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ISBN : 1606996894
Éditeur : Fantagraphics books (30/01/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Even 60 years after their original release, in an era of explicit horror, EC Comics superstar Graham “Ghastly” Ingels’s grisly pages retain the power to shock. His loving depictions of the endless corruption of flesh and nature made him the go-to guy for stories involving swamps, maniacs, and dismemberment ― and all three combined to best effect in one of the standouts of this collection of his stories: “Horror We? How’s Bayou?” ― considered the single m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  27 juin 2015
Ce tome fait partie d'une série de réédition thématique (autour d'un dessinateur) en noir & blanc, éditée par Fantagraphics, à partir des publications EC Comics. Comme son titre l'indique, celle-ci est consacrée à Graham Ingels. Ce tome comprend 26 histoires en noir & blanc, 24 écrites par William M. Gaines et Al Feldstein, 2 écrites par Feldstein sur la base d'une nouvelle de Ray Bradbury, toutes dessinées par Ingels. À l'origine, ces récits sont principalement parus dans les magazines "Vault of horror", "Haunt of fear" et "Tales from the crypt", entre 1952 et 1953. Il comprend également une introduction (8 pages) de Bill Mason sur les points saillants des récits du recueil, une postface de 6 pages de RC Riggenberg sur la vie de Graham Ingels, et un texte de 3 pages contextualisant les comics EC dans leur époque.
Chacune des histoires est construite suivant le même principe : à partir d'une situation dangereuse ou d'un meurtre s'inscrivant dans le genre de l'horreur (de type apparition de créatures surnaturelles), le récit s'achemine vers une chute à base de justice poétique. La plupart des histoires comportent 8 pages, quelques exceptions n'en comportent que 6 ou 7. D'une histoire à l'autre, les intrigues reposent sur des femmes se vengeant de promesses de mariage non tenue, une infestation de rats dans un village du moyen-âge, l'angoisse d'être mis en bière vivant, des mariages d'intérêt à la suite desquelles les épouses décèdent malencontreusement, des donneurs de sang cooptés de force, des arnaques et filouteries d'individus très cupides, des suicides causés par les dénonciations d'un corbeau, la vengeance d'esprit réincarnés en êtres humains ou même en singe, des mutilations de cadavres par le croquemort, des transplantations de cerveau dans un autre corps ou même dans un chien, des marionnettes attentionnées, etc. Il y a bien sûr des apparitions régulières de vampires, de loups garous, d'une momie et de goules. Gaines et Feldstein n'oublie pas de rendre hommage à Edgar Allan Poe ("The tell tale heart", le coeur révélateur) et aux contes et légende tels que celle de Barbe Bleue.
En ouvrant l'un de ces tomes thématiques consacrés à un dessinateur des comics EC, le lecteur actuel a toujours le même mouvement de recul devant ces cases chargées de texte qui en mange un à deux tiers. Il s'agit d'un mode de narration qui ralentit la lecture, qui l'alourdit. Fort heureusement il s'agit d'une compilation d'histoires courtes, ce qui permet de les lire une par une, pour prendre le temps de les lire et mieux les apprécier.
À nouveau le lecteur ne peut qu'être impressionné par l'imagination prolixe de William M. Gaines et Al Feldstein qui créaient des histoires comme s'il suffisait de se baisser pour en ramasser. Bien sûr, la psychologie des personnages est souvent sommaire, la chute se devine avant la fin une fois sur deux et le niveau des jeux mots reste très basique. Mais une fois sur deux, la chute surprend par sa noirceur ou par la forme de justice poétique qu'elle délivre. En ce qui concerne les copieuses cellules de texte, il s'agit souvent d'un texte explicatif et même simplement descriptif (reprenant pour partie ce que montre le dessin) qui ralentit la narration sans l'enrichir énormément. La lecture des 2 histoires adaptées à partir d'une nouvelle de Ray Bradbury apporte un point de comparaison mettant en évidence leur qualité littéraire, et la pauvreté de celle de Gaines et Feldstein. Toutefois, au détour de l'un de ces 26 récits, le lecteur peut découvrir une histoire à la construction plus ambitieuse (en particulier celle rendant hommage à E.A. Poe), celle reprenant la trame de l'un des contes des frères Grimm, ou encore celle racontant la naissance de la sorcière (celle qui introduit et clôt chaque histoire).
