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ISBN : 2501138414
Éditeur : Marabout (10/04/2019)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s'imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études. Tandis qu'il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l'impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  13 avril 2019
🚋🚃Un homme, deux univers... un voyage initiatique.🚋🚃

Swann Delva, étudiant de philosophie à la Sorbonne est passionnée par ce domaine. La maîtrise des textes, des pensées d'autres penseurs sont aisées pour ce jeune homme. Seulement, la philosophie est certes passionnante, elle ne paie pas les factures. Afin de pallier à ce problème, Swann décroche un travail de guichetier dans le métro de Paris, à la station Gare du Nord. Pour n'importe qui, ce genre de travail ne poserait pas problème... mais pour Swann qui est sujet à des TOC comportementaux, qui craint les contacts avec les autres, qui est peu sociable, c'est une vraie plaie. Un jour, son chef, Pierre lui fait découvrir les secrets du métro en le conduisant dans une station désaffectée. Pour Swann, cet univers hors norme l'attire et ses recherches l'amènent à faire des recherches sur d'autres stations fantômes. L'une d'elles attire particulièrement son attention, n'étant reliée à aucune ligne : Haxo.
Après des recherches, Swann découvre enfin Haxo et son quai de gare où ne stationne qu'un train. Il s'y installe, s'y endort et se retrouve à Samarra au XIXe siècle en tant que Messager Boussouf. Conduit auprès du Calife, celui-ci lui offre les honneurs, les richesses du palais en échange d'une réponse à une question : y a-t-il quelque chose après la mort ?

Un métro pour Samarra avait de suite attiré mon attention par son résumé. Au final, je suis ravie de ma lecture et des moments partagés à suivre l'évolution de Swann dans son voyage initiatique. le roman fait des aller-retour entre Paris et Samarra où notre héros est complètement différent. À Paris, Swann est introverti, peu sociable, peu communicant. Sa vie se résume à analyser les pensées de grands philosophes entre eux, mais, il est incapable de penser par lui-même. D'ailleurs, son maître de thèse lui fait cette réflexion. Côté relation amoureuse, c'est le néant : sa mère a bien tenté de jouer les entremetteuses, Swann se comporte comme un goujat arrogant.
Sa découverte de Samarra lui donne une situation sociale digne de sa personne selon lui. Son comportement devient encore plus arrogant, persuadé d'être indispensable, d'être l'élu qu'attend le Calife. Il s'éprend d'Inès l'astrologue, et tente même des phases de séduction (lui qui était incapable de parler à une femme dans son univers). La mise en concurrence avec un concurrent, Balinad Tiwana, alchimiste fait ressortir des traits de personnalité plus machiavélique.

Isabelle de Lassence nous propose un roman poético-philosophique captivant. le voyage est déroutant entre les couloirs obscurs et sales du métro et, a contrario la luminosité et les couleurs de Samarra. D'ailleurs, la couverture retranscrit parfaitement cette sensation. le lecteur suit les pérégrinations de Swann, obnubilé par son rêve de grandeur qu'il en oublie de vivre tout simplement sa vie. Cette possibilité pour lui de toucher du doigt son rêve de reconnaissance lui permet de prendre conscience de qui il est.

😊Un grand merci aux Éditions Hachette pour cet envoi dans le cadre de Masse Critique.😊
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Bobby_The_Rasta_Lama
  24 avril 2019
"Il est minuit à Tokyo
il est cinq heures au Mali
quelle heure est-il au Paradis ?"
(Manu Chao)
J'ai pris le métro pour Samarra, et je n'étais pas mécontente d'arriver au terminus.
Décidément, je n'ai pas de bol avec les livres de la masse critique dont les auteurs ont la particule nobiliaire dans leur nom. Le thème avait tout pour me plaire, et la quatrième de couverture était assez prometteuse, mais une fois de plus, je n'ai pas trouvé la lecture à la hauteur de mes attentes.
