AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070363619
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 686 notes)
Résumé :
Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c'est un classique. Il montre l'homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l'angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire - une existence qui a oublié ses limites - reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l'Europe de l'après-guerre. Le Roi se meurt n'est pourtant pas une... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
05 juillet 2013
Etant donné que je vais prochainement aller voir la représentation de cette pièce avec, entre autre, Michel Bouquet (pour ne citer que lui) à la citadelle de Sisteron, j'avais tout de même envie de découvrir le texte avant et, pourquoi pas, de me "réconcilier" avec Eugène Ionesco. Pari réussi. Autant j'avoue avoir été déçu par la pièce "Rhinocéros", autant là, j'avoue avoir été bluffée par "Le Roi se meurt"...
Certes, l'on sait d'avance qu'en lisant de tels ouvrages, il faut se faire à l'idée que l'on ne va pas lire du théâtre classique (comme je l'aime) mais du théâtre de l'absurde mais même avec cette idée en tête, j'avais eu du mal avec ma première rencontre avec l'auteur. Ici, il en est tout à fait autrement. Pourquoi ? Je n'en sais rien...Peut-être est-ce tout simplement dû au fait que l'auteur traite ici d'une question existentielle qui nous préoccupe toute notre vie : celle de la Mort.
Ayant longtemps été hantée par cette dernière enfant (je le suis encore mais moins...d'ailleurs, qui ne l'est pas), cette pièce m'a fait beaucoup de bien...
Le Roi Bérenger Ier n'a, quant à lui, jamais songé qu'il allait, comme tout être humain (roi ou pas) mourir un jour. Ici, ses deux épouses, Marguerite et Marie, accompagnés du médecin, de Juliette (la domestique) et du garde tentent de le préparer et de lui faire entendre raison. Tandis que Marguerite, la première épouse du roi se montre assez franche et cruelle par moments, Marie, elle, bien qu'étant sa deuxième épouse mais préférée du roi, se montre pleine d'espoir.
Entre espoir et résignation, il y a peut-être un juste milieu même si l'inévitable doit arriver et arrivera !
Une pièce qui se lit en un rien de temps, que j'ai trouvé remplie de philosophie, très bien écrite et extrêmement drôle. J'ai hâte de la voir jouée sur scène !
A lire sans plus attendre (c'est un conseil pour ceux qui ne l'auraient pas déjà lue !).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          434
araucaria
25 mars 2013
Théâtre de l'absurde cher à Eugène Ionesco, mais cependant pièce bien plus classique et moins loufoque que peuvent l'être "Rhinocéros" ou "La cantatrice chauve". "Le roi se meurt" comme le titre l'indique c'est l'aboutissement logique d'une vie que le héros Bérenger n'a pas vu passer. C'est aussi la fin d'un monde, le palais tombe en ruine, le royaume est en piteux état, la population est réduite à une peau de chagrin... Bérenger quant à lui se retrouve confronté, bien que monarque, et comme tout un chacun, à la mort. Lui qui avait le pouvoir sur tout ne peut pas y échapper et comme son plus humble sujet est obligé d'accepter ce qui lui semble inacceptable. La mort est là pour lui, comme pour tous, aboutissement de toute vie!
Lien : http://araucaria.20six.fr
Commenter  J’apprécie          462
Darkcook
23 juillet 2017
Une pièce symbolique, absurde, complexe, où un roi métaphorique meurt, et avec lui, son univers. Beaucoup aimé le principe, qu'apprécieront tous les amateurs de méta-théâtre. Cette pièce de Ionesco explore plusieurs thèmes : Vanité du pouvoir, de l'existence, saveur de la vie, horreur du deuil avec les étapes de son acceptation... Pour autant, le Roi se meurt reste drôle de bout en bout, grâce à la démesure totale du monde crée par Ionesco, sans le moindre réalisme spatio-temporel. Ainsi, le Roi Bérenger est davantage une sorte de Dieu, au royaume et au règne qui défient toutes les frontières (les chiffres et données totalement excessifs font leur effet) et qui fait à la fois figure de vieux roi médiéval et de dirigeant contemporain. Le gag récurrent des annonces du Garde ne manque pas de faire rire, bien que la pièce puisse légèrement s'étirer en longueur.
