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EAN : 9782070366941
148 pages
Éditeur : Gallimard (25/10/1975)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 121 notes)
Résumé :
MACBETT : Tu ne m'impressionnes pas, jeune sot que tu es, crétin qui se veut vengeur! Débile psychosomatique! Idiot ridicule! Nigaud héroïque! Infatué imbécile! Andouille incongrue! Huître, mazette!
MACOL : Je vais te tuer, souillure ! Après je jetterai mon épée impure !
MACBETT : Pauvre jeune con ! Passe ton chemin. J'ai tué ton crétin de père, je voudrais t'éviter la mort. Tu ne peux rien contre moi. Il est dit qu'aucun homme né d'une femme ne peut ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
FredMartineau
  07 janvier 2017
Le sourire ne m'a pas quitté durant toute la lecture de ce MacBett d'Eugène Ionesco, un auteur qui demeurait un souvenir scolaire. La parodie est plus que réussie, et même si j'avais apprécié la pièce originale empreinte du génie shakespearien, je préfère cette version. Son côté burlesque, cette dénonciation du pouvoir qui corrompt, rend fou, noue des alliances opportunes, trempées dans le sang, mâtinées de trahisons, de lâchetés, de retournements, de soumissions, de renoncements pour une bonne soupe, m'a ramené à la comédie politique française. Les primaires à droite en furent le premier acte, la gauche poursuit le bal des ambitions, et même si les meurtres entre amis ou alliés ne sont plus que médiatiques, tous les ingrédients de la pièce s'y retrouvent peu ou prou.
Je l'ai littéralement dévoré au cours d'un trajet en train durant lequel les didascalies m'ont fait voyager à un rythme bien différent...
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cicou45
  20 septembre 2013
Voilà une parodie fort divertissante de la célèbre pièce Macbeth de Shakespeare (qu'il faudra absolument que je relise, soit dit en passant). Alors que la pièce de ce dernier est classée dans en tant que tragédie, l'on peut dire que celle de Ionesco relève plus du théâtre de l'absurde tant elle prête à sourire, voire même à rire de temps en temps malgré toute cette effusion de sang !
En effet, au début de la pièce, alors que Glamiss et Candor complotent pour assassiner et donc renverser du trône Ducan, celui qu'ils considèrent comme un tyran alors que Macbett et Banco lui sont voués corps et âme, les rôles sont rapidement inversés. Une fois les deux traîtres exécutés ainsi que tous leurs hommes, c'est au tour de Macbett et de Banco de comploter contre leur souverain.
Mais encore, s'ils ne faisaient que cela, mais il y a bien pire puisqu'ils ne se font absolument plus confiance et là, c'est à qui frappera le premier pour pouvoir monter sur le trône. Mais, mais...eh oui, il y a toujours un "mais", c'était cela sans compter sans l'intervention de deux sorcières qui s'amusent régulièrement à changer d'apparence afin de pouvoir mieux manipuler ces deux brutes assoiffées de gloire et de pouvoir...
Une parodie très bien écrite, très vite lue et rassurez-vous, même si vous n'avez pas le moral, vous pouvez vous lancer sans problème dans cette lecture, vous ne risquez pas de vous casser le moral davantage...bien au contraire ! A découvrir !
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Tandarica
  01 décembre 2015
Une des pièces les plus foisonnantes de Ionesco, dans laquelle il multiplie les références : littérature latine, textes religieux, Victor Hugo, William Shakespeare bien sûr... C'est une tentative de synthèse, sous forme de dénonciation des atrocités du pouvoir, de toute forme de pouvoir. On peut noter parmi les différences majeures avec la pièce de Shakespeare : la fin, où Malcolm devenu Macol est encore plus mauvais que les précédents (dans Macbeth, il apportait l'apaisement) et l'absence de Lady Macbeth, plus ou moins ramplacée par une Lady Duncan sorcière. du point de vue des idées, c'est outrancièrement simplificateur, mais attachant comme un hurlement d'indignation, plus particulièrement dirigé contre le stalinisme, ce qui n'était pas si évident en 1972. le dispositif scénique est important aussi, c'est une pièce que j'aimerais bien voir sur scène, tout compte fait.
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gonewiththegreen
  12 janvier 2019
Pas habitué au théâtre, et ne trouvant pas La Cantatrice chauve dans mes parages, je me suis reporté sur ce Macbett, dont je ne connaissais pas l'existence.
Adaptation plus que libre de l'oeuvre de Shakespeare, Ionesco nous offre une critique, sous couvert de dialogues truculents, acerbe du pouvoir . transportable à toutes les époques.
