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EAN : 9782070353439
288 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1976)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Ionesco conte ses souvenirs et interroge le présent : passé et présent se côtoient, l'enfance, monde miraculeux, avant la malédiction, le ciel sombre de l'Europe centrale avant la guerre, la venue en France, se chevauchent avec la découverte du structuralisme, les manifestations pour la paix au Vietnam, l'irruption de la guerre israélo-arabe - comme si le temps n'existait pas, comme s'il fallait découvrir un jour que notre vie n'est pas une ligne, n'est pas une duré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
alzaia
  26 avril 2015
Très agréable surprise ce journal d'Eugène Ionesco... Certaines parties sont écrites aux alentours de 1940 et d'autres 1967... Y sont abordés en vrac (et entre autres!) : Les idéologies, l'Etat, le moi, les illusions, les dialectique et dynamismes de ces instances... Je n'adhère pas à tout car je trouve que l'auteur par moment est empreint d'idéalisme quant aux civilisations passées (par exemple, qui auraient eu plus de "sens" à leur vie que la notre ce dont je ne suis pas daccord; je trouve que nous n'en savons rien!), mais j'aime son écriture que je trouve questionnante, mais très peu poétique ... Après les 33 premières pages dont on risque de décrocher, où il s'agit de souvenirs sans liens les uns aux autres de son enfance, on entre dans le vif du journal... Je recommande comme porte d'entrée à son oeuvre, car personnellement je n'ai pas accroché à la lecture de la cantatrice chauve... On trouve dans ce journal les prémisses des "Rhinocéros" et l'auteur s'en étonne lui-même!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
alzaiaalzaia   25 avril 2015
Tous les systèmes sont faux; c'est-à-dire : tous les systèmes ne sont ou ne peuvent être que des images, des façons différentes de s'imaginer, de se représenter le monde qui n'est que le point de départ des représentations. Tous les systèmes partent de la réalité qui est amorphe et s'en éloignent. Plus un système est parfait, rond, admissible, vraisemblable, logique, cohérent, plus il est irréel, artificiel. Tous les systèmes sont donc fondamentalement artificiels, éloignés de la réalité. Si on veut on peut choisir un de ces systèmes (deux ou trois courent actuellement le monde), une de ces images ou explications qui nous conviendrait le mieux : mais je hais le cosmos fasciste, je n'aime point le cosmos communiste, et je me demande vraiment si je leur préfère les libéralismes, ces pis-aller ! Un homme qui ne peut arriver à se convaincre que le système n'exprime, ne couvre, n'éteint, n'absorbe pas la réalité (...) ne peut vivre que dans le chaos. Ce n'est pas une réalité humaine. Je suis dans le chaos, je vais dans l'invivable.
Pour croire que ce que j'appelle le chaos n'en est pas, il faut que j'arrive à croire en Dieu qui n'est pas compris non plus dans aucun des systèmes humains possibles. Ne nous laissons pas aller, ne nous laissons pas entraîner par les courants des opinions, des idéologies, des passions et fanatismes de l'histoire; Mais laissons nous porter par les vagues du chaos. Laissons-nous aller sur cet océan démonté, dans la réalité.
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alzaiaalzaia   25 avril 2015
S. me dit, tout en se promenant avec moi dans les rues : regarde-les, regarde-les, ils sont habités par la boue de la propagande, ils croient avoir inventé et pensé ce qu'on leur a enfoncé dans le crâne. Dans quelques années, quand "le sens de l'Histoire" sera détourné, leurs têtes seront pleines de la boue d'autre propagande. Il y a quelques dominants : tous les autres sont dominés, passifs, comme dans beaucoup de sociétés animales, comme dans beaucoup de sociétés d'insectes. Mais les dominants ne font eu-mêmes qu'obéir, inconsciemment, à leurs instincts de vouloir être dominants. Les hommes libres ne sont pas dominés, ne sont pas dominants.
