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EAN : 9782759505906
224 pages
Éditeur : Tonkam (05/12/2012)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Miyamoto Musashi poursuit sa quête du Sabre Ultime, ponctuée de combats. Il doit faire face à la boue et la mort pour peut-être atteindre l’illumination...
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  07 décembre 2015
Ce tome est le trente-quatrième d'une série au long cours, qu'il faut avoir commencée par le premier tome. Elle est écrite, dessinée et encrée par Takehiko Inoué. Au Japon, sa prépublication s'effectue dans le magazine "Weekly morning" depuis 1998, en noir & blanc. En France, elle est publiée par les éditions Tonkam depuis 2001, en respectant le sens de lecture japonais, de droite à gauche. Ce tome contient les chapitres 297 à 303. Il ne comprend pas de liste présentant les principaux personnages.
Ce tome débute par 6 pages en couleurs dessinés à la manière de la manga d'Hokusaï, constituant un résumé de tous les tomes précédents. le récit commence alors, avec 4 autres pages en couleurs dans lesquelles Kojiro Sasaki est en train d'essayer des kimonos pendant qu'un papillon volète. La jeune veuve qui les lui fait essayer s'offre à lui. Ailleurs, Kaédé arrive pour boire un coup dans l'auberge tenue par le père de l'enfant que Sasaki a sauvé de la noyade dans le tome précédent.
Le temps est venu pour la nouvelle coqueluche de Kokura d'être présenté au seigneur Tadatoshi, par monsieur Iwama qui tente de le faire embaucher comme instructeur. Ailleurs sur l'île principale du Japon, Miyamoto Musashi poursuit son vagabondage. Il s'arrête au pied d'un temple où il partage un repas avec un autre voyageur. Puis il reprend la route et finit par aboutir dans une masure, où se tient Iori, un enfant seul, car son père vient de décéder.
Avant de commencer ce tome, le lecteur sait déjà qu'il ne lui faudra pas trop compter sur des affrontements au sabre, car l'auteur l'a dit lui-même par l'entreprise de Matahachi Hon'Iden transformé en conteur dans le tome précédent. Pourtant Miyamoto Musashi doit à nouveau passer par le fil de son épée des samouraïs affiliés au clan Yoshioka, et Kojiro Sasaki affronte une personne, pataud comme il ne l'avait encore jamais été.
Les 3 premiers chapitres sont consacrés à Sasaki et aux stratégies déployées autour de lui. Il arrive dans un nouvel endroit auréolé de sa renommée de bretteur exceptionnel. Il a déjà fait forte impression en ville, en sauvant un jeune enfant de la noyade. Mais arrivé devant le seigneur Tadatoshi, il n'est qu'un employé parmi d'autres. Takehiko Inoué montre que l'intégration de Kojiro Sasaki va forcément prendre du temps, modifier les habitudes, et remettre en cause la position de plusieurs personnes. Par la bouche du seigneur Tadatoshi, il revient sur l'évolution de la place des samouraïs dans la société civile, maintenant que les conflits intérieurs du Japon sont réduits. Ce seigneur prend le contrepied des conclusions établies précédemment (à savoir l'obsolescence à court terme de cette caste de guerrier). À partir des mêmes constats, il en conclut que ces samouraïs devront s'appliquer à enseigner leur rigueur et leur quête de l'amélioration personnelle, aux individus de la société civile.
Pour ces chapitres, les dessins de Takehiko Inoué se concentrent plus sur les individus et sur les bâtiments. La séquence d'ouverture montre Sasaki en train de choisir un kimono parmi des modèles ouvragés et élégants C'est toujours cohérent avec sa beauté, sa grâce et sa personnalité, et toujours en opposition avec Musashi qui porte le même vêtement depuis ce qui semble être plusieurs années. C'est également en opposition avec l'apparence négligée de Kaédé qui se rapproche de celle Musashi, et en décalage avec l'élégance sobre de l'instructeur Mago'Ichiro Ujiié.
