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René de Ceccatty (Traducteur)Ryôji Nakamura (Traducteur)
ISBN : 2234056713
Éditeur : Stock (21/01/2004)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Histoire de ma mère est le récit minutieux et poignant des dernières années d'une femme qui sombre dans la sénilité, sous le regard impuissant et consterné de sa famille. Une vie se défait doucement au fil de quelques années. D'abord les souvenirs s'enfuient, la mémoire récente s'efface, puis l'infantilisme vient, la perception du monde extérieur disparaît.

C'est une histoire éternelle, vieille comme le monde, et plus actuelle que jamais dans notre un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Osmanthe
  18 mai 2016
Yasushi Inoue livre un magistral récit autobiographique pour évoquer les dernières années de vie de sa mère et la mémoire qui s'en va.
L'auteur, en racontant dans le détail les faits et gestes de sa mère octogénaire se place en observateur attentif des ravages de ce qu'on appelle aujourd'hui la maladie d'Alzheimer, qui a bien évidemment toujours existé.
Son point de vue est passionnant à plus d'un titre : en premier lieu, la narration factuelle est le plus possible dépassionnée, débarrassée de tout pathos, d'excès d'émotion. Cela nous donne un récit analytique, aux airs de reportage « psycho-médical », assez fascinant quant à l'observation des mécanismes du vieillissement cérébral.
Ainsi, Inoue constate un mouvement de retour en enfance, et s'en réjouit presque pour sa mère, qui semble en éprouver une forme de bonheur. Il préfère cela à une véritable sénilité qui signerait l'anéantissement total de l'esprit. Il nous montre bien l'alternance de moments de lucidité qui illustrent l'intelligence foncière de cette femme, avec des moments de perte de mémoire et de vides immenses et absolument consternants voire effrayants : le fait de prendre son frère ou ses enfants pour des étrangers par exemple, voire des étrangers morts…
Inoue nous donne à voir comment l'ensemble des membres de sa famille appréhendent la situation, réagissent et s'adaptent, chacun avec ses armes et son caractère à ce contexte très difficile où l'on voit un être cher pourtant encore par ailleurs en forme physique se détériorer inexorablement sur le plan mental, perdant ainsi une grande part d'autonomie.
Un témoignage éclairant, sans concession, le narrateur nous montrant combien la maladie a pu aggraver des défauts de caractère déjà bien prégnant chez sa mère...à moins même que cette femme orgueilleuse et un peu égoïste ne joue parfois, voire, qui sait, simule et exagère par intérêt et esprit d'indépendance les symptômes dont elle est victime ?
On a tous connu des vieux gâteux ayant des accès de méchanceté !
Un récit bien écrit, qui démontre une fois de plus l'immense talent de cet écrivain majeur de la littérature japonaise du XXème siècle, aussi à l'aise dans cette oeuvre autobiographique et intimiste que dans le drame court et intense (Le célébrissime le fusil de chasse) ou dans la grande fresque historique (Le château de Yodo).
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frandj
  09 août 2017
Yasushi Inoue a signé là un livre qui sort de son registre habituel et qui mérite notre attention. Il évoque, sans pathos mais sans froideur, la vieillesse de sa propre mère.
Octogénaire, elle a sombré dans ce qui semble être une forme de maladie d'Alzheimer: elle a perdu complètement sa mémoire immédiate, ce qui engendre d'innombrables radotages et obsessions. Ses quatre enfants se relaient avec dévouement pour la prendre en charge; mais ils s'y épuisent. Leur mère ne supporte pas ces séjours à gauche et à droite: son idée fixe, c'est de se fixer dans son village où elle croit se sentir bien. le plus remarquable, c'est l'effet de retour en enfance, vers l'âge de neuf-dix ans, puis plus tôt encore. Non seulement son esprit ignore maintenant la quasi-totalité de son existence, mais il reflète seulement ce qu'elle était longtemps avant d'être adulte. Naturellement elle finit par mourir, sous les apparences d'une poupée...
Il y a de la mélancolie dans ce livre, mais pas tant que ça: l'auteur maîtrise ses sentiments. Il se veut surtout le témoin d'une déchéance longue, inéluctable et harassante pour les autres.
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JeanPierreV
  16 juin 2015
Dans "Histoire de ma mère" Inoué nous fait le récit des dernières années de la vie de sa mère. Agée de 84 ans à la mort de son mari, elle-ci est prise en charge par Yasushi Inoué et sa famille. Rapidement ils se rendent compte qu'elle commence à perdre la mémoire. Elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle commence à répéter les mêmes phrases, ne se souvient que des moments pénibles de sa vie, et progressivement ne reconnait plus ses enfants, prend sa fille pour sa grand-mère....
Un roman qui m'a touché d'une part par l'écriture d'Inoué, d'autre part, car j'ai retrouvé dans cette dame plusieurs membres de ma famille....on ne peut s'empêcher de se projeter...et si demain je deviens cette charge pour mes enfants...si je leur fait supporter ma dégradation.
Nous serons nombreux à nous reconnaitre dans l'auteur.....et nombreux à avoir peur d'être un jour comme cette vieille dame....
