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EAN : 9782368907382
300 pages
Éditeur : Le Passeur (09/01/2020)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Comment bien conduire son existence ? Les sagesses antiques peuvent nous servir de guide pour vivre en harmonie avec le cosmos, avec les autres et avec nous-mêmes, afin d'établir l'équilibre qui nous permettra d'accéder au souverain bien : le bonheur.

Comment bien conduire son existence ? Cette question se pose d'autant plus aujourd'hui que la société européenne n'est plus organisée autour d'un ensemble de dogmes religieux. Sans doute y avons-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
SFuchs
  12 mars 2020
Dans le Manuel de sagesse païenne, Thibault Isabel considère que le temps des monothéismes est en passe d'être révolu... a-t-il vraiment tort ? Face aux grands déséquilibres provoqués par une mondialisation sans réels contre-pouvoirs, l'Eglise semble d'autant moins diserte qu'elle ne fut pas étrangère à l'universalisation des modes de pensées pour convenir à ses dogmes. Cette uniformisation fut la première étape du mouvement de mondialisation qui s'est par la suite imposé. L'islam, tout comme les monothéismes qui l'ont précédé, serait promis au même reflux de son influence en tant que religion révélée. Les manifestations spectaculaires de ses franges intégristes seraient le signe d'un ultime soubresaut.
Il s'agit donc de découvrir, ou plutôt de redécouvrir des sagesses capables de relayer les monothéismes, notamment abrahamiques. Ceux-ci ont en commun de se focaliser sur la relation de l'homme à un Dieu créateur, ils sont de ce fait peu adaptés aux enjeux éthiques de notre époque. Ils s'intéressent peu à la nature tandis que son altération n'est, aujourd'hui, ni une vue de l'esprit ni un problème à la marge. La nature humaine est sous le feu des projets transhumanistes, le biotope s'appauvrit dangereusement, la pollution globale progresse. Thibault Isabel considère que le paganisme peut répondre à de tels enjeux, en portant l'enchantement de notre regard sur le monde qui nous entoure plutôt qu'en direction d'un arrière-monde qui, d'ailleurs, a été évacué de l'horizon imaginaire avec l'hégémonie du matérialisme.
Je souhaite ici apporter un contrepoint au manifeste de Thibault Isabel, il se loge dans une nuance. Si, en effet, il est vain de spéculer sur la réalité qui se situe au-delà des capacités d'entendement de l'esprit humain, on ne peut affirmer pour autant qu'une telle réalité n'existe pas. Thibault Isabel écarte l'option panenthéiste, qu'il assimile à la première marche conduisant aux monothéismes et à leurs dérives. le panenthéisme est une façon de concilier l'immanence du monde et son aspect non pas surnaturel, mais peut-être « super-naturel ». On est en droit de se demander si les dieux ne sont pas une réalité plutôt qu'une mythologie produite par la seule psyché humaine. On est en droit, à l'instar de Carl Gustav Jung, d'au moins suspendre son jugement sur la question. Et de nous demander de quel esprit on parle lorsqu'on parle de l'esprit dans le monde et dans tout ce qui le peuple ? Qui sait si, un jour, l'homme ne trouvera pas les réponses à ces questions à la faveur d'un saut évolutionnaire, celui-là même qui a fait se distinguer l'humanité des autres espèces du règne vivant ? Dès lors, l'humanité pourrait accéder à cette réalité super-naturelle qu'aujourd'hui, elle ne fait que deviner au travers de l'expérience religieuse, mystique ou du sacré.
Thibault Isabel considère donc que la dérive dogmatique était en germe dans les panenthéismes tels que l'orphisme, les cultes à mystères égyptiens, l'hindouisme qui a introduit les divinités pour faire du védisme un système religieux, notamment. Non sans ajouter avec lucidité que des dérives comparables ont émergé dans des contextes résolument païens : on pense notamment au stoïcisme ascétique de Marc-Aurèle, virant au puritanisme et à la crispation durant la phase de déclin de l'Empire romain. Et de mentionner également la dérive idéaliste du platonisme ayant succédé aux philosophies présocratiques d'Héraclite ou d'Anaximandre. Cet idéalisme nous a éloignés d'une vision de l'existence tragique plus difficile à porter, mais peut-être plus juste. Faut-il donc considérer, à l'instar de Nietzsche, que le passage des philosophies naturelles aux sagesses idéalistes ou aux croyances révélées fut le signe d'une dévitalisation de l'existence et d'un déclin de la pensée ? Peut-être s'agit-il plus simplement d'une évolution des systèmes de croyances répondant aux contextes de leurs époques et à la grande loi des cycles de naissance, d'apogée et de déclin des civilisations.
L'ouvrage de Thibault Isabel est empreint d'une sagesse pratique, il peut être mis au service d'un projet de société, d'un projet politique pourrions-nous dire si seulement le terme n'avait pas été tant déprécié et galvaudé. Si thèse il y a de la part de l'auteur, c'est autant pour exposer avec minutie et force d'arguments la sagesse de la vision païenne que pour affirmer la pertinence de cette vision au regard des enjeux actuels. le propos est accessible et d'une grande clarté, l'exercice m'a convaincu.