Pourtant, cette quête fantastique commence plutôt bien. On fait la connaissance de Swan, étudiant en philosophie... et c'est assez surprenant. Contrairement à ce que son prénom proustien laisse croire, Swan n'est pas un bellâtre élancé super-intelligent, mais une sorte de boloss - pas sociable pour deux sous et souffrant d'un TOC, il aime bien étaler ses connaissances et il compte un jour devenir un grand philosophe, tout en affichant un mélange de peur et de dédain envers les gens "ordinaires". Bref, au début, je trouve Swan extrêmement intéressant !
Mais comme les pensées profondes ne suffisent pas à remplir le frigo, notre penseur en devenir est contraint de prendre un poste au guichet du métro à la Gare du Nord. La communication avec ses semblables laisse à désirer, mais c'est une occasion inespérée de découvrir l'autre face du métro parisien: ces stations fantômes désaffectées qui se cachent dans le dédale des souterrains, fréquentées uniquement par les rats, les junkies, et quelques rares agents d'entretien. Une véritable passion pour Swan, et un moyen d'épater enfin son ami Eliott.
La découverte de la station Haxo, avec sa rame ancienne qui donne l'accès à un monde parallèle, est l'un des meilleurs moments du livre.
Swan se retrouve au palais califal à Samarra, une ville irakienne, au Moyen-âge. Il devient "Messager Boussouf", censé éclairer le calife sur l'éternelle question de la vie après la mort.
Malheureusement, à partir de là, je trouve que l'histoire se gâte. Le côté "initiatique" de l'aventure est mis bien trop en évidence, l'histoire se plie aux intentions et commence à manquer de chien.
Il se passe trois fois rien dans la merveilleuse cité de Samarra, les questions philosophiques tournent en rond, et les personnages sans consistance servent uniquement de béquilles pour la transformation finale de Swan. Car on ne doute plus que tout est mis en oeuvre pour que notre héros introverti devienne un homme meilleur, qui s'ouvrira au monde à la fin.
A vrai dire, je commençais à m'ennuyer.
On pourrait même se demander à quoi sert cette belle coulisse des Mille et une nuits ? Les ambitions que Swan n'arrive pas à réaliser dans la vraie vie sont à portée de main à Samarra, et Swan décide de réussir par tous les moyens. Il devient insupportable pour tout le monde, le lecteur y compris. Au moment où il commence à confondre dangereusement les deux univers, il fait une étrange expérience chez un marabout parisien - et c'est enfin la fin, le satori tant attendu ! Swan réalise que la véritable philosophie est la philosophie du coeur, et il devient une personne rayonnante de bonheur derrière son guichet de métro. Hosanna !! Même le grand calife Haboun profite de cette nouvelle sagesse, mais je vous laisse découvrir comment, malgré une envie irrépressible de partager ce grand chamboulement dans la politique samarrienne avec vous.
C'est un premier roman sincère, écrit avec un plaisir évident, et je suis un peu déçue de passer à côté. Les citations philosophiques en tête de chaque chapitre ne manquent pas d'attrait, et l'histoire est assez bien menée... mais peut-être que je m'attendais à autre chose. Un peu plus de surprise et de raffinement, ou une fin plus originale, sans doute. Je crois que ces innombrables livres sur la quête de soi commencent à me lasser. Dommage.
En tout cas, mes remerciements à Babelio, et aux éditions Hachette.
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Eve-Yeshe
  26 avril 2019
J'ai aimé, surtout au début, suivre les aventures souterraines de Swann Delva, philosophe qui vient d'être admis à la Sorbonne, grâce à une bourse d'étude. Il faut bien ouvrir les portes de l'illustre établissement à des étudiants, méritants, mais dont les familles ne sont pas fortunées, loin de là.
Seulement, une bourse c'est bien mais c'est loin d'être suffisant pour vivre alors il réussit à se faire embaucher à la RATP, job alimentaire. Il s'ennuie derrière son guichet, jusqu'au jour où son chef lui fait visiter une station désaffectée. Il fait des recherches sur internet sur les stations fantômes et tombe sur Haxo. Là, un wagon étrange qui le propulse en Irak, à Samarra, à la cour du calife. Celui-ci le charge d'une réflexion : y a-t-il une vie après la mort ?