Un roman sur la famille, les tensions, les angoisses, les peurs et l'impuissance de la famille, la déchéance dont on a peur mais qui ne perturbe pas le malade, qui progressivement semble vivre heureux dans son monde, un monde nouveau, sans rapport avec celui de ceux qui l'entoure
Émouvant
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tomgus
  29 septembre 2018
C'est à la fois le récit de la mort de la mère avec la description clinique des différentes phases de son affaiblissement mais aussi l'histoire de sa vie, ponctuée événements qu'elle se rappelle de moins en moins. de façon paradoxale on connait sa vie par ses pertes de mémoire. Finalement les deux récits se rejoignent et forment un tas de cendres. La relation entre la mère et le fils journaliste me parait très vraie : le fils parle de sa mère sur un ton détaché, presque fâché après elle de la voir dans cet état .Il analyse son comportement. Mais l'auteur suggère parfois qu'il quitte son poste d'observation, ce qui donne à ce récit une couleur poignante. J'ai bien apprécié la façon dont le temps est géré. D'abord une longue description de la maladie , dans l'ordre chronologique, avec l'évocation du passé à l'occasion des pertes de mémoire, puis, brutalement ,l'annonce de la mort, à un moment où on s'y attend le moins, suivie d'un retour en arrière . J'ai trouvé très humain ce retour en arrière comme si le fils voulait appréhender les jours précédents la mort. Afin d'arrêter le cours du temps ?
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Carol-chan
  21 octobre 2010
Histoire de ma mère
Histoire de ma mère est le récit des 5 dernières années de la vie de la mère de Yasushi Inoué atteinte de la maladie d'Alzheimer. A partir de la mort de son père l'auteur et sa famille prennent en charge la mère, c'est à ce moment que la famille se rend compte de son état de santé.
...
Même si c'était un peu triste j'ai beaucoup aimé ce roman qui montre certains aspects de la vie quotidienne au Japon dans les années 70, comme les fêtes familiales organisées pour la mère par exemple.
Yasushi Inoue (靖井上) est un écrivain japonais aussi célèbre que productif, né le 6 mai 1907 à Tōkyō. Il est le fils d'un chirurgien militaire et a été élevé par une maîtresse de son arrière grand-père, qu'il appelait...
Lien : http://carol-knows-good-blog..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   15 mai 2016
Quoi qu'il en soit, l'idée que ma mère était redevenue la petite fille de cinq ou six ans qu'elle avait été auprès de son grand-père, en toute liberté, me rassura par sa gaieté. Je ne savais pas si elle avait cinq ou huit ans mais, si j'avais vu juste, elle aurait désormais moins de souci, de contrainte et de discrétion. Pour ma part, j'étais plus heureux de voir ma mère retombée en enfance que de la voir souffrir de sénilité. C'était probablement le moment le plus épanoui de sa vie et ses jours n'auraient plus rien de sombre si elle retrouvait la sensibilité de son enfance. Durant la journée, elle était cependant abattue et elle nous abattait. Je voulais que du moins, le soir venu, elle retournât à son enfance, quitte à nous paraître arrogante et égoïste.
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DIEGODIEGO   07 juillet 2011
Curieusement, ses efforts de mémoire, l'inclinaison de sa tête, son regard baissé vers ses genoux avaient un caractère douloureux et timide qui évoquait une confession. ]e n'avais pas le droit de la contraindre à se rappeler ces temps lointains. L'effort que j'exigeais de sa mémoire malade équivalait à lui demander de dégager une bûche d'une mare gelée sous la neige. Ce devait être un travail pénible et, même si elle arrivait au bout de ses peines, cette bûche dégoulinerait d'eau glacée.
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OsmantheOsmanthe   15 mai 2016
Au bout de quinze jours, je l'accueillis dans mon bureau et m'assis sur la terrasse. Nous venions de finir de prendre un tardif petit déjeuner, il était dix heures passées. Je voulais me détendre un peu avant de travailler en prenant le thé avec elle. Yoshiko apporta du thé léger pour ma mère et du thé plus fort pour moi. Comme je prenais ma tasse, ma mère qui fixait ma table déclara :
"Ce monsieur qui écrivait ici tous les jours, jusqu'à ces derniers temps, est mort, n'est-ce pas ?"
Cet homme qui écrivait, cela ne pouvait être que moi.
"Quand est-il mort ?" lui demandai-je en la dévisageant.
Elle prit un ton soudain hésitant pour répondre : "Il doit y avoir trois jours, oui, ce doit être le troisième jour aujourd'hui."
Je regardai alors mon bureau trois jours après ma mort.
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OsmantheOsmanthe   07 mai 2016
J'avais comparé l'esprit de ma mère à un disque rayé, mais je le pensais maintenant muni d'un petit ventilateur qui écarterait de lui les éléments inutiles de sa vie.
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OsmantheOsmanthe   07 mai 2016
Elle avait oublié qu'elle avait aimé mon père et qu'il l'avait aimée. Elle avait oublié qu'il s'était parfois montré dur avec elle et qu'elle avait eu des moments de froideur à son égard. En ce sens, il y avait eu entre eux deux un rapport de compensation tout à fait équilibré. Tout cela méritait-il vraiment le nom de souffrance ? Dans sa jeunesse, elle n'en souffrait certainement pas. Non, mais, étant donné son âge, ces choses avaient fini, comme une poussière accumulée au fil du temps, par peser sur ses épaules. N'était-ce pas cela que sentait ma mère désormais, la pesanteur de toute cette poussière ?
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Videos de Yasushi Inoué (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasushi Inoué
Le fusil de chasse de Yasushi Inoué (extrait lecture scénique 2011)
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