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Léo Dilé (Traducteur)
EAN : 9782213654911
216 pages
Éditeur : Fayard (03/03/2010)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Dans ce roman brillant, pénétrant, à la fois drôle et douloureux, Isherwood explore le sujet qui lui tient le plus à cœur. Son personnage principal est un Anglais vieillissant qui vit en Californie, un professeur que séparent de ses élèves l’âge et la nationalité, et du reste de la société son homosexualité assumée, lucide. Cet autoportrait légèrement transposé, sarcastique et amer, peinture sans fard de la condition d’un homosexuel individualiste dans un monde... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
torpedo
  18 novembre 2020
La vie semble avoir procuré à George tout ce qu'un homme peut désirer. Et pourtant il se considère désormais comme un homme au singulier. Il assume pleinement tout ce qui peut caractériser sa singularité, être un homosexuel britannique enseignant dans une université californienne dans les années 1970. Mais cependant la solitude lui pèse depuis que son amant est récemment décédé dans un accident. Nous allons le suivre durant une journée.
George est à bien des égards l'alter ego de Christopher Isherwood. Il adresse même un clin d'oeil appuyé à son ami Huxley durant son cours de littérature. Isherwood décrit la solitude quotidienne dans les lieux les plus familiers, et inscrit en filigrane le désarroi d'un homme qui se sent isolé où qu'il se trouve. Cet homme, qui n'est plus anglais et pas vraiment américain, devient même étranger pour lui-même.
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maddie
  25 janvier 2014
Qu'est-ce qu'« Un homme au singulier » ?
C'est un homme seul qui contemple, immobile, un jardin derrière la fenêtre de sa demeure cossue. C'est un homme qui, semblable à un cèdre centenaire, voit passer les heures, les jours et les saisons sans discontinuité. C'est un spectateur passif mais attentif de la vie qui continue à se jouer derrière le rideau de sa fenêtre et qui, autrefois, en était même l'un des acteurs principaux.
Etre « Un homme au singulier », c'est sentir les différents degrés de la luminosité sur son visage au fur et à mesure que le jour décline. C'est éprouver la chaleur des rayons du soleil et ne pas arriver à en tirer un quelconque réconfort, mais être sensible aux couleurs de la palette du tableau qui s'offre à lui derrière sa fenêtre, et se renouvellent sans cesse. C'est revêtir un déguisement identique jour après jour, chemise blanche et costume sombre, en portant un poids sur ses épaules et un vide au creux de sa poitrine.
« Un homme au singulier » exacerbe les moindres petits détails de son quotidien. C'est un homme qui met à nu le sens même de la vie, et continue en même temps à regarder le léger oscillement de la balançoire sur la branche du cèdre centenaire. C'est un homme qui en vient à ne plus pouvoir respirer, alors que qu'il n'a jamais eu autant d'espace autour de lui.
Un élément inattendu va venir troubler le tableau figé de la vie solitaire de cet homme. Un oiseau se sépare de ses congénères qui venaient parfois survoler le jardin et se pose sur la branche du cèdre en face de lui. Une plume est emportée par une bourrasque de vent et se met à tourbillonner autour de la balançoire. Avec elle, des souvenirs refont surfaces. Ils tourbillonnent dans le jardin, et s'animent sous forme de flash-back dans sa mémoire intacte. Un baiser. Une soirée. La rencontre. Une promenade. Une ombre sur la pelouse. Un poids sur la balançoire. Un sourire. L'accident. La neige. le sang. La mort.
On ne peut devenir « Un homme au singulier », qu'après avoir été « Deux hommes au pluriel ».
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Pasoa
  13 novembre 2016
"Un Homme au Singulier" est un roman d'une étonnante beauté . L'autoportrait pudique, sensible d'un homme vieillissant, soudainement confronté à la solitude suite à la disparition de son ami dans un accident de voiture.
C'est le récit d'une journée, des dernières heures d'un homme blessé, sans plus d'illusions, qui se remémore les moments passés avec son ami disparu. Cette disparition qui créait une béance qu'il sait d'ores et déjà insurmontable.
