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Catherine Ancelot (Traducteur)
EAN : 9782234057302
150 pages
Éditeur : Stock (10/11/2004)
3.59/5   50 notes
Résumé :
Le Faussaire est conté par un journaliste qui s'engage à écrire la biographie d'un des peintres les plus brillants de son temps. Les recherches qu'il entreprend dévient sans cesse vers un être mystérieux qui a laissé derrière lui de nombreuses imitations du grand maître. Qui est le faussaire ?

Cette question finit par passionner le narrateur bien plus que la vie du célèbre artiste. Le puzzle se recompose peu à peu, et l'on découvre comment un être or... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  09 septembre 2020
Trois nouvelles dont la première et plus longue, le faussaire, donne son titre au recueil. le narrateur est chargé d'écrire la biographie d'Onuki Keigaku, célèbre peintre décédé avant la seconde guerre mondiale, par le fils de ce dernier. Peu inspiré, le journaliste a pu reporter l'échéance de remise de son travail avec l'interruption due à la guerre, mais le fils revient à la charge. Lors de ses recherches, et interrogeant les collectionneurs, il s'aperçoit que certains des travaux attribués à l'artiste sont des faux, et le faussaire est bien connu, il s'agit de Hara Hôsen. D'abord ami, il est vite devenu indésirable et Keigaku l'a écarté de sa vie. Pourtant le journaliste va s'attacher à faire le portait en creux de ce faussaire, toujours dans l'ombre, utilisant un faux sceau, mettant au point grossièrement l'encre rouge pour signer, errant de ville en ville à la recherche de commande, toujours dans les traces de son Maître mais finalement menant une vie misérable, insatisfait et malheureux.
Dans la deuxième nouvelle, Obasuté, Inoué s'attache à la tradition d'abandonner les personnes après soixante-dix ans, dans les montagnes, en particulier à Obasuté, l'occasion de mettre en lumière les rapports du narrateur avec sa mère âgée et sa soeur, et surtout comprendre leur attrait pour la solitude et l'isolement que cette tradition offre.
Pleine Lune, la dernière nouvelle traite de la succession à la tête d'une entreprise, des rapports au travail générant flatterie, rivalités, chacun des cadres redoublant de courtisanerie pour satisfaire l'envie de célébrer la fête de la Pleine Lune souhaitée par le chef d'entreprise.
Le faussaire est un recueil de nouvelles dont l'intérêt est assez inégal, mais elles révèlent le poids des traditions japonaises. La mise à l'écart des personnes âgées, la flagornerie pour être distingué par le responsable d'entreprise ou le bannissement du faussaire.
Des nouvelles intéressantes mais pas inoubliables.
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Iansougourmer
  12 juillet 2014
Ce recueil de nouvelles rassemble trois récits du grand Inoue. Des nouvelles assez plaisantes, qui si elles ne sont pas un sommet dans la carrière de cet écrivain, restent de bonne facture.
Le premier récit est le faussaire. Un écrivain, qui travaille sur une biographie en forme d'hommage funèbre commandée par la famille d'un grand peintre défunt, tombe au fil de ses recherches sur les traces d'un faussaire ancien ami du peintre ayant vécu dans son ombre toute sa vie. Inoue dresse un portrait sensible qui se révélé par petites touches d'un homme qui a mené une vie modeste et malheureuse d'expédients a de fait été écrasé de manière cruelle par le génie du grand peintre qui fut son ami de jeunesse. Un portrait émouvant, sobre et simple que Inoue dresse comme à son habitude sans grand effets stylistiques, avec un dépouillement qui met l'âme de ce faussaire à nu et nous le rend si beau car si humain.
La deuxième récit me laisse un peu frustré. Je pense que je n'ai pas compris toutes les variations subtiles d'Obasuté. Autour d'un conte ancien qui raconte l'abandon d'aïeux dans la montagne par leur descendant, l'auteur que ce conte a marqué s'interroge sur les rapports entre génération au sein d'une même famille dans le Japon en pleine mutation de l'après guerre où les liens familiaux traditionnels se distendent. Inoue semble ne pas prendre parti dans ce débat et nous laisse nous interroger sur les rapports que nous entretenons avec nos parents. Ce récit est une belle réflexion pour le lecteur en ce sens. Reste qu'il semble y avoir d'autres dimensions dans le récit, mais je ne pense pas les avoir suffisamment comprises pour les expliciter ici...
