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Anne Rabinovitch (Traducteur)
EAN : 9782072909207
Gallimard (19/08/2021)
3.62/5   404 notes
Résumé :
Klara est une AA, une Amie Artifi cielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d'un extraordinaire talent d'observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s'attardent pour jeter un coup d'oeil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s'arrêter. Elle nourrit l'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
3,62

sur 404 notes

HordeDuContrevent
  10 novembre 2021
Délicatesse et subtilité sont les deux mots qui me viennent à l'esprit pour qualifier ce livre étonnant. Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017, a osé un pas de côté, en nous offrant cette histoire matinée de science-fiction qui, sous des abords assez simples, nous interroge sur notre humanité, notre part unique et insaisissable. le tour de force est de donner la parole à un robot dont nous suivons les pensées, les raisonnements, l'évolution, la vision. L'écriture, voix d'une intelligence artificielle, se veut logiquement particulière, simple, sobre et évolutive.

Klara est une A.A, une Amie Artificielle, un robot intelligent conçu pour partager la vie des enfants et des adolescents. Dans le magasin dans lequel elle attend enfin d'être choisie, nous comprenons que, par rapport aux autres A.A., elle est dotée d'un grand sens de l'observation, de curiosité et d'intelligence. Lorsque Josie, une adolescente de 13 ans, entre dans le magasin avec sa maman, c'est le coup de foudre mutuel. Elles se sont choisies. Klara entre donc dans cette nouvelle famille. Mais Josie est malade, affection assez étrange dont nous ne savons trop rien, qui la fatigue et engendre une ambiance particulière dans la maisonnée. Klara fait également la connaissance de Rick, le voisin, petit ami de Josie. le soleil est une préoccupation omniprésente pour Klara d'où elle puise son énergie, ses nutriments. A tel point qu'il devient source de prières et auprès duquel Klara se voit confier une mission rédemptrice pour sauver la jeune fille.
Si je suis restée dubitative sur la ferveur et l'espoir quasi religieux ressentis très vite par Klara auprès du soleil, j'ai particulièrement aimé l'ambiance distillée dans ce livre du fait même de découvrir paysages et intérieurs avec les yeux du robot. C'est très original car sa vision s'ajuste en permanence, notamment lors de déplacement, que ce soit en marchant ou en roulant en voiture, et ces ajustements se réalisent au moyen de visions parcellaires par « boites », par pixels, souvent mis en évidence à tel point que j'avais l'impression de voir moi aussi de cette façon :
« Puis je regardai au-dessus de la tête de Rick et je vis que le ciel s'était divisé en segments de forme irrégulière. Certains étaient orangés ou rose brillant, tandis que d'autres contenaient des morceaux du ciel nocturne, et dans un angle ou sur un bord, des sections de la lune. À mesure que Rick avançait, les segments se chevauchaient et se remplaçaient entre eux, même lorsque nous franchîmes un autre portail-cadre. Puis l'herbe, au lieu d'être délicate et ondulante, apparut sous la forme de plaques horizontales… ».
J'ai beaucoup apprécié ces visions kaléidoscopiques, également lorsque Klara comprend que son interlocuteur a une réaction un peu vive :
« La mère se pencha au-dessus de la table pour me voir de plus près et son visage remplit huit boîtes, laissant seulement les boîtes périphériques pour la cascade, et j'eus l'impression un instant que son expression variait d'une boîte à l'autre. Dans l'une d'elles, par exemple, ses yeux riaient cruellement, mais dans la suivante, ils étaient pleins de tristesse ».
Par ailleurs, fait subtil, nous percevons l'évolution de Klara qui, au fur et à mesure de ses observations, apprend les émotions, leur complexité, leurs nuances, jusqu'au point de les ressentir, chose importante selon elle, pour aider au mieux Josie. A en devenir presque plus humaine que les protagonistes en chair et en os, souvent étouffés par leurs failles et leurs difficultés. A en devenir humaine jusqu'au sacrifice d'elle-même.
