qui fait le plus mal, c'est l'injustice. L'instauration des quotas a fabriqué quelques millionnaires alors que le poisson est censé appartenir au pays entier. Comment comprendre ça ?
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sabine59sabine59   13 octobre 2019
Sigurdur Oli ronflait doucement , assis sur son fauteuil.
- C'est la télévision nationale, répondit Erlendur. Elle aurait le pouvoir d'assommer un troll.
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sabine59sabine59   12 octobre 2019
Où donc s'est perdue la couleur de tes jours?
Et les poèmes que, d'un rêve à l'autre, ton sang murmurait,
Dans quelle tempête se sont-ils égarés,
ô enfant, qui te croyais porté par la merveilleuse vérité
qu'abrite l'inépuisable puits que tu portes en toi!
En quel lieu...?

Nostalgie, Jóhann Jónnson
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LogreglanLogreglan   07 octobre 2019
Les Islandais ont eu drôle de rapport avec les disparitions. Ils y sont habitués depuis des siècles. Il y a toujours eu des gens perdus dans la nature, surpris par les tempêtes, et dont on retrouvait les ossements au bout de cent ans. […] Les disparitions nous semblent naturelles la plupart du temps. Elles alimentent même nos contes populaires.
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Videos de Arnaldur Indriðason (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaldur Indriðason
Extrait de "Les Fils de la poussière - Les Enquêtes d'Erlendur Sveinsson 1" d'Arnaldur Indridason lu par Jean-Marc Delhausse | Livre audio. Editions Audiolib. Parution le 17 avril 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/les-fils-de-la-poussiere-les-enquetes-derlendur-sveinsson-1-9782367628639
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