L'histoire ? C'est la rébellion contre le souverain Duncan mais le complot sera déjoué . les généraux vainqueurs , Macbett et Bacon se voient inégalement récompensés. Rien de tel pour susciter d'autres intrigues....
Beaucoup de sang, énormément même, beaucoup d'humour, de la trahison et en trame de fond , un "dézingage " du pouvoir .
- "L'accession au pouvoir entraine-t-elle la myopie?"
-"Ce n'est pas une condition nécessaire".
-"Mais cela arrive souvent."
Ici de la quête du pouvoir, où tout est bon de la flatterie la plus vile au coup d'épée le plus sanglant, à la réalité du pouvoir, mensonges, trahisons, reniement des promesses, tout y passe. on ajoute un peu de sorcellerie avec des sorcières démoniaques et on a une oeuvre qui pousse à la lecture d'autres pièces.
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Gaphanie
  12 février 2019
Pièce d'un seul bloc, non découpée en actes et en scènes, le Macbett d'Ionesco est la version parodique du Macbeth de Shakespeare, mais pas que.
En fait, si on retrouve grosso modo les mêmes personnages, Duncan, Macbett, Banco, Candor et Glamiss, les modifications de l'intrigue changent totalement le sens de l'histoire. Dans la version de Shakespeare, Macbeth est poussé par l'ambition de sa femme à tuer traîtreusement Duncan, son seigneur. Dans le Macbett d'Ionesco, il n'y a pas de Lady Macbeth, mais des sorcières bien plus impliquées, et un Duncan qui n'a rien de l'innocente victime qu'il était chez Shakespeare, et qui aura bien cherché ce qui lui arrive...
Macbett commence par un dialogue entre Candor et Glamiss qui projettent de tuer Duncan. le complot éventé, Duncan compte sur Macbett et Banco pour le protéger et châtier les traîtres. En remerciement, ils auront chacun le titre et la moitié des terres de l'un des deux rebelles. Mais Duncan ne tiendra pas parole, et ne donnera rien à Banco, tandis que Macbett ne recevra que les titres, et aucune terre.
Les sorcières aidant, Banco et Macbett se retrouvent alors dans la même situation que Candor et Glamiss au début et jouent strictement le même dialogue. Macbett étant, de plus, séduit par celle qu'il croit être Lady Duncan, après avoir été convaincu de tuer Banco, assassine Duncan pour épouser Lady Duncan.
Mais Banco n'est pas mort, et, alors que Macbett découvre qu'il a été dupé pour son mariage, Macol, le fils de Duncan arrive et reprend le pouvoir, déclarant qu'il sera le pire souverain qu'ils aient jamais connu.
Ici, on a donc plus affaire à un complot des forces du mal dont les humains sont les jouets. Et le mal triomphe. La preuve que les humains ne sont que des marionnettes, c'est qu'à plusieurs reprises, les mêmes dialogues sont joués en interchangeant les personnages : ainsi l'échange subversif Candor/Glamiss est rejoué un peu plus tard par Banco/Macbett, et le moment où, pendant les derniers combats contre les traîtres, Macbett se repose pendant que Banco surveille les affrontements est rejoué strictement à l'identique et immédiatement quand Banco vient se reposer pendant que Macbett veille aux opérations.
De l'humour, il y en beaucoup, et c'est une pièce qui doit vraiment être très agréable à voir jouer. Et Ionesco arrive quand même à glisser sa petite touche d'absurde dans tout ça : à la fin, quand Macbett dit qu'il ne peut pas être tué d'un homme né d'une femme, conformément à la prophétie des sorcières, son assassin lui répond qu'il est né en fait d'une... Ah bah va falloir le lire pour le savoir ;-)
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
FredMartineauFredMartineau   07 janvier 2017
MACBETT : ...Si vous saviez à quel point votre amitié m'est indispensable. Aussi indispensable que l'eau pour la plante et le vin pour les hommes. Vous voir autour de moi me rassérène, me console, me rassure. Ah, si vous me connaissiez...mais ne nous laissons pas aller. Une autre fois les confidences. On voudrait faire des choses, on ne les fait pas. On en fait d'autres, qu'on n'aurait pas voulu accomplir. l'histoire est rusée. Tout vous échappe. Nous ne sommes pas les maîtres de ce que l'on a déclenché. Les choses se retournent contre vous.
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CosaqueCosaque   20 août 2015

MACOL : [...] Oui, maintenant que j'ai le pouvoir, je vais verser dans l'enfer le doux lait de la concorde. Je vais bouleverser la paix universelle, je détruirai toute unité sur la terre. De cet archiduché, commençons d'abord par faire un royaume : et je suis roi. Un empire, je suis empereur. Supra-altesse, supra-sire, supra-majesté, empereur de tous les empereurs.