Swann, qui doit son prénom, à une passion de sa mère non pour Marcel Proust, mais pour… Dave, est un jeune homme introverti, rempli de TOC, ayant une relation étrange avec sa mère, hyper-protectrice. Son père a disparu du paysage familial et il n'a qu'un seul ami depuis l'enfance, Eliott, artiste dont les parents sont aisés et ont fait bénéficier de leurs largesses notre ami Swann.
Ce roman décrit le désir de Swann d'être reconnu à sa juste valeur et comme ce n'est guère possible tant à la RATP qu'à la Sorbonne, il s'échappe dans l'Irak du Moyen-Age, où il est de moins en moins bien accueilli à chaque expédition, en compétition avec un homme plutôt douteux, qui pratique l'alchimie, sous l'oeil d'une belle astrologue.
Le voyage de Swann se fait sur 35 jours (trente cinq chapitres, qui proposent chacun, en en-tête, une réflexion des grands philosophes de toutes les époques) et l'aventure commençait bien. Mais, le rythme enlevé du départ amène peu à peu de la lassitude, du fait de la personnalité du héros tout autant que de l'histoire en elle-même.
C'est l'idée d'utiliser « une faille spatio-temporelle » à la manière de Stephen King, avec une réflexion ésotérique accompagnée de pensées philosophiques, qui m'a amenée à choisir cette lecture.
J'ai bien aimé la scène du café philosophique : Swann planche sur son exposé, ne noie dans l'argumentation, mais, envahi par le trac, n'arrive pas à susciter un réel intérêt chez les auditeurs…
C'est le premier roman d'Isabelle de Lassence ; le thème choisi est intéressant, les pensées des philosophes utilisées pour étayer son récit m'ont beaucoup plu, de même que l'allusion aux « Mille et une nuits » ; il lui manque encore un peu de punch pour garder le rythme, et tenir en haleine le lecteur jusqu'à la fin. Un début quand même prometteur alors j'attends le prochain…
Un grand merci à Babelio et aux éditions La Belle Étoile qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteur.
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LightandSmell
  03 mai 2019
Isabelle de Lassence signe ici un premier roman envoûtant et au charme certain qui nous plonge en alternance dans un Paris contemporain et une ville irakienne du Moyen Âge, Samarra. Cette ville, dont le nom signifie « celui qui l'aperçoit est heureux« , enchante et émerveille par cette ambiance des Mille et Une Nuits qu'elle dégage avec ses richesses, son architecture, son calife, ses dorures, ses splendeurs. Des splendeurs aux formes diverses et variées qui ne laisseront pas insensible Swann…
Étudiant en philosophie à la Sorbonne, rien ne lui plaît plus que se perdre dans des considérations et des réflexions intellectuelles qu'il émaille du discours de tous ces grands penseurs qui ont marqué le monde et sa vie. Malheureusement, avant de devenir le grand intellectuel en vogue qu'il espère être un jour, il lui faudra revenir à des considérations plus terre à terre. Que ce soit triste ou non, la pensée pure et les exercices de rhétorique nourrissent rarement, du moins à notre époque, son homme.
Swann ne fera pas ses premiers pas dans les entrailles d'un géant du fast-food américain, mais dans ceux du métro parisien. Un travail pas forcément plus épanouissant intellectuellement pour notre étudiant philosophe, mais qui aura le mérite de lui ouvrir la porte d'un monde dont il ne soupçonnait pas l'existence… Un monde entre rêve et réalité qui donnera un tout autre sens à sa vie et qui le conduira à vivre des expériences intenses ! Adieu grisaille et béton parisien, bienvenue Samarra et la vie de pacha !