« J'ai beaucoup de sentiments, j'en suis persuadée. Plus j'observe, et plus les sentiments auxquels j'ai accès sont nombreux. »
Certains passages sont déroutants, comme lorsque la mère, soucieuse, interroge Klara avant de se décider à l'acheter :
« Klara, commença la mère, je ne veux pas que tu te tournes vers Josie. Maintenant dis-moi, sans la regarder. de quelle couleur sont ses yeux ? — Gris, madame. — Bien. Josie, je veux que tu restes absolument silencieuse. Klara. La voix de ma fille. Tu viens de l'entendre parler à l'instant. Comment définirais-tu son timbre ? — La tessiture de sa voix parlée s'étend du la bémol au do aigu. — Vraiment ? » Il y eut un autre silence, puis la mère reprit : « Une dernière question, Klara. Qu'as-tu remarqué à propos de la démarche de ma fille ? — Elle a peut-être une faiblesse dans la hanche gauche. Et son épaule droite est susceptible de provoquer des douleurs, donc Josie marche d'une manière qui la protège d'un mouvement brusque ou d'un choc inutile. »
Enfin et surtout, c'est un livre qui soulève de nombreuses questions. Nous devinons que dans ce futur sans ancrage temporel précis, une forme de sélection sociale décide du destin des gens et que la société a accepté et est soumise à l'intelligence artificielle. Nous nous interrogeons, avec les adultes de la génération précédente, sur l'essence de chaque être humain, sur sa part non transférable, copiable, par une simple intelligence artificielle.
« Notre génération reste attachée aux sentiments d'avant. Une partie de nous-mêmes refuse de lâcher. C'est la partie qui s'obstine à croire qu'il y a quelque chose d'inatteignable au fond de chacun d'entre nous. Quelque chose d'unique, qu'il est impossible de transférer. Mais il n'existe rien de tel, nous le savons à présent. Vous le savez ».
La lecture de ce livre est très agréable. Si le scénario proprement basé sur la science-fiction est un peu simpliste, nous comprenons vite que cet angle futuriste n'est qu'un vernis pour permettre à l'auteur, à l'aube de cette vague déferlante de l'IA, de s'interroger sur notre part d'humanité. Les questions soulevées m'ont interpellée et le fait de se placer du point de vue du robot m'a passionnée. Je me suis réellement attachée à Klara, grâce, sans aucun doute, à la délicatesse distillée par Kazuo Ishiguro, au ton juste qu'il lui a prêté. A la grâce qu'il a su lui insuffler.
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Kittiwake
  10 octobre 2021
Pas d'ancrage temporel pour ce roman de science-fiction, situé dans un futur indéterminé. On se déplace encore en voiture que l'on pilote, les oblongs sont l'équivalent de nos téléphones mobiles et l'intelligence artificielle ne fascine plus personne : elle existe, et on est en droit d'y recourir.
C'est Klara qui parle, une adolescente en quête d'une amie réelle, alors qu'elle est le fruit d'une conception technique aboutie. Josie la repère dans la vitrine, et souhaite de tout son coeur acquérir l'Amie Artificielle qui la soutiendra dans ses moments de faiblesse. On l'apprend rapidement, Josie est gravement malade.
Si l'histoire débute à la façon d'un roman jeunesse, on n'en reste pas là. C'est peu à peu que l'auteur, par petites touches, développe un récit complexe, bien au delà d'un débat autour de l'intelligence artificielle. C'est de la vie, de ses limites et de ce que la technologie peut apporter pour compenser la perte, qu'il s'agit.
L'environnement est décrit à l'aune de ce que perçoit Klara, avec des paysages pixelisés avant d'apparaitre compréhensibles, au gré de ses performances techniques et de l'énergie dont elle dispose.
Est-elle conçue pour ce culte inconditionnel du Soleil, sorte de Dieu bienfaisant, source d'une énergie indispensable mais aussi objet de prières importantes ?
On comprend aussi qu'une terrible forme de sélection sociale décide du destin de chaque individu. L'humain utilise les progrès pour le meilleur et pour le pire.
Le roman démarre lentement, mais à petites touches on perçoit les enjeux ce cette histoire et ce personnage artificiel est malgré cela émouvant, et pose la question fondamentale : qu'est-ce qu'être humain ?
