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Michel Onfray (Préfacier, etc.)
EAN : 9782746745452
Éditeur : Autrement (31/05/2017)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le philosophe historien retrace la pensée politique de P-J Proudhon, anticapitaliste déterminé prônant une forme de démocratie libérale qu'il nomme anarchie.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Fortuna
  29 juin 2017
Proudhon est moins connu que Marx car le communisme a été dominant face au mouvement anarchiste pourtant bien implanté au 19ème siècle. Proudhon (1809-1865), homme simple issu d'un milieu populaire, a payé ses idées d'années d'exil et de prison. Il privilégie la responsabilisation et l'organisation par le bas. Plus l'Etat intervient, moins le peuple est maître de l'économie, plus se développent l'injustice sociale, l'aliénation et la misère. Il préconise les réseaux associatifs, le fédéralisme comme régime politique car tous les régimes existants tendent soit à la bureaucratie, soit à la tyrannie. Il ne cherche pas à dépasser mais à concilier les contradictions, le mot clé de la réussite étant l'équilibre.
En matière d'économie l'idéal est la propriété et le mutuellisme qui permettent un travail coopératif et d'éviter la constitution de grands monopoles.
Pour arriver à cette évolution de la société, l'éducation est essentielle pour que l'homme comprenne quel est son intérêt. le capitalisme en effet pervertit l'homme. Mais l'idéal anarchiste ne doit pas être imposé de manière autoritaire ou par l'usage de la force. C'est un mouvement qui doit se déployer localement, à l'initiative de la base et faire son chemin. L'actualité de la pensée de Proudhon peut s'observer aujourd'hui face à l'essoufflement, voir la décomposition du capitalisme qui génère un mode de vie destructeur. Mais les quelques initiatives que l'on peut observer aujourd'hui sont-elles réellement les signes d'un renouveau ou les ultimes aménagements d'un système qui parvient à s'adapter en permanence à des formes nouvelles ?
Car si l'analyse de Proudhon est intéressante - il est vrai que l'aliénation du salarié est une réalité, que les injustices continuent à s'accroître, que la violence règne - on voit mal comment l'application de son programme est possible - par la simple évolution des mentalités...
Cela dit le livre de Thibault Isabel est très clair dans sa présentation d'un auteur à re-découvrir. Une pensée non dogmatique, en mouvement et dont l'évolution peut apporter des éléments de réflexion pour une action politique concrète face à une réalité de plus en plus insatisfaisante pour la majorité des hommes et la tentation toujours plus grande des paradis artificiels ou des promesses d'au-delà mortifères.
Merci à Babelio et aux éditions Autrement pour cette stimulante découverte.
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Kickou
  22 juin 2017

Le mot « Anarchie » a été galvaudé, il est à tort, synonyme de désordre, de chaos et de violence. de même, on retient de P.J. Proudhon (1809-1865) une seule citation « La propriété c'est le vol » qui, tronquée, sonne creux, il fallait bien-sûr comprendre : La propriété du capital et de l'outil de travail par quelques oisifs, c'est le vol des travailleurs et des salariés. Dans ce livre, Thibault Isabel cherche (et réussit) à rétablir et à expliquer la pensée et l'oeuvre de Proudhon. Selon celui-ci, l'anarchie doit se construire sur 2 bases solides. L'une politique ; le fédéralisme, qui est ni plus ni moins que la démocratie directe, c.-à-d. locale (Quartiers, Communes ... ou associations, syndicats), le pouvoir et ses décisions sont alors « délégués » à l'étage supérieur jusqu'à l'état fédéral (le pouvoir s'exerce donc de bas en haut et non l'inverse comme dans nos sociétés). L'autre est économique ; le mutuellisme qui favorise l'association et la solidarité de travailleurs libres et propriétaires de leur outil de travail (autogestion, artisanat ...). Cette belle architecture ne peut reposer que sur une humanité responsable, mature et honnête, l'anarchie de Proudhon doit donc être morale et intègre. Thibault Isabel nous dit que Proudhon savait cela, il savait aussi l'impossibilité de mettre en place ce genre de société d'autant qu'il été contre toute vaine révolution violente (contrairement à la foireuse utopie marxiste par exemple), et que l'homme est d'abord paradoxal dans ses aspirations (besoin de liberté mais aussi d'une autorité « sécurisante » (la fameuse servitude volontaire de la Boétie), volonté d'égalité mais soif d'enrichissement ...etc.). Mais l'anarchie de Proudhon est aussi pragmatique et positive, elle n'exclut pas de tendre (quel verbe magnifique, non ?) vers l'équilibre de cet idéal, de façon locale, individuelle ou collective (Comme un peintre pointilliste parvient à construire un tableau cohérent par petites touches (ceci étant ma vision de la question)). L'anarchie proudhonienne reste donc un espoir d'émancipation et de liberté. Un bouquin très intéressant à l'heure où nos démocraties parlementaires bafouillent et tanguent. Allez, salut.