Alors que Swann a un besoin compulsif, si ce n'est maladif, de contrôler chaque instant de sa vie, il va finalement se laisser rapidement, et sans réserve, transporter dans le temps et dans l'espace. Il faut dire qu'en plus de la richesse et de la beauté que dégage cette ville irakienne du Moyen Âge, le jeune homme y gagnera, du moins dans un premier temps, cette reconnaissance qui lui fait tant défaut dans sa vie parisienne. Mais la gloire a un prix, et sa place auprès du calife conditionnée à sa faculté à répondre à cette question qui hante l'humanité : existe-t-il une vie après la mort ? Une question complexe dont on ne peut hélas trouver la réponse dans les livres ou la pensée des Anciens, ce qu'apprendra à ses dépens notre philosophe. Commencera alors pour lui une quête de vérité et de sens qui le poussera dans ses retranchements pour le meilleur et pour le pire…
L'écriture est fluide, poétique, élégante, et de cette finesse qui allie la complexité de la pensée à la beauté de la réflexion. Alors que l'on aurait pu craindre une certaine pédanterie dans la narration, elle se révèle tout en délicatesse invitant à l'évasion et au dépaysement. Teintée de réflexions philosophiques toujours accessibles et auréolée d'un certain humanisme, cette histoire fait réfléchir, mais invite surtout au voyage sans a priori ni attentes particulières.
On se laisse immerger par les images, les sensations et l'aventure extraordinaire d'un étudiant qui, au fil des pages, quitte sa carapace d'intellectuel déconnecté du monde et des gens pour celle d'être humain en prise avec ses émotions et la vie. Une évolution réaliste et progressive qui rend Swann moins agaçant dans sa façon de se sentir supérieur à tout le monde ou presque. Si j'ai eu du mal en début de roman avec ce personnage, appréciant peu que la réflexion serve l'ego plus que l'épanouissement personnel et intellectuel, j'ai fini par être touchée par ses failles et la manière dont, au gré des épreuves qu'il traverse, il s'élève non plus seulement par la pensée, mais aussi par le coeur.
J'ai également beaucoup apprécié sa mère, Christiane, qui est un peu le négatif de son fils : ouverte d'esprit, plus portée sur l'ésotérique que la rhétorique, pleine de gentillesse, très sociable… On la suit avec plaisir en espérant voir un peu plus de Christiane en Swann. Même si je suis loin de partager l'enthousiasme de cette mère aimante pour la voyance et autres pratiques du genre, je l'ai trouvée adorable dans sa volonté d'aider son fils. Elle l'idéalise bien sûr, mais elle n'est pas non plus aveugle face à ses faiblesses que ce soit ses obsessions et autres « rituels » ou sa difficulté à se connecter à l'Autre. Voici dans tous les cas un personnage qui apporte beaucoup de douceur et de dynamisme au récit.
L'alternance des époques et des lieux insuffle également un certain rythme à l'histoire d'autant que les transitions entre les époques sont toujours amenées avec subtilité et efficacité. On ne se sent jamais perdu bien que peut-être un peu frustré de ne pas avoir plus de Samarra à se mettre sous la dent. Cela ne m'a pas empêchée de savourer avec plaisir les incursions dans le Palais, un endroit synonyme de luxe, bien sûr, mais aussi de dangers… Swann y trouvera ainsi honneur et richesses, voire bien plus, mais il y découvrira également la jalousie, la compétition, la trahison, les doutes… Tout autant d'épreuves qui le feront perdre en certitudes, mais gagner en humanité !
En conclusion, d'une plume éclatante de saveur et de délicatesse, Isabelle de Lassence nous propose ici une aventure enchanteresse et pleine de poésie qui ne pourra que vous faire voyager, vous émerveiller et vous pousser à vous interroger sur des notions universelles comme le sens de la vie et de la mort. Aux confins du temps, de l'espace, du rêve et de la réalité, ne ratez pas le train pour Samarra !
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Sabrinaaydora
  04 mai 2019
Lecture dans le cadre d'une masse critique Babélio que je remercie.