Belle découverte de cet auteur, Prix Nobel de littérature en 2017.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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sabine59
  13 novembre 2021
J'ai été fascinée par ce roman d'anticipation, comme j'ai pu l'être par " La ballade de Lila K" de Blandine le Callet. Pourtant, ce n'est pas du tout un genre littéraire qui m'attire. Mais l'auteur, dont j'ai apprécié, dans un autre style, " Les vestiges du jour" et " Quand nous étions orphelins", me plait.
Klara est une AA , comprenez une amie artificielle, bref un robot, qui se destine à tenir compagnie à un enfant ou un adolescent. C'est elle la narratrice. Observatrice, désireuse de comprendre les humains, depuis la vitrine du magasin où elle est exposée, attendant comme un jouet d'être achetée, elle jette un regard curieux et perspicace sur son environnement. La gérante a bien compris qu'elle était spéciale, plus intelligente que les autres robots, plus en empathie que les nouveaux modèles, les B3.
Quand Josie, une toute jeune fille,porte son dévolu sur elle, Klara est heureuse et prête à se montrer la plus efficace possible. Des soucis, des obstacles l'attendent, notamment l'étrange maladie dont souffre Josie...
Je m'attendais à vite m'ennuyer car je me disais que donner le point de vue d'un robot allait être limité et répétitif. Eh bien, pas du tout. Il faut dire que Klara, malgré ses phrases convenues, comme récitées, et cette façon de créer une distance avec ses interlocuteurs en s'adressant à eux à la 3ème personne, a une approche intéressante des êtres. Elle est touchante aussi dans sa volonté d'aider Josie, coûte que coûte.
Je me suis attachée à son destin, lié aux nutriments du soleil ( d'oû le titre) , j'ai découvert un futur proche énigmatique, froid et inquiétant.Tout est suggéré, et le lecteur peut faire vagabonder à son gré son imagination. Un livre tres attractif, original. A découvrir!
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BonoChamrousse
  22 février 2022

Autant le dire d'emblée, je suis fan de Kazuo Ishiguro ! J'ai adoré tous ses livres (mon préféré est "l'inconsolé, si si) alors il n'y a aucune surprise concernant son dernier titre, "Klara et le soleil", j'ai ADORÉ !
Pour ceux qui connaissent l'oeuvre de Kazuo Ishiguro, "Klara et le soleil" est dans la même veine que "Auprès de moi toujours".
L'action se déroule dans un futur pas si lointain, peut-être une petite cinquantaine d'années, où l'avancée sur l'intelligence artificielle et la robotique a conduit à une certaine obsolescence de l'humain... et ce sont les enfants qui paient le prix fort de cette modernité.
Pendant ma lecture de "Klara et le soleil", j'ai constamment pensé à Isaac Asimov et son cycle des robots !
On est bien d'accord, l'écriture de Kazuo Ishiguro qui est tout en finesse, en sous-entendu et en non-dit n'a rien à voir avec celle d'Asimov (quoique que ?). Mais les 3 lois de la robotique énoncées par Asimov sont présentes dans tout le livre :
          "Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger"
          "Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi"
          "Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi"
Bon, il y a aussi la loi zéro... mais c'est inutile d'en parler ici !
Klara, la narratrice du roman, est un robot destiné à tenir compagnie aux enfants (un tamagotchi super évolué).
C'est une amie artificielle selon les termes de Kazuo Ishiguro... Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait froid dans le dos car ça laisse imaginer toute l'étendue de la solitude dans laquelle les enfants se trouvent...
Mais comme un robot ne peut rester passif (1ère loi de la robotique), Klara laisse "traîner ses oreilles" et rapporte les brides de conversations qu'elle surprend mais ne comprend pas forcément. Elle est très intelligente mais très naïve également, ce qui la rend très attachante. Elle n'hésite pas pas à prendre des initiatives en cas de besoin (2ème loi de la robotique) mais sans mettre sa propre existence trop en danger (3ème loi de la robotique). Jusqu'à ce qu'arrive sa propre obsolescence...
