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Georges Belmont (Traducteur)
EAN : 9782070420216
384 pages
Gallimard (05/09/2001)
3.82/5   74 notes
Résumé :
"La Nouvelle-Orléans était un vrai paradis." En cette année 1880, Louis Durand, marchand de café prospère, en est fermement convaincu. Il est sur le point d'accueillir sa fiancée Julia Russell avec laquelle il a entretenu une riche correspondance grâce à une petite annonce parue dans un journal de Saint-Louis. L'heure de faire véritablement connaissance est enfin arrivée et Louis est impatient de rencontrer cell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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William Irish, pseudonyme de Cornell Woolrich, est un écrivain américain né en 1903.
« La sirène du Mississippi » de son titre original « Waltz into the darkness » est un roman noir qui se passe en Louisiane en 1880.

Louis Durand, riche négociant de la Nouvelle-Orléans, est fatigué de sa vie de célibataire. Il attend impatiemment l'arrivée de sa future femme, Julia, avec laquelle il n'a eu que des échanges épistolaires. A son arrivée, il est désarçonné car la jeune femme ne ressemble en rien à la seule photo qu'il a d'elle. Malgré tout, il tombe sous son charme et décide de l'épouser sur le champ.

Cette rencontre va être pour Louis Durand, homme honnête et loyal, une véritable descente aux enfers. Sur fond de manipulation et de trahison, l'auteur en utilise toutes les ficelles et ce jusqu'à la caricature. le lecteur ressent même une forme de frustration à ne pas pouvoir faire ouvrir les yeux au personnage.

Au-delà de l'histoire, l'auteur nous dresse un portrait assez détaillé des moeurs de l'époque où les hommes et les femmes sont tenus à une bienséance très rigide.

Il aborde également le conflit parfois compliqué entre l'honnêteté et l'amour. L'auteur met à mal la moralité à travers la cupidité et l'amour aveugle qui peuvent pousser l'être humain dans ses retranchements, dans les ténèbres. L'appel de la sirène est fort mais qu'elle issue à la fin de la valse ? Parfois terrifiant, le côté un peu caricatural du livre nous laisse espérer qu'il est éloigné de la réalité et pourtant …
Très belle découverte qui fait froid dans le dos, tant la confiance en l'autre peut en être bouleversée.
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Fin XIXe, à la Nouvelle Orléans. Louis Durand, 37 ans et entrepreneur prospère, se prépare. Aujourd'hui, il se marie. Avec Julia, une femme de son âge, qu'il n'a jamais vu à part en photo, et avec laquelle il correspond depuis quelques mois...
Au débarquement, une jolie surprise l'attend : Julia est en fait bien plus jeune et bien plus ravissante. Louis est immédiatement sous le charme. Mais qui est-elle finalement, cette beauté inattendue ? Une jolie « escroqueuse » : elle réussit à s'enfuir un beau matin avec tout son argent... Louis, fou de rage et de douleur, part à sa recherche. Et pour lui commence une lente descente aux enfers.

Des personnages captivants, une femme plus que fatale, une ambiance envoûtante, servis par une plume admirable : le doute s'insinue, comme un poison, puis l'auteur surprend le lecteur, jusqu'à son dénouement fatidique.

Je découvre l'univers de William Irish et j'y replongerai avec plaisir. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et sont devenus des classiques : Fenêtre sur cour, La mariée était en noir entre autres...
Un superbe découverte.
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Franchement quand on vient comme moi de visionner "Coup de foudre à Notting Hill" et qu'on se farcit dans la foulée La Sirène du Mississipi de William Irish, on est en droit de se demander si le bien ne vient pas du mal, même à supposer qu'on le constate à ses dépens, et si la réalité des choses ne revient pas à la plus grande des normalités par les chemins les plus tordus ou les moins évidents, un peu comme le policier heureux de sa prise de taille qui fait les poches d'une mauvaise frappe et qu'il y découvre contre toute attente un petit coeur avec l'effigie de sa bien-aimée. Ben oui, pourquoi toujours penser que l'homme (ou la femme ici) n'a pas plus de coeur que le dernier des maquereaux (ou la dernière des trainées) , ça devient fatiguant à la longue ..

Dans ce monde de brutes d'aujourd'hui, comme les fines bulles De Perrier, se retrouver comme William Thucker sur un banc public de Londres avec sa belle allongée sur ses genoux, elle le ventre bombé, lui plongé dans la lecture d'un Henry James, comme me le suggère ma modeste imagination, ce n'est pas moins normal que le plus cher et le plus simple des bonheurs auquel on aspire légitimement, comme cette Julia (autre Julia), après des envies de meurtre et des rôles de mauvaise fille qui apprend que le bonheur auquel elle aspirait se trouve chez ou avec l'homme qui l'aime et dont elle avait juré la perte, mais là ce sera trop tard ............