Passionné par la philosophie qu'il étudie, Swann doit tout de même gagner sa vie. Pour subsister, il travaille dans le métro parisien où il consigne ses observations et découvertes dans un petit carnet. Mais de découvertes en curiosité, alors même qu'on lui fait visiter les arrêts et lignes "fantômes", l'une d'elles attire son attention : la station Haxo. Débute alors pour Swann un périple auquel il ne s'attendait pas, se réveillant dans une ville d'Irak, à Samarra où il est conduit auprès du calife. Malgré la situation, l'étonnement, débute une interrogation, un voyage initiatique : y a-t-il une vie après la mort ? le voyage qui débute n'est pas que géographique, mais spirituel et intérieur.
Pour être honnête, les débuts de ma lecture ont été assez fastidieux. Cela n'a pas duré très longtemps, mais je me suis surprise à reposer le livre assez vite après une dizaine de pages, le laisser reposer entre deux lectures, et y revenir. Et à un moment donné, je n'ai plus lâché l'histoire et cette capacité de l'auteur à nous faire voyager et réfléchir. Je ne saurai expliquer ce début de lecture hormis un état personnel non en lien avec le livre. Mais cela veut aussi dire beaucoup sur notre capacité à entrer dans une histoire au moment où on se sent capable de le faire… Cette lecture apaise.
le style d'Isabelle de Lassence est à la fois poétique, philosophique, très centré sur la pensée et pourtant pleine d'humanité. J'ai aimé ces contrastes parfois saisissant entre l'obscurité et l'enfermement du métro mis en parallèle à cette soif de liberté et cette lumière au combien intense lors des voyages de Swann à Samarra. J'ai été séduite par le rythme qui était changeant. Passé mes premières difficultés, je suis entrée avec facilité dans l'histoire, son sens. Il y a eu des passages parfois trop longs et pesant, mais l'enchaînement des chapitres étaient bien construit également : les journées de Swann s'égrènent et l'intrigue s'intensifie.
le personnage de Swann Delva est attachant, imparfait. Il a soif de reconnaissance, mais ne trouvera pas forcément ce qu'il cherche dans la "réalité" temporelle. Il est entier, imparfait, humain, il nous fait réagir et il est plaisant de voir un personnage entier : qualités et défauts. Certains passages nous font bondir, d'autres abreuvent notre propre réflexion. Ce que je peux décrire par les mots "moi, je" définis assez bien Swann : porté sur lui-même et mettant en avant et en position préférentielle sa pensée et son avis. Il n'a pas été pour autant antipathique. Agaçant, mais comme je l'ai souligné plus haut : humain avec ce qu'il peut y avoir de positif ou d'irritant. Assez paradoxal, car d'habitude, ce style de personnage a tendance à me rebuter.
L'ensemble est réussi : un voyage initiatique, un voyage personnel pour Swann, des rencontres atypiques et une aventure qu'on aimerait parfois ne pas voir se terminer. Certains passages sont assez contemplatifs, d'autres, en particulier avec la mère de Swann, sont remplie de bienveillance.
J'aime beaucoup certains films du cinéma contemplatif : certaines scènes peuvent durer quelques minutes alors que très peu de choses se jouent à l'écran. J'ai ressenti quelque chose d'assez similaire : certains passages manquaient de rythme, mais en même temps, ils sont là pour habiller la réflexion.
En bref :
Un voyage initiatique où la réflexion traverse les pages et nous permet de nous questionner nous-même. Des personnages entiers, imparfaits servis par une écriture pleine de poésie et de délicatesse.

Lien : https://lecturedaydora.blogs..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Souri7Souri7   09 avril 2019
Swann s'avança. Le bout de ses semelles dépassait la bordure du quai et il imaginait des créatures nichées en contrebas, prêtes à saisir ses chevilles pour le capturer. Une petite musique lancinante lui revenait aux oreilles. C'était comme s'il y était. Il éclaira l'amorce de la Voie des Fêtes avec sa lampe torche, quand tout à coup se fit entendre une protestation.
— Vraiment sans vergogne !