Comme depuis le début de la série, les dessins sont réalisés avec une minutie maniaque qui permet au lecteur de se projeter dans chaque lieu, sans pour autant appesantir la lecture. le détail des représentations des bâtiments permet d'en apprécier l'architecture, les matériaux de construction, et la décoration intérieure. La maison de la veuve où Sasaki essaye les kimonos est superbe, tout autant que le château de Kokura. Quand l'instructeur Mago'Ichiro Ujiié arrive dans la grande salle du château, le lecteur peut apprécier la qualité du parquet. Il observe également en arrière-plan une magnifique armure finement ouvragée, au rendu authentique.
L'artiste se montre également un excellent portraitiste. Chaque personnage dispose d'un visage différent, d'une coiffure spécifique, d'une tenue qui lui est propre, d'un langage corporel idiosyncrasique. C'est facile à observer chez Kojiro Sasaki, car étant sourd son attention est détachée des propos des uns et des autres. Il prête attention à d'autres détails ou événements qui se produisent autour de lui. du coup, il peut se lever au milieu d'un discours pour aller contempler des sabres exposés au mur. C'est tout aussi manifeste chez Kaédé qui cultive sa tenue négligée, sa brusquerie un peu rustre pour marquer sa différence. C'est plus subtil chez Mago'Ichiro Ujiié qui est plus en retenue, avec un langage corporel plus emprunté. C'est une évidence chez le seigneur Tadatoshi, du fait de son costume, du protocole dont il bénéficie, et de son maintien.
Dans cette première partie, l'auteur reste fidèle à sa ligne de conduite. L'intégration de Kojiro Sasaki ne se résume pas à un accueil triomphal, tout le monde reconnaissant sa valeur, et lui s'installant sagement comme instructeur pour le seigneur. Takehiko Inoué montre que chaque personnage dispose de son propre caractère, sa propre histoire personnelle, ses propres compétences, ce qui influe sur ses actes et sur sa position sociale. Il montre également qu'en tant qu'individu Kojiro Sasaki devient instrumentalisé dans une société complexe, avec des stratégies dépassant le simple individu et son bonheur.
Le lecteur apprécie de pouvoir retourner auprès de Miyamoto Musashi, dans un contexte plus simple, mais pour des enjeux tout aussi subtils. le contraste reste total entre sa situation et celle de Kojiro Sasaki. Il continue de devoir assumer les conséquences de ses actes, cette effroyable boucherie de 70 hommes. Non seulement les individus affiliés au clan Yoshioka continuent de le poursuivre, mais en plus des visions de cette bataille lui reviennent en mémoire. À nouveau, l'auteur montre le mécanisme de remémoration, associé à une sensation, celle de la terre détrempée, par la pluie pour le temps présent, par le sang pour la bataille contre le clan Yoshioka.
D'un point de vue narratif, Takehiko Inoué continue de sous-entendre que ce passage est entièrement de sa main (c'est-à-dire éloigné du roman d'Eiji Yoshikawa), par les séquences montrant Matahachi Hon'Iden en train de raconter. Il continue d'inclure des métaphores animalières, qu'il s'agisse du papillon (sa trajectoire imprévisible) ou de l'étalon Taupe (la fougue) pour Kojiro Sasaki, de l'aigle dont une crotte atterrit en plein visage de Musashi, pour un effet aussi comique qu'ironique. Il y a également la vivacité du poisson attrapé par Iori qui semble faire écho à la vitalité de l'enfant et à sa souplesse. Bien sûr, le lecteur retrouve une case ou deux dédiées à une sandale, maintenant une forte connivence avec le lecteur dont l'esprit anticipe la présence d'une telle case. L'hubris de Musashi est à nouveau représenté (pour la première fois en couleurs au début du chapitre 301), ainsi que celui d'un autre personnage, l'artiste représentant ainsi la sensation qu'en éprouve Sasaki face à Ujiié.
D'un point de vue des décors, l'omniprésence de la forêt accentue encore l'opposition avec le parcours de Sasaki en milieu urbain. le lecteur peut prendre le temps de contempler les arbres et les sous-bois, ainsi que la terre détrempée par une pluie diluvienne. Il y a quelques constructions humaines, telles que le temple où s'arrête Musashi pour manger, la masure d'Iori, ou encore un magnifique escalier de pierre usé par les passages (encore une métaphore discrète sur la volonté de progresser, de s'améliorer en allant plus haut).