Le choix de l'éditeur Fantagraphics est donc de mettre en valeur les différents artistes ayant travaillé pour DC Comics. À ce titre, Graham Ingels impressionne dès le premier dessin qui est un gros plan sur la tête de la sorcière. Il représente la texture de la peau par le biais de traits très fins, transcrivant avec application les plissures de cette peau de personne âgée. La forme du nez est singulière, à la fois tordue et plausible, à la fois le stéréotype de la méchante sorcière, mais aussi une simple difformité. Son regard joue également sur la difformité avec un oeil affligé d'un fort strabisme et un autre dont les paupières sont anormalement écartées, comme si la sorcière faisait l'effort de plus les ouvrir pour compenser le manque de vision de l'autre oeil. Tout au long des histoires, Ingels réalise un gros plan différent sur le visage de la sorcière, avec une rare cohérence visuelle de l'une à l'autre, et une forte personnalité se dégageant de son visage. Dans quelques histoires, elle se livre à une occupation dans cette première case : regarder un numéro de cirque, remuer la mixture de son chaudron, peindre, etc.
Histoire après histoire, le lecteur peut se lasser de ces visages aux expressions souvent exacerbées, avec des bouches grandes ouvertes (d'où le conseil d'une lecture fractionnée). Mais il peut aussi apprécier la facilité avec laquelle Ingels est capable de faire apparaître la veulerie ou la méchanceté sur un visage. Dans "Sucker bait", le lecteur prend également conscience qu'Ingels était un artiste investi dans son art, au point de fournir plus d'efforts que ses collègues de l'époque pour faire croire à ce qu'il représente. L'image du bas de la couverture est extraite de "Sucker bait" ; le lecteur constate qu'Ingels a réalisé une composition élaborée pour rendre compte des ridules à la surface de l'eau, en fonction de la forme qui en émerge, pour montrer que les cheveux filasses sont mouillés, pour faire apparaître l'état de décomposition de la peau. Il y a là un niveau de détails peu commun, et une capacité impressionnante à intégrer une forme de réalisme. Au fur et à mesure de la découverte de ces dessins, le lecteur peut appréhender l'une des influences majeures de Bernie Wrightson et de Steve Bissette. Ingels apporte une grande attention à l'environnement de chaque récit, insérant dans la place laissée par le texte des éléments de décors concrets et réalistes, qu'il s'agisse de scènes d'intérieur ou de décors naturels.
Ces histoires datant des années 1950, les créateurs n'avaient pas toute latitude pour être explicite. Ainsi les blessures et les plaies ne sont pas représentées de front, mais sous-entendues. Il en va de même pour l'acte sexuel qui reste implicite. Gaines, Feldstein et Ingels font donc avec les moyens du bord pour se faire comprendre. Ce mode de narration à demi-mots peut sembler un peu fade. Néanmoins avec un peu de recul, le lecteur s'aperçoit que les auteurs n'hésitent pas à pousser le bouchon pour sous-entendre un acte relevant de la nécrophilie, des prélèvements de sang illégaux sans consentement, les sévices infligés par un tueur en série à l'orée d'un bayou, etc.
Dans la présentation de ce tome et dans le choix des histoires, les éditeurs ont privilégié les récits avec monstres ou éléments surnaturels (20 histoires sur 26), avec une prédilection marquée pour les morts revenant se venger. Les histoires de simple vengeance s'avèrent cependant nettement plus cruelles que les autres, avec des individus très crédibles. le summum de la noirceur est atteint dans "Hail and heart-y", où un mari laisse sa femme réaliser toutes les corvées et aller au travail, pendant qu'il ménage son coeur un peu fragile. Pour cette histoire, les textes copieux de Gaines et Feldstein assurent leur fonction en étoffant le ressenti des 2 conjoints, aboutissant à une nouvelle cruelle et pénétrante sur la condition humaine.
Graham Ingels est resté dans les mémoires comme l'artiste qui a défini l'apparence des comics EC, en montrant un vrai goût pour l'horreur. de ce point de vue historique, ce tome est aussi parfait que les autres de la collection, avec une excellente qualité de reproduction des dessins. Pour un lecteur simplement curieux, le mode de narration pesant ôte une partie du plaisir de la lecture, surtout du fait des textes copieux, mais aussi de plusieurs chutes prévisibles, et de quelques expressions des visages outrées.
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