Enfin la troisième nouvelle est typiquement japonaise puisqu'elle fait état de la vanité des ambitions humaines qui parcourent toujours le même diptyque : ascension et déclin pour tous ces hommes de pouvoir chacun convaincus de leur supériorité. Tout cela sous les yeux de la lune impassible, symbole de cette beauté naturelle éternelle qui reste tandis que les hommes passent.
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Corboland78
  26 mars 2012
Yasushi Inoué écrivain Japonais (1907-1991) diplômé de philosophie commença par être journaliste avant de se lancer dans l'écriture. En 1949 il est récompensé par la plus haute distinction littéraire de son pays pour le fusil de chasse qui sera traduit dans le monde entier. Depuis il a écrit de nombreux livres et certains ont été adaptés au cinéma.
Avec le Faussaire nous sommes en présence d'un recueil de trois nouvelles datant des années cinquante, le Faussaire, Obasuté et Pleine Lune. La première et la plus longue qui donne son titre à l'ouvrage, nous raconte l'histoire d'un journaliste qui s'engage à la demande des héritiers à écrire la biographie d'un célèbre peintre. Au cours de son enquête il va découvrir que le peintre avait un double, son ombre en quelque sorte, un ami qui peignait des imitations du maître. Abandonnant le grand peintre, le journaliste se lance sur la piste du faussaire qui se révèlera finalement une victime. Victime d'avoir croisé le destin d'un génie.
Obasuté reprend le thème d'une légende ancienne. Autrefois les vieilles femmes étaient abandonnées au sommet du mont Obasuté. La légende se mêle aux réflexions du récitant sur sa propre famille, sa mère et sa soeur qu'il ne fréquente guère. Enfin la dernière nouvelle Pleine Lune, nous raconte l'ascension au sein d'une entreprise, d'un second couteau qui va remplacer le vieux patron. Souvent les montées précèdent les descentes.
J'aime beaucoup la littérature japonaise et là encore j'y ai retrouvé ce ton si particulier fait de petites touches subtiles, de références aux rythmes de la nature, d'évocations de traditions séculaires, de temps qui passe inéluctablement. Sans que la lecture ou la compréhension du livre en soit affectée, on sent que l'écrivain est d'une autre culture, faite de pesanteur aérienne si j'ose cet oxymoron. Un livre court et délicat comme un pétale de cerisier.
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zagzaguel
  07 février 2015
Ici sont proposées trois nouvelles de Yasushi Inoué, qui bien que moins intéressantes que Le fusil de chasse, restent bien écrites.
Le faussaire nous retrace la vie d'un homme qui après avoir été ami avec un célèbre peintre ne peut gérer la notoriété de son ami et devient copiste de celui-ci pour vivre. Cette vie nous est raconter par un journaliste qui, après avoir été sollicité pour faire la biographie du maestro, va s'intéresser à l'autre homme, celui de l'ombre. Sa quête pour le comprendre nous amène à la conclusion que côtoyer le génie est une malédiction et que l'on ne peut pas s'en remettre.
Obasuté, thème et variation nous mène dans les réflexions d'un homme sur sa famille et les relations qu'il entretient plus précisément avec sa mère et sa sœur après avoir lu un conte. Ce conte relate de l'abandon des personnes âgées dans une montagne, le mont Obasuté.
J'ai été peu touché par cette nouvelle qui m'a laissé un goût de trop peu.
Enfin, Pleine Lune, nous présente l'ascension et la chute d'un homme au sein d'une société japonaise. Ici, ce n'est pas parce que l'on arrive au sommet que c'est un acquis et que l'on ne risque rien. Car comme la pleine lune, tout n'est que temporaire: après la croissance de la lune, il y a toujours sa décroissance et sa disparition...
Ces trois nouvelles ne m'ont pas marqué comme m'a marqué Le fusil de chasse. Inoué nous narre avec délicatesse d'autre aspect de la solitude. Car oui, ici tous les personnages sont seuls. Et l'on finit par croire avec un certain fatalisme que cela ne pouvait pas être autrement.