Dans le tome précédent, Miyamoto Musashi poursuivait la remise en question de ses valeurs. Côtoyer la famille de paysans s'assimilait à une immersion dans un quotidien très différent du sien, d'autres priorités dans la vie quotidienne. Dans ces chapitres, il constate qu'il n'a aucune possibilité d'échapper à sa responsabilité dans la mort de 70 bretteurs, et il rencontre un nouveau personnage à point nommé, juste comme son père vient de décéder. C'est la seule coïncidence de ce tome qui rappelle la forme feuilletonnante du roman d'origine. À nouveau, Miyamoto Musashi s'immerge dans un quotidien fort éloigné du sien. À nouveau il est incité à prendre soin d'un enfant (après Jotaro). Après la renaissance opérée à la sortie du torrent dans le tome précédent, Miyamoto Musashi peut redécouvrir la vie depuis un jeune âge, en vivant aux côtés d'Iori, en partageant ses espoirs et ses joies d'enfant.
Le lecteur constate que le motif de l'eau reste très présent dans le récit. Dans les premiers tomes, il se manifestait sous la forme de l'océan et des vagues. Par la suite, à plusieurs reprises, Musashi a eu l'occasion de laver ses plaies dans un ruisseau. Ici une pluie diluvienne vient le laver du poids de son existence et inonder le fruit de son travail.
Arrivé à la fin du tome, le lecteur découvre la petite phrase de l'auteur qui se situe comme d'habitude sur le rabat de la quatrième de couverture : "Je progresse à tâtons, rien de nouveau à cela.", ce qui correspond exactement au cheminement de Miyamoto Musashi, mais aussi à celui de Kojiro Sasaki qui s'en remet à ceux qui l'entourent pour choisir la prochaine étape de sa vie. Les pages d'introduction muette à la manière de la manga de Katsushika Hokusaï sont magnifiques d'épure et dérision. L'ensemble de ces 7 chapitres continue de questionner ce qu'est la progression ou l'amélioration personnelle d'un individu. le lecteur en ressort avec plusieurs phrases en tête dont "Le ciel, lui, ne rit pas. Il ne fait que sourire et observer." (sur l'indifférence de l'univers à l'existence humaine), et le rappel du conseil de Sekishusai Yagyu "Souriez ! Mieux que ça !".
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   07 décembre 2015
Même si les risques de conflit couvent encore, à long terme, le pays se dirige vers une paix généralisée. Nous devons cesser de nous préoccuper uniquement des dangers extérieurs, pour adopter une politique plus soucieuse de la situation locale. Dès lors, tant de cadres guerriers deviennent superflus, autant d'économies pour autre chose.
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PresencePresence   07 décembre 2015
Tout étranger qu'il est, j'avoue qu'il m'a impressionné. C'est le genre d'homme qui fait dire que les temps valent encore d'être vécus.
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PresencePresence   07 décembre 2015
Le ciel, lui, ne rit pas. Il ne fait que sourire et observer.
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PresencePresence   07 décembre 2015
On a toujours quelque chose à apprendre.
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PresencePresence   07 décembre 2015
Depuis quand donc ai-je l'impression à chaque fois que je tue, de me frapper moi-même de mon arme ?
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Vidéo de Takehiko Inoué
"J?adore presque tout dans Slam Dunk, Et si t?aimes les manga, lis Slam Dunk."
Salut à toi ! Voici une nouvelle fois un Mangado - La voie du manga sur Slam Dunk de INOUE Takehiko. Pour ne louper aucune vidéo et nous soutenir, pense à t'abonner à la chaine youtube de Manga-News et de la Bande Animée !
La Bande Animée : https://www.youtube.com/channel/UCIUDG8qPmRfXNXT5W0JO2zg/?sub_confirmation=1
Manga-News : https://www.youtube.com/channel/¤££¤15Mangado6Slam Dunk de INOUE Takehiko14¤££¤6rmAqHIg/?sub_confirmation=1
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