Dans "Klara et le soleil", rien n'est dit clairement Kazuo Ishiguro demande à son.sa lecteur.rice de faire marcher son cerveau... il ne nous prend pas pour des idiots comme les politiciens le font et c'est ce que j'apprécie le plus avec lui.

Klara et le soleil, de Kazuo Ishiguro
Traduit par l'excellente Anne Rabinovitch
Éditions Gallimard
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Christophe_bj
  14 mars 2021
Un chef-d'oeuvre de plus dans l'oeuvre déjà si somptueuse de Kazuo Ishiguro, écrivain britannique d'origine japonaise né en 1954, arrivé en Grande-Bretagne à l'âge de 6 ans, et auteur, entre autres, des Vestiges du jour (The Remains of the Day), de l'inconsolé (The Unconsoled) et de Auprès de moi toujours (Never Let Me Go). ● L'attribution du prix Nobel à son oeuvre en 2017 ne doit pas faire peur car elle est très accessible, même en langue anglaise. ● A chaque livre, Kazuo Ishiguro se renouvelle et fait preuve d'une créativité et d'une originalité incroyables. ● Ce dernier opus, Klara and the Sun, peut cependant faire penser à Auprès de moi toujours car il joue dans les deux avec l'univers de la science-fiction, et l'histoire se passe dans un avenir peut-être proche. ● le roman commence dans une boutique très particulière où l'on vend des artefacts qui n'existent pas encore mais qui pourraient bien exister à l'avenir. Une mère et sa fille en achètent un et le rapportent chez elles. Je n'ai pas envie de déflorer plus l'intrigue ni de révéler la nature précise de l'artefact en question, car je l'ai découvert en lisant le roman, n'ayant lu auparavant aucune critique ni la quatrième de couverture et je pense que c'est beaucoup mieux comme ça. ● S'il est une caractéristique que l'on retrouve d'un livre à l'autre dans l'oeuvre de l'auteur, c'est la subtilité, et ce dernier roman ne fait pas exception. En même temps, l'histoire est haletante et on tourne les pages à toute vitesse. Tous les personnages sont extrêmement attachants. L'étrangeté de ce monde futur n'est jamais vraiment explicitée, c'est au lecteur d'imaginer ce que l'auteur ne lui dit pas, mais cela n'est en aucun cas un frein à la compréhension ni à la fluidité de l'histoire. L'humanisme du roman est admirable. Il pose des questions essentielles mais sans aucune pesanteur : qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains ? Quelle est notre spécificité ? Où le progrès scientifique et technique nous emmène-t-il ?... La fin est sublime et poignante. ● Je recommande très vivement ce livre, qui paraîtra en français chez Gallimard dans une traduction d'Anne Rabinovitch en septembre 2021.
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critiques presse (3)
LeMonde   15 octobre 2021
Une adolescente malade et sa mère. Une « amie artificielle » qui veille sur elles et s’éveille au monde qui l’entoure. Le nouveau livre du grand romancier, Prix Nobel de littérature 2017, est une inoubliable expérience de lecture.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   13 septembre 2021
Dans ce conte futuriste qui n’est ni une utopie ni une dystopie, l’écrivain examine en fin de compte notre appréhension de la solitude, l’unicité de l’individu, l’importance que l’on accorde à la vie sociale, la perte, la foi. Et pose avec délicatesse un regard extérieur sur notre société qui invite, peut-être trop doucement, à la réflexion.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaCroix   13 septembre 2021
Par la voix d’une androïde achetée pour tenir compagnie à une fillette malade, Kazuo Ishiguro parle avec un romantisme pudique d’attachements interdits, de sacrifice et de retrouvailles.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
lafilledepassagelafilledepassage   05 février 2022
Le problème, Chrissie, c’est que vous êtes comme moi. Nous sommes tous les deux des êtres sensibles. Nous ne pouvons pas nous en empêcher. Notre génération reste attachée aux sentiments d’avant. Une partie de nous-mêmes refuse de lâcher. C’est la partie qui s’obstine à croire qu’il y a quelque chose d’inatteignable au fond de chacun d’entre nous. Quelque chose d’unique, qu’il est impossible de transférer. Mais il n’existe rien de tel, nous le savons à présent. Vous le savez. Pour les gens de notre âge, c’est difficile de l’accepter. Nous devons lâcher prise, Chrissie. Il n’y a rien ici. Rien à l’intérieur de Josie que les Klara de ce monde ne soient capables de continuer. La seconde Josie ne sera pas une copie. Elle sera exactement la même et vous aurez le droit de l’aimer autant que vous aimez Josie aujourd’hui. Ce n’est pas de foi dont vous avez besoin. Mais de rationalité. J’ai dû le faire, c’était dur, mais à présent ça fonctionne très bien pour moi. Et ce sera pareil pour vous.