Swann sursauta de surprise et de honte. Son équilibre fragile fut déstabilisé et il manqua de s'écrouler sur les rails, comme sa lampe. Déjà tout à ce voyage qu'il hésitait à faire, il n'avait pas entendu la rame arriver. Quoique sèche, la voix de celle qui l'accusait n'était pourtant pas impressionnante. Elle chevrotait même, dans l'intonation.
Swann sentait une présence à quelques mètres derrière lui. N'osant se retourner, il pivota légèrement la tête et aperçut une dame âgée, mais à la langue bien pendue.
— Monsieur, permettez-moi de vous dire que vous pourriez faire cela ailleurs. C'est vraiment dégoûtant !
— Ce n'est pas ce que vous croyez, bafouilla Swann.
Il réalisa qu'il se trouvait de dos, les mains jointes sur sa lampe électrique, un peu au-dessus de l'entrejambe...
— Le métro n'est pas un urinoir, et venant de la part d'un cheminot, c'est inadmissible ! Au revoir, monsieur. Je ne vous félicite pas.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   22 avril 2019
En général, il évitait ces visuels racoleurs et leurs textes, qui agressaient son corps et son esprit. Mais ce matin-là, à la station Concorde, il n'avait pu ignorer les mots inscrits sur la paroi voûtée. Pas ceux imprimés par la marque qui avait déboursé une somme assez coquette pour diffuser son message. Ceux d'un voyageur ou d'une voyageuse qui avait apporté une petite touche personnelle à la photographie en quatre mètres sur trois placardée par un grand magasin. On y voyait une femme hilaire, les bras chargés après sa séance de shopping.
"CONSOME ENCORE !" avait ajouté quelqu'un dans une bulle.
Swan se réjouissait de cette résistance au matérialisme ambiant, celui-là même dont il n'avait pas rechigné à profiter au palais d'Haboun al-Majid. Dans son vieux sac à dos de lycéen, il trouva un stylo-bille. Il ajouta la lettre "M" manquante, prenant soin de repasser sur chaque pan pour épaissir le trait. Swan recula de quelques pas pour admirer le résultat.
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Souri7Souri7   10 avril 2019
Swann n'avait pas dormi. Il s'était répété intérieurement les arguments qui devaient l'orienter vers le cours normal de sa vie. Il ne réalisait que trop à quel point il vivait un moment crucial de son existence, celui vers lequel doivent converger tous les efforts d'un enfant puis d'un adolescent, et enfin d'un jeune adulte. Cet eldorado à atteindre, c'était l'obtention d'un diplôme et le poste qui en découlerait naturellement : le sésame qui, à tort ou à raison, nous définit aux yeux de nos semblables. Le fameux "Que faites-vous dans la vie ?"... Par cette formule figée, on ne cherche à connaître ni les passions ni les aspirations de notre nouvel interlocuteur, mais l'activité qui finance son quotidien, le rôle qu'il endosse dans la société. On s'intéresse à ce que les autres font et pas à ce qu'ils sont. [...]
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Souri7Souri7   10 avril 2019
Swann [...] ne désirait pas d'enfants. Ni maintenant ni plus tard d'ailleurs. Donner la vie, c'était perdre la sienne. [...] les nuits sans sommeil, les couches sales pour quelques sourires édentés, le temps passé à gâtifier au lieu de lire, puis l'indifférence grandissante au fil des années, jusqu'au moment où l'esclavage reprendrait avec les petits-enfants.
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Souri7Souri7   09 avril 2019
"L'enfant peut toiser la Lune, mais pas le Soleil"
En substance, le marabout l'avait traité de prétentieux. L'enfant, le fils, c'était lui bien entendu. Mais à qui ou à quoi pouvaient bien correspondre la lune et le soleil ? La Lune tourne autour de la Terre, qui tourne elle-même autour du Soleil. Morale de la maxime du marabout : on pourrait donc prendre de haut ceux que l'on domine, mais pas ceux qui règnent sur nous.
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