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EAN : 9782070364015
178 pages
Éditeur : Gallimard (20/06/1973)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.7/5 (sur 395 notes)
Résumé :
LE VIEUX : Il y avait un sentier qui conduisait à une petite place; au milieu, une église de village... Où était ce village ? Tu te rappelles ?

LA VIEILLE : Non, mon chou, je ne sais plus.

LE VIEUX : Comment y arrivait-on ? Où est la route ? Ce lieu s'appelait, je crois, Paris...

LA VIEILLE : Ça n'a jamais existé, Paris, mon petit.

LE VIEUX : Cette ville a existé puisqu'elle s'est effondrée.. C'était l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  15 novembre 2015
Un couple de vieux (94 et 95 ans) s'affairent pour préparer la salle qui doit accueillir le public pour assister à une conférence, les chaises sont disposées, leur nombre ne cessera de croître, jusqu'à saturer l'espace scénique. Le couple, complice au début s'échange des attentions de tendresse, des petits mots, des surnoms d'affection. Arrivent les premières personnes qui resteront invisibles mais avec lesquelles vont se construire des dialogues des relations qui vont révéler la vacuité de la relation et faire exploser le couple.
Les Chaises c'est une pièce terrible, une "farce tragique" comme le définit
Eugène Ionesco qui met en lumière le vide de ce couple qui dès le départ semble uni mais qui très vite va se révéler presque artificiel, dès l'arrivée de l'amour de jeunesse de l'homme toute la relation construite avec sa femme va exploser, celle-ci va de son côté réagir comme un petite fille coquette et capricieuse.
Au fur et à mesure que se remplit la salle de public et de chaise, le vide intérieur du couple grandit jusqu'à la souffrance ultime qui le fera disparaître.
J'ai énormément apprécié cette pièce de Eugène Ionesco, une première lecture de son théâtre (je n'avais vu qu'une pièce au théâtre : La leçon) qui m'a donné envie de poursuivre ma découverte de cet auteur surréaliste.
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colimasson
  21 juillet 2015
On dirait « le Roi se meurt »… mais ici, ce sont deux petits vieux esseulés qui discutent et se chamaillent une dernière fois avant de se retirer. C'est moins désespéré, plus attendrissant et réconfortant. le tragique se réduit au comique puis disparaît… Les gens et les histoires s'estompent… Il ne reste plus que le dernier lien qui rattache ces deux pauvres vieux l'un à l'autre. Un lien comme un autre, qui aurait pu être n'importe quel autre après tout, car on s'habitue à tout et tout est égal.
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michfred
  01 mai 2015
Deux petits vieux, au terme de leur existence, donnent une grande réception...les invités sont nombreux: ce sont des chaises, auxquelles les deux vieillards prêtent vie, parole et pensée...
Les chaises sont une absence-présence, elles obstruent littéralement l'espace scénique, matérialisent la solitude des deux vieillards et.stimulent ce qui en eux vit toujours, le langage et l'imagination.
Inquiétant, cauchemardesque? Non: plutôt drôle, souvent tendre, poétique et déjanté...
On aimerait le voir plus souvent porté sur la scène...
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Marti94
  21 juillet 2015
J'ai lu « Les chaises » d'Eugène Ionesco, maître de l'absurde, il y a quelques années mais j'en garde un très bon souvenir, comme toutes les pièces de théâtre de Ionesco d'ailleurs.
Cette tragi-comédie peut sembler farfelue ou fantastique car elle met en scène une réception peuplée de fantômes organisée par deux vieux au soir de leur vie mais il me semble qu'on peut aussi la voir comme une manifestation tout simplement réaliste. Il y a un côté "c'est la vie !" dans cette pièce car le couple fait le bilan de toutes les années passées. le vieil homme et la vieille femme ressentent le besoin de prouver que leur existence n'a pas été inutile et qu'ils ont un message à transmettre, un message qui sauvera l'humanité.
Lui, terriblement affable et elle, désespérément complaisante, nous tiennent en haleine au rythme des chaises qui s'entassent, qui s'exposent, qui chutent, qui encombrent mais qui toujours entretiennent l'espoir.
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GuillaumeTM
  29 mars 2013
La première des deux pièces de théâtre est assez originale, comme toute l' oeuvre de Ionesco d'ailleurs, il s'agit d'un vieillard, qui avant de mourir, désire transmettre au plus grand nombre sa philosophie. Mais comme il ne saurait pas s'expliquer clairement, il a demandé à un orateur de le faire à sa place. Seul hic : l'orateur est sourd-muet, difficile dans ce cas de se faire comprendre.
C'est une pièce intéressante mais qui comporte quelques longueurs, ce qui empêche le lecteur d' être captivé jusqu'au bout, dommage ! La deuxième est bien meilleure, Ionesco s'y met lui-même en scène face à trois docteurs spécialiste en on ne sait trop quoi, peut-être en théâtralogie ou en costumologie. On assiste ensuite à une véritable lobotomie de l'auteur sur des choses futiles. Tout ceci pour expliquer à ces journalistes-critiques qui se font trop souvent les exégètes de ce que devrait être le théâtre qu'il ne faut pas être trop dur avec ces artisans de l'art théâtral . Vraiment très drôle, Ionesco arrive toujours à s'inspirer d'une chose réelle pour la tourner en dérision et de manière absurde.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   22 avril 2020
LE VIEUX
Asseyez-vous, asseyez-vous, les dames avec les dames, les messieurs avec les messieurs, ou le contraire, si vous voulez... Nous n'avons pas de chaises plus belles... c'est plutôt improvisé... excusez... prenez celle du milieu... voulez-vous un stylo?... téléphonez à Maillot, vous aurez Monique... Claude c'est providence... Je n'ai pas la radio... Je reçois tous les journaux... ça dépend d'un tas de choses; j'admire ces logis, mais je n'ai pas de personnel... il faut faire des économies... pas d'interview, je vous en prie, pour le moment... après, on verra... vous allez avoir tout de suite une place assise... mais qu'est-ce qu'elle fait?... (La Vieille apparaît par la porte n° 8 avec une chaise.) Plus vite, Sémiramis...