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Mimimelie
  12 novembre 2018
Je me savais peu familière de la littérature japonaise mais après la lecture de ces trois nouvelles il me semble que cela sera fait pour durer. Comment dire pourquoi ? C'est une écriture délicate, affleurante, toute en retenue, qui s'égrène au rythme des saisons ou des pleines lunes, ponctué de fleurs, d'herbes sans folie, de nuages, de montagnes, à petits pas. Certes, au final, quelque chose de beau et d'essentiel sera dit sur la vie, mais sur la pointe des pieds, discrètement, délicatement, il suffit de soulever le voile. C'est peut-être un peu dommage, mais ça me fait bailler.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   12 août 2015
Quand donc ai-je entendu pour la première fois parlé d'Obasutéyama - le "mont où l'on se débarrasse des petites vieilles"- et de la légende qui lui donne son nom ? Ma famille est originaire d'un village de montagne situé au milieu de la péninsule d'Izu. C'est là que j'ai grandi. Or, sur la côte ouest de la péninsule, près de To.i, on raconte encore que, jadis, on avait coutume d'abandonner les vieillards dans la montagne. L'histoire que j'ai entendue dans mon enfance mêlait sans doute tradition orale et légende. Elle me plongea dans la plus vive affliction.

Je devais avoir cinq ou six ans et je venais d'entendre l'histoire. Sortant de l'engawa, je me mis à pleurer bruyamment. Je ne sais plus où se déroulait la scène, j'ai juste le vague souvenir que, intrigué par ces hurlements, un membre de ma famille - était-ce ma mère ou ma grand-mère ?- se précipita vers moi et me prodigua quelques paroles de consolation. Bien sûr, je ne comprenais pas vraiment le sens du récit, mais je percevais, sous une forme abstraite, la tristesse du propos : un homme part dans la montagne, portant sur son dos la mère qu'il va abandonner. Cette tristesse pénétrait mon cœur, pareille aux gouttes d'eau qui perlent entre les rochers. Je me voyais, forcé de quitter ma mère, et je pleurais de plus belle, incapable de surmonter ma douleur.

p85
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MimekoMimeko   08 septembre 2020
S'il avait usé et abusé des plaisirs durant son séjour à l'étranger, depuis son retour au Japon, il avait perdu le goût de ce genre de vie. Tout d'un coup, ce n'était plus le même homme. On aurait dit un étranger qui, sans se soucier des apparences, du qu'en-dira-t-on, regardait du coin de l’œil ce Japon ravagé par la guerre. Il avait à la fois l'arrogance moqueuse qui seyait au successeur d'un génie et de gentillesse naïve d'un fils de famille.
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michelekastnermichelekastner   06 octobre 2016
Pour la première fois depuis des années et des années, il prenait la pose du lanceur. Il avait toujours été en réserve et n'avait jamais foulé le terrain, mais cela ne comptait plus. Il se pencha en avant et, comme pour lancer sa balle, il abaissa son bras en un geste ample. Il voulait envoyer une de ses balles si rapides que même un champion n'avait pu les frapper.
Dans la voiture, Kaibara Jirô regarda dehors et aperçut soudain un vieillard qui prenait une pose étrange et qui faisait des moulinets de son bras maigre Il en eut le souffle coupé. Dans la lumière blanche de cette veille de pleine lune, cette vision avait quelque chose de maléfique, comme un spectre en train de danser.
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MimekoMimeko   10 septembre 2020
Je retrouvais là, le plateau de Zenkôji que je dominais du regard et la Chikumagawa qui l'arrose et qui, pour ne pas faire mentir son nom de "rivière aux mille courbes", ondule avec l'éclat froid du ventre d'un serpent.
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MimekoMimeko   09 septembre 2020
Je ne sais comment ça lui était venu, mais il n'avait qu'une idée en tête : il voulait trouver une couleur aussi soutenue que le violet des campanules.
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Videos de Yasushi Inoué (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasushi Inoué
Extrait du livre audio "Le Fusil de chasse" de Yasushi Inoué lu par André Dussollier. ©Editions Audiolib. Parution en CD et en numérique le 19 mai 2021.
https://www.audiolib.fr/livre-audio/le-fusil-de-chasse-9791035405090
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