Qu'est-ce qui change finalement, la route pour y parvenir. Mais rien de banal en tout cas comme une fable antique. Se donner tout ce mal de chien pour convenir que le petit bonheur existe.
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L'action de ce roman se passe à la fin du XIXème siècle, en Louisiane (roman paru en 1947). Les faits sont relatés du point de vue de Louis Durand, une homme d'affaire prospère approchant la quarantaine. Las de vivre seul, il a fait passer une annonce matrimoniale il y a quelques mois et attend au port l'arrivée de sa fiancée. Il a bien une photo de sa « dulcinée », grande et brune, mais c'est une jeune femme petite et blonde qui descend du bateau.
La belle lui sert un bobard gros comme une maison et il la croit….et l'épouse….
Tout l'intérêt (à mon sens du livre) est de voir comment Louis est aveugle et ne
voit pas la belle sous son vrai jour. Il la voit gentille et fragile alors qu'elle n'est que mensonge et stratagèmes…..
J'ai trouvé ce roman à la boîte à livres , il m'a tentée avec sa couverture de Jean Paul Belmondo et Catherine Deneuve et je dois dire que maintenant j'ai envie de voir l'adaptation faite par François Truffaut en 1969.
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La Sirène du Mississippi, Waltz into Darkness dans la version originale parue en 1947, traduit par Georges Belmont, a été publié par les éditions Gallimard dans la collection Blême en 1950; réédité par le Livre de Poche Policier en 1964, puis par les éditions Folio en 1973 et en Folio Policier en 2001. le style de l'auteur est tantôt haché, les mots étant séparés par de nombreux points-virgules, presque télégraphique,: "Grand soleil et ciel bleu; au mois de mai; La Nouvelle-Orléans était un vrai paradis; le paradis ne pouvait être qu'une réplique de la Nouvelle-Orléans: car imaginer plus beau panorama était impossible. Dans sa garçonnière de Saint-Charles Street, Louis Durand s'habillait. Il ne procédait pas à sa toilette matinale: le soleil était déjà haut; notre homme était debout depuis des heures; il était sorti, rentré." (Page 9)..."Ce n'était pas elle. Une autre femme. Pas elle: le mari suivait sur ses talons. Ensuite, toute une famille, dans l'ordre hiérarchique. Une femme encore; et l'espace d'un instant...Non, pas elle." (Page 26)...
...Alternant avec des passages dans une langue plus choisie: "Poing sur la hanche, il inclina le bras, l'offrant avec un sourire et un galant rond de taille qui voulait passer sans doute pour un persiflage badin, mais où l'on pouvait cependant déceler une intention sincère." (Page 37).
Construction: les chapitres assez courts s'enchaînent à un rythme oscillant entre lenteur et accélération du récit, comme une danse suit la cadence musicale.
Thèmes: usurpation d'identité; manipulation psychologique.
L'intrigue:
Mai 1880. Quinze après la mort de sa fiancée, Louis Durand, lassée de sa solitude, veut se marier. Voyant les années défiler inexorablement, cela devient une urgence. Il répond à une annonce matrimoniale. C'est ainsi qu'il entre en contact avec Julia Russel de Saint-Louis. Ils se rencontrent et se marient dans la foulée.
Le jeune couple s'installe dans la maison que Louis a fait construire pour eux et dans leur nouvelle vie. Tout se passe pour le mieux. Mais d'infimes détails, comme de minuscules grains de sable invisibles à l'oeil nu, s'immiscent dans leur existence lisse et lumineuse. le café que Julia dit adorer alors qu'elle lui avait écrit ne jamais en boire; son canari qu'elle néglige au point de le laisser mourir de faim; sa malle dont elle prétend avoir perdu la clef et qu'elle semble si peu désireuse d'ouvrir...
Un jour, Julia reçoit une lettre de sa soeur dont elle ne semble pas reconnaître l'écriture...Et à laquelle elle n'a pas écrit depuis son arrivée à La Nouvelle Orléans et son mariage. Bizarre!! Louis reçoit à son tour une lettre de la soeur de Julia qui déclare que la lettre que Julia lui a envoyée n'est pas de la main de sa soeur. Elle menace d'alerter la police. La foudre s'abat sur le jeune homme. Si Julia n'est pas celle qu'elle prétend être, qui est cette femme qu'il a épousée? Et surtout, qu'est-il advenu de la vraie Julia?

Le +: Un chef d'oeuvre de suspense mis en scène par William Irish, notamment la scène de la visite de la maison par l'agent de location qui nous ferait presque couler la sueur sur le front et se crisper notre estomac d'appréhension.
Un roman qui mérite d'être re-découvert et apprécié à sa juste valeur: suspense et tension dramatique, descente aux enfers, manipulation psychologique, un portrait de femme très fouillé. A chaque instant, on se demande si Jane est seulement une femme sans scrupules prête à tout pour parvenir à ses fins, si elle est le jouet des circonstances de la vie qui l'ont poussée à commettre l'irréparable ou si elle est une criminelle pervertie jusqu'à la moelle. A vous de voir...

Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous
Lien : https://legereimaginarepereg..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Il était planté là, tête basse, un peu comme à un enterrement, devant un cercueil.
Et puis, sans qu'un son eût signalé son approche, sur le sol nu l'ombre ronde d'une petite tête se projeta, de quelque part derrière lui. Puis, le cou apparut, deux épaules. Puis le gracieux délié d'une taille. Après quoi, l'ombre chinoise s'immobilisa.
Une main effleura son épaule. Une caresse qui n'avait rien d'impérieux. Sur le sol, l'ombre avait tendu un bras d'ombre vers l'ombre de Durand, liant un instant les deux silhouettes, pour retomber aussitôt.
Il leva lentement la tête. Lentement aussi, il se tourna du côté d'où était venue cette légère pression...
C'était une créature minuscule ; mais il y avait tant d'harmonie et de perfection dans les proportions de cette miniature !
Durand regarda la main de la jeune fille, puis sa propre épaule, car il ne pouvait croire encore que cette main l'eût frôlé, ni, surtout entrevoir la raison d'un tel geste. Lentement, il ôta son chapeau, le maintint levé, en signe d'interrogation.
- Vous ne me reconnaissez pas, monsieur Durand, n'est-il pas vrai ?
Je suis Julia, Louis... Je puis bien vous appeler Louis ? Julia Russel, insista-t-elle sans départir de son sourire.
- Non, voyons... Comment pouvez-vous ?...
Il ne trouvait de que des mots sans suite.
- Ce n'est pas gentil à moi d'avoir fait cela, n'est-ce pas ?
- Mais le portait... les cheveux noirs ?...
- C'est celui de ma tante que je vous ai envoyé, au lieu du mien.
Oh ! je n'aurais pas dû ! Je le vois bien à présent. Mais sur le moment cela n'avait pas l'air si important : il n'y avait encore rien de sérieux entre nous. Il ne s'agissait alors que de simples rapports épistolaires. Ensuite, à plusieurs reprises, j'ai eu envie de vous envoyer le vrai portrait, à la place de l'autre. Un joli visage, cela suffit souvent pour faire perdre la tête à un homme! Je voulais faire naître entre nous un sentiment plus profond, plus durable, plus spontané. Je voulais, si vous deviez tenir à moi, que ce fût à cause de.. mon Dieu ! de ce que je vous écrirais, de ma forme d'esprit, de ma personnalité réelle et non à cause du portrait d'une jolie écervelée.
Vous êtes déçu ? demanda-t-elle timidement.
- Quelle question ! s'exclama-t-il.
- Vous me pardonnez ? Les mots tremblaient sur ses lèvres.
- C'était un mensonge adorable ! dit-il avec chaleur.
Je ne crois pas qu'on en ait jamais fait de plus adorable, à ma connaissance !
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Les premières lignes, tracées d'une belle écriture masculine, disaient : "Cher Monsieur, - En réponse à votre demande, nous avons le plaisir de vous communiquer le nom et l'adresse d'un de nos membres. Si vous avez l'amabilité de lui écrire personnellement, nous avons la certitude qu'il s'ensuivra un échange de correspondance satisfaisant pour les deux partis..."
L'écriture de la suivante était encore plus raffinée. Cette fois, c'était celle d'une femme : "Mon cher monsieur Durand..." Et c'était signé : "Très sincèrement vôtre, Miss J. Russel."
La troisième : "Cher monsieur Durand... Sincèrement, Miss Julia Russel."
La quatrième : "Cher Louis Durand... Sincèrement, votre amie Julia Russel."
Puis : "Cher Louis... Sincèrement, votre amie Julia."
Ensuite : "Cher Louis... Sincèrement vôtre, Julia."
Et encore : "Louis cher... Votre Julia."
Finalement : "Louis bien-aimé... Impatiemment, votre Julia."
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"Je viens à l'amour, Louis. Cela ne fait qu'une demi-journée. Une demi-journée sur vingt-trois années... Louis, demanda-t-elle, du ton de l'enfant qui s'émerveille, Louis... c'est bien cela, dis ?... cela fait toujours aussi mal ?"
Il fouilla dans sa mémoire pour retrouver le début de leur histoire.
- Cela fait mal, oui. Mais cela en vaut la peine.
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Mais ce n'était pas l'infidélité charnelle de cette femme qui le faisait le plus souffrir. C'était la trahison de l'esprit et du cœur... cent fois plus grave que celle du corps. Car il avait toujours su qu'il n'était pas le premier homme qu'elle avait connu, mais ce qu'il avait toujours désiré, espéré, imploré, c'était d'être le dernier.
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La naïveté de la femme, cela fond comme neige au soleil, au contact de la réalité.Mais l'homme naïf, même s'il a été marié dix fois, se retrouvera au terme de sa vie aussi naïf qu'au début. Il n'apprendra jamais rien.
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