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alzaiaalzaia   26 avril 2015
Il avait, tout simplement (...) "l'esprit d'orthodoxie", il croyait au pouvoir. C'était un hégélien instinctif : la vérité pour lui, c'était l'Etat, ce ne pouvait être que l'Etat, la vérité ne pouvait être que celle du Journal officiel ou bien, si ce n'est pas l'Etat, c'est (...) la force la plus massive et la plus générale qui doit être la vérité, la vérité c'était l'histoire, c'est l'histoire, peut-il y avoir de vérité autre que celle de l'histoire de la force présente ? Il était docile, il y croyait sincèrement, c'est la raison pour laquelle tous les partis ne lui reprochaient jamais d'avoir été membre d'autres partis. Il n'avait d'imagination que pour le présent. Et pourtant malgré ses études de droit, il n'était pas du tout ce qu'on appelle un "intellectuel". Il réagissait pourtant comme un intellectuel orthodoxe de droite ou de gauche.
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alzaiaalzaia   25 avril 2015
Discours de Hitler, prononcé au Reichstag, hier, et reproduit, bien entendu, comme d'habitude, dans tous les journaux du pays. Il y a, entre autres, un résumé, un exposé des idées, de la métaphysique raciste germanique. Hitler y croit, ou n'y croit pas. Mais si l'Histoire continue de marcher dans le sens de Hitler, tous les peuples et tous les idéologues reprendront à leur compte ces "idées" qui deviendront des dogmes, les axiomes sur lesquels se basera une nouvelle science de l'homme. Tout peut être soutenu, tout peut être prouvé par les sciences. On fait ce qu'on veut de la science.
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alzaiaalzaia   25 avril 2015
Le seul souci qui élève l'homme au-dessus de lui-même, c'est le souci de l'absolu, je veux dire la hantise, le désir essentiel de l'absolu .Notre époque est une époque déchue, parce que, à la préoccupation de l'absolu s'est substitué le problème politique, la fureur politique; lorsque l'homme ne se préoccupe plus des problèmes des fins dernières, lorsque seul l'intéresse le destin d'une nation politique, de l'économie, lorsque les grands problèmes métaphysiques ne font plus souffrir, laissent indifférent,l'humanité est dégradée, elle devient bestiale.
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Vidéo de Eugène Ionesco
Eugène Ionesco : Entretiens avec Claudine Chonez (1975 / France Culture). Par Claudine Chonez. Diffusion sur France Culture du 18 mars au 1er avril 1975. Photographie : Eugène Ionesco, auteur dramatique français (1909-1994) • Crédits : 1975 LEHTIKUVA - AFP. Eugène Ionesco, né Eugen Ionescu, le 26 novembre 1909 à Slatina (Roumanie) et mort le 28 mars 1994 à Paris (France), est un dramaturge et écrivain roumano-français. Il passe une grande partie de sa vie à voyager entre la France et la Roumanie ; représentant majeur du théâtre de l'absurde en France, il écrit de nombreuses œuvres dont les plus connues sont “La Cantatrice chauve” (1950), “Les Chaises” (1952), “Rhinocéros” (1959) et “Le roi se meurt” (1962). Eugène Ionesco est considéré, avec l'Irlandais Samuel Beckett, comme le père du théâtre de l'absurde, pour lequel il faut « sur un texte burlesque un jeu dramatique ; sur un texte dramatique, un jeu burlesque ». Au-delà du ridicule des situations les plus banales, le théâtre de Ionesco représente de façon palpable la solitude de l'homme et l'insignifiance de son existence. Il refusait cependant lui-même la catégorisation de ses œuvres sous la dénomination de théâtre de l’Absurde. « Je préfère à l’expression absurde celle d’insolite. » Il voit dans ce dernier terme un caractère d’effroi et d’émerveillement face à l’étrangeté du monde alors que l’absurde serait synonyme de non-sens, d’incompréhension. « Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas une chose qu’elle est absurde » résume son biographe André Le Gall.
1) De l'enfance à l'adolescence : 01:04 2) De 1938 à 1950 : 13:30 3) Les chaises, le réel, l'imaginaire : 27:00 4) L'unité de son œuvre : 41:24 5) L'évolution de ses pièces : 55:29 6) Brecht et Adamov : 01:10:26 7) L'intérêt de la littérature : 01:23:44 8) Le cinéma : 01:37:31 9) Prix et récompenses : 01:52:19 10) Ses goûts littéraires : 02:06:21 11) Sa conception de la vie : 02:19:43 12) Dernière partie : 02:33:57
Sources : France Culture et Wikipédia
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