( Il disparaît dans la brume. La brume se dissipe. Le chasseur de papillon traverse le plateau)

[ DERNIERE REPLIQUE ]
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LittleMary226LittleMary226   09 novembre 2012
MACBETT : Tu ne m'impressionnes pas, jeune sot que tu es, crétin qui se veut vengeur ! Débile psychosomatique ! Idiot ridicule ! Nigaud héroïque ! Infatué imbécile ! Andouille incongrue ! Huître, mazette ! MACOL : Je vais te tuer, souillure ! Après je jetterai mon épée impure ! MACBETT : Pauvre jeune con ! Passe ton chemin. J'ai tué ton crétin de père, je voudrais t'éviter la mort. Tu ne peux rien contre moi. Il est dit qu'aucun homme né d'une femme ne peut m'abattre.
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PhilippeKadicPhilippeKadic   04 janvier 2020
MACBETT — La lame de mon épée est toute rougie par le sang. J'en ai tué des douzaines et des douzaines, de ma propre main. Douze douzaines d'officiers et de soldats qui ne m'avaient rien fait. J'en ai fait fusiller d'autres, des centaines et des centaines, par des pelotons d'exécution. Des milliers d'autres sont morts, brûlés vifs, dans les forêts où ils s'étaient réfugiés et que j'ai fait incendier. Des dizaines de milliers, hommes, femmes et enfants, sont morts étouffés dans des caves, sous les décombres de leurs maisons que j'avais fait sauter. Des centaines de milliers sont morts noyés dans la Manche que, pris de peur, ils voulaient traverser. Des millions sont morts d'épouvante ou se sont suicidés. Des dizaines de millions sont morts de colère, d'apoplexie ou de tristesse. Il n'y a plus assez de terre pour ensevelir les gens. Les corps gras des noyés ont bu toute l'eau des lacs dans lesquels ils s'étaient jetés. Il n'y a plus d'eau. Pas assez de vautours pour nous débarrasser de ces cadavres.
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cicou45cicou45   20 septembre 2013
MACBETT : Régner ! Régner ! ce sont les évènements qui règnent sur l'homme, non point l'homme sur les évènements."
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Vidéo de Eugène Ionesco
Eugène Ionesco : Entretiens avec Claudine Chonez (1975 / France Culture). Par Claudine Chonez. Diffusion sur France Culture du 18 mars au 1er avril 1975. Photographie : Eugène Ionesco, auteur dramatique français (1909-1994) • Crédits : 1975 LEHTIKUVA - AFP. Eugène Ionesco, né Eugen Ionescu, le 26 novembre 1909 à Slatina (Roumanie) et mort le 28 mars 1994 à Paris (France), est un dramaturge et écrivain roumano-français. Il passe une grande partie de sa vie à voyager entre la France et la Roumanie ; représentant majeur du théâtre de l'absurde en France, il écrit de nombreuses œuvres dont les plus connues sont “La Cantatrice chauve” (1950), “Les Chaises” (1952), “Rhinocéros” (1959) et “Le roi se meurt” (1962). Eugène Ionesco est considéré, avec l'Irlandais Samuel Beckett, comme le père du théâtre de l'absurde, pour lequel il faut « sur un texte burlesque un jeu dramatique ; sur un texte dramatique, un jeu burlesque ». Au-delà du ridicule des situations les plus banales, le théâtre de Ionesco représente de façon palpable la solitude de l'homme et l'insignifiance de son existence. Il refusait cependant lui-même la catégorisation de ses œuvres sous la dénomination de théâtre de l’Absurde. « Je préfère à l’expression absurde celle d’insolite. » Il voit dans ce dernier terme un caractère d’effroi et d’émerveillement face à l’étrangeté du monde alors que l’absurde serait synonyme de non-sens, d’incompréhension. « Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas une chose qu’elle est absurde » résume son biographe André Le Gall.
1) De l'enfance à l'adolescence : 01:04 2) De 1938 à 1950 : 13:30 3) Les chaises, le réel, l'imaginaire : 27:00 4) L'unité de son œuvre : 41:24 5) L'évolution de ses pièces : 55:29 6) Brecht et Adamov : 01:10:26 7) L'intérêt de la littérature : 01:23:44 8) Le cinéma : 01:37:31 9) Prix et récompenses : 01:52:19 10) Ses goûts littéraires : 02:06:21 11) Sa conception de la vie : 02:19:43 12) Dernière partie : 02:33:57
Sources : France Culture et Wikipédia
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