P.S. Je n'oublie pas, tout comme T. Isabel, de dire que malgré ses belles théories, P.J. Proudhon était un misérable misogyne, doublé d'un homophobe-antisémite (Il parait qu'a l'époque c'était commun !?!).
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Sebthocal
  29 juin 2017
Tout d'abord merci à Babelio et aux éditions Autrement pour ce livre offert dans le cadre de la Masse critique de mai 2017.
Précédé d'une préface de Michel Onfray, ce livre nous donne à lire, dans une langue claire et précise, la vie et l'oeuvre de Pierre-Joseph Proudhon, penseur et théoricien de l'anarchisme au XIXe siècle.
Plutôt que d'essayer de le résumer en évitant la paraphrase, je pense que ce livre se suffit à lui même et expose d'une manière très accessible les grands débats qui agitent la contestation à l'économie bourgeoise et capitaliste.
Ce livre me paraît nécessaire pour tous ceux qui s'intéressent à ce sujet, et pour un plus grand nombre, à la reconstruction d'une vraie pensée de gauche aujourd'hui en France.
À lire, donc !
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spoofi
  26 novembre 2017
Point de vue intéressant
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
KickouKickou   13 juin 2017
Proudhon accordait une valeur considérable à l'idée de tolérance, qui mérite selon lui de devenir le pivot de la pensée politique, non pas dans le sens lénifiant d'un relativisme béat ou l'acceptation molle des différences, mais dans le sens d'une ouverture philosophique au débat et à la contradiction : " Il y a là de quoi humilier l'intolérance des fanatiques qui ne peuvent entendre parler d'une opinion contraire à la leur sans éprouver une sorte d'horripilation ..."
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FortunaFortuna   29 juin 2017
Comme toujours, la perspective proudhonienne apparaît sous un angle fondamentalement moral, non pas selon le principe du bien et du mal, ou de l'impersonnalité du devoir, mais selon la finalité du développement de soi et de la structuration émotionnelle.
Le régime de petite propriété et de mutuellisme contribue à favoriser en nous certaines attitudes, à la manière d'un moule psychologique qui imprime ses formes sur notre être intérieur. Equilibrer le régime de propriété, dans la société, contribuerait à nous équilibrer nous-mêmes, en raison des liens analogiques entre l'homme et le monde - tout comme le fait de nous équilibrer moralement contribuerait à nous détourner d'une cupidité abusive et assoirait la petite propriété.
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KickouKickou   12 juin 2017
Il existe en l'homme des aspirations antinomiques, divergentes (...) Nous désirons en même temps une chose et son contraire, et ne pouvons donc être pleinement satisfaits. Les faiseurs d'utopie sont dangereux parce qu'ils nient le caractère tragique de l'existence. En réalité, nous ne verrons jamais naître un pays de cocagne où tout le monde sera heureux.
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KickouKickou   16 juin 2017
Proudhon se défiait des "lendemains qui chantent". Jamais les hommes ne seront unanimement animés de sentiments purs et vertueux. jamais ils ne seront capables en toutes circonstances de maturité. Cela signifie que la société elle non plus ne sera jamais parfaite. Peu importe, nous dit Proudhon ! Nous devons tendre vers la perfection, autant que nous le pouvons, que ce soit individuellement ou collectivement. Mettons en oeuvre des projets, par la base plutôt que par le sommet (...) tâchons d'êtres justes et honnêtes (...) l'anarchisme a besoin d'une morale, précisément parce qu'il entend se passer des lois.
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Vidéo de Thibault Isabel
Pierre-Joseph Proudhon : un portrait politique (entretien avec Thibault Isabel, 2016)
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