C'est un roman bouleversant, sans artifices, sans effets de langage, une belle et simple réflexion sur la solitude, l'absence, l'homosexualité, la mort, sur la vie. Un roman d'une lucidité rare et apaisante.
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zebell
  10 juillet 2016
Un Homme au Singulier, c'est tout d'abord A Single Man, film découvert par hasard sur une obscure chaîne appelée ARTE. En version sous-titrée, s'il vous plaît. Pas besoin de dire que je suis immédiatement tombée amoureux de la patte rétro de ce film, pas besoin de dire que j'ai filé m'acheter le roman.
Un roman que j'ai mis plus de deux ans avant d'avoir le courage d'ouvrir.
Et boum, claque dans ta face. (enfin la mienne, du coup.) J'avais un peu peur concernant l'écriture du roman, la maison d'édition m'impressionnait un peu. Pour moi, Grasset c'est un peu la maison des textes très compliqués mais surement grandioses. J'avais peur de tomber là dessus, sur un roman de génie mais malheureusement pas compréhensible de tous.
ET BIEN NON !
J'ai été joie. Parce que Isherwood, il écrit quand même foutrement bien. C'est beau, poétique. Oui, c'est beau. Faisons un parallèle avec le film (il n'y a que ça de vrai) : ce dernier est très porté sur le jeu des couleurs, s'accordant avec les sentiments de notre personnage principal, Georges. On pourrait penser, en vu du sujet abordé, qu'Un Homme au Singulier peut être très fade, voire même redondant. Et bien c'est faux, parce que pour avoir une redondance, il faut une écriture à son image. Or, la plume d'Isherwood n'a rien de naze, d'atroce ou de redondant. La plume d'Isherwood, c'est de l'or dans un stylo, c'est tout plein de choses réunies en un seul et même endroit : ce roman. Chaque phrase semble pensée, construite et articulée comme une partition de musique. Il faut que ça sonne juste, il faut que ça sonne beau.
Nous avons alors affaire à une partition de maître, jouée avec brio par George, par cette narration magnifique. Il n'y a pas de je, dans cette histoire, mais ça aurait pu. Nous, lecteurs, sommes plongés dans les réflexions intimes cet universitaire mis à mal par la vie, par cette société américaine emprisonnée dans ses tabous, le regard inquiet tourné vers le bloc soviétique. George est un homme infiniment triste, sortant difficilement du deuil de son amant. George semble uniquement composé de souvenirs et de mélancolie d'un passé meilleur. Durant ces vingt-quatre heures dans lesquels nous le suivons, on finit rapidement par comprendre que ça sera ses derniers vingt-quatre heures. Et pourtant, toujours sous le doux regard de la fatalité, il y a de nouvelles rencontres, de nouveaux espoirs. Ce qui est génial avec ce roman, c'est qu'il n'y a aucun justement sur les choix de George. Oui, il est homosexuel. Oui, il est dépressif. Oui, il aime les partenaires bien plus jeunes que lui. le jugement se porte sur la triste condition féminine de sa voisine, sur les conditions politiques (et je reviendrais la merveilleuse scène de la voiture), sur les préjugés d'une société… George est intelligent, observateur. Tout se ressent dans cette narration si expressive. Et on rit, et on pleure !
Un Homme au Singulier est un roman qui touche tout en douceur, sans réellement nous secouer. La fille avait été un coup de coeur, et le livre bien plus encore. Je le conseillerai facilement à tous, parce qu'il est beau.
Lien : https://lamouchequilouche.wo..
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ChezVolodia
  15 septembre 2018
Je me suis un peu ennuyé à la lecture de ce livre et ai eu du mal à le terminer. Peut être ne l'ais-je pas compris à sa juste valeur.
L'histoire est celle d'un homme qui essaye de survivre, plus mal que bien, au décès accidentel de son compagnon. Couple homosexuel (en 1960 on ne disait pas gay) fusionnel, ils vivaient isolés dans une maison de bois et de verre, dans une région de Californie pas encore devenue à la mode, quoi que, les constructions qui poussent le long de l'autoroute annoncent une gentrification prochaine.