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chloris4321
  02 mars 2020
Le but de Thibault Isabel n'est pas de proposer une histoire savante de la philosophie antique et moderne, mais bien un « manuel de sagesse », c'est-à-dire un ensemble de préceptes, une conception cohérente de la vie bonne qu'il s'agit d'expérimenter, en usant pour cette tâche d'une panoplie très large. Et si cette sagesse est païenne, c'est parce qu'elle se tient soigneusement à l'écart de la tradition du christianisme, comme du judaïsme et de l'islam.
Lien : https://www.causeur.fr/manue..
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DrHuitre
  08 avril 2020
Bof...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
chloris4321chloris4321   13 janvier 2020
Là où les modernes se bornent à être ce qu’ils sont, les anciens nous conviaient à devenir ce que nous sommes. L’égo se conçoit d’une manière dynamique : il est en perpétuel mouvement. Sans idéal à atteindre, sans route à parcourir, l’accomplissement de soi ne serait qu’un songe inconsistant. La vérité d’une âme n’est autre que le chemin qu’elle emprunte ; son potentiel n’est autre que le sentier qu’elle est faite pour gravir.
L’écart qui sépare l’homme de ses rêves est infini, comme est infini l’écart qui nous sépare du monde divin. La lumière des étoiles brille pourtant à travers le firmament et déverse sur la terre une sagesse théophanique, qui, si elle est interprétée avec justesse, nous aide à trouver la Voie. En toute chose, soyons guidés par le juste souci d’être heureux. Faisons preuve de discernement. Appliquons-nous à grandir, à mûrir, à être davantage et surtout mieux que ce que nous étions. Le perfectionnement est constitutif du bonheur. Nous ne nous affirmons que dans l’effort. Pour Héraclite, « les hommes seraient moins heureux s’il arrivait toujours ce qu’ils souhaitent ». Une satisfaction parfaite nous laisserait désœuvrés.
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SFuchsSFuchs   23 mars 2020
Si la modération se situait toujours au milieu exact entre deux extrêmes, être moral ne nous demanderait aucun effort. Cela reviendrait à suivre un dogme, puisque le juste milieu serait statique. Mais le monde est dynamique : ce qui est modéré dans une situation ne l'est pas dans une autre. Il n'y a pas de juste milieu entre le courage et la prudence : l'héroïsme se manifeste à propos, au moment où la lâcheté risquerait d'inhiber notre action, tandis que la témérité s'applique hors-de-propos à des situations qui auraient nécessité davantage de retenue. Il est raisonnable de s'exposer au risque lorsque le jeu en vaut la chandelle. Etre modéré réclame de prendre des mesures extrêmes si elles sont justifiées ; et c'est un signe de sagesse que de ne pas rester timoré face aux embûches.
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SFuchsSFuchs   19 mars 2020
L'autre apport déterminant du paganisme réside dans ses propositions éthiques. La morale païenne raffine nos cœurs, sans jamais interdire la jouissance ni mortifier les chairs : la pulsion et l'instinct, au lieu de se voir réprimés, nécessitent d'être magnifiés par l'excellence de l'esprit. La sexualité doit s'éduquer pour ne pas devenir vulgaire, bien qu'elle s'épanche de la meilleure des manières dans l'érotisme ; et la force doit être maîtrisée pour ne pas devenir bestiale, bien qu'elle sache se montrer farouche lorsque les circonstances l'exigent. Point besoin de prêcher l'abstinence ni de tendre l'autre joue après avoir été frappé. La vie est un jeu, une lutte, un combat devant lequel on ne saurait se défiler sans faiblesse.
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SFuchsSFuchs   23 mars 2020
La doctrine de la Nouvelle Académie, qui remonte au IIIème siécle et au IIéme siécles av. J.-C, se révélait beaucoup plus proche du paganisme archaïque. Quoique sceptique dans son inspiration, elle était anti-pyrrhonienne. Pour la Nouvelle Académie, le sceptique ne doit pas s'abstenir de formuler des points de vue ; il doit refuser d'en faire des certitudes péremptoires. Nos "vérités" ne sont rien d'autre que des jugements probables, toujours soumis à révision ; et c'est au nom de ce probabilisme qu'on peut désormais envisager le scepticisme comme une doctrine dotée d'un contenu de connaissance objectif, à rebours de l'attitude morale [ndlr purement] subjective préconisée par Pyrrhon.
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SFuchsSFuchs   19 mars 2020
Par convention, néanmoins, et dans la mesure où l'expression a eu dès l'abord une portée polémique qui l'opposait au christianisme, on considère que le paganisme recouvre toute religion non révélée dépourvue de croyances métaphysiques. Même si le terme est né en Europe, il vaut également pour des religions plus lointaines qui partagent le même genre de structures conceptuelles, tel le shintoïsme japonais. Le paganisme ne se réduit pas au polythéisme, car il intègre l'animisme et le panthéisme. Toute doctrine religieuse situant la sacralité dans la nature plutôt que dans une surnature mérite d'être considérée comme "païenne".
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Vidéo de Thibault Isabel
Pierre-Joseph Proudhon : un portrait politique (entretien avec Thibault Isabel, 2016)
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