LA VIEILLE
Je fais de mon mieux... Qui sont-ils tous ces gens-là?

LE VIEUX
Je t'expliquerai plus tard.

LA VIEILLE
Et celle-là? celle-là, mon chou?

LE VIEUX
Ne t'en fais pas... (Au Colonel.) Mon Colonel, le journalisme est un métier qui ressemble à celui du guerrier... (A la Vieille.) Occupe-toi un peu des dames, ma chérie... (On sonne. Le Vieux se précipite vers la porte n° 8.) Attendez, un instant... (A la Vieille.) Des chaises!

LA VIEILLE
Messieurs, Mesdames, excusez-moi...

Elle sortira par la porte n° 3, reviendra par la porte n° 2; le Vieux va ouvrir la porte cachée n° 9 et disparaît au moment où la Vieille réapparaît par la porte n° 3.

LE VIEUX, caché.
Entrez... entrez... entrez... entrez... (Il réapparaît, traînant derrière lui une quantité de personnes invisibles dont un tout petit enfant qu'il tient par la main.) On ne vient pas avec des petits enfants à une conférence scientifique... il va s'ennuyer le pauvre petit... s'il se met à crier ou à pisser sur les robes des dames, cela va en faire du joli! (Il les conduit au milieu de la scène. La Vieille arrive avec deux chaises.) Je vous présente ma femme. Sémiramis, ce sont leurs enfants.

LA VIEILLE
Messieurs, mesdames... oh! qu'ils sont gentils!

LE VIEUX
Celui-là c'est le plus petit.

LA VIEILLE
Qu'il est mignon... mignon... mignon!

LE VIEUX
Pas assez de chaises.

LA VIEILLE
Ah! la la la la...

(Les chaises)
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Marti94Marti94   21 juillet 2015
Deux vieux, âgés de 94 et 95 ans, vivent isolés dans une maison située sur une île battue par les flots. Pour égayer leur solitude et leur amour désuet, ils remâchent inlassablement les mêmes histoires. Mais le vieil homme, auteur et penseur, détient un message universel qu'il souhaite révéler à l’humanité. Il a réuni pour ce grand jour d'éminentes personnalités du monde entier. Un orateur professionnel aura la charge de traduire ses pensées. Les invités, invisibles pour le spectateur, arrivent tels des fantômes et prennent place sur des chaises qui envahissent peu à peu l'espace jusqu'à le saturer. Le couple se retire et laisse soin à l'orateur d'éclairer l'humanité. Mais, comble de l'ironie, l'orateur est en fait sourd-muet.