Son quotidien est fait d'habitudes, dont chaque geste, chaque situation mettent en exerge et font ressurgir un passé à deux. Les jours sont rythmés par l'observation de ses voisins : le départ des époux aux bureaux, les tâches ménagères et la suveillance des enfants faites par les épouses restées au domicile.
Le rituel de la journée est invariable, sans surprise. Il emprunte depuis des années, le même trajet pour se rendre à l'Université ou il enseigne, un peu désabusé, la littérature anglaise à des étudiants soucieux d'améliorer leur condition sociale en se préparant un avenir autre qu'un emploi à l'usine locale, obtenir une certaine sécurité et une aisance matérielle leur permettant de fonder un foyer.
Georges observe ce qui l'entoure, il regarde les gens vivre, il ne fait pas partie de cette société qui n'est pas faite pour lui. Tout lui est devenu pesant, les banalités du quotidien insupportables. Georges est hanté par la mort de son compagnon. Peut on vivre au singulier lorsqu'on s'est vécu au pluriel ?
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critiques presse (1)
Lexpress   30 juillet 2014
Récit autobiographique mordant, La Violette du Prater reste un tableau de moeurs et d'époque d'une rare virtuosité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
torpedotorpedo   13 novembre 2020
Pour Dreyer, George restera toujours un universitaire amateur ; ses diplômes, sa formation sont britanniques, et par conséquent suspects.
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StockardStockard   07 avril 2017
Aujourd'hui, par exemple, les gens qui ont des taches de rousseur ne sont pas considérés comme une minorité par ceux qui n'en ont pas. Ils ne constituent pas une minorité dans le sens où nous l'entendons. Et pourquoi non ? Parce qu'une minorité n'est considérée comme une minorité que lorsqu'elle représente une menace quelconque, réelle ou imaginaire, pour la majorité.
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maddiemaddie   06 septembre 2015
L’œil fixé au miroir, il aperçoit bien d'autres visages à l'intérieur de son visage- celui de l'enfant, du jeune homme, de l'homme moins jeune; tous restent là, conservés comme des fossiles en couche superposées, et, comme les fossiles, morts. Ils disent à cet être vivant, mourant : "Regarde-nous; nous sommes morts; il n'y rien là de bien terrible." Il leur répond : "Mais ça s'est fait si progressivement, si facilement... J'ai peur d'être bousculé."
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jack56jack56   14 février 2019
Mon Dieu, quelle tristesse de voir, sur un bon nombre de visages - des visages jeunes, en particulier -, une expression renfrognée, vaincue ! Pourquoi ont-ils pareille opinion de leur existence ? Certes, ils sont mal payés. Certes, ils n'ont guère d'avenir, au sens matériel du terme. Certes, ils n'ont pas droit au bonheur de fréquenter des présidents-directeurs-généraux. Mais n'est-ce pas une consolation que d'être avec des étudiants qui sont encore aux trois quarts vivants ? N'est-ce pas une toute petite satisfaction que d'être utile, au lieu de contribuer à produire d'inutiles bien de consommation ? N'est-ce pas quelque chose, de savoir que l'on exerce une des rares professions de ce pays qui ne soient pas irrémédiablement corrompues ?

page 73/74
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jack56jack56   15 février 2019
Eh bien, un matin, nous avons pris un tortillard et nous nous sommes arrêtés dans un village tout droit sorti d'un poème de Tennyson : prés somnolents, vaches paresseuses, colombes roucoulantes, ormes séculaires, manoir élisabéthain visible à travers les arbres. Et là, sur le quai, il y avait deux porteurs, vêtus exactement du même costume que les porteurs du dix-neuvième siècle. Seulement c'étaient des noirs de la Trinité. Et l'employé auquel on donnait les billets au portillon, c'était un chinois. J'en serais mort de plaisir. je veux dire : c'était la touche finale, qui avait manqué pendant toutes ces années. Elle apportait la perfection à l'ensemble...

page116
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