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HordeDuContreventHordeDuContrevent   10 novembre 2021
Je soupçonne qu’au fond il a raison. Que ce qu’il prétend est vrai. Que la science a désormais prouvé sans conteste que ma fille n’a rien de si exceptionnel, rien que les outils modernes ne puissent creuser, copier, transférer. Que les gens ont vécu ensemble tout ce temps, des siècles entiers, qu’ils se sont aimés et haïs, sur une base totalement erronée. Une sorte de superstition que nous avons entretenue faute de mieux.
+ Lire la suite
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HordeDuContreventHordeDuContrevent   08 novembre 2021
Quand Rosa et moi étions neuves, on nous avait placées au milieu de la boutique, à côté de la table des magazines, ce qui nous permettait de voir la moitié de la vitrine. Et donc d’observer la rue – les employés de bureau au pas pressé, les taxis, les coureurs, les touristes, l’Homme Mendiant et son chien...

(incipit)
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HordeDuContreventHordeDuContrevent   09 novembre 2021
Vu de la fenêtre arrière, le ciel était beaucoup plus vaste que le coin entraperçu depuis le magasin – et capable de variations surprenantes. Parfois il avait la couleur des citrons dans la coupe à fruits, puis il virait au gris des planches ardoise. Quand Josie était souffrante, il avait la teinte de son vomi ou de ses selles pâles, ou il était traversé de stries rouge sang. Parfois le ciel se divisait en une série de segments carrés, dont chacun était d’une nuance de violet différente.
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lafilledepassagelafilledepassage   02 février 2022
Je pense que je déteste Capaldi parce que je soupçonne qu’au fond il a raison. Que ce qu’il prétend est vrai. Que la science a désormais prouvé sans conteste que ma fille n’a rien de si exceptionnel, rien que les outils modernes ne puissent creuser, copier, transférer. Que les gens ont vécu ensemble tout ce temps, des siècles entiers, qu’ils se sont aimés et haïs, sur une base totalement erronée. Une sorte de superstition que nous avons entretenue faute de mieux. […] C’est pour ça que j’ai autant de mal à me montrer courtois avec des gens comme Capaldi. Quand ils font ce qu’ils font, disent ce qu’ils disent, j’ai l’impression qu’ils m’enlèvent ce que j’ai de plus précieux dans la vie.
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Videos de Kazuo Ishiguro (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kazuo Ishiguro
Découvrez "Klara et le Soleil" : le premier roman de Kazuo Ishiguro après son prix Nobel de littérature en 2017. L'Académie suédoise avait salué "la puissante force émotionnelle" des romans de l'écrivain.
Klara est une AA, une Amie Artificielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d'un extraordinaire talent d'observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s'attardent pour jeter un coup d'oeil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s'arrêter. Elle nourrit l'espoir qu'un jour quelqu'un entre et vienne la choisir. Lorsque l'occasion se présente enfin, Klara est toutefois mise en garde : mieux vaut ne pas accorder trop de crédit aux promesses des humains... Après l'obtention du prix Nobel de littérature, Kazuo Ishiguro nous offre un nouveau chef-d'oeuvre qui met en scène avec virtuosité la façon dont nous apprenons à aimer. Ce roman, qui nous parle d'amitié, d'éthique, d'altruisme et de ce qu'être humain signifie, pose une question à l'évidence troublante : à quel point sommes-nous irremplaçables ?
Découvrir le roman : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Klara-et-le-Soleil
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