Quelques instants, les Vieux restent figés sur leur chaise. Puis on entend de nouveau sonner.

LE VIEUX, avec une nervosité qui ira grandissant : On vient. Du monde. Encore du monde.

LA VIEILLE : Il m'avait bien semblé entendre des barques…

LE VIEUX : Je vais ouvrir. Va chercher des chaises. Excuses-moi, Messieurs, Mesdames. Il va vers la porte n°7.

LA VIEILLE, aux personnages invisibles qui sont déjà là : Levez-vous, s'il vous plaît, un instant. L’Orateur doit bientôt venir. Il faut préparer la salle pour la conférence. (La Vieille arrange les chaises, les dossiers tournés vers la salle.) Donne-moi un coup de main. Merci.

LE VIEUX, il ouvre la porte n°7 : Bonjour, Mesdames, bonjour, Messieurs. Donnez-vous la peine d'entrer.

Les trois ou quatre personnes invisibles qui arrivent sont très grandes et le Vieux doit se hausser sur la pointe des pieds pour serrer leur main.

La Vieille, après avoir placé les chaises comme il est dit ci-dessus, va à la suite du Vieux.

LE VIEUX faisant les présentations : Ma femme… Monsieur… Madame… ma femme… Monsieur… Madame… ma femme…

LA VIEILLE : Qui sont tous ces gens-là, mon chou ?

LE VIEUX à la Vieille : Va chercher des chaises, chérie.
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araucariaaraucaria   22 avril 2020
Le rideau se lève. Demi-obscurité. Le Vieux est penché à la fenêtre de gauche, monté sur l'escabeau. La Vieille allume la lampe à gaz. Lumière verte. Elle va tirer le Vieux par la manche.

LA VIEILLE
Allons, mon chou, ferme la fenêtre, ça sent mauvais l'eau qui croupit et puis il entre des moustiques.

LE VIEUX
Laisse-moi tranquille!

LA VIEILLE
Allons, allons, mon chou, viens t'asseoir. Ne te penche pas, tu pourrais tomber dans l'eau. Tu sais ce qui est arrivé à François 1er. Faut faire attention.

LE VIEUX
Encore des exemples historiques! Ma crotte, je suis fatigué de l'histoire française. Je veux voir; les barques sur l'eau font des taches au soleil.

LA VIEILLE
Tu ne peux pas les voir, il n'y a pas de soleil, c'est la nuit, mon chou.

LE VIEUX
Il en reste l'ombre.

Il se penche très fort.

LA VIEILLE, elle le tire de toutes ses forces.
Ah!... tu me fais peur, mon chou... viens t'asseoir, tu ne les verras pas venir. C'est pas la peine. Il fait nuit...

Le Vieux se laisse traîner à regret.

LE VIEUX
Je voulais voir, j'aime tellement voir l'eau.

LA VIEILLE
Comment peux-tu, mon chou?... Ca me donne le vertige. Ah! cette maison, cette île, je ne peux m'y habituer. Tout entourée d'eau... de l'eau sous les fenêtres, jusqu'à l'horizon...

La Vieille et le Vieux, la Vieille traînant le Vieux, se dirigent vers les deux chaises au devant de la scène; le Vieux s'assoit tout naturellement sur les genoux de la Vieille.

(Les chaises)
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araucariaaraucaria   22 avril 2020
Pendant la querelle des trois docteurs, Ionesco se retire légèrement, semble vouloir se faire oublier, puis, sur la pointe des pieds tentera de s'enfuir vers la porte.

BARTHOLOMEUS I
Messieurs, je vous l'affirme, l'obscur est clair comme le mensonge est vérité...

BARTHOLOMEUS II
Plutôt comme le vérité est mensonge!

BARTHOLOMEUS III
Pas exactement dans la même mesure!

BARTHOLOMEUS II
Si, exactement dans la même mesure!

BARTHOLOMEUS III
Pas tout à fait.