Les personnages qui satellitent autour de lui sont très réussis et relèvent tout autant de l'allégorie. Il est entouré par deux épouses, Marguerite et Marie. La première incarne tout du long la fatalité, la Mort elle-même, voire le metteur en scène lors du dénouement. Dans une obsession post-célinienne, pour elle, la vie n'est rien d'autre qu'une antichambre de la mort, et il s'avère déraisonnable de se détourner de cette optique. Marie est son opposé total, à la manière d'une jeune maîtresse faisant revivre un homme marié sur le retour. La mort et la vie, l'ombre et la lumière, la fatalité et l'espoir s'affrontent ainsi, autant sur scène que dans l'esprit du Roi, et le titre donne bien un indice sur l'issue. le Médecin, quant à lui, est totalement ridiculisé par Ionesco, qui l'affuble également des fonctions de bourreau et d'astrologue! Ses répliques totalement à la ramasse sont en adéquation avec sa représentation de charlatan tout juste bon à panser les plaies avant l'inévitable, plus psychopathe que guérisseur.
L'écriture convoque un registre cosmique et lyrique fort appréciable, à des années-lumière du minimalisme beckettien, nécessaire pour se figurer l'étendue infinie du territoire et de la temporalité du roi. Je commence à entrevoir le style particulier de Ionesco par rapport à Beckett, plus bavard, avec même des commentaires personnels dans ses didascalies...
On pourra trouver que la pièce est un peu longue et qu'elle n'est au final qu'un simple prétexte, un exercice de style sur le thème de la fin d'un monde, mais elle n'en demeure pas moins riche en pistes réflexives. J'ai instantanément pensé à la mettre en relation avec Fin de partie, de Beckett, ou avec La Tempête de Shakespeare, avec cette fois un anti-Prospéro. Ce serait sympa que l'agrégation de Lettres ou un cours de littérature comparée propose ça...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          242
najnaje
30 juin 2013
Cette pièce m'a fait comprendre concrètement le processus de l' acceptation de la mort, comme je suis soignante je suis confrontée à la fin de vie des patients et cette pièce m'a permis de mieux intégré ce processus. Je vois des personnes en colère d'autre plus sereine face à la mort. Ionesco décrit admirablement ce processus qui se compose de 7 étapes qui sont : le choc, le déni, la colère, la tristesse, le marchandage, l' acceptation, la décontraction. le fait que le personnage principal soit un roi n'est à mon sens pas anodin puisqu'il accentue le désarroi de ce dernier face à la mort, il perd tout contrôle sur tout et son royaume se délite.
Commenter  J’apprécie          397
Tandarica
30 novembre 2015
Guère convaincu(e) par la métaphysique d'Eugène Ionesco, j'ai néanmoins été rattrapé(e) par mes vieux démons de la littérature comparée. Aussi je ne peux m'empêcher de vous proposer ce rapprochement entre deux auteurs. C'est en lisant Portrait de l'écrivain dans le siècle Eugène Ionesco : 1909-1994 de Marie-France Ionesco que j'ai appris que Ionesco était ami avec Anton Holban, auteur de le Collectionneur de sons, classé avec ceux qui sont morts jeunes. Et soudain son influence dans la fin de la pièce m'a paru évidente, en particulier celle de la nouvelle « Grand-mère se prépare à mourir », que l'on trouve dans le recueil susmentionné. Les deux textes racontent pour moi la même histoire sous des formes très différentes, presque un hommage, probablement inconscient, à son ami défunt.
Commenter  J’apprécie          270
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria25 mars 2013
LE ROI
J'ai du mal aussi à bouger mes bras. Est-ce que cela commence? Non. Pourquoi suis-je né si ce n'était pas pour toujours? Maudits parents. Quelle drôle d'idée, quelle bonne blague! Je suis venu au monde il y a cinq minutes, je me suis marié il y a trois minutes.