BARTHOLOMEUS I
Si.

BARTHOLOMEUS II
Mon cher Bartholoméus...

BARTHOLOMEUS III
Non...

BARTHOLOMEUS I
Si.

BARTHOLOMEUS III
Non.

BARTHOLOMEUS I
Si.

BARTHOLOMEUS II
Si et non.

BARTHOLOMEUS III
Non.

BARTHOLOMEUS I
Si.

BARTHOLOMEUS II
Non et si.

BARTHOLOMEUS III
NON.

BARTHOLOMEUS II
Mon cher Batholoméus, il y a une petite nuance...

BARTHOLOMEUS I
Je suis contre les nuances

BARTHOLOMEUS III
Moi aussi je suis contre les nuances.

(L'impromptu de l'Alma ou le caméléon du berger)
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gillgill   13 novembre 2014
Isolés dans une tour sur laquelle pèse une nuit constante et que les eaux menacent, deux vieillards attendent les invités devant qui ils vont s'expliquer leurs échecs.
Ils n'ont négligé personne, l'Empereur lui-même sera présent.
Dans une sorte de délire qui s'accélère, ils voient entrer une foule imaginaire de plus en plus nombreuse à qui ils demandent de patienter jusqu'à l'arrivée de l'orateur chargé de lire leur message destiné au salut de l'Univers.
Peu à peu les chaises vides qui matérialisent l'absence de leurs visiteurs, ces chaises qu'ils ont accumulées dans d'incessants va-et-vient, les séparent.
A l'arrivée de l'orateur, ils se précipitent chacun de leur côté par la fenêtre.
Mais ce dernier fait comprendre par geste à l'assistance invisible qu'il est sourd et muet....
(extrait de "Visages du Théâtre contemporain" de Sylviane Bonnerot, essai paru en 1971 aux éditions "Masson et Cie")
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Videos de Eugène Ionesco (101) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eugène Ionesco
Eugène Ionesco : Entretiens avec Claudine Chonez (1975 / France Culture). Par Claudine Chonez. Diffusion sur France Culture du 18 mars au 1er avril 1975. Photographie : Eugène Ionesco, auteur dramatique français (1909-1994) • Crédits : 1975 LEHTIKUVA - AFP. Eugène Ionesco, né Eugen Ionescu, le 26 novembre 1909 à Slatina (Roumanie) et mort le 28 mars 1994 à Paris (France), est un dramaturge et écrivain roumano-français. Il passe une grande partie de sa vie à voyager entre la France et la Roumanie ; représentant majeur du théâtre de l'absurde en France, il écrit de nombreuses œuvres dont les plus connues sont “La Cantatrice chauve” (1950), “Les Chaises” (1952), “Rhinocéros” (1959) et “Le roi se meurt” (1962). Eugène Ionesco est considéré, avec l'Irlandais Samuel Beckett, comme le père du théâtre de l'absurde, pour lequel il faut « sur un texte burlesque un jeu dramatique ; sur un texte dramatique, un jeu burlesque ». Au-delà du ridicule des situations les plus banales, le théâtre de Ionesco représente de façon palpable la solitude de l'homme et l'insignifiance de son existence. Il refusait cependant lui-même la catégorisation de ses œuvres sous la dénomination de théâtre de l’Absurde. « Je préfère à l’expression absurde celle d’insolite. » Il voit dans ce dernier terme un caractère d’effroi et d’émerveillement face à l’étrangeté du monde alors que l’absurde serait synonyme de non-sens, d’incompréhension. « Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas une chose qu’elle est absurde » résume son biographe André Le Gall.
1) De l'enfance à l'adolescence : 01:04 2) De 1938 à 1950 : 13:30 3) Les chaises, le réel, l'imaginaire : 27:00 4) L'unité de son œuvre : 41:24 5) L'évolution de ses pièces : 55:29 6) Brecht et Adamov : 01:10:26 7) L'intérêt de la littérature : 01:23:44 8) Le cinéma : 01:37:31 9) Prix et récompenses : 01:52:19 10) Ses goûts littéraires : 02:06:21 11) Sa conception de la vie : 02:19:43 12) Dernière partie : 02:33:57
Sources : France Culture et Wikipédia
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