MARGUERITE
Cela fait deux cent quatre vingt-trois ans.

LE ROI
Je suis monté sur le trône il y a deux minutes et demie.

MARGUERITE
Il y a deux cent soixante-dix-sept ans et trois mois.

LE ROI
Pas eu le temps de dire ouf! Je n'ai pas eu le temps de connaître la vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          502
CorinneCoCorinneCo15 novembre 2013
MARGUERITE
Il perçoit encore les couleurs. Des souvenirs colorés. Ce n'est pas une nature auditive. Son imagination est purement visuelle... c'est un peintre... trop partisan de la monochronie.(Au roi) Renonce aussi à cet empire. Renonce aussi aux couleurs. Cela t'égare encore, cela te retarde. Tu ne peux plus t'attarder, tu ne peux plus t'arrêter, tu ne dois pas. (Elle s'écarte du Roi) Marche tout seul, n'aie pas peur. Vas-y. (Marguerite, dans un coin du plateau, dirige le Roi de loin.) Ce n'est plus le jour, ce n'est plus la nuit, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit. Laisse-toi diriger par cette roue qui tourne devant toi. Ne la perds pas de vue, suis-la, pas de trop près, elle est embrasée, tu pourrais te bršler. Avance, j'écarte les broussailles, attention, ne heurte pas cette ombre qui est à ta droite... Mains gluantes, mains implorantes, bras et mains pitoyables, ne revenez pas, retirez-vous. Ne le touchez pas, ou je vous frappe! (Au roi) Ne tourne pas la tête. Evite le précipice à ta gauche, ne crains pas ce vieux loup qui hurle... ses crocs sont en carton, il n'existe pas. (Au loup) Loup, n'existe plus! (Au roi) Ne crains pas non plus les rats. Ils ne peuvent pas mordre tes orteils! (Aux rats) Rats et vipères, n'existez plus! (Au roi) Ne te laisse pas apitoyer par le mendiant qui te tend la main... Attention à la vieille femme qui vient vers toi... Ne prends pas le verre d'eau qu'elle te tend. Tu n'as pas soif. (À la vieille femme imaginaire) Il n'a pas besoin d'être désaltéré, bonne femme, il n'a pas soif. N'encombrez pas son chemin. Èvanouissez-vous. (Au roi) Escalade la barrière... Le gros camion ne t'écrasera pas, c'est un mirage... Tu peux passer, passe... Mais non, les pâquerettes ne chantent pas, même si elles sont folles. J'absorbe leurs voix; elles, je les efface!... Ne prête pas l'oreille au murmure du ruisseau. Objectivement, on ne l'entend pas. C'est aussi un faux ruissseau, c'est une fausse voix... Fausses voix, taisez-vous. (Au roi) Plus personne ne t'appelle. Sens, une dernière fois, cette fleur et jette-la. Oublie son odeur. Tu n'as plus la parole. À qui pourrais-tu parler? Oui, c'est cela, lève le pas, l'autre. Voici la passerelle, ne crains pas le vertige. (Le Roi avance en direction des marches du trône) Tiens-toi tout droit, tu n'as pas besoin de ton gourdin, d'ailleurs tu n'en as pas. Ne te baisse pas, surtout, ne tombe pas. Monte, monte. (Le Roi commence à monter les trois ou quatre marches du trône) Plus haut, encore plus haut. (Le Roi est tout près du trône) Tourne-toi vers moi. Regarde-moi. Regarde à travers moi. Regarde ce miroir sans image, reste droit... Donne-moi tes jambes, la droite, la gauche. (À mesure qu'elle lui donne ces ordres, le Roi raidit ses membres.) Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts... trois... quatre... cinq... les dix doigts. Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche, la poitrine, les deux épaules et le ventre. (Le Roi est immobile, figé comme une statue.) Et voilà, tu vois, tu n'as plus la parole, ton coeur n'a plus besoin de battre, plus la peine de respirer. C'était une agitation bien inutile, n'est-ce pas? Tu peux prendre place.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
GuylaineGuylaine06 mai 2010
"Marguerite
Moi, tu m'entendras, tu m'entendras mieux. (Le Roi est debout, immobile, il se tait.) Il arrive que l'on fasse un rêve. On s'y prend, on y croit, on l'aime. Le matin, en ouvrant les yeux, deux mondes s'entremêlent encore. Les visages de la nuit s'estompent dans la clarté. On voudrait se souvenir, on voudrait les retenir. Ils glissent entre vos mains, la réalité brutale du jour les rejette. De quoi ai-je rêvé se dit-on? Que se passait-il? Qui embrassais-je? Qui aimais-je? Qu'est-ce que je disais et que me disait-on? On se retrouve avec le regret imprécis de toutes ces choses qui furent ou qui semblaient avoir été. On ne sait plus ce qu'il y avait autour de soi. On se sait plus."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
gillgill13 novembre 2014
Dans son palais délabré, aussi intemporel qu'un château de conte de fées, le roi constate que son royaume s'est rétréci, que ses serviteurs ne lui obéissent plus, ni son propre corps.
Pourtant, il nie la réalité et s'acharne à maintenir une autorité illusoire.
C'est alors qu'il apprend de son médecin la nouvelle effarante qu'il va mourir.
Incrédule tout d'abord, il se révolte mais l'appui de la reine Marie, sa jeune épouse, qui sanglote et évoque le bonheur passé ne lui apporte aucun soulagement.
Agacé par cette sensibilité inutile, son autre épouse, la reine Marguerite, organise sa mort comme un cérémonial.
Jusqu'à la fin elle l'accompagne et l'aide à renoncer à tout ce qui a fait sa vie, à accepter son destin....
(extrait de "Visages du Théâtre contemporain" de Sylviane Bonnerot, essai paru en 1971 aux éditions "Masson et Cie")
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
cicou45cicou4504 juillet 2013
LE ROI : Je mourrai, oui, je mourrai. Dans quarante ans, dans cinquante ans, dans trois cents ans. Plus tard. Quand je voudrai, quand j'aurai le temps, quand je déciderai."
Commenter  J’apprécie          400
Video de Eugène Ionesco (93) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eugène Ionesco
Entretien avec Ionesco. Il parle de son enfance, de ses études, de son besoin de solitude
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Eugène Ionesco

Eugen Ionescu, alias Eugène Ionesco, est né à Slatina (Roumanie) en ...

1899
1909
1919

12 questions
29 lecteurs ont répondu
Thème : Eugène IonescoCréer un quiz sur ce livre